Un fantôme sort des bois

Vous avez sans doute déjà ressenti cette étrange finalité quand on parle d’extinction. C’est comme un livre qu’on ferme brutalement, une histoire sans suite. On se dit que c’est fini, que l’évolution a tourné la page. Et pourtant… il arrive, rarement, très rarement même, que la nature nous fasse un pied de nez.
C’est exactement ce qui vient de se passer dans le Pacifique. Alors que nous sommes tous, je suppose, habitués aux mauvaises nouvelles climatiques, une petite lueur d’espoir a brillé au cœur d’une forêt samoane. Le manuméa, ce pigeon au bec denté qu’on pensait presque rayé de la carte, est réapparu. Ce n’est pas juste un oiseau, c’est un symbole. C’est le rappel vivant que tant qu’il reste un souffle, la partie n’est pas tout à fait perdue.
Ce retour inattendu nous force à nous poser une question, peut-être un peu naïve mais essentielle : sommes-nous en train de regarder au bon endroit pour sauver ce qui peut encore l’être ?
Une enquête de cinq ans trouve enfin sa réponse

Cela faisait cinq longues années. Cinq ans que le silence régnait. Plus personne n’avait posé les yeux sur le manuméa, ou Didunculus strigirostris pour les puristes du latin. On a beau être optimiste, après un tel délai, le doute s’installe forcément. Mais voilà qu’en octobre et novembre 2025, le miracle s’est produit. Des équipes de terrain ont rapporté plusieurs observations dans la forêt de Uafato, située au nord-est de l’île d’Upolu.
Je dois vous préciser un détail important : il n’y a pas de photos. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais l’animal est d’une discrétion absolue, se faufilant dans la canopée comme une ombre. C’est la Samoa Conservation Society qui a relayé la nouvelle, non sans une certaine émotion palpable. Ils ont confirmé la présence du volatile malgré l’absence de clichés, validant ainsi les dires de plusieurs témoins qui, cette fois, ont observé le même individu. C’est un soulagement immense.
Il faut dire que les indices commençaient à s’accumuler, un peu comme dans une enquête policière. En mai dernier, figurez-vous qu’une intelligence artificielle avait validé un enregistrement sonore de son cri ! Un ornithologue amateur jurait aussi l’avoir vu l’année précédente… mais sans preuve, c’est toujours compliqué. Comme le souligne très justement le site IFLScience, qui relaie l’affaire, rien de tout cela n’aurait été possible sans l’aide cruciale des communautés locales et des guides samoans. Ce sont eux, les véritables gardiens du temple.
Le cousin du dodo face à ses démons

Si cette histoire nous touche, c’est aussi parce que le manuméa n’est pas n’importe qui. C’est un peu le cousin tragique du célèbre dodo. Une étude publiée dans la revue Science en 2002 l’avait d’ailleurs prouvé par A + B : grâce à des analyses d’ADN mitochondrial, on sait qu’il appartient à la même lignée que le dodo et le solitaire de Rodrigues. Une sorte de club très fermé de pigeons qui, isolés sur leurs îles, ont un peu oublié comment voler ou se défendre.
Malheureusement, cette singularité est aussi leur talon d’Achille. Jusque dans les années 1980, le manuméa était commun. Et puis… tout s’est effondré. C’est la triste rengaine habituelle : déforestation, changement climatique, mais surtout — et c’est là le drame des îles — l’arrivée des espèces invasives. Les rats, les chats, les porcs… introduits par l’homme, ces prédateurs ont ravagé les nids. C’est terrible quand on y pense.
Pourtant, cet oiseau joue un rôle écologique qu’on ne peut pas ignorer. Il disperse de grosses graines que les autres oiseaux ne peuvent tout simplement pas avaler. Sans lui, c’est l’équilibre même de la forêt samoane qui vacille. Il est toujours en danger critique d’extinction, ne nous voilons pas la face, mais il est là.
Ressusciter les morts ou sauver les vivants ?

C’est ici que l’histoire prend une tournure un peu… disons, futuriste. Vous avez peut-être entendu parler de Colossal Biosciences ? C’est cette société américaine qui s’est mis en tête de ressusciter le dodo (rien que ça !) en injectant des millions de dollars dans la biotechnologie. C’est fascinant, certes, mais ça pose question.
Officiellement, Colossal affirme vouloir aider la biodiversité actuelle. Et c’est assez ironique, mais le manuméa bénéficie aujourd’hui de l’argent de ce projet de « dé-extinction ». Pourquoi ? Eh bien, pour recréer le dodo, ils ont besoin de comprendre ses cousins vivants. Le manuméa, longtemps délaissé par les grands programmes internationaux, se retrouve donc sous le feu des projecteurs — et des financements — par ricochet.
Mais tout le monde n’est pas d’accord avec cette approche. Le site Mongabay a publié une enquête assez critique sur le sujet. De nombreux écologues y voient une diversion dangereuse. C’est vrai, après tout… Est-ce bien raisonnable de dépenser des fortunes pour ramener des fantômes, alors que nous peinons à sauver ceux qui respirent encore ? Croire qu’on peut « réparer » l’extinction technologiquement risque de nous déresponsabiliser face à l’urgence de protéger les espèces bien réelles.
Conclusion

Au fond, cette redécouverte à Uafato est une leçon d’humilité. Elle nous rappelle qu’un oiseau qu’on croyait perdu peut encore survivre, contre toute attente, si on lui laisse juste un peu d’espace. C’est une lueur fragile, c’est certain.
Mais peut-être que la véritable prouesse scientifique, celle dont nous devrions être le plus fiers, ce n’est pas de jouer aux apprentis sorciers en ramenant les morts. C’est tout simplement d’empêcher que les vivants ne disparaissent. Ne les enterrons pas trop vite.
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On le croyait éteint : ce cousin du dodo surgit miraculeusement des forêts du Pacifique
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