L’opération du 20 janvier
L’arrestation de Liam et de son père s’est produite le 20 janvier 2026, dans le cadre de l’opération Operation Metro Surge, une initiative de l’administration Trump visant à intensifier l’application des lois sur l’immigration dans le Minnesota. Selon les témoins, dont la présidente du conseil scolaire Mary Granlund, des agents des services d’immigration et de douane (ICE) ont demandé à Liam de frapper à la porte de sa maison pour que sa mère, qui se trouvait à l’intérieur, sorte. Les voisins ont supplié les agents de ne pas emmener l’enfant, proposant de le prendre en charge. Une personne présente sur les lieux a même crié que l’école était là et pouvait s’occuper de lui. Le père d’Adrian, désespéré, hurlait depuis l’intérieur de la maison que sa femme ne devait surtout pas ouvrir la porte.
Cette scène me brise le cœur. Un enfant utilisé comme appât pour attraper sa propre mère. Des agents fédéraux qui pensent que c’est une méthode acceptable. Des voisins impuissants qui regardent l’horreur se dérouler sous leurs yeux. Où est la décence? Où est le respect? Où est cette Amérique qui prône la liberté et la justice pour tous? J’ai du mal à respirer quand j’y pense. C’est comme si quelque chose de fondamental s’était rompu dans notre conception commune de ce que devrait être une société civilisée.
Section 3 : La version des autorités contestée
DHS contre témoins
Le Department of Homeland Security (DHS) a immédiatement contesté cette version des événements, qualifiant l’utilisation du terme « appât » de « mensonge éhonté ». Selon les déclarations du porte-parole Tricia McLaughlin, l’ICE ne ciblait pas l’enfant mais menait une opération ciblée contre son père, décrit comme un « étranger illégal » qui avait « abandonné » son fils en s’enfuyant à pied lorsque les agents ont approché. Le DHS affirme que les agents ont fait tout leur possible pour réunir l’enfant avec sa famille, lui ont acheté un repas McDonald’s et ont diffusé sa musique préférée pour le réconfort. L’agence maintient que la mère de Liam a « refusé » de prendre garde de son propre enfant malgré « de multiples tentatives » de lui faire sortir de la maison.
Je ne sais pas quelle version croire, mais ce que je sais avec certitude c’est qu’un enfant de cinq ans s’est retrouvé en détention dans un centre au Texas, à 1 300 kilomètres de chez lui. Peu importe les détails techniques, le résultat final reste une abomination morale. Un enfant ne devrait jamais être utilisé comme monnaie d’échange dans une guerre politique, jamais être séparé de sa mère pour satisfaire des quotas bureaucratiques, jamais connaître l’odeur d’une cellule de détention avant d’avoir appris à lire. C’est une faillite collective de notre humanité.
Section 4 : Le parcours d'une famille équatorienne
Demande d’asile et procédure légale
Liam et sa famille sont originaires d’Équateur et se sont présentés aux agents des postes frontaliers au Texas en décembre 2024 pour demander l’asile, selon Marc Prokosch, l’avocat de la famille. L’Équateur traverse une période de grave instabilité économique, d’insécurité et de chômage, ce qui a poussé Adrian Alexander Conejo Arias et son épouse à quitter leur pays dans l’espoir de construire une meilleure vie pour leurs enfants. Le frère d’Adrian, Luis Conejo, a confié aux médias que son frère était un homme travailleur, employé dans la maçonnerie, la peinture et divers travaux de réparation. La famille suivait apparemment les protocoles d’immigration établis et se présentait aux audiences de la cour d’immigration.
Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est l’absence totale de criminalité. Pas de dossier criminel, pas d’antécédents dangereux, juste une famille qui cherche un avenir meilleur. Une famille qui a fait tout ce qu’on attendait d’elle : demander l’asile légalement, se présenter aux audiences, suivre les règles. Et pourtant, cette machine implacable l’a broyée quand même. C’est une leçon terrifiante : la conformité ne protège pas contre l’arbitraire, la légalité ne garantit pas la justice, la bonne volonté ne suffit pas à échapper à la cruauté du système.
Section 5 : L'enfer de Dilley
Conditions dans le centre de détention
Le South Texas Family Residential Center de Dilley, où Liam et son père sont détenus, est un immense centre pouvant accueillir environ 1 100 personnes. Bien que la facility dispose d’installations pour enfants comme une salle de sport, une bibliothèque et des salles de classe, des rapports récents ont révélé des conditions préoccupantes. En décembre, un rapport de l’ICE reconnaissait avoir détenu environ 400 enfants plus longtemps que la limite recommandée de 20 jours. Des familles détenues ont rapporté des vers dans la nourriture, des luttes pour obtenir de l’eau potable et des soins médicaux insuffisants. Le représentant Joaquin Castro, qui a rendu visite à Liam et son père, a décrit un enfant fatigué, qui mangeait peu et qui dormait dans les bras de son père pendant la visite.
L’existence même de ces centres me glace le sang. Des enfants derrière des barreaux, dans des conditions que nous jugerions inacceptables pour des criminels adultes. Des vers dans la nourriture. Des batailles pour de l’eau propre. Des enfants qui perdent leur appetite, leur énergie, leur joie de vivre dans ces lieux sans fin. Comment pouvons-nous tolérer cela? Comment pouvons-nous nous regarder dans le miroir le matin en sachant que des enfants comme Liam vivent cette réalité dans notre nom? C’est une tache indélébile sur notre conscience collective.
Section 6 : La réaction judiciaire sévère
Juge Fred Biery
Le juge de district américain Fred Biery, nommé par l’ancien président Bill Clinton, a rendu une ordonnance le samedi 31 janvier ordonnant la libération de Liam et de son père dans les trois jours. Dans sa décision, le juge a utilisé un langage inhabituellement sévère pour critiquer l’approche de l’administration Trump en matière d’application de l’immigration. Il a écrit que « l’affaire tire son origine dans la poursuite gouvernementale mal conçue et mise en œuvre de manière incompétente de quotas quotidiens d’expulsion, apparemment même si cela nécessite de traumatiser des enfants ». Le juge a invoqué la Déclaration d’indépendance américaine et le Quatrième Amendement, et a inclus dans son ordonnance une photo de Liam avec son bonnet de lapin bleu.
Ce jugement me redonne un espoir infime, une lueur dans l’obscurité. Il y a encore des juges qui refusent de plier, qui osent dire que non, que cette machine ne peut pas tout écraser, qu’il reste des limites à l’arbitraire. Les mots du juge Biery résonnent comme une claque dans le silence complice : « l’appétit perfide pour un pouvoir sans bornes et l’imposition de la cruauté dans sa quête ne connaissent pas de limites et sont dépourvus de décence humaine ». Enfin, quelqu’un qui nomme les choses pour ce qu’elles sont.
Section 7 : Les autres victimes du système
L’école de Columbia Heights
Liam n’est malheureusement pas le seul enfant de son district scolaire à avoir été arrêté par l’ICE ces dernières semaines. Selon le district scolaire public de Columbia Heights, trois autres élèves ont également été pris en charge par des agents fédéraux au cours des deux dernières semaines. Une adolescente de 17 ans du lycée Columbia Heights a été interceptée sur le chemin de l’école par des agents armés et masqués, alors que ses parents n’étaient pas présents. Une autre lycéenne de 17 ans et sa mère ont été arrêtées dans leur appartement. Une élève de quatrième année (10 ans) a été prise sur le chemin de l’école avec sa mère il y a deux semaines et serait toujours détenue au Texas. La surintendante Zena Stenvik a déclaré que des agents de l’ICE avaient été vus conduisant autour des écoles et suivant les bus scolaires.
Cette liste me donne la nausée. Liam, l’ado de 17 ans arrêtée sans ses parents, la fillette de 10 ans toujours au Texas… combien d’autres? Combien d’enfants dont nous ne connaissons même pas les noms? Cette peur qui s’infiltre dans les écoles, ces agents qui patrouillent autour des établissements scolaires comme des prédateurs, cette certitude que nul enfant n’est en sécurité… C’est l’image d’une société qui a perdu son âme, qui sacrifie sa jeunesse sur l’autel d’une politique de peur. Je pleure intérieurement pour tous ces Liam invisibles.
Section 8 : Les réactions politiques divisées
Démocrates contre républicains
Les réactions politiques ont été violemment contrastées. La sénatrice démocrate Tammy Duckworth a accusé l’ICE de détenir « inutilement » Liam au Texas, déclarant qu’il avait été « expédié à 1 300 milles pour souffrir, sans sa mère, dans un centre de détention sordide ». Le vice-président JD Vance a tenté de défendre les actions des agents, expliquant qu’il fallait comprendre l’inquiétude initiale mais que les agents ne pouvaient pas laisser un enfant de cinq ans mourir de froid ni s’abstenir d’arrêter un « étranger illégal » aux États-Unis. L’administration Trump continue d’affirmer qu’elle cible les « criminels violents » et les « pires d’entre les pires », tout en admettant que d’autres immigrants peuvent être appréhendés au cours des opérations.
Ces justifications me révulsent. « Ne pouvait pas laisser un enfant mourir de froid ». Comme si la seule alternative était la mort ou la détention. Comme s’il n’existait aucune option intermédiaire, aucune solution humaine, aucune trace de compassion. Cette fausse dichotomie, cette rhétorique de la peur, cet amalgame entre sécurité et cruauté… C’est une insulte à notre intelligence, une trahison de nos valeurs, une capitulation devant le pire de nous-mêmes. Nous pouvons être à la fois sûrs et humains. Nous devons l’être.
Section 9 : Une politique de quotas
La cible de 3 000 arrestations par jour
Stephen Miller, chef de cabinet pour la politique de la Maison Blanche, aurait établi un objectif de 3 000 arrestations d’immigrants par jour. C’est cette figure que le juge Biery semble avoir désignée comme un « quota » dans son ordonnance critique. Cette course aux chiffres, cette poursuite effrénée de statistiques, a conduit à des situations absurdes comme l’arrestation d’un enfant de cinq ans qui portait un bonnet en forme de lapin. L’approche de l’administration Trump privilégie les quantités plutôt que la qualité, les arrestations plutôt que la sécurité véritable, les symboles de force plutôt que les résultats réels.
Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce chiffre : 3 000 par jour. C’est une abstraction, une statistique, un objectif bureaucratique. Mais derrière chaque chiffre, il y a une vie. Une famille. Des enfants. Des rêves brisés. Liam est devenu une statistique dans cette quête absurde, une ligne dans un tableau Excel, une case cochée dans un formulaire. Cette réduction de l’humain au nombre, cette transformation des vies en quotas, cette bureaucratisation de la souffrance… C’est la quintessence de l’inhumanité moderne.
Conclusion : Au-delà de l'indignation, l'urgence de l'action
L’Amérique que nous voulons
L’ordonnance du juge Biery offre un répit temporaire à Liam et son père, mais elle ne résout pas le problème fondamental. Le système qui a permis cette arrestation reste en place. La politique qui a conduit à cette cruauté continue d’être appliquée. Les autres enfants comme Liam restent en danger. L’Amérique se trouve à un point de basculement, confrontée à un choix moral qui définira son identité pour les générations à venir. Continuera-t-elle sur cette trajectoire de peur et de cruauté, ou retrouvera-t-elle les valeurs qui ont fait sa grandeur?
Je ne veux pas vivre dans une Amérique qui arrête les enfants. Je ne veux pas que mon pays soit synonyme de peur pour les familles innocentes. Je ne veux pas que le bonnet de lapin de Liam devienne le symbole de notre déchéance morale. L’indignation ne suffit plus. La colère ne suffit plus. Il faut que nous agissions, que nous refusions, que nous nous levions et disions que c’est assez. Pas un enfant de plus. Pas une famille de plus. Pas une larme de plus. L’heure n’est plus à la consternation silencieuse, mais à l’action indignée.
Signé Jacques Provost
Sources
BBC News – Judge orders release of five-year-old detained by ICE in Minneapolis – 31 janvier 2026
CNN – A preschooler was taken away by ICE, but officials say they had no choice – 23 janvier 2026
PBS NewsHour – Judge orders release of 5-year-old Liam Conejo Ramos and his father from ICE detention – 31 janvier 2026
Fox News – Federal judge orders Trump admin to release 5-year-old, his dad from immigration detention within 3 days – 31 janvier 2026
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