Une promesse séduisante, mais sans garantie de résultat

C’est le chiffre magique qui circule partout : 500 000. C’est le nombre de patients orphelins que les médecins de famille ont promis de prendre en charge d’ici le 1er juillet. Sur le papier, l’engagement est formidable. Mais quand on gratte un peu le vernis de l’entente signée entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), les choses se compliquent sérieusement.
Le problème ? Rien, dans le texte actuel, ne garantit concrètement le suivi de ces patients. Des comités seront créés, certes, mais les indicateurs précis pour mesurer la performance brillent par leur absence. C’est pourtant sur cette base, encore floue, que le gouvernement Legault rédige son projet de loi attendu pour le 28 février. Un flou artistique qui avait d’ailleurs poussé l’ancien ministre de la Santé, Christian Dubé, à démissionner le 18 décembre dernier. Il reprochait à l’accord de maintenir le statu quo sur la gouvernance, tout en accordant une hausse de rémunération de 17 % aux médecins.
Le grand virage de la rémunération… avec beaucoup d’options de sortie
Pour s’adapter au vieillissement de la population, on change la méthode de paiement. Fini le tout-à-l’acte ? Pas tout à fait. L’idée est d’introduire la « capitation » : le médecin reçoit un montant fixe par patient, qui représentera désormais 50 % de sa rémunération. Le reste sera payé à l’acte et à l’heure. François Legault présente cela comme une révolution qu’aucun autre gouvernement n’avait osée.
Mais attention aux astérisques en bas de page. Selon nos informations, la liste des médecins qui peuvent refuser ce nouveau système est longue comme le bras. Vous avez plus de 60 ans ? Exclu, pour éviter les retraites anticipées. Vous enseignez ? Exclu. Vous travaillez en clinique sans rendez-vous ? Exclu aussi. Même les « jeunes médecins » pourraient dire non, bien que personne ne sache encore comment on définit un « jeune médecin ».
Erin Strumpf, experte à l’Université McGill, tire la sonnette d’alarme : quand on laisse le choix, les professionnels optent logiquement pour ce qui paye le mieux et qui contraint le moins. Le risque ? Que ça coûte plus cher aux contribuables sans que vous ayez plus facilement accès à un docteur.
Avoir un médecin « sur papier » ou en avoir un pour de vrai ?

Revenons à nos 500 000 patients. Comment va-t-on y arriver ? Québec met 137 millions de dollars de plus sur la table pour huiler la machine. Une partie (49 millions) est conditionnelle à l’atteinte de l’objectif. Mais ne sortez pas le champagne trop vite. Sur ce demi-million de personnes, seuls les 180 000 patients les plus vulnérables (maladies chroniques, problèmes majeurs) auront un médecin attitré dans un Groupe de médecine de famille (GMF), comme l’assure la ministre Sonia Bélanger.
Et les autres ? Ils auront une « inscription de groupe ». En gros, vous serez affilié à un service (le Guichet d’accès à la première ligne), mais pas nécessairement à une personne précise. Des sources médicales craignent le pire : des listes remplies artificiellement pour toucher les primes, mais des patients qui ne décrochent jamais de rendez-vous. On redoute des consultations à la chaîne ou un « accès fantôme ».
Le gouvernement a bien prévu des pénalités (27 millions retranchés) si les cibles ne sont pas atteintes, mais là encore, les critères d’échec ne sont pas définis. Damien Contandriopoulos, de l’Université de Victoria, souligne que le défi technique est immense pour la RAMQ, dont les systèmes informatiques peinent déjà à suivre. Au final, l’enveloppe pour payer nos omnipraticiens dépassera les 3,4 milliards par an d’ici 2028. Reste à voir si le service suivra la facture.
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500 000 patients pris en charge : pourquoi le diable se cache dans les détails
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