Introduction

Auriez-vous le courage de vous installer à l’entrée d’une épicerie, une petite boîte à la main, pour demander l’aumône aux passants ? C’est l’extrémité à laquelle Geneviève Coutu a dû se résoudre. Pas pour elle, mais pour Louis, son mari. Atteint de la maladie d’Alzheimer précoce et décédé l’automne dernier à 56 ans, il a pu rester à la maison jusqu’à son dernier souffle grâce à elle. Mais à quel prix ? Après avoir épuisé ses économies et frôlé le gouffre financier, cette résidente de Sorel-Tracy mène aujourd’hui une bataille cruciale : faire reconnaître le travail invisible des proches aidants par un véritable salaire.
L’amour ne paie pas les factures
Pendant cinq ans, Geneviève a été les bras, les jambes et la mémoire de Louis. À partir de 2021, la situation s’est corsée : son mari est « redevenu comme un enfant », incapable de marcher ou de manger seul. Pour Geneviève, le placer en CHSLD était impensable tant qu’elle tenait debout. Alors, elle a quitté son emploi.
Le problème ? L’assurance-emploi ne l’a soutenue qu’une quarantaine de semaines. Ensuite ? Le vide. Malgré une petite rente d’invalidité et un peu d’aide à domicile, les factures s’empilaient. C’est là qu’elle a dû solliciter la générosité du public, en personne et sur TikTok, partageant son quotidien sans fard. Une démarche gênante, avoue-t-elle, mais nécessaire pour éviter le placement de l’homme de sa vie.
40 000 $ contre 118 000 $ : le calcul est vite fait

Aujourd’hui, Geneviève pose une question qui dérange : l’État va-t-il continuer de s’appuyer gratuitement sur les familles ? Elle propose une solution chiffrée : un salaire de 800 $ net par semaine pour les aidants, soit environ 40 000 $ par an.
Ça vous semble beaucoup ? Regardons les chiffres du Vérificateur général. Une place en CHSLD public coûte 118 000 $ par an, dont 98 000 $ sortent directement des poches du gouvernement. En gardant leurs proches à la maison, les aidants font économiser des sommes colossales à la collectivité.
Et il y a urgence. L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) prévient : avec le vieillissement de la population, la facture des soins de longue durée pourrait tripler d’ici 2050 pour atteindre 25,6 milliards de dollars. Geneviève résume la situation simplement : sans les aidants, il faudrait construire des CHSLD par milliers… sans avoir le personnel pour les faire tourner.
Québec et Ottawa au pied du mur

Son combat commence à faire du bruit. Geneviève a lancé deux pétitions. La première, adressée à Québec, a récolté plus de 7 000 signatures. La seconde, visant le fédéral avec plus de 13 000 appuis, est parrainée par le député bloquiste Louis Plamondon. Elle demande notamment à Ottawa d’allonger les prestations d’assurance-emploi, actuellement limitées à 15 semaines pour un adulte malade (contre 35 pour un enfant).
Du côté de Québec, ça bouge aussi. La ministre Sonia Bélanger doit dévoiler ce jeudi sa nouvelle politique de soutien à domicile. Loriane Estienne, de Proche aidance Québec, y voit une occasion en or d’investir enfin sérieusement. « La maladie de mon mari n’aura pas été pour rien », espère Geneviève. Au Québec, 1,5 million de proches aidants attendent de voir si le message a été entendu.
Créé par des humains, assisté par IA.
Proches aidants : son combat pour un salaire après s’être ruinée pour son mari
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.