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La poignée de main qui a tout changé

L’histoire de cette relation tumultueuse commence le 25 mai 2017, à Bruxelles, lors du premier sommet de l’OTAN après l’élection de Macron. Ce qui aurait dû être une simple rencontre protocolaire s’est transformé en un test de force physique qui a duré près d’une minute. Trump, connu pour ses poignées de main dominatrices, a tenté de soumettre le jeune président français à son rituel habituel de domination. Mais Macron a résisté, maintaining une pression constante sur la main du président américain, refusant de céder du terrain. Le message était clair : la France ne serait pas intimidée par un président américain qui confond le respect avec la domination. À Paris, les conseillers de Macron étaient convaincus que Trump ne répondrait qu’à la force, et cette première rencontre a établi le ton de ce qui allait devenir une relation basée sur l’affrontement plus que sur la coopération. Ce n’était pas seulement une poignée de main, c’était une déclaration d’indépendance politique et stratégique.

Le 14 juillet 2017, Macron a tenté une approche différente : la séduction par la flatterie. Il a invité Trump comme invité d’honneur aux célébrations de la fête nationale française, incluant un dîner à la Tour Eiffel. C’était un geste symbolique puissant : malgré les différences, la France voulait maintenir des liens étroits avec son allié historique. Macron comptait sur la vanité de Trump et sa susceptibilité à la flatterie pour le persuader de coopérer sur la scène internationale, avec la France comme constructeur de ponts entre l’Europe et l’Amérique. La stratégie semblait fonctionner temporairement, Trump déclarant avoir une grande relation avec Macron et allant même jusqu’à retirer des pellicules de l’épaule du président français pour le préparer à une photo. Mais cette lune de miel diplomatique allait s’avérer de courte durée, et les divergences fondamentales entre les deux hommes allaient bientôt réapparaître avec encore plus de force.

Cette poignée de main de 2017 reste pour moi l’image parfaite de cette relation. Deux hommes qui se serrent la main comme s’ils allaient se battre, une tension visible dans chaque muscle, chaque mouvement. C’est presque comique, en réalité, cette mascarade de virilité politique. Mais en même temps, c’est terrifiant de penser que le sort du monde puisse dépendre de ces égos surdimensionnés. Macron avait compris quelque chose d’essentiel : avec Trump, la faiblesse est punie, la force récompensée. C’est une règle primitive, presque animale, mais c’est celle qui régit les relations internationales dans ce nouveau monde brutal. Et il faut reconnaître que le président français a joué ce jeu avec une maîtrise impressionnante, transformant chaque rencontre en un test de volonté où il refuse de céder.

Le discours de 2018 et la critique du nationalisme

Le point de non-retour est survenu le 11 novembre 2018, lors du 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Dans un discours prononcé en présence de Trump, Macron a averti des dangers du nationalisme, une critique à peine voilée de la stratégie America First du président américain. Le nationalisme est la trahison du patriotisme, a-t-il déclaré, une phrase qui a profondément irrité Trump qui a perçu cette intervention comme une attaque directe contre sa politique. Les relations entre les deux chefs d’État se sont rapidement détériorées par la suite, Macron critiquant ouvertement la décision américaine de retirer les troupes de Syrie sans consulter les alliés de l’OTAN. Trump a riposté violemment, tweetant que les comments de Macron étaient très insultants et claimant que la France imposait des tarifs élevés sur les produits américains tout en ayant un taux d’approbation très bas et un chômage élevé.

En 2019, Macron a provoqué un tollé international en déclarant que l’OTAN était en état de mort cérébrale. Cette affirmation, faite dans une interview avec The Economist, visait moins l’alliance elle-même que l’attitude antagoniste de Trump envers l’organisation. La France voulait forcer un débat : combien de temps l’Europe pouvait-elle compter sur un partenaire qui remettait ouvertement en question ses obligations ? Aujourd’hui, ces mots, qui avaient été sévèrement critiqués à l’époque, peuvent être lus comme un avertissement prophétique de la crise actuelle. La mort cérébrale de l’OTAN, selon Macron, était le résultat de l’absence de coordination stratégique entre les alliés et du rejet américain des engagements multilatéraux. Cette critique audacieuse a marqué la fin définitive de toute illusion de coopération harmonieuse entre Paris et Washington sous l’ère Trump.

Quand je relis ces discours de 2018-2019, je suis frappé par la clairvoyance de Macron. Il avait vu venir ce qui allait se passer. La mort cérébrale de l’OTAN, c’était plus qu’une formule choc, c’était un diagnostic clinique d’une alliance en train de se déliter sous l’effet de l’égoïsme américain et de l’indifférence européenne. Ce qui me fascine, c’est comment Macron a réussi à articuler cette critique sans être directement agressif, en utilisant des métaphores qui frappent l’imagination. C’est la marque d’un homme qui a une vision à long terme, qui comprend que les institutions politiques ne sont pas éternelles et doivent être constamment réinventées. Trump, avec sa vision transactionnelle et à court terme, n’a jamais compris cette dimension stratégique.

Sources

Sources primaires

Deutsche Welle, « It’s complicated: Macron’s turbulent relationship with Trump », 21 janvier 2026

NBC News, « Trump shares texts from leaders and vows ‘no going back’ on Greenland », 20 janvier 2026

Business Insider, « Inside the tumultuous relationship between Donald Trump and French President Emmanuel Macron », 5 décembre 2019

Sources secondaires

Atlantic Council, « The French-American Alliance in an America-First Era », avril 2018

German Marshall Fund of the United States, « The U.S.–France Special Relationship: Testing the Macron Method », 2017

The Economist, « Emmanuel Macron on the future of Europe », novembre 2019

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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