Skip to content

Une domination sans partage

La Chine a réussi un tour de force industriel sans précédent dans le domaine des véhicules électriques. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, près de 65% des véhicules électriques vendus dans le monde en 2024 l’ont été en Chine. L’Europe suivait de loin avec environ 18% du marché, les États-Unis avec 9%, l’Inde avec 0,5% et le reste du monde avec 8%. Les projections pour 2030 confirment cette tendance : 53% des ventes mondiales devraient se faire en Chine, 24% en Europe, 8,4% aux États-Unis, 1,8% en Inde et 13% dans les autres pays. Cette domination repose sur une chaîne d’approvisionnement intégrée, des coûts de production imbattables et une politique industrielle volontariste menée par Pékin depuis plus d’une décennie.

Le constructeur chinois BYD illustre parfaitement cette réussite. L’entreprise est devenue le premier fabricant automobile mondial à atteindre le cap des 13 millions de véhicules à énergie nouvelle produits. En 2025 seulement, elle a exporté près d’un million de véhicules. Les exportations chinoises de véhicules électriques ont bondi de 87% en glissement annuel en novembre 2025, avec la majorité des expéditions destinées au Mexique, à l’Indonésie et à la Thaïlande. Cette expansion massive ne se limite pas à l’Asie. Dans au moins douze autres pays, plus de 50% des véhicules électriques en circulation sont d’origine chinoise, notamment en Ouzbékistan, en Thaïlande, au Brésil, en Uruguay, en Jordanie, au Costa Rica, en Égypte, en Colombie, en Indonésie, au Mexique, en Malaisie et au Maroc.

Quand on regarde ces chiffres de plus près, on ne peut qu’être frappé par l’ampleur de ce qui s’est passé. La Chine ne s’est pas contentée de rattraper son retard dans l’industrie automobile : elle l’a tout simplement dépassée de manière décisive. Pendant que l’Occident se débattait avec des débats idéologiques, des réglementations complexes et des industries historiques réticentes au changement, Pékin construisait méthodiquement une machine industrielle sans équivalent. Il y a une certaine brutalité dans cette efficacité, une absence de sentimentalisme dans la manière dont la Chine a identifié un objectif stratégique et a mobilisé toutes ses ressources pour l’atteindre. C’est ce que les économistes appellent souvent l’avantage du retardant : la capacité de sauter les étapes technologiques intermédiaires pour aller directement aux solutions les plus avancées. Et le résultat est là, sous nos yeux, indéniable et un peu effrayant pour les industries automobiles traditionnelles qui n’ont pas su anticiper cette transformation.

L’infrastructure qui soutient l’ambition

Le succès chinois dans le domaine des véhicules électriques ne s’explique pas uniquement par la capacité de production. Il repose également sur un écosystème industriel complet intégrant l’extraction des matières premières, la fabrication des batteries, le développement des technologies de recharge et la mise en place d’infrastructures de recharge à l’échelle nationale. La Chine contrôle une part significative de l’approvisionnement mondial en lithium, en cobalt et en terres rares, des matériaux essentiels à la fabrication des batteries. Les géants chinois comme CATL et BYD dominent le marché mondial des batteries, représentant ensemble plus de la moitié de la capacité de production mondiale.

Cette intégration verticale offre aux constructeurs chinois des avantages considérables en termes de coûts et de sécurité d’approvisionnement. Ils peuvent produire des véhicules électriques à des prix que les fabricants occidentaux peinent à égaler, tout en maintenant des marges bénéficiaires saines. De plus, le gouvernement chinois a investi massivement dans le déploiement d’infrastructures de recharge, avec plus de 1,5 million de bornes de recharge publiques installées à travers le pays en 2025. Cet effort systématique a créé un environnement favorable à l’adoption massive des véhicules électriques, stimulant à son tour la demande intérieure et permettant aux constructeurs de bénéficier d’économies d’échelle supplémentaires.

Ce qui me frappe dans cette stratégie chinoise, c’est la vision à long terme qui la sous-tend. Pendant que les gouvernements occidentaux changeaient de politique à chaque élection, hésitaient entre subventionner et réglementer, et se perdaient dans des débats sans fin sur l’opportunité de la transition énergétique, la Chine avançait avec une constance remarquable. Il y a une certaine beauté dans cette méthode, une sorte d’efficacité glaciale qui rappelle les grandes réalisations industrielles du vingtième siècle. Mais il y a aussi quelque chose d’inquiétant dans cette capacité à planifier et exécuter sur le long terme sans avoir à rendre de comptes à une opinion publique volatile. C’est ce qui donne à la Chine un avantage structurel que les démocraties auront du mal à compenser, sauf à trouver des moyens de concilier délibération démocratique et action résolue.

Sources

Sources primaires

India Today, « Trump’s own goal: Canada-China EV pact tilts global EV race », publié le 20 janvier 2026

BBC, « Canada’s deal with China signals it is serious about shift from US », publié le 16 janvier 2026

Reuters, « Canada, China slash EV, canola tariffs in reset of ties », publié le 16 janvier 2026

Gouvernement du Canada, « Preliminary Agreement-In-Principle to Address Economic and Trade Issues with China », publié le 16 janvier 2026

Agence internationale de l’énergie, « Global EV Data Explorer », données consultées en janvier 2026

Sources secondaires

McGill University, Professeur Vivek Astvansh, analyse sur l’impact de l’accord Canada-Chine, janvier 2026

Western University, Professeur Gal Raz, expertise sur la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, janvier 2026

Rideau Potomac Strategy Group, Eric Miller, conseiller en commerce, analyse des relations commerciales Canada-États-Unis, janvier 2026

Trivium China, Even Rogers Pay, analyste basé à Pékin, perspective sur la stratégie commerciale canadienne, janvier 2026

Université Tsinghua, Sun Chenghao, Centre for International Security and Strategy, analyse sur les implications géopolitiques de l’accord, janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu