Une matière plastique qui flotte dans le crâne

On connaît la chanson : là-haut, sans gravité, les muscles fondent, les os se fragilisent et le sang remonte vers la tête. Mais imaginez maintenant ce qui se passe à l’intérieur même de votre crâne. C’est le constat fascinant dressé par des chercheurs du MIT et de la NASA : en apesanteur, votre cerveau ne reste pas sagement à sa place. Il bouge, et pas qu’un peu.
Dans une étude publiée dans la revue PNAS en janvier 2026, les scientifiques ont passé au crible les IRM de 26 astronautes, certains ayant passé jusqu’à un an en orbite. Le verdict ? Le cerveau n’agit pas comme un bloc rigide, mais comme une matière plastique. Libéré de la gravité, il recule, s’élève et pivote légèrement vers l’arrière. Pour être précis, les chercheurs ont découpé le cerveau en 130 régions distinctes pour traquer ces mouvements. Résultat : les zones supérieures, notamment le cortex moteur, se déplacent jusqu’à 2,5 millimètres chez ceux qui restent longtemps dans l’espace. Plus inquiétant, les régions profondes subissent un déplacement latéral, créant une sorte de cisaillement interne. En gros, le cerveau se reconfigure parce que la boîte crânienne n’a jamais été conçue pour le vide spatial.
Pourquoi les astronautes perdent l’équilibre au retour

Bon, le cerveau bouge, et alors ? Le problème, c’est que cette gymnastique anatomique a un prix immédiat sur les capacités des astronautes. L’équipe dirigée par Rachael Seidler a mis le doigt sur un lien direct entre ces déformations et la maladresse observée au retour sur Terre. C’est logique : là-haut, les informations envoyées par l’oreille interne ne collent plus avec ce que voient les yeux. Ce conflit sensoriel force le cerveau à s’adapter.
Pour mesurer cela, les scientifiques ont utilisé le test SOT-5M. Le principe est simple : on demande au sujet de bouger la tête d’avant en arrière, les yeux fermés, sur une plateforme mobile. Les astronautes dont le cerveau avait le plus bougé — particulièrement au niveau de l’insula postérieure — étaient aussi ceux qui avaient le plus de mal à tenir debout. D’après Space.com, ces troubles de l’équilibre peuvent gâcher la vie des revenants pendant une bonne semaine. Mais si les vertiges passent, les traces dans le cerveau, elles, sont plus tenaces.
Des séquelles visibles six mois plus tard

C’est là que l’étude devient vraiment interpellante pour l’avenir de l’exploration spatiale. Les IRM réalisées six mois après le retour des astronautes montrent que tout n’est pas rentré dans l’ordre. Si certaines zones ont repris leur place initiale, d’autres non. La récupération est partielle et inégale. Cela prouve que l’adaptation à la microgravité n’est pas juste une parenthèse, mais un remodelage profond qui pourrait affecter d’autres fonctions, comme l’élimination des déchets cérébraux via le drainage.
Les chercheurs ont tenté de comparer ces résultats avec 24 volontaires restés alités sur Terre la tête inclinée (le protocole classique pour simuler l’apesanteur). Surprise : ça ne marche pas vraiment. Sur Terre, le cerveau recule surtout, alors que dans l’espace, il monte franchement. De plus, les tentatives de contre-mesures, comme créer une gravité artificielle quotidienne, n’ont rien changé aux déformations observées. Alors que nous visons la Lune et Mars pour des voyages bien plus longs, comprendre comment protéger notre organe le plus précieux devient une urgence absolue. Le corps humain est résilient, certes, mais l’espace semble bien décidé à le pousser dans ses derniers retranchements.
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L’espace déforme physiquement le cerveau : ce qui arrive vraiment aux astronautes
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De plus, le squelette est affaibli et des ectoplasmes sortiront de leur engin spatial