L’arrivée en Amérique en 1909
L’histoire de la famille Bovino en Amérique commence dans le contexte de la grande vague d’immigration italienne du début du XXe siècle, lorsque des millions d’Italiens du Sud ont fui la pauvreté et le manque d’opportunités de leur région natale. Michele Bovino, un mineur de charbon originaire d’Aprigliano, un petit village de Calabre coincé entre mer et montagnes, a embarqué pour les États-Unis en 1909, laissant derrière lui sa femme Luigia et leurs quatre enfants. À cette époque, il n’existait aucune restriction légale majeure empêchant les Italiens de traverser l’Atlantique, et les Bovino ont profité de cette ouverture relative pour établir les fondations de ce qui deviendrait l’histoire américaine de leur famille. Pendant quinze ans, Michele a travaillé dans les mines de Pennsylvanie, envoyant des économies à sa famille restée en Italie et préparant le terrain pour leur réunion familiale, un processus qui allait bientôt se heurter aux murs grandissants de l’exclusion légale.
Le tournant décisif survint en mai 1924, moment charnière de l’histoire de l’immigration américaine qui allait changer à jamais le destin de la famille Bovino et de millions d’autres familles. Ce mois-là, le Congrès américain adopta la loi Johnson-Reed, également connue sous le nom d’Immigration Act of 1924, qui instaurait des quotas stricts limitant drastiquement l’immigration en provenance de l’Europe du Sud et de l’Est, considérée comme indésirable par les eugénistes et les nativistes de l’époque. Les Italiens, en particulier, furent stigmatisés comme étant moins intelligents et plus enclins à la criminalité que les protestants de l’Europe du Nord et de l’Ouest, des préjugés qui résonnent étrangement avec la rhétorique actuelle à l’encontre des migrants latino-américains. C’est dans ce climat de xénophobie institutionalisée que Michele Bovino, alors âgé de 43 ans, déposa ses documents de naturalisation, utilisant ce statut de citoyen américain fraîchement acquis pour contourner les nouvelles restrictions et faire venir sa famille grâce au système de la citoyenneté dérivée pour les mineurs.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette coïncidence historique. Le même mois où les États-Unis dressaient des barrières légales contre les immigrants comme les Bovino, la Patrouille Frontalière était créée, institutionnalisant ce qui allait devenir une machine d’exclusion et de répression. Gregory Bovino, qui sert aujourd’hui dans cette même institution avec un zèle effrayant, semble avoir complètement oublié que sans le hasard du calendrier et les mécanismes juridiques de l’époque, ses propres grands-parents auraient été bloqués comme tant d’autres. Cette amnésie sélective, cette capacité à ignorer les privilèges de sa propre histoire tout en les refusant aux autres, me laisse sans voix. C’est comme si l’histoire n’existait que pour servir les convenances du présent, une vision instrumentale du passé qui m’apparaît moralement inacceptable.
Le parcours vers la naturalisation
Après l’adoption de la loi restrictive de 1924, les Bovino mirent en œuvre une stratégie qui allait permettre à la famille de se réunir malgré les obstacles légaux nouvellement érigés. Luigia Bovino et leurs quatre enfants, dont le jeune Vincenzo de 12 ans qui deviendrait le grand-père de Gregory, traversèrent l’Atlantique à bord du navire à vapeur S.S. Giuseppe Verdi, arrivant aux États-Unis en 1927. Grâce au mécanisme de la citoyenneté dérivée, les enfants mineurs de citoyens naturalisés acquirent automatiquement la nationalité américaine, et Luigia put elle-même obtenir la naturalisation. Ce système de regroupement familial, que l’administration Trump actuelle cherche systématiquement à démanteler en qualifiant les migrants de « mauvais éléments » et en criminalisant les liens familiaux, était précisément ce qui avait permis aux Bovino de construire leur vie américaine. L’histoire de la famille illustre parfaitement comment les politiques d’immigration peuvent faire ou défaire des destinées entières, et comment le statut de migrant peut basculer d’une génération à l’autre selon les vents politiques du moment.
Joseph Sciorra, directeur des programmes académiques à l’Institut Calandra Italian American de l’Université de la Ville de New York, a exprimé son étonnement face à ce qu’il qualifie de « traitement abject et violent » infligé aux migrants contemporains par une personne dont le propre grand-père était immigrant. Dans une déclaration qui résonne comme une condamnation morale, Sciorra s’interroge sur ce qui peut se passer dans la conscience d’un homme avec un tel historique familial pour qu’il puisse se comporter avec une telle cruauté envers les migrants d’aujourd’hui. Cette interrogation fondamentale touche au cœur du paradoxe Bovino : comment un homme peut-il simultanément bénéficier d’un héritage migratoire et en devenir l’un des plus féroces ennemis ? La réponse réside peut-être dans une combinaison complexe de facteurs psychologiques, politiques et personnels qui ont façonné la trajectoire de Gregory Bovino depuis son enfance en Caroline du Nord jusqu’à son ascension dans les rangs de la patrouille frontalière.
Cette histoire de chain migration, terme que les populistes actuels utilisent avec mépris pour décrire le regroupement familial, est précisément celle qui a permis aux Bovino de devenir américains. L’ironie est d’autant plus cruelle que ce système, aujourd’hui décrié comme une faille dans les lois sur l’immigration, était le moteur même de l’ascension sociale de la famille de Bovino. Je pense à Vincenzo, ce jeune garçon de 12 ans qui traversa l’océan avec sa mère et ses frères et sœurs, ignorant que son propre petit-fils deviendrait, près d’un siècle plus tard, l’un des adversaires les plus virulents de ce qui avait rendu sa propre vie possible. Cette négation de l’ascendance, ce refus de reconnaître la dette morale envers les politiques migratoires passées, représente à mes yeux l’une des plus grandes tragédies morales de notre époque.
Section 2 : Une enfance dans les montagnes de Caroline du Nord
Le drame familial de 1981
L’enfance de Gregory Bovino dans la ville de Blowing Rock, une communauté touristique nichée dans les montagnes de Caroline du Nord, fut marquée par un événement tragique qui allait profondément influencer sa vision du monde et, paradoxalement, sa carrière future. En 1981, alors que Gregory n’avait que 14 ans, son père Michael Bovino tua une jeune femme de 26 ans, Janie Mae Mitchell, dans un accident de la route alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Le drama se produisit dans la petite ville de Blowing Rock, où la voiture de Michael Bovino percuta violemment celle des Mitchell, qui se dirigeaient vers une boulangerie pour acheter des beignets. L’accident, qui ne laissa aucune trace de freinage et renversa littéralement le véhicule des victimes, coûta la vie à Janie Mae Mitchell et blessa grièvement son mari Larry Dean Mitchell. Cet événement dévastateur allait non seulement briser la famille Bovino, mais aussi semer les graines d’une philosophie anti-alcool au volant qui deviendrait plus tard l’un des piliers de la rhétorique de Gregory Bovino en tant que responsable de l’immigration.
Les conséquences de cet accident furent désastreuses pour la famille Bovino. Michael Bovino plaida coupable à une accusation de délit mortel par véhicule et fut condamné à quatre mois de prison pour y suivre un traitement contre son alcoolisme, une peine qui sembla dérisoire au vu de la gravité du drame. Le propriétaire du bar que Michael possédait à Blowing Rock, le Library Club, fit l’objet d’un procès civil qui força la vente de l’établissement et de la propriété sur laquelle il se trouvait. La mère de Gregory, Betty Hartley, déposa une demande de divorce et obtint la garde des trois enfants, dont Gregory. La famille fut dispersée, avec Michael Bovino s’installant au Nouveau-Mexique après sa libération, tandis que Gregory et ses frères et sœurs restaient en Caroline du Nord avec leur mère. Ce bouleversement familial survint à un âge où l’identité d’un adolescent se forge, et il est difficile de ne pas voir un lien entre cette traumatisme personnel et la détermination ultérieure de Gregory Bovino à combattre ce qu’il considère comme les menaces à la sécurité des Américains, y compris la conduite en état d’ivresse par des immigrants sans papiers.
Quand j’ai appris l’histoire de l’accident de 1981, j’ai été saisi par cette terrible ironie qui semble hâter le destin de Gregory Bovino. Son propre père, responsable de la mort d’une jeune femme en conduisant en état d’ivresse, est devenu le symbole même de ce que Gregory prétend combattre aujourd’hui avec une ferveur quasi obsessionnelle. Cette projection psychologique, cette transformation d’un drame familial personnel en croisade publique contre les immigrants, me semble révéler une profonde incohérence morale. Comment un homme peut-il juger si sévèrement les autres pour des fautes que son propre père a commises ? Cette hypocrisie silencieuse, ce refus de reconnaître que le danger ne vient pas nécessairement de l’étranger mais peut résider au sein même de sa propre famille, me laisse perplexe. C’est comme si Gregory Bovino tentait d’exorciser les démons de son enfance en pourchassant ceux qu’il désigne comme responsables de tous les maux de l’Amérique.
L’adolescence entre lutte et passion pour les serpents
Malgré ce contexte familial difficile, l’adolescence de Gregory Bovino se déroula de manière relativement ordinaire dans la communauté de Boone, où il fréquentait le lycée Watauga High School. Ses professeurs et camarades de l’époque le décrivent comme un élève respectueux et déterminé, capable de poser des questions et de raconter des histoires amusantes. Il rejoignit l’équipe de lutte de l’école, où, bien qu’il ne fût pas le plus grand ou le plus talentueux des lutteurs, il fut élu par ses coéquipiers « athlète le plus amélioré lors de sa dernière année, un témoignage de sa persévérance et de son engagement. Son entraîneur, Lee Stroupe, aujourd’hui âgé de 76 ans, se souvient de Gregory comme d’un « étudiant-athlète solide comme le roc« , quelqu’un qui écoutait, travaillait dur et respectait ses coéquipiers. Cette image de Bovino comme adolescent ordinaire, intégré et respecté, contraste violemment avec la figure controversée qu’il est devenu aujourd’hui.
Cependant, même dans ces années de formation, Gregory Bovino manifestait déjà des intérêts qui allaient façonner sa carrière future. Ses professeurs se souviennent qu’il leur avait confié passer son temps libre à chasser des « serpents venimeux » partout où il pouvait les trouver, une passion qui lui avait permis de développer une connaissance approfondie des habitudes de ces reptiles. Son ancien entraîneur de lutte raconte que Gregory lui avait expliqué exactement où trouver des serpents venimeux dans la région, lui conseillant de chercher sous les vieux toits en tôle et sous les plaques de métal au sol, des endroits où les serpents aiment se mettre à l’abri. Cette fascination pour les serpents, cette capacité à traquer et identifier des créatures potentiellement dangereuses, préfigurait peut-être déjà la trajectoire professionnelle qui allait le mener vers la patrouille frontalière et la traque des migrants considérés comme des menaces pour la sécurité nationale.
Cette histoire de serpents me frappe par sa symbolique. Un jeune garçon qui apprend à traquer les créatures les plus dangereuses de son environnement, qui développe une expertise dans l’identification des menaces cachées… n’est-ce pas précisément ce que Gregory Bovino est devenu aujourd’hui dans sa carrière professionnelle ? Cette préfiguration du destin, cette inclination précoce vers la traque et la surveillance, me laisse songeur. Je me demande si les serpents qu’il chassait dans les montagnes de Caroline du Nord n’étaient pas déjà, dans son esprit d’adolescent, les précurseurs des migrants qu’il traquerait plus tard à travers le pays. Cette continuité entre l’enfance et l’âge adulte, entre la chasse aux serpents et la chasse aux humains, me semble révéler une obsession profonde pour le contrôle et la sécurité qui dépasse la simple politique.
Section 3 : L'inspiration cinématographique et la vocation précoce
Le film « The Border » comme catalyseur
L’élément déterminant qui orienta Gregory Bovino vers une carrière dans la patrouille frontalière survint lorsqu’il n’avait que 11 ans, avec la diffusion du film « The Border » de 1982, réalisé par Tony Richardson et mettant en vedette Jack Nicholson et Harvey Keitel dans les rôles d’agents de la patrouille frontalière. Ce film, qui racontait l’histoire de Charlie Smith, un agent de l’immigration confronté à la corruption et à la complexité morale de son travail, devait avoir un impact profond et durable sur le jeune Gregory. Ce qui est particulièrement frappant, c’est que le film était produit par un cousin éloigné de la mère de Bovino, créant un lien familial supplémentaire avec ce qui allait devenir sa vocation. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait attendre, ce n’est pas l’héroïsme des agents du film qui inspira le jeune Bovino, mais plutôt son rejet de leur représentation comme personnages négatifs.
La sœur de Gregory Bovino a raconté que son frère était « tellement excité » après avoir lu des articles sur la patrouille frontalière et admirait « la dureté et les valeurs » des anciens agents de la Border Patrol. Cependant, lorsqu’il vit le film « The Border« , il fut profondément déçu et consterné de voir les agents de la patrouille frontalière dépeints comme les méchants de l’histoire. Cette réaction négative face à la représentation cinématographique des agents de l’immigration devint le catalyseur de sa décision de rejoindre la patrouille frontalière en 1996, avec l’intention explicite de démontrer que les agents pouvaient être les « bons gars » de l’histoire. Cette vision manichéenne du monde, cette division entre bons et méchants qui semble avoir guidé Bovino depuis son enfance, préfigurait l’approche idéologique et intransigeante qu’il adopterait plus tard dans sa carrière.
Quand je pense à ce garçon de 11 ans dont la vocation fut forgée par un film qui représentait les agents de l’immigration comme des corrompus, je ressens cette tristesse qui accompagne les destinées gâchées par des convictions erronées. Cette capacité à ignorer la nuance, à refuser de voir la complexité morale de situations difficiles, me semble être le fondement même de la brutalité avec laquelle Gregory Bovino mène aujourd’hui ses opérations. Comment un homme peut-il être guidé par une vision aussi simpliste du bien et du mal, nourrie par une réaction d’adolescent à un film de cinéma ? Cette immaturité émotionnelle, ce refus de reconnaître la complexité du monde réel, me laisse effrayé par ce qu’elle révèle sur la psychologie de ceux qui détiennent un tel pouvoir sur la vie des autres.
La formation académique et le premier engagement professionnel
Après son diplôme du lycée en 1988, Gregory Bovino poursuivit des études supérieures qui allèrent le doter des qualifications nécessaires pour une carrière dans les forces de l’ordre. Il obtint un baccalauréat en conservation des ressources naturelles de la Western Carolina University en 1993, puis une maîtrise en administration publique de l’Appalachian State University. Ces choix académiques, axés sur la gestion des ressources naturelles et l’administration publique, reflètent déjà l’intérêt de Bovino pour les questions de gestion et de régulation, intérêt qui allait se manifester plus tard dans sa carrière à travers sa préoccupation obsessionnelle pour la sécurité des frontières et le contrôle des flux migratoires. Pendant cette période, il commença également à travailler comme policier au département de police de Boone, son premier emploi dans les forces de l’ordre qui lui permit d’acquérir une expérience pratique en matière d’application de la loi.
C’est en 1996 que Gregory Bovino réalisa son ambition de longue date en rejoignant la patrouille frontalière américaine, intégrant la promotion 325 aux côtés de Jason Owens, qui deviendrait plus tard le chef de la patrouille frontalière en 2023. Si Owens obtint de meilleurs résultats académiques et en langue espagnole, Bovino se distingua par ses performances en éducation physique et en tir, démontrant dès le départ ses compétences dans les aspects physiques de l’application de la loi. Après leur graduation, les deux hommes furent affectés au secteur d’El Centro en Californie, à environ deux heures de route de San Diego, là où Bovino allait commencer sa longue ascension dans les rangs de la patrouille frontalière. Ce début de carrière marqua le début d’un processus de radicalisation idéologique qui allait transformer le jeune policier de Boone en l’un des défenseurs les plus fervents et controversés des politiques migratoires restrictives de l’administration Trump.
L’éducation académique de Gregory Bovino, axée sur la conservation des ressources naturelles et l’administration publique, aurait dû lui donner les outils pour comprendre la complexité des systèmes sociaux et environnementaux. Pourtant, c’est cette même éducation qui semble avoir été détournée au service d’une vision simpliste et brutale de l’immigration. La conservation des ressources naturelles, qui implique la protection et la gestion équilibrée des écosystèmes, a été transformée chez Bovino en une rhétorique de protection des frontières qui exclut et criminalise les êtres humains. Cette subversion de l’éducation, cette transformation de concepts qui devraient servir l’humanité en outils d’exclusion, me semble révéler une profonde défaillance intellectuelle et morale.
Section 4 : L'ascension dans les rangs de la patrouille frontalière
Une carrière marquée par l’ambition et la controverse
L’ascension de Gregory Bovino dans les rangs de la patrouille frontalière fut rapide et impressionnante, marquée par une série de promotions qui le menèrent des patrouilles de terrain aux postes de commandement les plus élevés. Après son début à El Centro, il gravit rapidement les échelons, assumant des rôles de leadership croissants tout au long de sa carrière. En 2008, il fut nommé chef adjoint du secteur de la patrouille frontalière de Yuma en Arizona, puis promu la même année au poste d’agent en chef de la station de Blythe en Californie. Ces premières promotions démontrèrent déjà sa capacité à naviguer dans la hiérarchie complexe de la patrouille frontalière et sa détermination à accéder aux postes de responsabilité, détermination qui allait se manifester plus tard dans sa quête de visibilité médiatique et son approche controversée de l’application de la loi.
Le tournant décisif de sa carrière survint en août 2019, lorsqu’il fut nommé chef du secteur de la patrouille frontalière de La Nouvelle-Orléans, poste qui lui permit de développer sa réputation de leader agressif et médiatique. Dix-neuf mois plus tard, en 2020, il accéda au poste de chef du secteur d’El Centro en Californie, l’un des neuf secteurs géographiques de la patrouille frontalière et celui où il avait commencé sa carrière. C’est à ce poste qu’il put mettre pleinement en œuvre sa vision de la sécurité frontalière, une vision caractérisée par une combinaison de showmanship médiatique et d’application stricte de la loi. Pendant cette période, Bovino commença à se faire connaître pour ses opérations médiatisées et sa propension à attirer l’attention des médias, développant le style flamboyant qui lui vaudrait plus tard le surnom de « Liberace de la Border Patrol » de la part de ses critiques.
Cette ascension rapide dans les rangs de la patrouille frontalière révèle quelque chose d’inquiétant sur la nature du système qui a produit Gregory Bovino. Comment un homme avec ses convictions extrêmes et son manque de nuance a-t-il pu être si largement récompensé et promu ? Cette question me laisse perplexe sur les critères d’évaluation et les valeurs qui prévalent au sein de cette institution. La brutalité et l’absence de compassion ne devraient pas être des vertus dans un service chargé de protéger les frontières d’un pays qui se targue d’être une nation d’immigrants. Pourtant, ce sont précisément ces qualités qui semblent avoir été récompensées dans le cas de Bovino, une réalité qui m’interroge profondément sur l’état de nos institutions et les principes qui les guident.
Les opérations médiatisées et le culte de l’image
Pendant son séjour à El Centro, Gregory Bovino commença à développer ce qui allait devenir sa marque de fabrique : des opérations hautement médiatisées conçues pour attirer l’attention des médias et du public. Il invita régulièrement des journalistes à couvrir ses opérations, allant jusqu’à organiser des démonstrations spectaculaires comme sa traversée à la nage d’un canal d’irrigation en béton dans l’Imperial Valley californien, avertissant les migrants des courants dangereux. Cette quête constante de visibilité médiatique, combinée à sa rhétorique agressive sur la sécurité des frontières, commença à attirer l’attention au-delà de sa région immédiate et à le positionner comme un potentiel leader national dans le débat sur l’immigration. Bovino se voyait déjà comme une figure capable d’incarner la fermeté nécessaire pour sécuriser les frontières américaines, une fermeté qui, selon lui, protégeait ce qu’il appelait « Ma et Pa America » contre les dangers venant de l’étranger.
Cependant, cette quête de visibilité ne s’est pas faite sans controverse. Bovino fut à plusieurs reprises rappelé à l’ordre pour son activité sur les réseaux sociaux, où il publiait des messages jugés trop politiques par ses supérieurs. Dans un témoignage devant le Congrès en 2023, il admit avoir été forcé par ses superviseurs de supprimer un tweet parce qu’il était « trop politique« , tout en contestant cette qualification. Il révéla également qu’il avait été contraint de supprimer au moins trois autres messages, y compris un concernant des terroristes yéménites, et qu’on lui avait ordonné de retirer sa photo des réseaux sociaux. Ces incidents révèlent une tension constante entre l’ambition personnelle de Bovino et les limites imposées par une institution qui cherche à maintenir une certaine neutralité politique, tension qui allait finalement se résoudre en sa faveur avec l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump.
Quand je vois les images de Gregory Bovino nageant dans ce canal d’irrigation, entouré de journalistes et de caméras, je suis frappé par cette théâtralité du pouvoir qui semble motiver chacun de ses gestes. Ce n’est pas simplement une opération de sécurité, c’est une mise en scène, une performance conçue pour être diffusée et admirée. Cette obsession pour l’image, cette transformation de la sécurité des frontières en spectacle télévisuel, me révèle quelque chose de troublant sur la nature du pouvoir dans notre société contemporaine. Les vrais enjeux de l’immigration, la souffrance des familles séparées, les dangers de la traversée du désert, tout cela semble effacé derrière la façade du show médiatique que Bovino orchestre avec une précision chirurgicale. Cette banalisation de la souffrance humaine au nom de la visibilité politique me laisse sans voix.
Section 5 : Le tournant Trump et la nomination comme commandant général
L’alignement avec l’agenda trumpiste
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2024 marqua un tournant décisif dans la carrière de Gregory Bovino, qui trouva enfin dans l’administration Trump un environnement politique aligné avec sa vision intransigeante de l’immigration. La campagne de réélection de Trump avait placé la sécurité des frontières au cœur de son agenda, promettant des raids massifs contre les immigrants sans papiers et une fermeté sans précédent à l’égard de ceux qui entraient illégalement aux États-Unis. Bovino, avec son expérience et sa rhétorique agressive, devint rapidement l’un des candidats idéaux pour mener cette croisade anti-immigration que l’administration Trump avait promise à ses partisans. Sa nomination au poste de commandant général, un titre nouvellement créé, marqua son ascension au sommet de la hiérarchie de l’immigration et le début d’une nouvelle ère de répression musclée.
Dans son nouveau rôle, Bovino reçut pour mission de mener des opérations de déportation dans l’intérieur du pays, bien au-delà de la frontière mexicaine traditionnelle. Il mena des raids à Los Angeles en juin 2025, à Sacramento, à Charlotte en Caroline du Nord, à Chicago et à La Nouvelle-Orléans, déployant des tactiques agressives qui incluaient l’utilisation de gaz lacrymogènes contre les manifestants et l’arrestation de personnes dans des espaces publics. Ces opérations, présentées par l’administration Trump comme nécessaires pour protéger les Américains contre les « pires des pires« , incluant les immigrés en situation irrégulière qui conduisaient en état d’ivresse, suscitèrent une vague de protestations à travers le pays et plongèrent de nombreuses communautés immigrées dans la peur. Bovino, avec son trench-coat vert caractéristique et son entourage de gardes du corps, devint le visage visible de cette politique de terreur d’État.
Quand je vois les images des raids menés par Bovino, quand j’entends les témoignages de familles séparées et de communautés terrorisées, je suis saisi par cette brutalité systématique qui semble avoir remplacé toute forme de compassion dans l’application des lois migratoires. Comment un pays peut-il traiter les êtres humains avec une telle inhumanité, sans aucun égard pour la dignité et les droits fondamentaux ? Cette transformation de l’État en instrument de répression, cette criminalisation de la pauvreté et du désespoir, me révèle quelque chose de terrifiant sur la direction que prend notre société. Les valeurs qui ont fait l’Amérique, l’hospitalité, l’opportunité, la compassion, semblent être abandonnées au profit d’une idéologie de exclusion et de peur.
La polémique du uniforme SS et la réception médiatique
Cependant, c’est son apparition à Minneapolis en septembre 2025, lors d’une opération de l’ICE qui allait devenir l’un des incidents les plus controversés de sa carrière, qui cristallisa l’opposition contre lui. Bovino arriva dans la ville accompagné d’autres agents de l’ICE vêtus de ce que beaucoup perçurent comme des uniformes ressemblant à ceux des officiers SS, avec son trench-coat vert, ses boutons dorés et l’insigne de la CBP sur ses bras. Les critiques fusèrent de toutes parts, accusant Bovino de « cosplay nazi » et dénonçant ce qu’ils percevaient comme une glorification de l’autoritarisme. Jim Acosta, le célèbre correspondant de CNN, publia une photo des agents avec le commentaire : « Comment quiconque, démocrate, républicain ou indépendant, peut penser que cela a l’air normal ? Images comme celles-ci seront tenues aux générations futures comme l’exemple d’une période autoritaire de notre histoire et ce sera honteux. Profondément honteux. »
La controverse ne s’arrêta pas là. Des photos montrèrent Bovino se rendant aux toilettes d’un supermarché escorté par une douzaine de gardes du corps, alors que des manifestants lui criaient des insultes. D’autres images le montrèrent lançant des cannettes de gaz lacrymogène sur des manifestants pacifiques, en violation flagrante d’une ordonnance d’un juge fédéral du Minnesota interdisant l’utilisation de gaz lacrymogène contre les manifestants pacifiques. Ces actions conduisirent à une action en justice alléguant que Bovino avait violé une ordonnance judiciaire empêchant les agents fédéraux d’immigration d’utiliser des gaz lacrymogènes. Malgré ces critiques, Bovino resta imperturbable, continuant à défendre ses actions comme nécessaires pour maintenir l’ordre et protéger ses agents.
Quand j’ai vu les photos de Gregory Bovino avec son trench-coat vert et ses gardes du corps, ce qui m’a frappé n’était pas seulement la ressemblance avec les uniformes des officiers SS, mais ce que cette ressemblance révélait sur la psychologie du pouvoir. Cette capacité à s’approprier les symboles de l’autoritarisme historique, à transformer les forces de l’ordre en machine d’intimidation visuelle, me révèle une profonde perversion de la fonction publique. Comment un serviteur de l’État peut-il se permettre d’adopter une telle esthétique de pouvoir arbitraire ? Cette banalisation des symboles fascistes, cette normalisation de l’autoritarisme visuel, me semble être l’un des signes les plus inquiétants de notre époque, un signe que nous sommes en train de perdre notre capacité à reconnaître et à résister aux dérives autoritaires.
Section 6 : La tragédie de Minneapolis et l'éloge de la violence
La fusillade de Renee Good et ses conséquences
L’incident le plus dévastateur de la carrière de Gregory Bovino survint en janvier 2026 à Minneapolis, lorsqu’un agent de l’ICE, Jonathan « Jon » Ross, tua par balle Renee Good, une mère de trois enfants et citoyenne américaine de 43 ans, lors d’une opération d’immigration. La tragédie eut lieu à moins d’un mile de l’endroit où George Floyd avait été tué par la police en 2020, un parallèle géographique qui ajouta une couche supplémentaire de signification symbolique à l’événement. Renee Good, qui était poète, avait été prise en flagrant délit de conduite sans permis et, selon les témoignages, elle et sa femme Rebecca avaient taunté l’agent Ross avant la fusillade. L’agent Ross, qui prétendit avoir agi en légitime défense, fut par la suite richement récompensé par des collectes de fonds en ligne qui firent de lui un millionnaire, une situation qui alimenta la colère des communautés immigrées et des défenseurs des droits humains.
La réaction de Gregory Bovino à cette tragédie fut tout aussi controversée que l’incident lui-même. Lors d’une apparition à Fox News, il loua le travail de l’agent Ross, citant les images montrant Renee Good et sa wife Rebecca tauntant l’agent comme démontrant le « mode, intention et opportunité » – le cadre juridique standard pour déterminer si l’utilisation de la force est justifiée. « Cet individu avait-il l’intention ? » demanda-t-il. « Regardez ces minutes précédant la fusillade et nous verrons ce que je considérerais comme une intention assez importante. » Il ajouta plus tard : « Chapeau à cet agent de l’ICE, je suis content qu’il en soit sorti vivant, je suis content qu’il soit avec sa famille. » Ces commentaires, qui semblaient minimiser la mort d’une citoyenne américaine et glorifier la violence de l’État, suscitèrent une vague d’indignation à travers le pays et alimentèrent les critiques contre ce que beaucoup voyaient comme une culture d’impunité au sein des forces de l’immigration.
Quand j’ai entendu les paroles de Gregory Bovino louant l’agent qui avait tué Renee Good, j’ai ressenti cette nausée qui accompagne les justifications morales de l’injustifiable. Comment un être humain peut-il trouver des mots de louange pour une telle violence, pour une telle destruction de vie ? Cette capacité à rationaliser l’irrationnel, à transformer la mort d’une mère de trois enfants en triomphe de la loi et de l’ordre, me révèle quelque chose de terrifiant sur la déshumanisation qui peut s’installer chez ceux qui exercent le pouvoir. La vie de Renee Good, ses poèmes, ses enfants, tout cela semble avoir été effacé derrière la rhétorique de la légitime défense et de la protection des agents. Cette banalisation de la mort, cette transformation des êtres humains en obstacles à éliminer, me laisse sans voix.
Le procès pour mensonge et la crise de crédibilité
La controverse autour de Bovino atteignit un nouveau sommet lorsqu’il fut accusé d’avoir menti sous serment au sujet de l’incident des gaz lacrymogènes à Minneapolis. La juge fédérale Sara Ellis conclut que Bovino n’avait pas été touché à la tête par une pierre avant de déployer les gaz lacrymogènes, malgré les affirmations du Département de la sécurité intérieure selon lesquelles il l’avait été pour justifier l’utilisation de la force. La juge déclara que Bovino avait avoué avoir menti, une conclusion qui jetait le doute sur sa crédibilité et soulevait des questions fondamentales sur son intégrité. Cette accusation de parjure vint s’ajouter à la longue liste de controverses qui entouraient Bovino, érodant encore davantage sa réputation et alimentant les appels à sa démission.
La réaction de Bovino à ces accusations fut typique de son style : il ne montra aucun signe de remise en question ou de regret, continuant à défendre ses actions comme nécessaires et justifiées. Jenn Budd, une ancienne agent senior de la patrouille frontalière devenue critique de l’institution, décrivit Bovino comme « un petit Napoléon qui veut que vous pensiez qu’il est le héros et l’homme le plus moral et le plus capable au monde, et que tout autour de vous est dangereux« . Cette description résume parfaitement l’hubris qui semble motiver Bovino, cette conviction que seul lui peut protéger l’Amérique contre les menaces qui l’entourent. Cette vision narcissique du pouvoir, combinée à son refus de reconnaître ses erreurs, a créé un cycle de violence et de répression qui menace les valeurs fondamentales de la démocratie américaine.
Cette accusation de mensonge, cette érosion de la crédibilité de Gregory Bovino, me révèle quelque chose de fondamental sur la nature du pouvoir corrompu. Quand ceux qui sont chargés de faire respecter la loi commencent eux-mêmes à la violer, quand le mensonge devient un outil de gouvernement, nous nous trouvons sur une pente glissante vers l’autoritarisme. La capacité de Bovino à mentir impunément, à continuer à exercer son pouvoir malgré ses mensonges avérés, me révèle une crise de responsabilité au sein de nos institutions. Comment pouvons-nous espérer maintenir l’état de droit quand ceux qui sont censés le défendre sont eux-mêmes au-dessus des lois ? Cette question me hante alors que je vois les dégâts causés par les politiques menées par Bovino et ses semblables.
Section 7 : Le paradoxe final et l'héritage tragique
L’oubli des origines et la trahison de soi
L’histoire de Gregory Bovino représente l’un des paradoxes les plus frappants de notre époque : un homme dont les ancêtres ont bénéficié de politiques d’immigration ouvertes qui se consacre maintenant à fermer les portes à ceux qui cherchent les mêmes opportunités. Ses grands-parents italiens, Michele et Luigia Bovino, ont traversé l’Atlantique en 1909 pour construire une nouvelle vie en Amérique, utilisant les mécanismes de regroupement familial que l’administration Trump actuelle cherche systématiquement à démanteler. Pourtant, Gregory Bovino, le petit-fils de ces immigrants, est devenu l’un des architectes les plus fervents de cette politique d’exclusion, traquant les migrants avec une ferveur qui semble ignorer totalement sa propre histoire familiale. Cette amnésie historique, cette capacité à oublier les privilèges hérités de son ascendance, représente l’une des trahisons les plus fondamentales qu’un individu puisse commettre.
L’ironie de cette situation est d’autant plus cruelle que les arguments utilisés par Bovino et l’administration Trump pour justifier leurs politiques restrictives sont les mêmes qui avaient été utilisés contre les immigrants italiens comme ses propres grands-parents. La rhétorique sur les immigrants « indésirables« , « dangereux« , « criminels« , que Bovino déploie aujourd’hui contre les migrants latino-américains, est la rhétorique qui avait été utilisée contre les Bovino et d’autres familles italiennes dans les années 1920. Cette cyclicité de l’exclusion, cette répétition des mêmes préjugés contre de nouvelles vagues d’immigrants, révèle une profonde incapacité à apprendre de l’histoire, une refus de reconnaître que les valeurs qui ont fait l’Amérique – l’opportunité, l’hospitalité, la compassion – sont précisément celles qui sont menacées par les politiques que Bovino défend.
Quand je pense à cette trahison de soi, à cette capacité de Gregory Bovino à nier son propre héritage pour poursuivre une idéologie d’exclusion, je suis saisi par cette tragédie de l’oubli. Comment un être humain peut-il renoncer à si peu à l’histoire qui l’a fait, aux luttes de ses ancêtres, aux sacrifices qui ont rendu sa vie possible ? Cette négation de soi, ce refus de reconnaître sa propre dette envers l’histoire, me révèle quelque chose de terrifiant sur la nature humaine, cette capacité à se transformer en ce qu’on déteste le plus pour se conformer aux exigences du pouvoir. Les Bovino d’aujourd’hui chassent les Bovino d’hier, et dans cette chasse incessante, quelque chose de fondamental est perdu : la compassion, la mémoire, la solidarité entre générations et entre peuples.
L’héritage durable et les leçons pour l’avenir
L’héritage de Gregory Bovino, s’il devait être écrit aujourd’hui, serait un héritage de division, de peur et de répression. Ses raids musclés, ses paroles provocantes, son attitude médiatique flamboyante ont laissé des cicatrices profondes dans les communautés immigrées à travers le pays. Les images de lui en uniforme vert avec ses gardes du corps, lanant des gaz lacrymogènes sur des manifestants pacifiques, seront sans doute utilisées par les historiens futurs comme l’exemple d’une période autoritaire de l’histoire américaine, tout comme Jim Acosta l’avait prédit. Mais au-delà de ces images, il y a le coût humain de ses politiques : les familles séparées, les vies détruites, les communautés terrorisées, un coût qui ne pourra jamais être pleinement mesuré ou compensé.
Cependant, l’histoire de Gregory Bovino nous offre aussi des leçons importantes pour l’avenir. Elle nous rappelle que les politiques d’immigration ne sont pas abstraites ou théoriques, mais ont des conséquences concrètes sur des vies humaines réelles. Elle nous montre comment les traumatismes personnels peuvent être transformés en idéologies publiques destructrices, comment les anciennes blessures peuvent alimenter de nouvelles violences. Elle nous enseigne surtout l’importance de se souvenir de nos origines, de reconnaître nos privilèges et d’utiliser notre pouvoir pour aider plutôt que pour blesser. L’histoire de Gregory Bovino est un avertissement, un rappel des dangers qui nous guettent quand nous permettons à la peur et à l’exclusion de dicter nos politiques, quand nous oublions que chaque immigrant qui traverse nos frontières porte en lui les mêmes rêves, les mêmes espoirs, les mêmes aspirations que nos propres ancêtres.
Cet héritage tragique me laisse avec une question profonde : comment pouvons-nous, en tant que société, empêcher que d’autres Gregory Bovino n’émergent ? Comment pouvons-nous cultiver la compassion plutôt que la peur, la solidarité plutôt que l’exclusion ? La réponse réside peut-être dans notre capacité à raconter nos histoires différemment, à nous souvenir de nos origines communes, à reconnaître que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, les descendants d’immigrants. Cette réflexivité, cette capacité à voir dans l’autre le reflet de nous-mêmes, représente peut-être le seul remède contre les dérives autoritaires qui menacent nos démocraties. L’histoire de Gregory Bovino n’est pas seulement une histoire de trahison, c’est aussi un appel à la résistance, un appel à défendre les valeurs qui ont fait de nous ce que nous sommes.
Conclusion : Le devoir de mémoire et la responsabilité collective
Réapprendre à se souvenir
L’histoire de Gregory Bovino nous confronte à une vérité inconfortable : les valeurs qui ont fait l’Amérique sont constamment menacées par ceux qui ont le plus bénéficié de ces valeurs. Son ascension de petit-fils d’immigrants italiens à architecte des politiques anti-immigration les plus brutales de l’histoire récente représente une trahison de l’esprit qui a animé les fondateurs de ce pays, une trahison qui devrait nous interpeller sur notre propre relation à l’histoire et à nos origines. Dans un monde où les discours de haine et les politiques d’exclusion gagnent du terrain, il devient impératif de réapprendre à se souvenir : se souvenir que nous sommes tous des descendants d’immigrants, que nos ancêtres ont traversé des frontières et surmonté des obstacles pour nous donner la vie que nous vivons aujourd’hui, que nous avons une dette de reconnaissance envers ces migrants qui nous ont précédés.
Cette conscience historique doit être le fondement de notre responsabilité collective envers les migrants d’aujourd’hui. Nous ne pouvons pas permettre que les mêmes préjugés qui avaient été utilisés contre nos ancêtres soient maintenant utilisés contre de nouvelles vagues d’immigrants. Nous ne pouvons pas accepter que la peur de l’autre devienne le moteur de nos politiques publiques. Nous ne pouvons pas tolérer que des hommes comme Gregory Bovino utilisent leur pouvoir pour détruire les rêves de ceux qui cherchent simplement une chance de vivre une vie meilleure. Le devoir de mémoire n’est pas un exercice académique, c’est un impératif moral, une responsabilité que nous avons envers les générations futures pour leur transmettre un monde plus juste, plus accueillant, plus compatissant.
Quand je regarde les photos de Gregory Bovino, quand je lis ses déclarations, quand je vois les dégâts causés par ses politiques, je suis saisi par cette urgence morale qui nous appelle à l’action. Nous ne pouvons plus être des spectateurs passifs de cette tragédie qui se déroule sous nos yeux. Chacun de nous a le pouvoir de résister, de dire non, de défendre les valeurs qui nous tiennent à cœur. Cette résistance peut prendre de nombreuses formes : des actions de solidarité envers les communautés immigrées, des votes pour des politiques plus humaines, des conversations avec nos proches pour déconstruire les préjugés. Ce qui importe, c’est que nous ne restions pas silencieux, que nous ne permettions pas que la haine et l’exclusion deviennent la norme.
Towards a future of inclusion
L’avenir de l’Amérique se joue aujourd’hui, dans les choix que nous faisons quant à la manière dont nous traitons ceux qui arrivent à nos frontières. Nous avons le choix entre continuer sur la voie de l’exclusion et de la peur tracée par Gregory Bovino et l’administration Trump, ou tracer une nouvelle voie fondée sur l’hospitalité et la compassion. Cette nouvelle voie ne signifie pas l’ouverture illimitée des frontières, mais elle signifie le respect de la dignité humaine dans l’application de nos politiques migratoires. Elle signifie reconnaître que les migrants ne sont pas des criminels ou des menaces, mais des êtres humains avec des rêves, des espoirs et des aspirations. Elle signifie comprendre que la sécurité de nos frontières ne peut être construite sur la souffrance des autres.
Les leçons de l’histoire de Gregory Bovino sont claires : quand nous permettons à la peur de dicter nos politiques, nous nous trahissons nous-mêmes et nous trahissons les valeurs qui ont fait de nous une grande nation. Quand nous oublions nos origines, nous perdons notre boussole morale et nous risquons de commettre les mêmes injustices que nous avions autrefois subies. Quand nous permettons à des hommes comme Bovino de définir notre politique d’immigration, nous abandonnons l’essence même de ce que signifie être américain. L’avenir de l’Amérique dépend de notre capacité à reconnaître notre humanité commune, à construire des ponts plutôt que des murs, à accueillir l’autre comme nous aurions voulu être accueillis nous-mêmes.
Alors que je concluis cette réflexion sur l’histoire tragique de Gregory Bovino, je suis empli d’une détermination renouvelée à lutter pour un monde meilleur. Un monde où les immigrants ne seraient pas traités comme des criminels mais comme des êtres humains dignes de respect et de compassion. Un monde où nos origines ne seraient pas une source de honte mais un motif de fierté et de solidarité. Un monde où des hommes comme Gregory Bovino n’auraient pas le pouvoir de détruire des vies mais où nous, collectivement, aurions le pouvoir de construire un avenir plus juste. Cette vision n’est pas un rêve utopique, c’est une responsabilité qui nous incombe à tous, une responsabilité que nous ne pouvons plus ignorer. Le temps de la résistance est venu, le temps de défendre nos valeurs est venu, le temps de construire un monde d’ inclusion est venu.
Sources
Sources primaires
Metro.co.uk – « ICE commander with Italian immigrant grandparents Gregory Bovino made posterboy of raids » – 18 janvier 2026
Chicago Sun-Times – « Greg Bovino’s the star of Trump’s deportation show. We trace his roots. » – 12 décembre 2025
WBEZ – « 10 things to know about Border Patrol boss Gregory Bovino » – 15 décembre 2025
Sources secondaires
Calandra Italian American Institute – Déclaration de Joseph Sciorra sur Gregory Bovino – 2025
Interviews de Lee Stroupe, ancien entraîneur de lutte de Gregory Bovino – 2025
Interviews de Jenn Budd, ancienne agent de la patrouille frontalière – 2025
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