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Des défaites étrangères qui s’accumulent

L’Iran est mûr pour le changement, c’est incontestable. Les dernières années ont été particulièrement humiliantes pour le régime des mollahs sur la scène internationale. Leur proxy à Gaza, le Hamas, a lancé les attaques du 7 octobre sans que Téhéran n’en soit pleinement informé des détails, les entraînant dans un conflit sur lequel ils avaient peu de contrôle. Ce manque de coordination et cette incapacité à maîtriser leurs propres alliés régionaux ont révélé des failles profondes dans l’appareil de direction iranien. Ils ont ensuite dû accepter qu’un autre proxy qu’ils ont passé des décennies à cultiver, le Hezbollah, reste pratiquement en marge d’un conflit plus large avec les Israéliens, limitant ainsi leur capacité à projeter leur influence dans la région. Cette passivité forcée contrastait violemment avec la rhétorique belliqueuse habituelle de Téhéran et ses menaces répétées de détruire Israël.

Les rebelles houthis armés par l’Iran au Yémen ont lancé des attaques qui ont eu un impact quasi nul sur Israël, démontrant une fois de plus les limites de la capacité de projection iranienne et l’inefficacité de leurs alliés régionaux. Pire encore, le régime syrien de Bachar al-Assad, un allié de longue date de l’Iran, s’est effondré avec Assad s’enfuyant à Moscou, gaspillant ainsi les efforts iraniens investis pour le maintenir au pouvoir pendant la guerre civile dévastatrice du pays. L’Iran avait investi des milliards de dollars et des milliers de vies dans le soutien à Assad, considérant la Syrie comme un maillon essentiel de son axe de résistance régionale. La chute du régime syrien représente donc non seulement un revers stratégique majeur mais aussi un investissement considérable perdu à jamais, avec des conséquences durables sur la capacité de l’Iran à maintenir son influence au Levant.

Il y a quelque chose d’ironique à voir un régime qui se présente comme le bastion de la résistance anti-impérialiste se faire ainsi marginaliser par ses propres alliés. Le Hamas agit sans consulter Téhéran, le Hezbollah reste au balcon, les Houthis frappent dans le vide… C’est comme voir une marionnettiste perdre le contrôle de ses marionnettes une par une. Ce qui m’attriste le plus dans cette situation, c’est que les populations civiles continuent de payer le prix de ces calculs stratégiques ratés. Les Syriens ont souffert des années de guerre pour un régime qui s’effondre finalement, les Yéménites vivent dans une pauvreté abyssale tandis que leurs « protecteurs » lancent des missiles inefficaces, et le peuple iranien continue de s’appauvrir pour financer des aventures étrangères qui finissent en désastre. Quand est-ce que les dirigeants comprendront que la véritable puissance réside dans le bien-être de leur propre peuple plutôt que dans des alliances fragiles avec des groupes armés ?

L’effondrement de l’axe chiite

Il y a dix ans, l’Iran semblait être sur le point de créer une autoroute chiite allant de Téhéran à Beyrouth, avec des points de contrôle dans le golfe Persique et la mer Rouge. Cette sphère d’influence semble aujourd’hui en lambeaux. L’Irak semble déterminé à se libérer du joug de l’influence iranienne et espère que les récentes élections et l’instabilité en Iran affaibliront les groupes armés œuvrant sous l’autorité des ayatollahs. Le gouvernement irakien, qui avait longtemps navigué entre l’influence américaine et iranienne, semble maintenant prendre ses distances avec Téhéran, conscient que la population irakienne est de plus en plus hostile à toute ingérence étrangère. Les milices chiites irakiennes, longtemps financées et entraînées par l’Iran, se retrouvent désormais dans une position précaire, leur légitimité contestée par une population fatiguée de la violence et de la corruption.

À cela s’ajoute une économie en effondrement complet, une devise dévaluée et la répression des droits d’une population très jeune qui ne se résout pas à l’impasse. Le rial iranien a perdu une grande partie de sa valeur ces dernières années, rendant les produits de première nécessité inaccessibles pour la majorité de la population. L’inflation galopante, le chômage des jeunes et la corruption généralisée ont créé un cocktail explosif qui a alimenté les protestations de décembre. Les sanctions économiques américaines et européennes ont aggravé cette situation, mais l’incapacité du régime à mettre en place des réformes économiques structurelles est également en cause. Les tentatives du gouvernement pour contrôler les prix et réprimer les marchés noirs n’ont fait qu’aggraver la situation, créant des pénuries et alimentant le mécontentement populaire.

Je ne peux m’empêcher de penser à cette génération d’Iraniens qui n’a connu que le régime des mollahs mais qui rêve d’autre chose. Ces jeunes qui utilisent les VPN pour contourner la censure, qui écoutent de la musique occidentale en secret, qui s’organisent sur des applications cryptées pour protester… ils représentent l’avenir de ce pays, pas des religieux âgés enfermés dans leur idéologie obscurantiste. Ce qui me frappe, c’est leur résilience face à l’adversité. Malgré la répression, malgré la pauvreté, malgré l’isolement international, ils continuent de se battre pour une vie meilleure. Et pourtant, le monde continue de les abandonner, de les traiter comme des pions dans un jeu géopolitique qui les dépasse. C’est à se demander si nous méritons vraiment le leadership que nous prétendons exercer sur la scène mondiale.

Sources

Sources primaires

Article de The Hill – « Trump’s threat on Iran falls flat: regime remains intact » par Jos Joseph, publié le 19 janvier 2026

Article de Reuters – « Iran protests abate after deadly crackdown, Trump says Tehran calls off mass hangings » par Parisa Hafezi, Nayera Abdallah et al., publié le 16 janvier 2026

Article de BBC – « Trump vows ‘very strong action’ if Iran executes protesters » par Tabby Wilson, publié le 14 janvier 2026

Sources secondaires

Rapports de l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA) sur les décès lors des protestations en Iran, janvier 2026

Déclarations du président Donald Trump sur Truth Social concernant l’Iran, janvier 2026

Témoignages de résidents iraniens recueillis par Reuters et BBC, janvier 2026

Communiqués de l’Organisation des Nations Unies pour les droits humains sur la situation en Iran, janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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