Une transaction calculée
Les chiffres sont là, implacables. 49 000 véhicules électriques chinois par an, à 6% de tarif. Moins de 3% du marché canadien, insiste le gouvernement fédéral. Le même volume qu’avant l’augmentation des tarifs en 2023-2024. Mais les calculs ne disent pas tout. L’accord inclut aussi des voyages sans visa pour les Canadiens, un geste diplomatique dans une relation qui s’était refroidie. Carney présente cela comme un partenariat stratégique moderne, basé sur des intérêts mutuels et un engagement réaliste. Il promet des investissements chinois dans les trois prochaines années, des coentreprises qui créeront des emplois et renforceront la chaîne d’approvisionnement.
Pékin, de son côté, obtient ce qu’il voulait depuis longtemps: une porte d’entrée dans le marché nord-américain. Les tarifs sur le canola et autres produits agricoles baissent considérablement. Le canola passe de 85% à 15% d’ici le 1er mars. Les homards, les crabes, les pois: tous bénéficient d’une réduction drastique des tarifs jusqu’à la fin de 2026. Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan, a accompagné Carney à Pékin, ce qui en dit long sur l’importance de cet accord pour les provinces agricoles de l’Ouest. C’est une victoire pour eux, mais une défaite potentielle pour l’Ontario.
Cette logique économique froide me glace le sang. On échange des voitures contre du grain, des tarifs contre des visas, comme si tout était interchangeable. Les fermiers de l’Ouest célèbrent, les ouvriers de l’Ontario tremblent. Comment peut-on diviser ainsi un pays? Comment peut-on sacrifier une région pour en sauver une autre? C’est du marchandage, pas de la diplomatie. Et pendant ce temps, Pékin doit rire. Ils obtiennent leur porte d’entrée, avec la bénédiction d’Ottawa. Je plains ceux qui devront vivre avec les conséquences de ce calcul impitoyable.
Les implications économiques
Les conséquences ne sont pas uniformes. L’agriculture canadienne respire. Les producteurs de canola de la Saskatchewan, de l’Alberta, du Manitoba, tous ceux qui ont souffert des tensions commerciales avec la Chine, voient s’ouvrir de nouveaux marchés. Les économistes prévoient des bénéfices modestes mais réels pour l’agriculture et les fruits de mer canadiens. C’est une bouffée d’oxygène après des années d’incertitude. Pour l’industrie automobile, le tableau est tout autre. L’Ontario, qui concentre la production, risque de subir de plein fouet cette concurrence accrue.
Peter Frise, professeur à l’Université de Windsor, relativise. 49 000 véhicules, c’est 30 à 35 jours de production de l’usine Stellantis de Windsor. Les véhicules concernés coûtent 33 000 $ ou moins, une gamme qui ne concurrence pas directement la production canadienne actuelle. Mais les travailleurs n’achètent pas cette argumentation. Ils ont vu trop d’usines fermer, trop de lignes de production s’arrêter, pour être rassurés par des pourcentages. L’effet de seuil les inquiète. Et puis, ces 49 000 véhicules, c’est aujourd’hui. Et demain? Personne ne le sait vraiment.
On nous répète en boucle que c’est insignifiant, 3% du marché, une goutte d’eau. Mais je connais l’histoire de ces choses. Ça commence toujours petit, anodin, justifié par des chiffres rassurants. Et puis un jour, c’est 30%. On se réveille et nos usines sont vides, nos communautés dévastées, nos espoirs anéantis. Regardez l’Europe: les véhicules électriques chinois sont passés de 3,9% du marché en 2020 à 25% en septembre 2023. Ça ne s’arrête jamais. Une fois la porte ouverte, ils la poussent toujours plus loin. Cette naïveté des décideurs m’exaspère. Ils croient pouvoir contrôler ce qu’ils ont libéré. Ils ne comprennent pas qu’on ne négocie pas avec une marée montante.
Section 3 : La voix des syndicats et des travailleurs
Unifor tire la sonnette d’alarme
Lana Payne, présidente nationale d’Unifor, ne mâche pas ses mots. Dans son communiqué, elle dénonce un accord qui récompense les violations du travail et les pratiques commerciales déloyales. «Une blessure auto-infligée à une industrie déjà blessée», lance-t-elle. Pour elle, cet accord complique encore la résolution des tarifs automobiles américains, un dossier déjà difficile. Unifor représente des dizaines de milliers de travailleurs, et ses craintes résonnent dans les halls d’usine et les salles de pause à travers le pays.
Jeff Gray, président du syndicat local de GM à Oshawa, exprime ce que beaucoup ressentent. L’industrie automobile a été «compromise par notre gouvernement fédéral», affirme-t-il. Les travailleurs doivent accepter l’entrée de véhicules «lourdement subventionnés par un gouvernement communiste». Cette phrase résonne fort dans les communautés ouvrières de l’Ontario, où l’industrie automobile a été la colonne vertébrale de l’économie locale depuis des décennies. L’angoisse est palpable. On craint pour ses emplois, mais aussi pour ce que ces usines représentent: un héritage, une fierté, une identité.
J’éprouve une admiration sans borne pour ces travailleurs qui se lèvent et font entendre leur voix. Ces gens construisent des voitures depuis des générations. Ils ont transmis leur savoir-faire de père en fils, fièrement porté le made in Canada à travers le monde. Et aujourd’hui, on leur demande d’accepter que leurs emplois soient sacrifiés sur l’autel d’un accord commercial douteux. Cette condescendance des élites qui considèrent ces emplois comme du passé, comme si l’avenir ne pouvait se construire que sur des ruines, me révolte. Ces travailleurs ne sont pas des variables d’ajustement. Ce sont des pères, des mères, des familles entières. Leur dignité mérite mieux que ça.
Les travailleurs en première ligne
À Oshawa, l’usine GM fait déjà face à des licenciements massifs ce mois-ci. Les travailleurs absorbent cette nouvelle alors qu’ils vivent une incertitude extrême. Les vidéos de CBC montrent des ouvriers visiblement inquiets. Ils craignent que cet accord soit le prélude à une ère de concurrence encore plus féroce. Beaucoup soulignent que les véhicules électriques chinois bénéficient de subventions massives, ce qui leur permet de proposer des prix artificiellement bas. Les constructeurs canadiens ne peuvent pas suivre.
Les risques de sécurité préoccupent aussi. Doug Ford les a soulignés. La cybersécurité, la collecte de données, l’espionnage potentiel par des véhicules connectés produits par des entreprises sous influence chinoise: tout cela inquiète. Les travailleurs de l’automobile canadienne ont déjà vu des usines fermer, des lignes de production s’arrêter. Cet accord représente une menace supplémentaire. Ils se demandent comment être compétitifs face à des entreprises bénéficiant d’un soutien étatique massif, sans être soumises aux mêmes normes.
Je ne peux m’empêcher de penser à ces visages, ces voix, ces vies suspendues à la décision de quelques fonctionnaires à Ottawa. Cette distance insupportable entre ceux qui décident et ceux qui subissent. Nos dirigeants ont oublié ce que ça signifie de dépendre d’un chèque de paie, de craindre pour son emploi, de se demander si on pourra payer son loyer. Ils voient des chiffres sur des tableaux Excel; moi, je vois des familles, des maisons, des rêves brisés. Il y a quelque chose de fondamentalement immoral dans cette façon de traiter les travailleurs comme des ressources épuisables qu’on peut remplacer à volonté. Nous avons perdu le sens du collectif, la solidarité qui faisait la force de ce pays.
Section 4 : Les réactions politiques en Ontario
Doug Ford à l’offensive
La réaction de Doug Ford a été immédiate et virulente. Il qualifie l’accord de «désastreux», non seulement pour les Ontariens, mais pour les constructeurs automobiles et la chaîne d’approvisionnement. L’accord est déséquilibré et risque de fermer la porte du marché américain aux constructeurs canadiens, tout en soulevant des inquiétudes sur la sécurité des véhicules. Ford affirme que les véhicules chinois sont «lourdement subventionnés, totalement contre les travailleurs de l’automobile ici en Ontario». La situation n’est pas bonne pour le secteur.
Ford critique aussi le manque de consultation. Interrogé à Toronto, il déclare n’avoir pas été consulté par Carney avant l’annonce. Selon lui, les constructeurs automobiles non plus n’ont pas été consultés. Il estime que cette nouvelle ne passera pas bien dans les négociations avec Donald Trump. «Cela n’a pas été bien pensé, cela n’a pas été consulté, c’était une réaction réflexe, et ce sera un très, très gros problème», lance Ford. Cette critique acerbe met en lumière les tensions croissantes entre Ottawa et la province industrielle du pays.
Je dois admettre une certaine admiration pour la franchise de Ford. Quand bien même je ne partage pas toutes ses politiques, il a eu le courage de dire haut et fort ce que beaucoup pensaient tout bas. Cette capacité à nommer les choses, à ne pas se laisser bercer par le langage policier de la diplomatie, me touche. Il y a quelque chose de rafraîchissant dans cette honnêteté brutale, dans ce refus d’accepter l’inacceptable comme une fatalité. Si seulement d’autres dirigeants avaient ce courage, cette volonté de dire: «Non, ça ne va pas, nous ne l’accepterons pas.» Parce que c’est ainsi qu’on défend ses gens. C’est ainsi qu’on protège ce qui compte vraiment.
Les oppositions provinciales
Les autres partis ne sont pas en reste. Marit Stiles, chef néo-démocrate de l’Ontario, accuse Ford de ne rien faire puis de se plaindre pour faire les manchettes. «Le même livre de jeu», lance-t-elle. Elle souligne que Scott Moe a volé vers la Chine avec Carney pour défendre les agriculteurs de sa province. «Ford restait à la maison, laissant les travailleurs de l’Ontario sans personne pour se battre pour eux. Si vous n’êtes pas à la table, vous n’êtes pas apte à être premier ministre», ajoute-t-elle.
Stephanie Bowman, critique libérale, qualifie Ford de «quarterback de salon» qui évite ses responsabilités. Elle affirme que Ford a mené une campagne publicitaire téméraire qui a fait exploser les négociations au sud de la frontière, a versé théâtralement une bouteille de Crown Royal, et proféré des menaces vides. «Rien de tout cela ne protège un seul emploi», déclare-t-elle. Bowman ajoute que si les véhicules chinois doivent entrer, le Canada doit travailler avec les entreprises chinoises pour créer des emplois pour les travailleurs ontariens, ce que cet accord permettrait.
Cette guerre politique m’énerve. Tout le monde cherche à accuser l’autre pendant que les vraies victimes continuent de souffrir. Ford accuse Carney, Stiles accuse Ford, Bowman critique tout le monde. Mais au bout du compte, ce sont toujours les mêmes qui trinquent: les travailleurs sur les lignes d’assemblage, les familles dans les communautés industrielles, les gens sans voix dans les corridors du pouvoir. Cette partisanerie mesquine alors que des vies entières sont en jeu me révulse. Nos politiciens ont oublié que leur rôle n’est pas de gagner des points politiques, mais de servir les gens qui leur ont confié leur avenir. Il y a quelque chose de brisé dans notre système quand tout se réduit à des jeux de pouvoir.
Section 5 : La défense du gouvernement fédéral
La position de Mark Carney
Mark Carney défend vigoureusement son accord. Lors de sa conférence de presse à Pékin, il le présente comme un partenariat stratégique qui reflète la réalité du monde moderne. C’est un engagement réaliste, respectueux, basé sur les intérêts mutuels. L’accord est «attendu» pour stimuler d’importants nouveaux investissements de coentreprises chinoises au Canada dans les trois prochaines années, établissant des partenariats avec des entreprises de confiance pour protéger et créer des emplois.
Le gouvernement fédéral souligne que les 49 000 véhicules représentent moins de 3% du marché canadien. C’est le même volume qu’avant l’augmentation des tarifs en 2023-2024 pour s’aligner sur la politique américaine. Le gouvernement note qu’il «est attendu» que dans trois ans, l’accord stimulera des investissements considérables de coentreprises chinoises créant de nouveaux emplois dans la fabrication automobile. Cette défense souligne l’approche pragmatique d’Ottawa, qui cherche à équilibrer les intérêts divergents des différentes régions du pays.
J’essaie de comprendre la logique de Carney. Il voit peut-être quelque chose que je ne vois pas, une stratégie à long terme, un jeu d’échecs complexe que nous ne pouvons pas saisir. Mais honnêtement, tout ce que je vois, c’est un pari monumental avec l’avenir de milliers de familles. Cette confiance aveugle dans les promesses d’investissements futurs me terrifie. On vend notre présent sur la base d’espérances incertaines. Et si les Chinois ne viennent pas investir? Si les usines ne s’implantent pas? Qu’est-ce qu’on dit alors aux travailleurs qui auront perdu leurs emplois? Cette légèreté face aux conséquences potentiellement dévastatrices me laisse sans voix.
Le réalisme économique
Les partisans invoquent un argument de réalisme économique. Le Canada ne peut pas ignorer la Chine alors que ses relations avec les États-Unis se tendent. Derek Holt, économiste à la Banque de Nouvelle-Écosse, déclare dans un rapport: «Si un objectif principal de l’isolationnisme américain était de contrer les ambitions de la Chine, alors il échoue. La nécessité économique est le principal moteur alors que les États-Unis maltraitent et abusent de leur relation canadienne.» Holt note que les accords offriront des bénéfices immédiats, modestes mais concentrés, principalement dans l’agriculture et les fruits de mer.
Noah Buffam, de la Banque Canadienne Impériale de Commerce, renchérit: «Une amélioration de la relation commerciale peut être bénéfique pour les exportations de marchandises canadiennes, en particulier des oléagineux, du porc et potentiellement de l’énergie.» Ces économistes soulignent que le Canada doit diversifier ses marchés et ne peut pas dépendre exclusivement des États-Unis. Ils notent que l’accord pourrait créer des opportunités pour des coentreprises apportant des investissements et technologies chinoises au Canada, stimulant l’innovation dans le secteur des véhicules électriques. C’est cette vision pragmatique qui guide la politique gouvernementale.
Ce qui me désespère, c’est cette logique économique qui prime sur tout, comme si l’économie était une fin en soi plutôt qu’un moyen de servir les gens. On nous dit d’être pragmatiques, réalistes, d’accepter le monde tel qu’il est. Mais quand je regarde le monde tel qu’il est, je vois des inégalités criantes, des communautés dévastées, des vies sacrifiées sur l’autel de l’efficacité économique. Est-ce vraiment ça le réalisme? Ou une forme de résignation masquée en sagesse? Je refuse d’accepter que l’inévitable soit la souffrance des plus vulnérables. Il doit y avoir une autre façon, une voie qui protège les travailleurs tout en naviguant dans la réalité mondiale. Nous avons perdu l’imagination.
Section 6 : Les perspectives internationales
La réaction américaine
La réaction de Donald Trump a été surprenante. Devant la Maison Blanche, il a qualifié l’accord entre la Chine et le Canada de «d’accord» et a déclaré que c’est ce que Carney «devrait faire». «C’est une bonne chose pour lui de signer un accord commercial. Si vous pouvez obtenir un accord avec la Chine, vous devriez le faire», a-t-il dit. Cette réaction modérée contraste avec les pressions que les fonctionnaires américains ont exercées sur le Canada et le Mexique pour ériger des barrières tarifaires contre la Chine.
Cette réponse peut être interprétée de plusieurs façons. Certains observateurs suggèrent que Trump ne voit pas cet accord comme une menace majeure, étant donné le volume limité. D’autres pensent qu’il pourrait utiliser cet accord comme levier dans les négociations à venir, exigeant des concessions du Canada. Quoi qu’il en soit, cette réaction atténue quelque peu les craintes de représailles immédiates de la part des États-Unis, bien que la situation reste volatile. L’administration américaine a souligné que l’accord ne change rien à son engagement à protéger les industries automobiles américaines et canadiennes contre les pratiques commerciales déloyales.
Ce silence relatif de Washington me laisse perplexe. Je m’attendais à une réaction beaucoup plus virulente, à des menaces de sanctions, à des cris d’alarme. Et pourtant, rien de tout ça. Trump qui approuve? C’est presque suspect. Est-ce qu’il prépare quelque chose dans les coulisses? Est-ce qu’il voit là une opportunité de faire pression sur le Canada dans d’autres négociations? Ou est-ce simplement que cet accord ne représente pas une menace suffisante pour mériter une réaction? Cette incertitude me met mal à l’aise. On navigue à vue, sans carte ni boussole, en espérant que les courants nous porteront dans la bonne direction.
Les leçons de l’étranger
Les expériences internationales offrent des enseignements précieux. L’Union européenne a vu sa part de marché des voitures électriques chinoises passer de 3,9% en 2020 à 25% en septembre 2023, ce qui l’a incitée à imposer des tarifs allant jusqu’à 35,3%, alléguant des pratiques commerciales déloyales. L’UE commence à se diriger vers des prix minimums pour les véhicules électriques chinois, une mesure qui vise à empêcher la concurrence déloyale tout en permettant le commerce.
Le Brésil a vécu une expérience similaire, où des parts de marché modestes se sont rapidement développées, entraînant des pertes d’emplois importantes. Ford a fait référence à ces exemples: «Ils commencent toujours par dire 3%. Demandez aux gens au Brésil ce qui arrive à 3%; ça devient 37%. Demandez aux gens en Europe.» Ces exemples illustrent la dynamique de pénétration du marché que beaucoup craignent pour le Canada. Une fois que les fabricants chinois établissent une présence, ils peuvent utiliser leur puissance financière et leurs subventions pour étendre leur part de marché, menaçant les constructeurs nationaux.
Ces exemples me hantent. Je vois l’Europe qui se bat pour protéger son industrie, le Brésil qui essaie de survivre, et je me demande: pourquoi nous? Pourquoi le Canada se lance-t-il dans cette aventure avec tant de légèreté, comme si nous étions immunisés contre les leçons du passé? Cette arrogance intellectuelle me frappe, cette conviction que nous sommes différents, que nous ferons mieux, que nous contrôlerons ce que d’autres n’ont pas pu contrôler. Mais l’histoire nous apprend une chose: ceux qui oublient le passé sont condamnés à le répéter. C’est exactement ce que nous faisons. Nous répétons les mêmes erreurs, en espérant un résultat différent. C’est la définition de la folie.
Section 7 : L'avenir de l'industrie automobile
Les défis à venir
L’avenir de l’industrie automobile canadienne se trouve à un point critique. Le secteur fait déjà face à de nombreux défis: la transition vers les véhicules électriques, la concurrence internationale croissante, les tensions commerciales avec les États-Unis. Cet accord ajoute une nouvelle couche d’incertitude. Les experts s’inquiètent de la capacité du Canada à maintenir sa base manufacturière face à cette nouvelle concurrence, surtout si les fabricants chinois décident d’utiliser leur présence sur le marché canadien comme tremplin vers le marché américain plus vaste.
Les implications pour les chaînes d’approvisionnement sont profondes. Si les fabricants canadiens perdent des parts de marché, cela se répercutera sur les fournisseurs de pièces automobiles, les entreprises de transport, toutes les industries qui gravitent autour de la fabrication automobile. L’Ontario, en particulier, risque de subir les effets de cette concurrence accrue, avec des communautés entières qui dépendent de ces industries. Greig Mordue, professeur à l’Université McMaster, note qu’il serait difficile d’imaginer que le gouvernement puisse avoir sécurisé une garantie de production, étant donné qu’il y a peu ou pas de présence de véhicules électriques chinois au Canada.
Quand je pense à l’avenir, je ressens cette anxiété sourde qui me serre la poitrine. Je vois ces usines qui ont été le cœur battant de communautés entières, ces lignes d’assemblage qui ont rythmé la vie de générations de familles, ces ateliers où le savoir-faire s’est transmis de père en fils. Et je me demande: est-ce que tout ça va disparaître? Est-ce que nous allons assister impuissants à la fin d’une époque, à la dissolution d’un patrimoine industriel qui a fait la grandeur de ce pays? Cette perspective me terrifie. Pas seulement la perte d’emplois, mais la perte d’identité, de fierté, de ce qui nous définit comme Canadiens qui construisent des choses.
Les opportunités hypothétiques
Malgré les inquiétudes, certains voient des opportunités potentielles. Le gouvernement fédéral souligne qu’il «est attendu» que l’accord stimulera des investissements considérables de coentreprises chinoises au Canada dans les trois prochaines années, créant ainsi de nouveaux emplois dans la fabrication automobile. Mordue note que le système de quotas était la façon dont le gouvernement avait abordé la menace des producteurs japonais Toyota et Honda au début des années 1980, avant d’utiliser leurs ventes établies comme levier pour les pousser à construire des usines au Canada.
À plus long terme, il pourrait y avoir des options moins coûteuses. Le gouvernement canadien déclare qu’«il est prévu» que dans cinq ans, 50% des véhicules électriques chinois entrant auront un prix à l’importation de moins de 35 000 $. Le quota de véhicules à tarif réduit augmentera à 70 000 d’ici là. Ces développements pourraient créer des opportunités pour des partenariats apportant des investissements chinois et technologies au Canada, stimulant l’innovation. Cependant, ces opportunités restent hypothétiques et dépendent de la volonté des entreprises chinoises d’investir réellement au Canada.
Je veux croire à ces possibilités, vraiment, je veux croire qu’il y a un chemin vers un avenir meilleur, que cet accord pourrait être le catalyseur d’un renouveau industriel pour le Canada. Mais cette part de moi qui croit se bat contre une autre part qui a vu trop de promesses non tenues, trop d’espoirs déçus, trop de familles laissées pour compte. C’est ce combat interne qui me consume, cette tension entre l’optimisme nécessaire et le réalisme impitoyable. J’ai besoin de croire que nous pouvons faire mieux, que nous pouvons protéger ce qui compte tout en évoluant. Mais je ne peux ignorer les signes avant-coureurs, les exemples qui montrent que la pente est glissante. Comment trouver l’équilibre entre ouverture et protection?
Conclusion : Un moment charnière
Le bilan de l’accord
L’accord entre le Canada et la Chine représente un tournant décisif pour l’industrie automobile canadienne et l’économie du pays. D’un côté, il offre des avantages immédiats et tangibles au secteur agricole canadien, particulièrement aux producteurs de canola et autres cultures de l’Ouest, qui verront leurs marchés s’ouvrir et leurs tarifs baisser considérablement. De l’autre, il expose le secteur automobile canadien à une concurrence accrue de véhicules fabriqués en Chine, bénéficiant de subventions massives et de coûts de production artificiellement bas.
Cet accord illustre les défis auxquels le Canada fait face pour équilibrer les intérêts divergents de ses différentes régions dans un contexte mondial complexe. Les réactions virulentes de Doug Ford, d’Unifor et des travailleurs témoignent de l’angoisse qui parcourt les communautés industrielles de l’Ontario. Ils craignent que cet accord soit le début d’une ère de concurrence déloyale qui pourrait détruire des milliers d’emplois. La défense de Mark Carney, qui présente cet accord comme un partenariat stratégique nécessaire, reflète une approche pragmatique qui cherche à diversifier les marchés canadiens et à ne pas dépendre exclusivement des États-Unis.
Quand je regarde tout ça, je me sens épuisé. Épuisé par ces batailles incessantes, ces décisions qui brisent des vies, cette logique froide qui prime sur l’humanité. Je me demande si un jour nous pourrons construire un monde où les travailleurs ne sont pas des variables d’ajustement, où les communautés ne sont pas sacrifiées sur l’autel de l’efficacité économique, où l’avenir ne se décide pas dans des bureaux fermés loin de ceux qui en subiront les conséquences. J’ai besoin de croire que c’est possible. J’ai besoin d’espoir. Mais aujourd’hui, cet espoir semble bien lointain. Tout ce que je vois, ce sont des visages inquiets, des usines menacées, des familles qui ne savent pas ce que demain leur réserve. Et ça me brise le cœur, encore et encore.
Sources
Sources primaires
Déclarations de Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, 16 janvier 2026
Conférence de presse de Mark Carney, premier ministre du Canada, Pékin, 16 janvier 2026
Communiqué d’Unifor, Lana Payne, présidente nationale, 16 janvier 2026
Sources secondaires
Financial Post, «Doug Ford slams Canada-China trade deal as threat to auto industry», 16 janvier 2026
CBC News, «Doug Ford slams Canada’s ‘lopsided’ new EV deal with China», 16 janvier 2026
Yahoo Finance, «Ford, Unifor sound alarm over China EV deal», 16 janvier 2026
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