Une histoire de révoltes balayées par la force brute
Je pense à ces protestations nationales, qui remontent à plus de 25 ans, comme des vagues qui s’écrasent sur le rivage iranien. Il y a eu une première vague en 1999, qui a commencé dans les universités, pour les libertés politiques et sociales. Dix ans plus tard, il y a eu une vague bien plus importante, la plus grande depuis la révolution islamique de 1979, après que le régime a manipulé l’élection présidentielle de 2009. Ces soulèvements ont été écrasés dans le sang par un régime qui n’hésite jamais à utiliser la violence la plus extrême pour se maintenir au pouvoir.
En 2019, les protestations concernaient les conditions économiques, en particulier les prix de l’essence, de la nourriture et des biens essentiels. Il n’a fallu que trois ans pour que la prochaine vague émerge, les marches de 2022 qui ont duré des mois pour les femmes, la vie, la liberté. Chaque fois, à travers la combinaison de force mortelle, de détentions, de coupure des communications et de décapitation du leadership de l’opposition, le régime a réprimé les manifestations publiques. Mais le mécontentement et le désir de libertés restent sous la surface, attendant de propulser une autre vague. La résilience du peuple iranien face à cette répression systématique témoigne d’une force morale et d’un désir de liberté qui ne peut être éteint indéfiniment.
Ce cycle incessant de soulèvements et de répressions me brise le cœur à chaque fois que j’y pense. Comment un peuple peut-il supporter tant de souffrance et continuer à se lever encore et encore ? La détermination des Iraniens est à la fois admirable et terrifiante. Ils savent que chaque protestation risque de se solder par des centaines de morts, des milliers d’arrestations, et pourtant ils persistent. Cette force du désespoir est la plus belle preuve de l’indestructibilité de l’esprit humain face à l’oppression. Mais je me demande combien de vies devront encore être sacrifiées avant que le monde ne décide d’agir vraiment ? Cette impuissance collective face à cette tragédie récurrente me donne envie de hurler de frustration.
Décembre 2025 : l’effondrement économique comme catalyseur
En décembre 2025 est venu le catalyseur de l’effondrement de la devise, qui a alimenté une inflation menaçant à la fois les ménages et les vendeurs. La monnaie iranienne, le rial, s’est effondrée à des niveaux sans précédent, réduisant le pouvoir d’achat de millions d’Iraniens à néant. Les prix des produits de première nécessité ont explosé, rendant la survie quotidienne impossible pour une grande partie de la population. Cette crise économique sans précédent a servi de détonateur à un ressentiment accumulé depuis des décennies de misère et d’oppression.
Cependant, les aspirations plus larges de nombreux Iraniens ont rapidement élargi ce mouvement en un renouveau du défi à la légitimité du régime. Ce qui a commencé comme des protestations économiques s’est transformé en un mouvement plus large exigeant des libertés politiques, le respect des droits humains, et la fin de la tyrannie religieuse. Les slogans se sont radicalisés, passant de revendications économiques à des appels directs au renversement du régime. Cette évolution montre que le mécontentement iranien est profond et structurel, transcendant les simples difficultés économiques pour toucher au fondement même de la légitimité du système politique en place.
L’effondrement économique de l’Iran n’est pas seulement une question de chiffres et de graphiques, c’est une catastrophe humaine qui détruit des vies. Je pense à ces familles qui ne peuvent plus nourrir leurs enfants, à ces jeunes diplômés dont les rêves sont réduits à néant par une inflation galopante. Le régime a volé non seulement la liberté des Iraniens, mais aussi leur dignité économique. Cette double oppression, politique et économique, crée une pression insupportable qui ne peut qu’exploser tôt ou tard. Le monde ne peut pas continuer à ignorer cette souffrance silencieuse qui s’intensifie chaque jour.
Section 3 : Ali Khamenei et la survie du régime théocratique
Le Guide suprême refuse de quitter le pouvoir
Personnellement, je ne pense pas que le guide suprême démissionnera jusqu’à ce qu’il soit trop malade pour continuer. Ali Khamenei, qui dirige l’Iran depuis 1989, semble déterminé à mourir avec ses bottes aux pieds, tenant le pouvoir jusqu’à son dernier souffle. Bien que moins en évidence au quotidien, il reste à la tête du régime pour un avenir prévisible. Sa main de fer continue de dicter la direction du pays, sans aucune considération pour les aspirations de son peuple. Cette obstination à se maintenir au pouvoir malgré l’opposition massive montre le décalage total entre la volonté du dirigeant et celle du peuple.
Les rumeurs sur sa retraite imminente ont circulé à plusieurs reprises, mais chaque fois elles ont été démenties par la réalité. Le système qu’il a construit est tellement personnalisé autour de sa figure qu’il semble impossible de le dissocier du pouvoir sans provoquer un effondrement de tout l’édifice. Cette concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, sans aucun mécanisme de transition démocratique, condamne l’Iran à une impasse politique dangereuse. Le pays reste prisonnier d’un système qui ne peut ni évoluer ni changer sans violence et effusion de sang.
La capacité de ce vieillard à s’accrocher au pouvoir malgré tout me fascine et me révulse en même temps. Ali Khamenei représente tout ce qui est nocif dans le pouvoir autoritaire : une arrogance sans bornes, un mépris total pour la volonté du peuple, et une capacité extraordinaire à ignorer la réalité. Il a transformé un pays riche en histoire et en culture en une prison géante où chaque citoyen est suspect et surveillé. Son obstination sénile à rester au pouvoir malgré l’opposition de millions de personnes est une tragédie qui se joue en temps réel. Je ne peux m’empêcher de penser combien de vies ont été détruites par sa volonté de préserver un système qui a cessé d’avoir toute légitimité depuis longtemps.
Le régime ne s’adapte pas, il réprime toujours plus
L’autre question est encore plus facile à répondre car le régime a déjà donné sa réponse. Il ne s’adapte pas : il se réfère au même livre de jeu politique qu’il utilise depuis la première grande vague de protestations étudiantes en 1999. Intimider l’opposition et les manifestants. Les détenir. Les maltraiter. Les forcer à avouer. Les tuer si nécessaire. Restreindre les communications. Cette méthode de répression brutale n’a pas changé en près de 30 ans, montrant l’incapacité fondamentale du régime à évoluer ou à répondre aux besoins de son peuple autrement que par la force.
Ensuite, il appelle ses partisans dans les rues. Il utilise les médias d’État et ses porte-parole, dont l’un, le principal porte-parole officieux en anglais, est un ancien collègue de l’Université de Birmingham, Seyed Mohammad Marandi, pour insister sur le fait que les vrais Iraniens soutiennent le régime et que les manifestants sont des marionnettes des États-Unis et d’Israël. Cette propagande constante vise à délégitimer le mouvement de protestation en le présentant comme une conspiration étrangère plutôt qu’un soulèvement spontané du peuple iranien lui-même.
Ce recours constant à la propagande et aux mensonges pour justifier l’injustifiable me donne la nausée. Comment ces porte-parole peuvent-ils dormir la nuit en sachant qu’ils défendent un système qui torture et tue son propre peuple ? La manière dont ils travestissent la réalité pour servir les intérêts d’un régime illégitime est une insulte à l’intelligence de tous ceux qui observent cette situation. Les Iraniens ne sont pas des marionnettes étrangères, ce sont des êtres humains qui ont le courage de se lever contre la tyrannie. Les réduire à des instruments de puissances étrangères est une forme de déshumanisation qui révèle le cynisme absolu de ce régime.
Section 4 : Les alliés régionaux et leurs calculs géopolitiques
Israël et les États arabes s’opposent à une intervention américaine
Bien qu’Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les autres États du Golfe bénéficient d’un régime iranien affaibli, ils ne veulent pas d’un régime qui s’effondre sans successeur évident. Le vide de pouvoir qui résulterait de l’effondrement soudain du système iranien serait tout aussi dangereux que la continuation du régime actuel. La stabilité régionale, aussi imparfaite soit-elle, est préférable au chaos total qu’un effondrement non maîtrisé pourrait provoquer. Ces acteurs régionaux semblent avoir compris que le risque de chaos vaut bien plus que les avantages potentiels d’un changement de régime.
Paradoxalement, ils savent aussi qu’une intervention militaire américaine pourrait renforcer la direction iranienne. Depuis 1999, le régime s’est appuyé sur la représentation de ses opposants comme des agents américains et israéliens. Une attaque américaine renforcerait ce récit. Le régime pourrait se présenter comme le défenseur de la souveraineté nationale contre l’agression étrangère, ralliant ainsi une partie de la population autour de lui. Cette dynamique explique pourquoi même les ennemis jurés de l’Iran préfèrent une stratégie de containment plutôt qu’une intervention militaire directe.
La realpolitik froide et calculatrice de ces acteurs régionaux me laisse perplexe. Comment peut-on peser le pour et le contre de l’intervention humaine comme s’il s’agissait d’un simple problème mathématique ? Le fait qu’ils s’inquiètent plus de l’instabilité régionale que de la souffrance du peuple iranien révèle une cynisme qui me glace le sang. Les calculs géopolitiques ne devraient jamais primer sur les droits fondamentaux des êtres humains. Cette priorité donnée à la stabilité plutôt qu’à la justice est la raison pour laquelle notre monde reste aussi injuste et violent.
Les risques d’une confrontation militaire dans la région
Mais le calcul fondamental est probablement qu’une assaut américain entraînerait une instabilité dans toute la région. L’Iran pourrait riposter contre les positions américaines ou celles des États du Golfe. Il pourrait menacer le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) et 25 % du pétrole par voie maritime. Une telle perturbation des flux énergétiques mondiaux aurait des conséquences économiques catastrophiques pour l’économie mondiale, affectant des milliards de personnes qui n’ont rien à voir avec ce conflit.
Bien que ses alliés au Moyen-Orient aient été affaiblis, du Hezbollah aux Houthis, il pourrait encore y avoir des conséquences au Liban, au Yémen et dans d’autres pays. Les groupes militants iraniens dans la région pourraient lancer des attaques contre les intérêts américains et israéliens en représailles à une intervention militaire. Le risque d’une escalade régionale incontrôlable est réel et terrifiant. Une attaque américaine pourrait déclencher un conflit en chaîne qui engloutirait toute la région dans la violence et le chaos.
Cette perspective d’une guerre régionale dévastatrice me terrifie. Les calculs froids et rationnels des stratèges militaires ne prennent jamais en compte la souffrance humaine que leurs décisions provoquent. Une guerre dans le détroit d’Ormuz ne serait pas simplement une crise énergétique, ce serait une catastrophe humanitaire qui détruirait des millions de vies. Comment pouvons-nous accepter que les intérêts économiques ou géopolitiques prennent le pas sur la valeur de la vie humaine ? Cette logique de la destruction potentielle comme outil de négociation me révulse au plus haut point. Nous devons trouver une autre façon de résoudre les conflits internationaux qui ne passe pas par la menace de destruction mutuelle.
Section 5 : Reza Pahlavi et la question de la succession
Le fils du Shah : une solution imposée de l’extérieur
Je suis sceptique quant à l’idée de parachuter le fils du défunt Shah en Iran comme son dirigeant, que ce soit sur le trône ou dans un autre siège de pouvoir. Reza Pahlavi a quitté le pays à l’âge de 18 ans en 1979. Depuis lors, s’étant déclaré Shah et leader d’un gouvernement en exil, il a noué des liens avec des groupes monarchistes, mais a été rejeté par d’autres dans l’opposition. Son absence prolongée du pays et son manque d’expérience directe de la réalité iranienne contemporaine le rendent inadapté pour diriger un pays aussi complexe et divisé.
Certains groupes de la diaspora iranienne et leurs partisans étrangers sont des partisans fervents de Pahlavi, et certains à l’intérieur de l’Iran le favoriseraient sans doute comme option. Mais d’après mes contacts personnels, toutes les preuves que l’on voit rapportées dans les médias, et dans des sondages tels que celui publié dans The Conversation le 12 janvier, la plupart des Iraniens ne cherchent pas un retour à la monarchie. L’expérience traumatique de la monarchie précédente reste trop vive dans la mémoire collective pour qu’une restauration soit acceptable.
L’idée que nous pourrions imposer un dirigeant à un peuple qui ne l’a pas choisi me révolte. Reza Pahlavi peut être un homme charmant et cultivé, mais il reste le représentant d’un système que les Iraniens ont rejeté il y a plus de 40 ans. Comment pouvons-nous penser que nous savons mieux que les Iraniens ce qui est bon pour eux ? Cette arrogance occidentale qui consiste à choisir les dirigeants des autres pays est la racine de nombreux maux de notre monde. Le peuple iranien a montré par ses protestations qu’il veut déterminer son propre avenir, pas voir une monarchie imposée de l’extérieur.
Les leçons de l’Irak : les dangers d’un changement de régime imposé
Les gens savent aussi par l’expérience de l’Irak voisin en 2003 qu’imposer un dirigeant de l’extérieur peut ne pas bien se passer. L’administration supervisée par les États-Unis sous Ahmad Chalabi, qui, comme Pahlavi, avait passé plus de 40 ans hors du pays, s’est rapidement effondrée. L’Irak a traversé une insurrection et une guerre civile dans lesquelles des centaines de milliers de personnes ont été tuées. Cette expérience traumatisante montre les dangers mortels d’imposer des solutions externes à des sociétés complexes sans comprendre leurs réalités internes.
Cela soulève une question plus large et plus importante dans laquelle Pahlavi devrait être mis de côté. Pour toute l’ampleur et le potentiel des protestations, l’opposition ne dispose pas de l’organisation pour ses ambitions politiques, sociales et économiques. Le régime a veillé à cela avec sa stratégie de décapitation, emprisonnant des militants éminents de tous les sphères de la société iranienne. Comment les manifestants et l’opposition peuvent-ils être soutenus dans le développement de cette organisation ? La question fondamentale n’est pas qui dirigera, mais comment construire une opposition capable de diriger.
L’oubli des leçons de l’Irak me terrifie. Nous avons déjà vu ce que donne l’imposition de solutions externes à des sociétés complexes : des centaines de milliers de morts, des années de chaos, une instabilité qui perdure encore aujourd’hui. Comment pouvons-nous risquer de reproduire la même erreur en Iran ? Le hubris occidental qui nous fait croire que nous pouvons refaire le monde à notre image est la cause de tant de souffrances inutiles. Au lieu de chercher à imposer des solutions, nous devrions écouter les Iraniens eux-mêmes et les soutenir dans leur propre processus de construction d’une société meilleure.
Section 6 : Les prisonniers politiques iraniens
Une galerie de dirigeants potentiels derrière les barreaux
Je ne pense pas à cela en termes de dirigeant, mais en termes de l’organisation à laquelle je viens de faire référence. Les prisonniers politiques de longue date incluent des politiciens tels que Mostafa Tajzadeh, l’ancien ministre de l’intérieur qui a été derrière les barreaux pendant la majeure partie des 16 dernières années. Ensuite, il y a des activistes des droits humains tels que la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi et Majid Tavakoli. Il y a aussi des avocats tels que Nasrin Sotoudeh, ainsi que des syndicalistes, des étudiants et des journalistes.
Mir Hossein Mousavi a été Premier ministre entre 1981 et 1989, lorsque le régime a aboli le poste, et l’homme qui aurait remporté le premier tour de l’élection présidentielle de 2009 avant l’intervention du régime. Mousavi est en résidence surveillée stricte avec son épouse, l’artiste, universitaire et activiste Zahra Rahnavard, depuis février 2011. Ces prisonniers représentent le meilleur de la société iranienne, des hommes et des femmes qui ont consacré leur vie à lutter pour la liberté et la justice dans leur pays.
La liste de ces prisonniers me brise le cœur. Chaque nom représente une vie détruite par la cruauté d’un régime qui n’a aucune considération pour la dignité humaine. Narges Mohammadi, Nasrin Sotoudeh, Mir Hossein Mousavi : ce sont des héros et des héroïnes qui ont payé un prix terrible pour leur courage. Leur emprisonnement n’est pas seulement une tragédie individuelle, c’est une perte immense pour toute la société iranienne qui se prive de ses meilleurs esprits. Cette guerre contre l’intelligence et le courage révèle la nature fondamentalement malveillante du régime iranien.
La libération des prisonniers comme clé du changement
La libération de Mousavi serait importante symboliquement. La liberté pour les autres serait un coup de pouce pratique pour l’opposition : ils pourraient fournir les bases d’un mouvement organisé capable de s’engager avec le régime pour les changements nécessaires pour l’espace politique, économique et social. Ces prisonniers disposent de l’expérience, de la légitimité et du charisme nécessaires pour unir les différentes factions de l’opposition et présenter une alternative crédible au régime actuel.
C’est pourquoi, plutôt que de mettre en vedette les propos menaçants de Donald Trump sur l’action militaire, je souhaite que les gens se concentrent sur la libération de ces prisonniers ainsi que sur l’ouverture des communications en Iran et entre l’Iran et le monde extérieur. La libération des prisonniers politiques serait un geste concret qui pourrait ouvrir la voie à un dialogue véritable et à une transition pacifique vers un système plus démocratique. C’est une demande concrète et réalisable qui pourrait avoir un impact réel sur la situation.
Cette priorité donnée à la libération des prisonniers politiques me semble être la seule approche rationnelle et morale. Au lieu de menacer de destructions massives, nous devrions exiger la libération de ces hommes et femmes extraordinaires qui représentent l’espoir de l’Iran. Leur emprisonnement prolongé est une insulte à la justice et à la décence humaine. Si le monde veut vraiment aider les Iraniens, il doit commencer par exiger la fin de cette répression systématique contre les voix courageuses qui osent défier la tyrannie. La libération de ces prisonniers serait le premier pas vers une solution pacifique et durable.
Section 7 : La stratégie du régime face aux protestations
La décapitation systématique de l’opposition
Pour toute l’ampleur et le potentiel des protestations, l’opposition ne dispose pas de l’organisation pour ses ambitions politiques, sociales et économiques. Le régime a veillé à cela avec sa stratégie de décapitation, emprisonnant des militants éminents de tous les sphères de la société iranienne. Cette stratégie systématique visant à éliminer toute direction potentielle de l’opposition a été remarquablement efficace dans sa cruauté. En ciblant systématiquement les leaders naturels, le régime s’assure que les protestations restent désorganisées et donc plus faciles à réprimer.
Comment les manifestants et l’opposition peuvent-ils être soutenus dans le développement de cette organisation ? C’est la question fondamentale qui détermine l’avenir du mouvement de protestation. Sans une organisation solide et un leadership clair, même les protestations les plus massives finiront par s’essouffler face à la détermination du régime à maintenir le pouvoir par tous les moyens. Le développement d’une opposition structurée et capable est la condition préalable à tout changement significatif en Iran.
Cette stratégie de décapitation méthodique révèle la sophistication et la cruauté du régime iranien. Il ne se contente pas de réprimer les protestations, il prévient toute possibilité d’organisation future en éliminant systématiquement les leaders potentiels. C’est une guerre d’usure contre l’esprit même de la résistance iranienne. Je suis à la fois horrifié par l’efficacité de cette stratégie et admiratif de la résilience des Iraniens qui continuent à protester malgré tout. Cette capacité du régime à détruire systématiquement toute forme d’organisation alternative est le plus grand obstacle au changement en Iran.
La stratégie de communication et la propagande d’État
Le régime utilise une propagande sophistiquée pour discréditer les protestations et les présenter comme des complots étrangers. Ensuite, il appelle ses partisans dans les rues. Il utilise les médias d’État et ses porte-parole, dont l’un, le principal porte-parole officieux en anglais, est un ancien collègue de l’Université de Birmingham, Seyed Mohammad Marandi, pour insister sur le fait que les vrais Iraniens soutiennent le régime et que les manifestants sont des marionnettes des États-Unis et d’Israël. Cette campagne de désinformation vise à diviser la population et à isoler les protestataires.
En même temps, le régime maintient un contrôle strict sur les communications internes et externes. L’Internet est régulièrement coupé ou fortement restreint pendant les périodes de protestation, empêchant les manifestants de s’organiser et de communiquer avec le monde extérieur. Les réseaux sociaux sont bloqués, les téléphones portaires surveillés, et les journalistes étrangers empêchés de couvrir les événements. Cette stratégie d’isolement permet au régime de mener sa répression dans l’ombre, loin des caméras internationales.
La manière dont le régime iranien manipule l’information et contrôle les communications me révulse. Cette propagande grossière qui présente les protestataires comme des traîtres à leur pays est une insulte à l’intelligence et à la dignité du peuple iranien. Le fait qu’il puisse bloquer l’accès à l’information à ses propres citoyens et au monde entier révèle sa nature fondamentalement malveillante. Ce contrôle de l’information est un outil de tyrannie aussi puissant que la répression physique. En empêchant les Iraniens de communiquer entre eux et avec le monde, le régime vise à briser leur esprit de solidarité et leur capacité de résistance.
Conclusion : L'avenir incertain d'une nation divisée
L’abandon des protestataires par la communauté internationale
Éviter ce qui aurait pu être une confrontation désastreuse entre les États-Unis et l’Iran est un soulagement pour la région et pour le monde entier. Mais les Iraniens qui risquent leur vie dans les rues se sentiront abandonnés et découragés. Cette volte-face soudaine de l’administration Trump a créé un sentiment de trahison profonde parmi ceux qui avaient cru aux promesses d’aide américaine. Le silence qui suit les menaces initiales est presque aussi dévastateur que la répression elle-même, car il envoie un message clair : le monde ne se soucie pas vraiment de leur sort.
Ce sentiment d’abonnement n’est pas nouveau pour les Iraniens. Ils ont déjà vu le monde rester silencieux face à d’autres vagues de répression dans le passé. Mais cette fois-ci, les promesses explicites d’aide de l’administration Trump ont suscité un espoir qui a maintenant été brisé. Cette trahison des espoirs risque d’avoir des conséquences durables sur la confiance des Iraniens dans la communauté internationale. Pourquoi risqueraient-ils leur vie à l’avenir si le monde a montré qu’il ne les soutiendrait pas quand cela compte vraiment ?
Ce sentiment d’abandon collectif me brise le cœur en deux. Imaginez-vous risquer votre vie chaque jour pour la liberté, entendant des promesses de soutien, pour finalement vous retrouver seul face à une répression impitoyable. Cette trahison des promesses est peut-être plus douloureuse que la répression elle-même, car elle détruit l’espoir. Les Iraniens ne demandent pas grand-chose : que le monde reconnaisse leur lutte pour la dignité et la liberté. Mais même cela semble demander trop. Notre incapacité collective à nous tenir aux côtés de ceux qui luttent pour les valeurs que nous prétend défendre est une honte qui me pèsera longtemps.
Les perspectives d’avenir pour l’Iran et son peuple
L’avenir de l’Iran reste incertain et sombre. Le régime a survécu une fois de plus grâce à la force brute, mais le mécontentement profond de la population reste intact. Les vagues de protestation reviendront, comme elles l’ont fait par le passé, car les causes profondes du mécontentement n’ont pas été résolues. L’économie continue à s’effondrer, les libertés fondamentales restent bafouées, et le pouvoir reste concentré entre les mains d’une élite religieuse qui ne répond pas aux besoins de son peuple.
Cependant, chaque vague de protestation laisse des traces. Chaque génération d’Iraniens qui descend dans la rue apprend de l’expérience des vagues précédentes. La résilience du peuple iranien face à cette oppression systématique témoigne d’une force morale qui finira par triompher. La question n’est pas si le changement viendra, mais quand et comment. L’Iran est à un point de bascule, et la prochaine vague de protestation pourrait être celle qui fera finalement la différence. Pour l’instant, le pays reste divisé, opprimé, mais pas vaincu.
Je garde espoir malgré tout. L’histoire nous enseigne que aucun régime oppressif ne peut durer éternellement. La détermination des Iraniens à continuer à lutter malgré tout est la preuve que l’esprit humain ne peut être brisé définitivement. Chaque protestation, chaque acte de courage, chaque vie sacrifiée pave le chemin vers la liberté. Les tyrans peuvent gagner des batailles, mais ils finiront par perdre la guerre contre le désir inné de liberté de l’être humain. L’Iran traversera cette période sombre, et quand elle émergera, ce sera plus fort, plus libre et plus digne que jamais. C’est cette vision qui me permet de continuer à croire en l’avenir malgré l’obscurité actuelle.
Sources
Sources primaires
The Conversation, Iran protests: Trump stalls on US intervention leaving an uncertain future for a bitterly divided nation – expert Q&A, publié le 15 janvier 2026.
Times of Israel, Trump stalls on Iran intervention, leaving an uncertain future for a divided nation, consulté en janvier 2026.
Associated Press, Trump and top Iranian officials exchange threats over protests roiling Iran, consulté en janvier 2026.
Sources secondaires
University College Dublin, Scott Lucas, professeur de politique internationale au Clinton Institute, interview réalisé en janvier 2026.
Carnegie Endowment for International Peace, Iran’s protests are following a familiar pattern, article paru en janvier 2026.
Wikipedia, 2025–2026 Iranian protests, consulté en janvier 2026.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.