Une transaction stratégique pour diversifier le commerce
L’accord signé entre le Canada et la Chine le 16 janvier 2026 représente bien plus qu’une simple transaction commerciale. Pour le gouvernement de Mark Carney, il s’agit d’une manœuvre stratégique visant à réduire la dépendance économique excessive du Canada envers son voisin du sud. Confronté à l’instabilité croissante de la politique commerciale américaine, Ottawa a cherché à diversifier ses partenaires commerciaux et à ouvrir de nouveaux marchés pour ses exportations, particulièrement dans le secteur agricole. La Chine, deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis, offrait une opportunité unique de rééquilibrer les échanges commerciaux du pays.
Les termes de l’accord reflètent cette stratégie. En échange de l’abaissement par le Canada de ses tarifs sur les véhicules électriques chinois, Pékin s’est engagé à réduire ses droits de douane sur le canola canadien et d’autres produits agricoles. Le canola représente une part essentielle des exportations canadiennes vers la Chine, et cet accord pourrait Booster considérablement ce secteur déjà vital pour l’économie canadienne. Dominic LeBlanc, ministre responsable des relations commerciales canado-américaines, a souligné que cet accord n’était pas un traité de libre-échange complet, mais plutôt une « résolution sur plusieurs questions tarifaires importantes ». Une nuance importante que Trump semble avoir délibérément ignorée dans sa réaction.
C’est là toute l’ironie de la situation : Trump critique le Canada pour diversifier ses partenariats commerciaux, alors que c’est exactement ce que n’importe quel responsable économique rationnel ferait face à un partenaire aussi imprévisible. Mettre tous ses œufs dans le même panier américain, c’est une recette pour le désastre à long terme. Carney a raison de chercher des alternatives, de construire des ponts avec d’autres économies majeures. Ce n’est pas de l’anti-américanisme, c’est du pragmatisme économique pur. Mais bon, expliquer la nuance à quelqu’un qui voit le monde en noir et blanc, c’est probablement peine perdue.
La réalité des tarifs actuels et les malentendus
Une analyse détaillée de l’accord sino-canadien révèle des réalités qui contredisent largement la rhétorique alarmiste de Trump. Contrairement à ce que suggère le président américain, cet accord ne crée pas un libre-échange total entre le Canada et la Chine. Le Canada maintient toujours un tarif de 6% sur les véhicules électriques chinois, tandis que la Chine continue d’appliquer un droit de douane de 15% sur le canola canadien. Ces tarifs restants démontrent qu’il s’agit d’une transaction commerciale ciblée et non d’une ouverture totale des marchés. Des experts comme Fen Osler Hampson, professeur de relations internationales à l’Université Carleton, ont qualifié cette accusation de « hypocrisie étonnante » de la part de l’administration Trump, d’autant que les États-Unis ont eux-mêmes signé un accord commercial avec la Chine il y a quelques mois à peine.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les exportations canadiennes vers les États-Unis s’élèvent à environ 400 milliards de dollars américains par année, contre environ 30 milliards vers la Chine. L’idée qu’un accord modeste avec Pékin puisse menacer l’économie américaine est donc économiquement infondée. De plus, l’accord sino-canadien ne porte que sur des produits spécifiques et ne contient aucune disposition permettant aux produits chinois d’être acheminés vers les États-Unis via le Canada sans payer les tarifs appropriés. Trump semble utiliser cet accord comme prétexte pour justifier une politique agressive envers un allié qui refuse de se soumettre à sa vision hégémonique des relations internationales.
Ce qui me frappe le plus dans cette affaire, c’est la désinformation délibérée. Trump présente cet accord comme une menace existentielle pour l’Amérique, alors qu’en réalité, il s’agit d’une transaction commerciale modeste et ciblée. C’est de la pure manipulation politique, conçue pour mobiliser sa base électorale en présentant le Canada comme un traître. Mais au-delà de la politique, il y a cette incompréhension fondamentale de la façon dont fonctionne l’économie moderne. Dans un monde globalisé, les pays cherchent naturellement à diversifier leurs partenariats. C’est comme le porfolio d’investissement : ne jamais tout miser sur une seule action. Le Canada fait simplement ce que tout investisseur rationnel ferait. Pourquoi ce serait-il blâmable pour un pays de faire la même chose?
Section 3 : Les implications économiques d'un tarif de 100%
Une menace aux conséquences dévastatrices potentielles
Si Donald Trump devait concrétiser sa menace d’imposer un tarif de 100% sur tous les produits canadiens, les conséquences économiques seraient catastrophiques pour les deux pays. Pour le Canada, qui exporte environ 75% de ses marchandises vers les États-Unis, un tel tarif équivaudrait à une destruction quasi-totale de son commerce extérieur. Les secteurs les plus touchés incluraient l’industrie automobile, l’agriculture, l’exploitation forestière, l’énergie et les mines. Des milliers d’emplois canadiens seraient menacés, et l’économie du pays pourrait entrer en récession profonde. Les provinces ontariennes et québécoises, dont les économies sont intimement liées à la chaîne d’approvisionnement automobile nord-américaine, seraient particulièrement vulnérables.
Mais les États-Unis ne sortiraient pas indemnes non plus de cette guerre commerciale. L’économie américaine est profondément intégrée à celle du Canada, avec des chaînes d’approvisionnement interdépendantes qui traversent la frontière plusieurs fois au cours du processus de production. Un tarif de 100% augmenterait considérablement les coûts pour les consommateurs américains, qui paieraient plus cher pour une gamme de produits, des pièces automobiles aux aliments transformés en passant par le pétrole et le gaz naturel. L’industrie automobile américaine, qui dépend de composants canadiens pour assembler ses véhicules, ferait face à des perturbations massives de sa production. Des experts économiques ont prévenu qu’une telle mesure pourrait coûter des milliards de dollars à l’économie américaine et détruire des milliers d’emplois dans de nombreux secteurs.
C’est la folie pure, la folie furieuse. Trump brandit cette menace comme s’il s’agissait d’une arme inoffensive, alors qu’en réalité, c’est une bombe nucléaire économique qui ferait exploser l’économie des deux pays. Comment un président peut-il sérieusement envisager de détruire le partenariat commercial le plus intégré au monde, celui qui a fait de l’Amérique du Nord une puissance économique majeure? C’est comme couper la branche sur laquelle on est assis. Et pour quoi? Pour satisfaire un ego démesuré, pour prouver une virilité politique auprès d’une base qui ne comprend pas les conséquences réelles de ce genre de décisions. C’est irresponsable au-delà de l’imaginable.
L’impact sur les travailleurs et les consommateurs
Au-delà des chiffres macroéconomiques, ce sont les vies réelles qui seraient touchées par une telle mesure. Les travailleurs canadiens des usines automobiles de Windsor et d’Oshawa, les agriculteurs des Prairies qui exportent leurs grains vers les États-Unis, les forestiers de la Colombie-Britannique qui vendent du bois d’œuvre américain : tous verraient leur gagne-pain menacé par ce tarif. Les petites et moyennes entreprises canadiennes qui dépendent du marché américain pour leur survie seraient contraintes de fermer leurs portes, entraînant des vagues de licenciements dans tout le pays. Le coût de la vie augmenterait de manière drastique pour les Canadiens, qui paieraient plus cher pour une multitude de produits importés des États-Unis.
De l’autre côté de la frontière, les consommateurs américains feraient également les frais de cette politique. Les prix de l’essence pourraient augmenter en raison de l’intégration du secteur pétrolier canado-américain. Les voitures fabriquées aux États-Unis mais avec des composants canadiens deviendraient plus chères. Les produits alimentaires contenant des ingrédients canadiens verraient leur prix grimper. En somme, ce sont les familles ordinaires des deux pays qui finiraient par payer la note de cette guerre commerciale futile. Les économistes estiment qu’un tarif de 100% pourrait coûter à chaque famille américaine plusieurs milliers de dollars par an en augmentations de prix. Une fois de plus, ce sont les plus vulnérables qui souffriraient le plus des décisions inconsidérées des élites politiques.
C’est ça qui me révolte le plus. Les Trump de ce monde prennent ces décisions depuis leurs tours d’ivoire, entourés de conseillers qui ne connaissent rien à la vraie vie des gens ordinaires. Ils n’ont jamais eu à se demander s’ils pourraient payer leur loyer à la fin du mois, s’ils pourraient mettre de la nourriture sur la table pour leurs enfants. Ils jouent avec l’économie comme si c’était un jeu de Monopoly, sans aucune considération pour les vies qu’ils détruisent. C’est une violence structurelle, une violence invisible qui brise des familles, ruine des carrières, détruit des communautés. Et tout ça pour quoi? Pour satisfaire l’ego d’un homme qui ne comprend même pas les conséquences de ses propres actions.
Section 4 : La réaction canadienne et la stratégie de résilience
Une réponse mesurée mais ferme d’Ottawa
Face à cette menace, le gouvernement canadien a adopté une réponse remarquablement calme et mesurée. Plutôt que de céder à la panique ou de répondre par des menaces réciproques, Ottawa a maintenu une ligne de communication ouverte avec Washington tout en affirmant fermement sa souveraineté. Dominic LeBlanc, ministre responsable des relations commerciales canado-américaines, a réitéré que le Canada ne négociait pas un accord de libre-échange complet avec la Chine, mais cherchait simplement à « résoudre plusieurs questions tarifaires importantes ». Cette réponse nuancée contraste fortement avec la rhétorique incendiaire de Trump et témoigne d’une maturité politique notable de la part du gouvernement canadien.
Les ministres canadiens ont également souligné que cette stratégie de diversification économique était essentielle pour garantir la résilience à long terme du Canada. Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, a résumé cette approche avec pragmatisme : « Il faut prendre ces choses au sérieux, mais nous ne négocions pas un accord de libre-échange avec la Chine, donc c’est une déclaration sérieuse, nous la prendrons au sérieux, mais nous devons contrôler ce que nous contrôlons. » Cette philosophie de se concentrer sur ce qui est sous son contrôle guide désormais la politique étrangère canadienne face à l’incertitude croissante des relations avec les États-Unis.
J’admire cette retenue canadienne. Vraiment. Face à un provocateur de l’ampleur de Trump, la réponse facile serait de descendre dans la boue avec lui, d’échanger les insultes, de monter les enchères. Mais le Canada choisit une autre voie : la dignité, la mesure, le dialogue constructif. C’est une leçon de leadership dans un monde où la politique devient de plus en plus un théâtre de grotesque. Carney et son gouvernement comprennent quelque chose d’essentiel : répondre aux provocations par des provocations ne mène nulle part. La vraie force, c’est de rester fidèle à ses principes même quand on est attaqué. C’est ça, la différence entre un leader et un populiste.
Une mobilisation provinciale pour la défense des intérêts canadiens
La réaction canadienne ne s’est pas limitée au gouvernement fédéral. Les premiers ministres provinciaux se sont également mobilisés pour défendre les intérêts de leurs juridictions face à la menace américaine. Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan, a déclaré que cette menace représentait « une dégradation supplémentaire du système de commerce équitable et libre » que le monde avait pris pour acquis pendant des décennies. Il a souligné la nécessité pour le Canada de continuer à « travailler ensemble pour sécuriser les meilleurs accords commerciaux partout où possible », tout en maintenant des relations pragmatiques avec tous les partenaires économiques.
David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique, a affiché son soutien sans réserve à la stratégie de Carney, postant sur les réseaux sociaux : « Tu es sur la bonne voie, Mark. La Colombie-Britannique te soutient. » Wab Kinew, premier ministre du Manitoba, a adopté une position encore plus ferme, affirmant que le Canada « ne sera jamais conquis par personne — ni par la Chine, ni par Trump. » Cette unité provinciale rare en temps de crise politique témoigne de la gravité avec laquelle les dirigeants canadiens perçoivent cette menace et de leur détermination à défendre la souveraineté économique du pays.
Il y a quelque chose de profondément touchant dans cette unité canadienne. Dans un monde où la polarisation politique divise les nations de l’intérieur, voir tous les premiers ministres provinciaux, de tous les bords politiques, se rallier derrière une cause commune, c’est presque… émouvant. C’est un rappel que même dans les moments les plus sombres, les Canadiens peuvent se rassembler quand il le faut. Cette diversité politique, géographique, culturelle qui devient une force quand il s’agit de défendre le pays. C’est ça, le Canada : pas un monolithe, mais une mosaïque qui peut se transformer en mur de béton quand nécessaire.
Section 5 : L'approche de Trump : coercition et domination
Un modèle de relations basé sur la menace et l’intimidation
L’approche de Donald Trump envers le Canada s’inscrit dans un modèle plus large de relations internationales fondé sur la coercition et l’intimidation. Depuis son retour à la présidence en 2025, Trump a multiplié les menaces tarifaires contre un large éventail de partenaires commerciaux, de l’Union européenne au Mexique en passant maintenant par le Canada. Cette stratégie repose sur l’idée que les États-Unis peuvent utiliser leur puissance économique comme levier pour imposer leur volonté aux autres nations, transformant les relations diplomatiques traditionnelles en un rapport de force brutal où les menaces remplacent la négociation.
Le traitement du Canada par Trump illustre particulièrement bien cette approche. Au lieu de chercher à comprendre les préoccupations économiques légitimes d’Ottawa ou à proposer des alternatives constructives, Trump a immédiatement recouru à l’ultimatum et à la menace. Dans ses posts sur Truth Social, il a employé un langage alarmiste et apocalyptique, affirmant sans fondement que « la Chine dévorera le Canada vivant, le dévorera complètement, y compris la destruction de leurs entreprises, de leur tissu social et de leur mode de vie général. » Cette rhétorique catastrophiste vise clairement à justifier des mesures extrêmes qui, dans d’autres circonstances, seraient considérées comme irrationnelles.
C’est cette incapacité à concevoir des relations basées sur autre chose que la domination qui me fascine et effraie à la fois. Trump ne peut pas imaginer un monde où les pays sont partenaires égaux, où chacun poursuit ses intérêts dans un cadre de respect mutuel. Pour lui, tout est hiérarchie, tout est rapport de force. Ceux qui ne se soumettent pas sont des ennemis. Ceux qui cherchent à diversifier leurs partenariats sont des traîtres. C’est une vision infantile des relations internationales, celle d’un tyran de cour d’école qui ne comprend pas le jeu collaboratif. Le problème, c’est que ce tyran a entre les mains l’économie la plus puissante du monde et l’arsenal nucléaire le plus important de la planète.
La politisation des relations économiques
Ce qui distingue particulièrement l’approche de Trump, c’est la politicisation extrême des relations économiques internationales. Historiquement, les questions commerciales étaient traitées comme des sujets techniques, négociées par des experts et des diplomates dans un cadre relativement apolitique. Trump a brisé cette convention, transformant chaque décision commerciale en un spectacle politique destiné à mobiliser sa base électorale. La menace contre le Canada n’est donc pas une réponse rationnelle à un problème économique réel, mais une manœuvre politique conçue pour renforcer son image de leader fort face à un adversaire perçu comme faible.
Cette politisation se manifeste également dans la manière dont Trump personnifie les conflits commerciaux. Il ne parle pas du Canada comme d’un État souverain avec des intérêts légitimes, mais comme d’une entité dirigée par des individus qu’il peut intimider ou humilier. L’utilisation du terme « gouverneur » pour désigner Mark Carney n’est pas anecdotique : elle s’inscrit dans une stratégie systématique de dénigrement et d’infantilisation des dirigeants qui refusent de se soumettre à sa volonté. C’est une approche qui non seulement corrode les relations diplomatiques, mais qui mine également les institutions multilatérales qui ont gouverné les relations économiques internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
C’est là toute la tragédie de cette présidence. Trump ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre, que les relations internationales ne sont pas un jeu de réalité télévisée. Il y a des vies en jeu, des économies qui peuvent s’effondrer, des emplois qui peuvent disparaître. Tout ça parce qu’un homme veut jouer au dur sur la scène internationale. C’est une infantilisation de la politique à grande échelle, une transformation de la diplomatie en théâtre de l’absurde. Et le plus triste, c’est que ça marche. Il y a des gens qui applaudissent ce genre de comportement, qui trouvent ça « fort » et « courageux ». Quelle définition déformée du courage.
Section 6 : L'avenir des relations canado-américaines
Une nécessaire redéfinition du partenariat
La crise actuelle entre le Canada et les États-Unis met en lumière la nécessité urgente d’une redéfinition fondamentale du partenariat entre les deux pays. Pendant des décennies, la relation canado-américaine a été caractérisée par une dépendance économique asymétrique, le Canada s’appuyant massivement sur le marché américain pour ses exportations. Cette dépendance, autrefois considérée comme une force, est maintenant devenue une vulnérabilité stratégique que le gouvernement de Mark Carney cherche activement à corriger. L’accord avec la Chine n’est que le début d’une stratégie plus large de diversification économique qui inclut également le renforcement des liens avec l’Union européenne, l’Inde et d’autres partenaires asiatiques.
Les experts en relations internationales suggèrent que le Canada doit développer une doctrine de relations multiples, réduisant progressivement sa dépendance économique envers tout seul partenaire. Cette approche ne signifie pas la fin des relations économiques avec les États-Unis, qui resteront naturellement le partenaire commercial le plus important du Canada, mais plutôt l’établissement d’un équilibre qui donne à Ottawa plus de marge de manœuvre dans sa politique étrangère. Comme l’a noté Asa McKercher, professeur spécialisé dans les relations canado-américaines à l’Université Saint Francis Xavier, « Carney perçoit les États-Unis comme un partenaire commercial et de sécurité risqué, ce qui n’est pas une mauvaise évaluation étant donné que Donald Trump menace une guerre commerciale contre les plus proches alliés de l’Amérique. »
C’est un moment de vérité pour le Canada. Pendant trop longtemps, nous avons vécu dans l’ombre de l’Amérique, nous contentant d’être ce petit frère docile qui suit partout son grand frère. Mais ce temps est révolu. Le monde change, et nous devons changer avec lui. Diversifier nos partenariats, ce n’est pas trahir les États-Unis, c’est garantir notre propre avenir. C’est comme un adulte qui quitte la maison familiale pour construire sa propre vie. Il y a toujours de l’amour pour la famille, mais il faut aussi savoir se tenir debout seul. Le Canada est en train de grandir, et ça fait un peu mal, ça fait peur, mais c’est nécessaire.
Les défis de la renégociation de l’ACEUM
Un défi particulièrement urgent dans les relations canado-américaines concerne l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), l’accord de libre-échange trilatéral qui succède à l’ALENA. Cet accord est soumis à une révision obligatoire cette année, et Trump a déjà indiqué qu’il le considérait comme « irrélevant », affirmant qu’il n’offrait « aucun avantage réel » aux États-Unis. Cette position menace la stabilité des relations commerciales nord-américaines et pourrait conduire à une renégociation difficile, voire à l’abandon pur et simple de l’accord.
Le Canada a déjà commencé à se préparer à cette éventualité en renforçant ses relations bilatérales avec le Mexique. Les deux pays ont convenu de coordonner leurs positions pour les négociations futures et de tenter d’étendre l’accord trilatéral au-delà de sa date d’expiration de 2036. Cette stratégie de coalition avec le Mexique vise à donner aux deux pays plus de poids face aux États-Unis dans les négociations. Cependant, si Trump maintient sa position intransigeante, le Canada pourrait être forcé de chercher d’autres arrangements commerciaux qui ne dépendent plus de la participation américaine. Une telle évolution marquerait la fin d’une époque de coopération économique nord-américaine et le début d’une nouvelle phase de fragmentation continentale.
L’ACEUM, c’est l’ossature économique de l’Amérique du Nord. Démanteler cet accord, c’est comme retirer la charpente d’une maison et s’attendre à ce qu’elle tienne debout. Trump joue avec l’économie continentale comme un enfant avec des Lego, sans comprendre que derrière chaque clause, chaque disposition, il y a des millions de vies qui dépendent de cette stabilité. Ce qui me dérange le plus, c’est cette vision transactionnelle de tout. Pour Trump, un accord commercial, c’est comme un deal immobilier : soit tu gagnes, soit tu perds. Il ne comprend pas que dans les relations internationales, le vrai succès, c’est quand tout le monde gagne un peu. C’est une philosophie du perdant-perdant qui prétend être du gagnant-gagnant.
Section 7 : La position de la communauté internationale
Une préoccupation croissante quant à la stabilité des relations internationales
La crise entre le Canada et les États-Unis suscite une inquiétude croissante au sein de la communauté internationale. Les diplomates et les experts en relations internationales observent avec alarme la détérioration des relations entre deux des alliés les plus proches du monde occidental, une détérioration qui menace de saper le système multilatéral qui a gouverné les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le discours de Mark Carney à Davos, dans lequel il a appelé les « puissances moyennes » à coopérer face à la coercition, a trouvé un écho considérable parmi les dirigeants présents au forum.
Ce discours, qui a été accueilli par une ovation debout, reflète une prise de conscience croissante que l’ordre international actuel est en train de se fragmenter sous la pression de nouvelles puissances et de politiques nationalistes. L’idée que les pays de taille moyenne doivent s’unir pour protéger leurs intérêts communs contre l’hégémonie des grandes puissances gagne du terrain. Comme l’a souligné Carney, « si vous n’êtes pas à la table, vous êtes sur le menu. » Cette métaphore frappante résume parfaitement la nouvelle réalité géopolitique qui émerge, une réalité dans laquelle les petits et moyens pays ne peuvent plus compter sur la protection automatique des grandes puissances.
Il y a quelque chose de presque poétique dans cette image de la table et du menu. C’est une métaphore qui résume toute l’histoire des relations internationales : ceux qui ont le pouvoir définissent les règles, et les autres les subissent. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que les « petits » pays commencent à réaliser qu’ils ont aussi un pouvoir collectif. Le Canada, en prenant position, en refusant de se soumettre, en cherchant d’autres partenariats, montre la voie. C’est un acte de courage, certes, mais aussi de nécessité. Dans un monde où les grandes puissances deviennent de plus en plus imprévisibles, la seule façon de survivre, c’est de se rassembler.
Le modèle canadien comme source d’inspiration
La réponse mesurée et ferme du Canada face aux menaces américaines commence à être considérée comme un modèle potentiel pour d’autres pays confrontés à la coercition économique. Plutôt que de céder aux menaces ou de répondre par des contre-mesures qui ne feraient qu’aggraver la situation, le Canada a choisi une voie de dignité et de résilience, affirmant sa souveraineté tout en maintenant des canaux de dialogue ouverts. Cette approche contraste fortement avec la rhétorique incendiaire de Trump et pourrait inspirer d’autres nations à adopter une posture similaire face à l’intimidation économique.
Les observateurs internationaux notent également que la stratégie de diversification économique du Canada pourrait servir de modèle à d’autres pays dépendants d’un marché unique. L’idée de ne plus mettre tous ses œufs dans le même panier, de construire un « portefeuille diversifié » de partenariats commerciaux et économiques, fait son chemin dans les capitales du monde entier. Comme l’a noté un diplomate européen lors du Forum de Davos, « le Canada montre qu’il est possible de maintenir des relations étroites avec les États-Unis tout en développant des alternatives qui garantissent l’indépendance économique. » C’est peut-être là l’héritage le plus durable de cette crise : la démonstration que la souveraineté économique peut être préservée même face à la pression des grandes puissances.
Ça me fait penser à cette histoire de David contre Goliath. Pas dans le sens littéral, mais dans l’idée que le petit n’est pas condamné à subir le grand simplement parce qu’il est plus petit. La stratégie du Canada, c’est de ne pas jouer le jeu de Goliath. Si Goliath veut une bataille de force brute, David ne va pas s’y engager. Il va utiliser son intelligence, sa créativité, ses alliances. C’est ça, la vraie force. Pas la capacité d’écraser l’autre, mais la capacité de ne pas se laisser écraser. Et dans ce monde de plus en plus dominé par les géants économiques et politiques, cette leçon est précieuse.
Conclusion : Un point d'inflexion historique
L’émergence d’une nouvelle identité canadienne
La crise actuelle entre le Canada et les États-Unis représente un point d’inflexion historique dans la relation entre les deux pays et dans l’identité même du Canada. Pendant des décennies, le Canada s’est défini en grande partie par sa relation avec les États-Unis, oscillant entre la dépendance économique et la recherche d’une identité distincte. Aujourd’hui, face à un partenaire imprévisible qui refuse de respecter la souveraineté canadienne, le pays est forcé de se redéfinir non plus par opposition ou en relation avec les États-Unis, mais comme une nation avec ses propres intérêts, ses propres partenariats et sa propre place dans le monde.
Cette nouvelle identité canadienne se manifeste de plusieurs manières. D’abord, par la diversification économique délibérée qui réduit la dépendance envers un seul marché. Ensuite, par une posture diplomatique plus affirmée qui refuse de se laisser intimider par les menaces et les ultimatums. Enfin, par une recherche active de nouveaux partenariats avec des pays qui partagent les valeurs canadiennes de multilatéralisme et de coopération internationale. Comme l’a dit Mark Carney dans sa réponse à Trump, « le Canada ne vit pas à cause des États-Unis. Le Canada prospère parce que nous sommes canadiens. » Cette affirmation simple mais puissante résume la transformation en cours.
Je sens que nous vivons un moment charnière, un de ces moments que les historiens analyseront pendant des décennies. Le Canada est en train de sortir de l’ombre américaine, de se tenir debout comme une nation à part entière. C’est effrayant, certes, mais c’est aussi incroyablement excitant. Imaginez un Canada qui n’est plus défini par ce qu’il n’est pas (pas américain), mais par ce qu’il est : un pays multiculturel, progressiste, ouvert sur le monde, avec sa propre vision de l’avenir. Cette crise, aussi douloureuse soit-elle, pourrait être le catalyseur de cette transformation. Parfois, il faut un choc pour nous réveiller, pour nous faire réaliser notre propre force.
Les leçons à tirer de cette crise
Cette crise entre le Canada et les États-Unis offre plusieurs leçons importantes pour l’avenir des relations internationales. Premièrement, elle démontre que même les alliances les plus solides et les plus anciennes peuvent être mises à l’épreuve par des dirigeants populistes qui privilégient la confrontation sur la coopération. Deuxièmement, elle montre que la dépendance économique excessive envers un seul partenaire constitue une vulnérabilité stratégique majeure dans un monde où la politique commerciale peut être utilisée comme une arme. Troisièmement, elle illustre l’importance de développer des relations multiples et diversifiées comme garantie de souveraineté et de résilience économiques.
Pour le Canada, cette crise pourrait être l’occasion de repenser fondamentalement sa place dans le monde et ses relations avec les États-Unis. Plutôt que de chercher à revenir au statu quo ante, Ottawa pourrait embrasser cette nouvelle réalité et construire une relation plus équilibrée avec Washington, une relation basée sur le respect mutuel plutôt que sur la dépendance asymétrique. Comme le suggèrent plusieurs experts, le Canada pourrait devenir un modèle de « puissance moyenne résiliente », capable de naviguer dans un monde multipolaire en développant des partenariats stratégiques avec plusieurs régions du globe tout en maintenant des relations constructives, mais moins dépendantes, avec son voisin du sud.
Et si, finalement, cette crise était une bénédiction déguisée? Si elle nous obligeait à devenir ce que nous aurions toujours dû être? Le Canada a longtemps vécu dans le confort de sa relation avec les États-Unis, acceptant le rôle de partenaire junior en échange de la sécurité économique. Mais ce confort est devenu une cage. Cette crise nous force à briser les barreaux, à sortir, à affronter le monde dans toute sa complexité. Oui, c’est effrayant. Oui, il y aura des difficultés, des erreurs, des moments de doute. Mais il y aura aussi la fierté de se tenir debout, de dire « nous sommes », tout simplement. Le Canada ne sera plus jamais ce qu’il était. Et ça, peut-être, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver.
Sources
Sources primaires
ABC News, « Trump threatens 100% tariff on Canada if it makes a deal with China », 24 janvier 2026
Al Jazeera, « Trump threatens 100 percent tariff on Canada over China deal », 24 janvier 2026
CBC News, « Trump threatens 100% tariffs on Canadian goods as Carney carries on with trade strategy », 24 janvier 2026
Reuters, « Trump threatens Canada with 100% tariff over pending trade deal with China », 24 janvier 2026
Sources secondaires
La Dépêche, « Donald Trump hausse le ton contre le Canada : vexé par un accord commercial avec la Chine, le chef d’État menace son voisin de droits de douane », 24 janvier 2026
Supply Chain Dive, « Trump threatens 100% tariff to stymie Canada-China trade pact », 24 janvier 2026
The Canadian Press, « Trump’s latest tariff threats will hurt U.S. just as much as Canada, experts say », 24 janvier 2026
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