Ce que Trump exige réellement du Canada
Dans son message sur Truth Social, Trump a été clair et brutal. Il accuse le Canada d’avoir « illégalement et obstinément refusé de certifier » les jets Gulfstream G500, G600, G700 et G800. Ces avions, produits par General Dynamics, ont été certifiés par la FAA entre 2018 et 2025. Le G500 a reçu sa certification américaine en juillet 2018, le G600 en août 2019, le G700 en mars 2024, et le tout récent G800 en avril 2025. Pourtant, Transport Canada n’a toujours pas validé ces certifications pour permettre à ces appareils de voler dans l’espace aérien canadien. Trump menace donc de décertifier tous les avions canadiens jusqu’à ce que le Canada cède à ses exigences.
Attendez une seconde. Décertifier tous les avions canadiens? Vous réalisez ce que ça veut dire? On parle de milliers d’appareils qui volent chaque jour aux États-Unis. Des jets privés, des avions commerciaux, des hélicoptères. Plus de 5 400 aéronefs de divers types fabriqués au Canada sont enregistrés aux États-Unis. Et Trump veut les clouer au sol parce que le Canada prend son temps pour valider des certifications? C’est du délire pur et simple.
Section 3 : La FAA entre en scène et enfonce le clou
Quand l’agence fédérale devient l’arme de Trump
Le 2 février 2026, Bryan Bedford, administrateur de la FAA, a publiquement soutenu les accusations de Trump. Selon lui, Transport Canada mettrait trop de temps à valider les certifications américaines. « Normalement, ils mettent en place un programme de validation, et ces choses-là ne devraient pas prendre cinq, six ou sept ans », a-t-il déclaré à Bloomberg. Bedford a également exprimé des préoccupations quant à savoir si les ressources allouées aux produits américains sont équivalentes à celles consacrées à la certification des produits étrangers. La FAA s’attend à ce que les autorités aéronautiques des autres pays acceptent ses certifications sans trop de délais. Pour ajouter à la controverse, l’agence américaine a accordé à Gulfstream une exemption jusqu’à la fin de 2026 pour les G700 et G800, permettant au constructeur de livrer ces modèles même pendant que des tests sont effectués concernant le dégivrage du carburant.
Vous voyez le problème ici? La FAA accorde des exemptions à ses propres constructeurs pour des questions de sécurité — le dégivrage du carburant, ce n’est pas rien — mais elle vient ensuite reprocher au Canada de prendre son temps pour valider des certifications. C’est de l’hypocrisie à l’état pur. Et ça montre bien que cette histoire n’a rien à voir avec la sécurité aérienne. C’est du protectionnisme déguisé en préoccupation réglementaire.
Section 4 : Le processus de certification, une question de souveraineté
Pourquoi Transport Canada a le droit de prendre son temps
Selon les règles mondiales de l’aviation, le pays où un avion est conçu — les États-Unis pour Gulfstream — est responsable de la certification primaire, connue sous le nom de certificat de type. Cette certification garantit que la conception de l’avion est sûre. Les autres pays valident ensuite cette décision, permettant à l’avion de voler dans leur espace aérien. Mais ils ont le droit de refuser ou de demander plus de données. Après la crise du Boeing 737 MAX en 2018-2019, où deux avions se sont écrasés tuant 346 personnes dont 18 Canadiens, plusieurs régulateurs en dehors des États-Unis ont retardé l’approbation de certaines décisions de certification américaines et ont parfois exigé des modifications de conception supplémentaires. John Gradek, professeur en gestion de l’aviation à l’Université McGill, a qualifié le processus de certification de Transport Canada d’« exemplaire » et de « classe mondiale ». « Il n’est pas illégal que Transport Canada prenne son temps », a-t-il déclaré à CBC News.
Et il a raison, Gradek. Complètement raison. Après le désastre du 737 MAX, après avoir vu comment la FAA avait laissé Boeing s’autocertifier et comment ça s’est terminé en tragédie, est-ce qu’on peut vraiment reprocher à Transport Canada d’être prudent? D’exiger des données supplémentaires? De ne pas simplement tamponner aveuglément ce que les Américains approuvent? C’est notre souveraineté, notre responsabilité envers les Canadiens qui volent dans ces avions. Et Trump voudrait qu’on abandonne tout ça pour faire plaisir à General Dynamics?
Section 5 : Bombardier dans la ligne de mire, encore une fois
Une entreprise québécoise qui refuse de mourir
Ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à Bombardier. Durant son premier mandat, le département du Commerce américain avait imposé des tarifs de près de 300% sur les avions de la série C de Bombardier. Ces tarifs ont finalement été annulés en 2018 après que la Commission du commerce international des États-Unis ait statué que les avions de 100 à 150 sièges en provenance du Canada ne causaient pas de préjudice à l’industrie américaine. Bombardier a depuis vendu ce programme à Airbus, qui produit maintenant l’A220 à Mirabel au Québec et à Mobile en Alabama. Aujourd’hui, Bombardier se concentre sur les jets d’affaires, un marché où elle excelle avec sa gamme Global. L’entreprise montréalaise a déclaré dans un communiqué qu’elle était en contact avec le gouvernement canadien et qu’elle espérait que la situation serait rapidement résolue. « Des milliers de jets privés et civils construits au Canada volent aux États-Unis chaque jour », a souligné l’entreprise.
Bombardier. Cette entreprise qui a survécu à tout. Aux crises financières, aux restructurations douloureuses, aux attaques commerciales, aux critiques incessantes. Et elle est toujours là, debout, produisant certains des meilleurs jets d’affaires au monde. Le Global 8000, certifié en décembre par la FAA, est l’avion civil le plus rapide depuis le Concorde, avec une vitesse de pointe de Mach 0,95. C’est de l’ingénierie de classe mondiale. Et Trump voudrait détruire ça parce que le Canada ne se plie pas assez vite à ses caprices?
Section 6 : Les conséquences dévastatrices d'une décertification
Quand la politique menace la sécurité aérienne
Si Trump parvenait réellement à décertifier les avions canadiens — ce qui reste juridiquement flou puisque la FAA ne peut décertifier des avions que pour des raisons de sécurité, pas économiques — les conséquences seraient catastrophiques. Selon les données de Cirium, il y a 150 jets Global Express en service enregistrés aux États-Unis, exploités par 115 opérateurs. Au total, plus de 5 425 aéronefs de divers types fabriqués au Canada sont enregistrés aux États-Unis, incluant des avions de ligne, des jets régionaux et des hélicoptères. Des compagnies comme Delta et American Airlines utilisent des avions Bombardier dans leurs flottes. John Gradek s’est dit « stupéfait » par la menace de Trump. « Décertifier tous les avions construits au Canada aurait un impact significatif sur le marché aérien américain, et les Américains seraient probablement très mécontents d’une telle décertification », a-t-il déclaré.
Vous imaginez le chaos? Des milliers d’avions cloués au sol du jour au lendemain. Des vols annulés. Des passagers bloqués. Des entreprises paralysées. Et pour quoi? Pour une querelle commerciale déguisée en préoccupation réglementaire. Richard Aboulafia, directeur général d’une firme de conseil en aérospatiale, l’a dit clairement : « Mélanger les questions de sécurité avec la politique et les griefs est une idée incroyablement mauvaise. » Et il a raison. C’est dangereux. C’est irresponsable. C’est du Trump pur jus.
Section 7 : Les réactions au Canada, entre indignation et pragmatisme
Ottawa tente de calmer le jeu sans céder
La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a réagi rapidement aux menaces de Trump. Dans une entrevue à LCN le 31 janvier, elle a affirmé que le gouvernement était en contact avec le PDG de Bombardier, Éric Martel, et qu’elle croyait que la situation pouvait être résolue. « La certification des avions devrait être un processus apolitique », a-t-elle déclaré. « Quand le président réagit, tweete, dit quelque chose, nous prenons toujours bonne note. Nous lisons, nous écoutons et nous ne paniquons pas. » Joly a également souligné que le travail de certification était « bien en cours » et que le gouvernement continuerait à se battre pour chaque emploi chez Bombardier et dans le secteur aérospatial. Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, a publié une déclaration exprimant son inquiétude. « Cette menace mine la stabilité économique et l’ensemble du réseau de transport aérien du continent sous de faux prétextes, mettant potentiellement en péril sa sécurité », a-t-il écrit.
Joly a raison de ne pas paniquer. Mais en même temps, on ne peut pas juste croiser les doigts et espérer que Trump se calme. Parce qu’il ne se calmera pas. Il ne recule jamais. Il double toujours la mise. Et pendant ce temps, ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu. Des familles qui dépendent de Bombardier. Des communautés entières au Québec qui vivent de cette industrie. On ne peut pas se permettre de perdre ça.
Section 8 : L'intégration nord-américaine en péril
Quand le protectionnisme détruit ce qui fonctionne
L’industrie aérospatiale nord-américaine est profondément intégrée. Bombardier emploie entre 2 500 et 3 000 personnes aux États-Unis, avec des installations à Fort Wayne en Indiana et à Wichita au Kansas, où l’entreprise développe son secteur de la défense. L’entreprise compte également 2 800 fournisseurs américains qui créent des milliers d’emplois. De son côté, Gulfstream a des opérations au Canada. Cette intégration transfrontalière a permis aux deux pays de bâtir une industrie compétitive à l’échelle mondiale. Mais les menaces de Trump mettent tout cela en danger. L’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, qui représente plus de 600 000 travailleurs en Amérique du Nord, a déclaré que les menaces de Trump causeraient une « perturbation sérieuse » dans le secteur et mettraient des milliers d’emplois en péril des deux côtés de la frontière.
C’est ça qui me tue dans toute cette histoire. Trump prétend défendre les travailleurs américains, mais ses menaces vont détruire des emplois américains. Parce que Bombardier emploie des Américains. Parce que l’industrie aérospatiale ne fonctionne pas en vase clos. Parce qu’on est intégrés, interconnectés, interdépendants. Et quand on commence à jouer avec ça, tout le monde perd. Les Canadiens perdent. Les Américains perdent. Seuls les politiciens qui cherchent à marquer des points gagnent.
Section 9 : Les précédents inquiétants et l'avenir incertain
Trump peut-il vraiment décertifier des avions pour des raisons économiques
La grande question juridique demeure : Trump a-t-il réellement le pouvoir de décertifier des avions? Selon les règlements existants, la FAA ne peut révoquer des certifications que pour des raisons de sécurité, pas pour des motifs économiques. Mais comme l’ont souligné plusieurs observateurs, Trump a fait des déclarations similaires par le passé qui ont finalement été mises en œuvre, souvent avec des exemptions, par les agences concernées. Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré à Reuters que Trump ne suggérait pas de décertifier les avions canadiens actuellement en opération. Des responsables de la FAA auraient fait des déclarations similaires. Mais l’incertitude demeure. Et cette incertitude elle-même est toxique pour l’industrie. Les compagnies aériennes ont besoin de prévisibilité. Les constructeurs ont besoin de stabilité. Les investisseurs ont besoin de confiance. Et Trump détruit tout ça avec ses tweets impulsifs.
On vit dans un monde où un président peut menacer de clouer au sol des milliers d’avions avec un message sur les réseaux sociaux. Où la sécurité aérienne devient un outil de négociation commerciale. Où les règles internationales qui ont pris des décennies à construire peuvent être balayées d’un revers de main. C’est terrifiant. Vraiment terrifiant. Parce que si Trump peut faire ça avec l’aviation, qu’est-ce qui l’empêche de le faire avec d’autres secteurs? Avec l’automobile? Avec l’énergie? Avec l’agriculture? Où est-ce que ça s’arrête?
Conclusion : Le Canada doit tenir bon face au chantage
Notre souveraineté n’est pas à vendre
Cette crise de l’aviation n’est qu’un épisode de plus dans la guerre commerciale que Trump mène contre le Canada. Mais c’est peut-être l’un des plus dangereux, parce qu’il touche à la sécurité aérienne, un domaine où la politique ne devrait jamais interférer. Le Canada a le droit — et le devoir — de prendre le temps nécessaire pour certifier les avions étrangers. Transport Canada a démontré après la crise du 737 MAX qu’il ne se contenterait plus d’approuver aveuglément les décisions de la FAA. C’est une bonne chose. C’est notre responsabilité envers les Canadiens. Bombardier, de son côté, continue de produire des avions de classe mondiale malgré les attaques répétées. L’entreprise emploie plus de 10 000 personnes au Québec et contribue de manière significative à l’économie canadienne. Le gouvernement doit continuer à la soutenir tout en défendant l’intégrité du processus de certification. Face aux menaces de Trump et au soutien de la FAA, le Canada ne peut pas céder. Parce que céder maintenant, ce serait ouvrir la porte à d’autres chantages, à d’autres menaces, à d’autres attaques contre notre souveraineté économique.
Je sais que c’est facile de dire « tenons bon » quand on n’est pas celui qui risque de perdre son emploi. Je sais que les travailleurs de Bombardier doivent être terrifiés en ce moment. Je sais que les familles qui dépendent de cette industrie se demandent ce qui va leur arriver. Mais céder au chantage de Trump ne les protégera pas. Ça ne fera que l’encourager à revenir avec de nouvelles exigences, de nouvelles menaces, de nouveaux ultimatums. Le Canada doit tenir bon. Pas par orgueil. Pas par entêtement. Mais parce que c’est la seule façon de préserver notre souveraineté, notre intégrité et notre avenir économique. Et si ça signifie affronter Trump et la FAA, alors affrontons-les. Parce que certaines batailles méritent d’être menées, même quand elles sont difficiles. Surtout quand elles sont difficiles.
Signé Jacques Provost
Sources
CBC News, « Trump’s latest tariff threat has targeted Canada’s aviation industry. Here’s how reaction unfolded », 30 janvier 2026
Journal de Montréal, « Menaces contre le Canada: l’agence américaine de l’aviation soutient Trump », 2 février 2026
CBC News, « Trump aviation threats that would affect Bombardier, Gulfstream and others: What we know », 30 janvier 2026
Bloomberg, « FAA Backs Trump’s Attacks on Canada Over Airplane Certifications », 2 février 2026
Reuters, « Trump threatens Canada with aircraft tariffs, decertification », 30 janvier 2026
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