La promesse de Tom Homan : « on va inonder la zone »
Revenons en arrière. Mai 2025. Tom Homan, le « border czar » de Trump, s’adresse aux journalistes. Son message aux villes démocrates, aux « sanctuary cities » qui refusent de collaborer avec l’ICE, est limpide. Glacial. « Si on ne peut pas arrêter un criminel en prison, vous allez nous forcer à le trouver dans la communauté. Si on ne peut pas le trouver dans la communauté, on va le trouver sur son lieu de travail. Alors on va inonder la zone. Et les sanctuary cities vont avoir exactement ce qu’elles ne veulent pas. » Inonder la zone. Flood the zone. C’est pas une métaphore. C’est une menace. Une promesse. Collaborez ou on débarque en force. Donnez-nous vos prisonniers ou on envahit vos rues. Et Trump a tenu parole. Los Angeles d’abord. Puis Chicago. Et maintenant Minneapolis. 2000 agents fédéraux déployés. La plus grande opération d’immigration de l’histoire américaine, selon l’ICE.
Mais voilà le truc. Homan et Kristi Noem, la secrétaire du Department of Homeland Security, répètent en boucle qu’ils ciblent les criminels. Les « criminal illegal aliens ». Les gens dangereux. Ceux que personne ne veut dans son quartier. Tricia McLaughlin, assistante secrétaire du DHS, l’a dit sur Fox News cette semaine : « Si le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey nous laissaient entrer dans leurs prisons, on n’aurait pas besoin d’être là. Il y a actuellement 680 immigrants criminels illégaux dans la ville. Des gens que vous ne voudriez jamais dans votre rue, que vous soyez républicain ou démocrate. C’est eux qu’on cible. » Sauf que c’est faux. Complètement faux. Les données du DHS elles-mêmes montrent que plus de détenus de l’ICE n’ont AUCUN casier criminel que de détenus avec des condamnations ou des accusations en cours. Un rapport de l’American Immigration Council résume le changement depuis le retour de Trump au pouvoir : une augmentation de 2450% du nombre de personnes sans casier criminel détenues par l’ICE chaque jour. 2450%. Pas une faute de frappe. Deux mille quatre cent cinquante pour cent.
Vous voyez comment ça marche ? On vous dit qu’on cible les criminels. Les méchants. Les dangereux. Et pendant ce temps, on rafle tout le monde. Des gens sans casier. Des citoyens américains. Des mères qui déposent leurs enfants à l’école. On vous ment en pleine face. Et quand vous protestez, on vous envoie les gaz lacrymogènes. Et quand ça ne suffit pas, on menace d’envoyer l’armée. C’est ça, l’escalade calculée. C’est ça, la stratégie. Mentir. Frapper. Escalader. Et recommencer.
Les opérations de porte-à-porte : la terreur au quotidien
Sur le terrain, la réalité est brutale. Des agents de l’ICE et de la Border Patrol font du porte-à-porte. Ils arrêtent des gens dans la rue. Ils demandent leurs papiers à des citoyens américains. Ils détiennent des gens qui n’ont rien fait. PBS NewsHour rapporte des rafles massives. Le New York Times documente des cas de citoyens américains arrêtés, détenus, interrogés. Parce qu’ils ont l’air « suspects ». Parce qu’ils parlent espagnol. Parce qu’ils vivent dans le mauvais quartier. Les communautés s’organisent. Elles créent des réseaux d’alerte. Elles se préviennent mutuellement quand l’ICE arrive. Elles se protègent. Et quand les agents fédéraux rencontrent de la résistance, ils sortent l’artillerie. Gaz lacrymogènes. Spray au poivre. Flash-bangs. Des explosions dans les rues. De la fumée qui dérive entre les maisons. Des scènes de guerre dans une ville américaine.
Et puis il y a eu Renee. Le 7 janvier. Une citoyenne américaine. Pas une immigrante. Pas une criminelle. Une mère. Une poète. Une femme qui venait de déposer son fils à l’école. Selon Kristi Noem, Renee a « tenté d’utiliser son véhicule comme une arme » pour écraser un agent près d’un véhicule de l’ICE coincé dans une rue enneigée. L’agent a ouvert le feu. Renee est morte. Les autorités locales et étatiques contestent violemment la version de la légitime défense. Des vidéos de la scène circulent. Elles montrent… quoi exactement ? Personne ne sait vraiment. Mais ce qu’on sait, c’est qu’une femme est morte. Qu’elle était citoyenne américaine. Qu’elle avait trois enfants. Et que l’administration Trump n’a pas offert la moindre critique du tireur. Pas un mot. Pas une once de remise en question. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a même affirmé que les agents de l’ICE ont « l’immunité fédérale » pour leurs actions. Vrai seulement dans le sens où le Department of Justice de Trump ne va porter aucune accusation. L’impunité. Totale. Absolue.
L’immunité fédérale. Trois mots qui glacent le sang. Ça veut dire quoi, exactement ? Ça veut dire qu’un agent peut tuer une citoyenne américaine et ne jamais avoir à répondre de ses actes. Ça veut dire que la justice ne s’applique pas. Ça veut dire que le gouvernement protège ses tueurs. Et vous savez ce qui est encore plus terrifiant ? Les agents de l’ICE utilisent maintenant la mort de Renee comme un avertissement. Ils le disent aux manifestants : « Reculez, ou vous finirez comme elle. » C’est ça, l’Amérique de Trump en 2026. Tuer et menacer. Sans conséquence. Sans limite.
Trump 2020 vs Trump 2026 : le monstre déchaîné
Les regrets de 2020 : quand les garde-fous tenaient encore
2020. George Floyd est tué par la police à Minneapolis. Des manifestations éclatent partout au pays. Devant la Maison-Blanche aussi. Un soir, Trump est évacué vers le bunker présidentiel. Ça le rend fou. Ça projette une image de faiblesse. Il veut frapper fort. Il veut déployer l’armée contre les manifestants. Mais des membres de son administration résistent. Mark Esper, son secrétaire à la Défense, s’oppose. D’autres aussi. Ils lui disent non. Ils lui rappellent les limites. Les lois. La Constitution. Trump est frustré. Enragé. Il vire Esper quelques mois plus tard. Mais sur le moment, les garde-fous tiennent. À peine. Mais ils tiennent. Trump n’obtient pas ce qu’il veut. Il doit ravaler sa rage. Et ça, il ne l’oublie pas. Jamais.
Pendant la campagne de 2024, Trump et ses alliés parlent d’immigration. Ils promettent de durcir les lois. D’expulser les gens en situation irrégulière. Ils insistent : on va cibler les criminels. Les gens connus des forces de l’ordre. Ceux qu’on peut arrêter rapidement. C’est le discours. La promesse. Mais une fois au pouvoir, en janvier 2025, tout change. Les rafles ne ciblent pas que les criminels. Elles ciblent tout le monde. N’importe qui. Les agents de l’ICE ont carte blanche. Ils peuvent arrêter qui ils veulent. Détenir qui ils veulent. Et quiconque se met en travers de leur chemin… eh bien, on a vu ce qui arrive. Trump est revenu à Washington en 2025 encore plus en colère qu’en 2020. Plus déterminé. Plus dangereux. Et cette fois, il a rempli son Cabinet de gens qui ne vont pas s’opposer à lui. Des gens qui vont dire oui. Toujours oui.
Vous vous souvenez quand on nous disait que les institutions allaient tenir ? Que les garde-fous allaient protéger la démocratie ? Que même si Trump voulait faire des choses horribles, il y aurait toujours quelqu’un pour dire non ? Eh bien, regardez maintenant. Regardez 2026. Il n’y a plus personne pour dire non. Plus de Mark Esper. Plus de résistance interne. Juste des gens qui acquiescent. Qui obéissent. Qui exécutent. Trump a appris de 2020. Il a appris à virer ceux qui s’opposent. À s’entourer de loyalistes. Et maintenant, il a ce qu’il a toujours voulu : le pouvoir absolu. Sans limite. Sans contrôle.
L’obsession de l’Insurrection Act : le fantasme devenu réalité
L’Insurrection Act. Une loi de 1807. Vieille de plus de deux siècles. Elle permet au président de déployer l’armée américaine sur le sol américain pour réprimer des troubles civils. Elle a été utilisée rarement. Très rarement. Parce que c’est une mesure extrême. Parce que ça veut dire envoyer des soldats contre des citoyens. Mais Trump en rêve depuis 2020. Il voulait l’invoquer pendant les manifestations George Floyd. Il n’a pas pu. Maintenant, il peut. Et il menace de le faire. Le 15 janvier 2026, sur Truth Social, Trump écrit qu’il va « instituer l’INSURRECTION ACT, comme beaucoup de présidents l’ont fait avant moi, et mettre rapidement fin à la tragédie qui se déroule dans cet État autrefois grand. » La tragédie. Quelle tragédie ? Les manifestants qui protestent contre la mort de Renee Good ? Les citoyens qui disent que tuer une mère de trois enfants, c’est inacceptable ?
Sur Fox News, la déclaration de Trump est accompagnée d’images de manifestants ciblés par des agents fédéraux. De la fumée qui dérive dans les rues. Des explosions de flash-bangs. Des scènes de chaos. Steve Doocy, l’animateur, regarde les images et dit : « Je regarde ces images de Minneapolis, et je me dis : ‘Mec, quelque chose est vraiment détraqué là-bas !’ et évidemment le président regarde les mêmes choses. » Vous voyez le tour de passe-passe ? L’administration envoie des agents fédéraux. Ces agents créent le chaos. Ils tirent des gaz lacrymogènes. Ils lancent des flash-bangs. Ils tuent des citoyens. Et ensuite, Trump regarde les images du chaos QU’IL A CRÉÉ et dit : « Regardez ce désordre ! Il faut que j’envoie l’armée ! » C’est brillant. C’est terrifiant. C’est calculé.
Je vais être honnête avec vous. J’ai peur. Vraiment peur. Parce que je vois exactement où ça va. Trump crée le chaos. Il envoie des agents qui frappent, qui gazent, qui tuent. Les gens protestent. Évidemment qu’ils protestent. Et Trump utilise ces protestations comme prétexte pour envoyer l’armée. Pour invoquer l’Insurrection Act. Pour déployer des soldats dans les rues américaines. Contre des citoyens américains. Et une fois qu’il aura fait ça à Minneapolis, qu’est-ce qui l’empêchera de le faire ailleurs ? À Chicago ? À Los Angeles ? À New York ? Nulle part. Rien ne l’arrêtera. Parce qu’il n’y a plus de garde-fous. Plus de limites. Juste un homme avec un pouvoir immense et une obsession pour la violence d’État.
La machine à broyer : comment on fabrique un prétexte
Étape 1 : menacer les villes démocrates
La stratégie est limpide. D’abord, on menace. Tom Homan le dit clairement : collaborez ou on inonde vos rues. Donnez-nous accès à vos prisons ou on débarque en force. C’est pas une négociation. C’est un ultimatum. Les villes démocrates, les « sanctuary cities », refusent. Elles disent non. Elles protègent leurs résidents. Elles refusent de transformer leurs policiers en agents de l’immigration. Alors Trump et Homan tiennent leur promesse. Ils envoient les troupes. 2000 agents fédéraux à Minneapolis. Des centaines à Chicago avant ça. À Los Angeles aussi. Ils « inondent la zone ». Exactement comme promis. Et ces agents n’ont pas de limites. Pas de contraintes. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Arrêter qui ils veulent. Détenir qui ils veulent. Tirer sur qui ils veulent.
Et quand quelqu’un meurt, comme Renee Good, l’administration ne présente pas d’excuses. Elle ne fait pas d’enquête indépendante. Elle défend le tireur. Elle invoque « l’immunité fédérale ». Elle dit que c’était nécessaire. Justifié. Même avant que les images ne soient publiques. Même avant qu’on sache ce qui s’est vraiment passé. La défense est automatique. Totale. Et les agents de l’ICE le savent. Ils savent qu’ils peuvent faire n’importe quoi. Qu’ils seront protégés. Qu’ils ne seront jamais tenus responsables. Alors ils deviennent plus agressifs. Plus violents. Ils utilisent la mort de Renee comme un avertissement. « Reculez ou vous finirez comme elle. » C’est pas une menace vide. C’est une promesse.
Imaginez une seconde que vous vivez à Minneapolis. Que vous êtes parent. Que vous avez des enfants. Et qu’un matin, vous apprenez qu’une mère a été tuée en revenant de l’école. Tuée par le gouvernement. Par des agents fédéraux. Et que personne ne sera puni. Que le gouvernement dit que c’était justifié. Que les agents peuvent continuer. Qu’ils ont « l’immunité ». Comment vous vous sentez ? En sécurité ? Protégé ? Ou terrifié ? Parce que si ça peut arriver à Renee, ça peut arriver à n’importe qui. À vous. À vos voisins. À vos amis. À vos enfants. C’est ça, la terreur d’État. C’est ça, l’objectif. Vous faire peur. Vous faire taire. Vous faire obéir.
Étape 2 : provoquer la résistance
Les communautés ne restent pas passives. Elles s’organisent. Elles créent des réseaux d’alerte. Elles se préviennent quand l’ICE arrive. Elles se rassemblent pour protéger leurs voisins. Elles manifestent. Elles protestent. Elles disent non. Et c’est exactement ce que Trump veut. Parce que chaque manifestation, chaque confrontation, chaque moment de résistance devient un prétexte. Les agents fédéraux répondent avec violence. Gaz lacrymogènes. Spray au poivre. Flash-bangs. Des explosions dans les rues. De la fumée partout. Des scènes de chaos. Et Fox News filme tout ça. Ils montrent les explosions. La fumée. Le désordre. Mais ils ne montrent pas QUI crée ce chaos. Ils ne montrent pas les agents fédéraux qui lancent les grenades. Qui tirent les gaz. Qui provoquent la violence. Ils montrent juste le résultat. Et ils disent : « Regardez ce désordre ! Regardez cette anarchie ! Il faut faire quelque chose ! »
Et Trump regarde. Il attend. Il laisse la situation s’envenimer. Il laisse ses agents créer le chaos. Et puis, au moment parfait, il intervient. Il tweete. Il menace. Il dit qu’il va invoquer l’Insurrection Act. Qu’il va envoyer l’armée. Pour « rétablir l’ordre ». Pour « protéger les citoyens ». Mais protéger contre quoi ? Contre qui ? Contre les manifestants qui protestent contre la mort d’une citoyenne américaine ? Contre les gens qui disent que tuer une mère de trois enfants, c’est inacceptable ? Non. Il veut protéger ses agents. Il veut protéger son pouvoir. Il veut écraser la dissidence. Et il utilise le chaos qu’il a lui-même créé comme justification.
C’est du génie machiavélique. Vraiment. Vous créez le problème. Vous provoquez la réaction. Et ensuite vous utilisez cette réaction pour justifier encore plus de violence. C’est un cercle vicieux. Une spirale. Et une fois qu’elle commence, elle ne s’arrête pas. Parce que chaque escalade justifie la suivante. Chaque violence appelle plus de violence. Et à la fin, vous avez des soldats dans les rues. Des tanks. Des couvre-feux. L’état d’urgence. La loi martiale. Tout ça parce qu’une mère a été tuée en revenant de l’école. Tout ça parce que des gens ont osé dire que c’était mal.
Étape 3 : invoquer l’Insurrection Act
Et maintenant, on y est. Le 15 janvier 2026. Trump menace d’invoquer l’Insurrection Act. Il a tout ce qu’il faut. Le chaos dans les rues. Les images de violence. Les manifestations. Les confrontations. Il a créé le prétexte parfait. Et il a l’appui de ses alliés. Sur Fox News, Trey Gowdy, ancien membre républicain du Congrès, dit : « Je pense qu’on est peut-être au-delà de ce point au Minnesota. Vous avez des gouverneurs et des maires qui défient ouvertement les forces de l’ordre fédérales. Ils le défient ouvertement. Donc je pense qu’il a toute la justification. » Trey Gowdy. Le même Trey Gowdy qui, en 2010, pendant la vague du Tea Party, dénonçait les abus du gouvernement fédéral. Qui défendait les droits des États. Qui s’opposait à l’ingérence fédérale. Maintenant, il dit que Trump a « toute la justification » pour envoyer l’armée. Parce que c’est Trump. Parce que c’est son camp. Les principes ? Oubliés. Les droits des États ? Oubliés. Tout ce qui compte, c’est le pouvoir.
Trump a maintenant les circonstances ET la complaisance dont il a besoin pour faire ce qu’il a toujours voulu. Déployer l’armée contre des citoyens américains. Utiliser la force militaire pour écraser la dissidence. Transformer les rues américaines en zones de guerre. Et personne ne va l’arrêter. Pas son Cabinet. Pas le Congrès républicain. Pas Fox News. Personne. Il a passé quatre ans à apprendre comment fonctionne le pouvoir. À identifier les obstacles. À les éliminer. À s’entourer de loyalistes. Et maintenant, il a ce qu’il voulait. Le pouvoir absolu. Sans limite. Sans contrôle. Et il va l’utiliser.
On y est. Le moment qu’on redoutait. Le moment où un président américain décide que l’armée peut être utilisée contre le peuple américain. Où des soldats peuvent être déployés dans les rues pour tirer sur des manifestants. Où la violence d’État devient la norme. Et vous savez ce qui est le plus terrifiant ? C’est que la moitié du pays va applaudir. Ils vont dire que c’était nécessaire. Que les manifestants l’ont cherché. Que Trump n’avait pas le choix. Ils vont justifier l’injustifiable. Ils vont normaliser l’innommable. Et une fois que ça sera normalisé, une fois que l’armée dans les rues sera devenu acceptable, qu’est-ce qui nous reste ? Qu’est-ce qui nous protège ? Plus rien. Absolument plus rien.
Les victimes : des visages, pas des statistiques
Renee Nicole Good : une vie, pas un chiffre
Renee Nicole Good. 37 ans. Née au Colorado. Mère de trois enfants : 15 ans, 12 ans, 6 ans. Poète. Écrivaine. Chrétienne dévouée. Elle avait participé à des missions humanitaires en Irlande du Nord quand elle était jeune. Elle aimait chanter. Elle avait étudié la performance vocale à l’université. Elle avait obtenu un diplôme en anglais de l’Old Dominion University en 2020. Elle avait remporté le prix de poésie de l’American Academy of Poets la même année. Son professeur, Kent Wascom, se souvient d’elle. « Beaucoup de jeunes écrivains écrivent sur eux-mêmes », dit-il. « Mais Renee écrivait sur les autres. Sur les personnes âgées. Sur les gens d’autres endroits. Sur des circonstances différentes des siennes. » Elle avait de l’empathie. De la compassion. Elle voyait les autres. Elle les comprenait.
Elle avait eu une vie difficile. Son deuxième mari, Tim Macklin, un vétéran militaire, était mort en 2023. Elle élevait seule ses trois enfants. Elle avait déménagé à Minneapolis en 2025 pour recommencer. Pour construire quelque chose de nouveau. Sa maison avait encore les décorations de Noël sur le porche. Les voisins se souviennent des dessins de ses enfants à la craie sur le trottoir l’été dernier. Des papillons. Des soleils. Des « je t’aime maman ». Une voisine, Kimmy Hull, dit : « Elle était un membre très apprécié de la communauté. » Une autre voisine se souvient que le fils de Renee demandait parfois à caresser leur chien. Clark Hoelscher, un voisin qui est aussi enseignant, a pleuré en parlant d’elle. « Je suis parent. J’ai aidé à élever cinq enfants. J’ai deux enfants qui sont les miens. Je ne peux pas imaginer qu’ils rentrent à la maison et que leur maman ne soit plus là. »
Vous voulez savoir ce qui me reste de cette histoire ? Un détail. Un seul. Le fils de 6 ans de Renee. Ce matin du 7 janvier, elle l’a déposé à l’école. Elle lui a dit au revoir. Elle lui a peut-être fait un bisou. Elle lui a dit qu’elle viendrait le chercher plus tard. Et elle n’est jamais revenue. Cet enfant a attendu. Il a regardé les autres parents arriver. Prendre leurs enfants. Partir. Et sa maman n’est pas venue. Elle ne viendra jamais. Plus jamais. Parce qu’un agent fédéral a tiré. Parce que le gouvernement américain a décidé que c’était acceptable. Comment on explique ça à un enfant de 6 ans ? Comment on lui dit que sa maman est morte parce que le président voulait montrer sa force ? Qu’elle a été sacrifiée pour un message politique ? On ne peut pas. Il n’y a pas de mots. Il n’y a que le vide. L’absence. Le silence qui hurle.
Les autres victimes : une communauté terrorisée
Mais Renee n’est pas la seule victime. Il y a les 2000 personnes détenues par l’ICE à Minneapolis. Les familles séparées. Les enfants qui rentrent de l’école et ne trouvent pas leurs parents. Les travailleurs arrêtés sur leur lieu de travail. Les gens arrêtés dans la rue parce qu’ils « ont l’air suspects ». Il y a les citoyens américains détenus, interrogés, humiliés parce qu’ils parlent espagnol ou parce qu’ils vivent dans le mauvais quartier. Il y a les étudiants qui ont peur d’aller à l’école. Clark Hoelscher, l’enseignant, le dit : « Nous avons des étudiants et des familles qui ont peur d’être à l’école. C’est vraiment difficile quand j’ai un étudiant qui manque l’école. J’ai juste peur de ce qui lui est arrivé ou ce qui est arrivé à sa famille. »
Il y a les manifestants gazés. Ceux qui ont reçu des flash-bangs. Ceux qui ont été frappés. Ceux qui ont été arrêtés. Il y a les voisins de Renee qui pleurent devant sa maison. Qui déposent des fleurs. Des bougies. Qui chantent son nom. « Say it once. Say it twice. We will not put up with ICE. » Il y a toute une communauté traumatisée. Terrorisée. Qui ne se sent plus en sécurité dans sa propre ville. Qui a peur de sortir. Qui a peur de l’uniforme. Qui a peur du gouvernement qui est censé la protéger. Et il y a le reste du pays qui regarde. Qui se demande : est-ce que ça va arriver chez nous aussi ? Est-ce que Chicago est la prochaine ? Los Angeles ? New York ? Est-ce qu’on est tous en danger maintenant ?
C’est ça, l’objectif de la terreur d’État. Pas juste punir ceux qui résistent. Mais terroriser tout le monde. Faire en sorte que personne n’ose résister. Que personne n’ose protester. Que personne n’ose dire non. Parce que si vous dites non, vous pourriez finir comme Renee. Vous pourriez être gazé. Arrêté. Détenu. Tué. Et personne ne sera puni. Personne ne sera tenu responsable. Parce que c’est le gouvernement. Parce que c’est Trump. Parce que c’est l’Amérique en 2026. Et si vous pensez que ça ne peut pas arriver chez vous, détrompez-vous. Parce que Renee pensait probablement la même chose. Elle pensait qu’elle était en sécurité. Qu’elle était citoyenne américaine. Que le gouvernement ne pouvait pas la tuer sans raison. Elle avait tort. Et vous pourriez avoir tort aussi.
Conclusion : le point de non-retour
Où sont les garde-fous ?
On nous avait promis que les institutions tiendraient. Que la démocratie américaine était solide. Que même si un président voulait abuser de son pouvoir, il y aurait des garde-fous. Le Congrès. Les tribunaux. Les médias. L’opinion publique. Les membres de son propre Cabinet. Quelqu’un, quelque part, dirait non. Quelqu’un arrêterait la folie. Mais regardez où on en est. Le Congrès républicain applaudit. Les tribunaux sont remplis de juges nommés par Trump. Fox News justifie tout. L’opinion publique est divisée, polarisée au point que la moitié du pays va défendre n’importe quoi tant que c’est Trump qui le fait. Et le Cabinet ? Rempli de loyalistes. De gens qui disent oui. Toujours oui. Il n’y a plus de Mark Esper. Plus personne pour dire « Monsieur le Président, on ne peut pas faire ça. » Plus personne pour rappeler les limites. Les lois. La Constitution.
Les garde-fous ont disparu. Un par un. Méthodiquement. Trump a passé quatre ans à apprendre. À identifier les obstacles. À les éliminer. À tester les limites. Et maintenant, il n’y a plus de limites. Il peut faire ce qu’il veut. Envoyer 2000 agents fédéraux dans une ville. Les laisser tuer des citoyens. Défendre les tueurs. Invoquer l’Insurrection Act. Déployer l’armée contre le peuple. Et personne ne va l’arrêter. Personne ne peut l’arrêter. Parce qu’il a le pouvoir. Et il sait comment l’utiliser. Et il n’a plus peur des conséquences. Parce qu’il n’y a plus de conséquences.
Je me souviens des débats de 2016. Quand les gens disaient : « Il ne peut pas vraiment faire ça. Les institutions vont tenir. La démocratie va survivre. » Et puis 2020. « Il ne peut pas vraiment refuser de partir. Il ne peut pas vraiment inciter une insurrection. » Et maintenant 2026. « Il ne peut pas vraiment invoquer l’Insurrection Act. Il ne peut pas vraiment envoyer l’armée contre des citoyens. » À chaque fois, on se dit que c’est impossible. Que ça ne peut pas arriver. Que quelqu’un va l’arrêter. Et à chaque fois, on a tort. Parce qu’il le fait. Il le fait vraiment. Et personne ne l’arrête. Alors maintenant, je ne me demande plus ce qu’il ne peut pas faire. Je me demande : qu’est-ce qui va l’arrêter ? Et la réponse me terrifie. Parce que je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.
Le fils de Renee attend toujours
Quelque part à Minneapolis, un enfant de 6 ans essaie de comprendre pourquoi sa maman n’est pas revenue. Pourquoi elle ne reviendra jamais. Son grand-père l’a dit : « There’s nobody else in his life. » Plus personne. Son père est mort en 2023. Sa mère est morte en 2026. Il est seul. À 6 ans. Et le gouvernement qui a tué sa mère dit que c’était justifié. Nécessaire. Que l’agent avait « l’immunité fédérale ». Que c’était de la légitime défense. Et maintenant, ce même gouvernement menace d’envoyer l’armée. Pour « rétablir l’ordre ». Pour « protéger les citoyens ». Mais protéger contre quoi ? Contre qui ? Contre les gens qui disent que tuer une mère de trois enfants, c’est mal ? Contre les gens qui protestent ? Contre les gens qui osent dire non ?
Les décorations de Noël sont toujours sur le porche de la maison de Renee. Les voisins déposent des fleurs. Des bougies. Ils chantent son nom. Ils pleurent. Ils ont peur. Parce qu’ils savent que si ça peut arriver à Renee, ça peut arriver à n’importe qui. À eux. À leurs enfants. À leurs voisins. À leurs amis. Personne n’est en sécurité. Plus maintenant. Pas dans l’Amérique de Trump en 2026. Pas quand le président peut envoyer des agents qui tuent sans conséquence. Pas quand il peut menacer d’envoyer l’armée contre des manifestants. Pas quand il n’y a plus de limites. Plus de garde-fous. Plus de justice.
Je pense à ce petit garçon. 6 ans. Orphelin. Et je me demande : qu’est-ce qu’on lui dit ? Comment on lui explique que sa maman est morte parce que le président voulait montrer sa force ? Qu’elle a été sacrifiée pour un message politique ? Qu’elle a été tuée pour créer un prétexte ? On ne peut pas. Il n’y a pas de mots. Il n’y a que le vide. L’absence. Le silence. Et la question qui me hante, qui me réveille la nuit, qui me serre la gorge : combien d’autres Renee Good avant que quelqu’un dise stop ? Combien d’autres enfants orphelins ? Combien d’autres mères tuées ? Combien d’autres villes en flammes ? Combien d’autres fois on va se dire « ça ne peut pas arriver » avant de réaliser que c’est déjà arrivé ? Que c’est en train d’arriver ? Que ça va continuer d’arriver ? Jusqu’à ce que quelqu’un, quelque part, trouve le courage de dire : assez. ASSEZ. Mais qui ? Qui va le dire ? Et quand ? Parce que le temps presse. Et le fils de Renee attend toujours. Il attend que quelqu’un lui dise que sa maman va revenir. Mais elle ne reviendra pas. Plus jamais. Et personne ne sera puni. Personne ne sera tenu responsable. Parce que c’est l’Amérique de Trump. Et dans cette Amérique-là, tuer une mère de trois enfants, c’est juste le début.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques politiques et sociales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de pouvoir, à comprendre les mouvements autoritaires, à anticiper les dérives démocratiques. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les déclarations gouvernementales, les communiqués du Department of Homeland Security, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, CNN, BBC News, ABC News, The New York Times, The Washington Post, PBS NewsHour, ainsi que les données de l’American Immigration Council et les déclarations officielles sur Truth Social.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles au 15 janvier 2026. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens, et d’exprimer les émotions légitimes qu’ils suscitent. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>MSNBC Opinion – Trump is close to unleashing the state violence he’s always wanted par Philip Bump (15 janvier 2026)
blank »>CNN – Mother of 3 who loved to sing and write poetry shot and killed by ICE in Minneapolis (8-9 janvier 2026)
blank »>Reuters – Trump threatens to use military over Minnesota anti-ICE protests (15 janvier 2026)
blank »>Time Magazine – Why Trump’s Insurrection Act Threat Is So Alarming (15 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>BBC News – Trump threatens to invoke Insurrection Act to quell anti-ICE protests (15 janvier 2026)
blank »>ABC News – Tensions escalate as Trump threatens Insurrection Act (15 janvier 2026)
blank »>PBS NewsHour – 2000 federal agents sent to Minneapolis area (janvier 2026)
blank »>The Washington Post – Trump threatens to invoke Insurrection Act over ICE shooting (15 janvier 2026)
American Immigration Council – Immigration Detention Report (janvier 2026)
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