Quand Trump s’invite sur la façade
Tout a commencé en décembre 2025. Trump, fraîchement revenu à la Maison-Blanche, décide que le Kennedy Center mérite un nouveau nom. Son nom. Il vire les membres démocrates du conseil d’administration, installe ses loyalistes, et hop, le tour est joué. Le centre devient officiellement « The Donald J. Trump and the John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts ». Cinquante-quatre ans d’histoire balayés d’un trait de plume. Le Congrès avait créé ce lieu en 1971 pour honorer la mémoire de JFK, pour offrir à la nation un espace dédié aux arts vivants, à la culture, à l’excellence. Trump, lui, y voit une opportunité de marketing personnel. Une façade de plus où graver son nom en lettres dorées. Les lois qui ont créé le centre ? Peu importe. Les traditions ? Obsolètes. L’héritage Kennedy ? Négociable.
C’est ça qui me tue. Cette capacité à tout réduire à sa propre personne, à transformer chaque institution en extension de son ego. Le Kennedy Center n’était pas parfait, certes. Mais c’était un symbole. Un lieu où l’art transcendait la politique, où la beauté existait pour elle-même. Trump l’a transformé en panneau publicitaire.
Section 3 : L'exode des artistes
Quand la culture dit non
Les artistes n’ont pas attendu. Dès l’annonce du changement de nom, les annulations ont commencé à pleuvoir. Philip Glass, légende vivante de la musique contemporaine, a annulé la première mondiale de son œuvre. D’autres ont suivi. Des orchestres, des compagnies de danse, des troupes de théâtre. Tous ont dit non. Non à Trump. Non à cette appropriation culturelle. Non à cette transformation d’un lieu sacré en outil politique. Les ventes de billets se sont effondrées. Le public, lui aussi, a voté avec ses pieds. Qui veut assister à un spectacle dans un théâtre rebaptisé par un président qui méprise ouvertement les institutions culturelles ? Qui veut cautionner cette mascarade ? Personne, ou presque. Le Kennedy Center, autrefois vibrant de vie, s’est vidé progressivement. Les salles restaient à moitié pleines. Les programmations s’appauvrissaient. Le prestige s’évaporait.
Et moi, je pense à tous ces artistes qui ont dû choisir. Annuler leur spectacle, perdre des mois de travail, décevoir leur public. Ou accepter de jouer dans un lieu souillé par l’ego d’un homme. Quel choix impossible. Quelle violence.
Section 4 : La famille Kennedy monte au créneau
Des héritiers en colère
La famille Kennedy n’a pas tardé à réagir. Joe Kennedy III, petit-neveu de JFK, a publié un message cinglant sur les réseaux sociaux. « Bien que cette transgression de la volonté du peuple soit douloureuse, le président Kennedy nous rappellerait que ce ne sont pas les bâtiments qui définissent la grandeur d’une nation. Ce sont les actions de son peuple et de ses dirigeants. » Maria Shriver, nièce de JFK et fille d’Eunice Kennedy Shriver, a choisi l’ironie mordante. « J’ai déterminé qu’en raison de ce changement de calendrier, il est préférable pour moi de fermer ce centre et de reconstruire un nouveau centre qui portera mon nom, ce qui fera sûrement en sorte que tout le monde arrête de parler du fait que tout le monde annule… n’est-ce pas ? » Mais c’est Jack Schlossberg, le petit-fils de JFK, qui a frappé le plus fort. « Trump peut prendre le Kennedy Center pour lui-même. Il peut changer le nom, fermer les portes et démolir le bâtiment. Il peut essayer de tuer JFK. Mais JFK est maintenu en vie par nous qui nous levons maintenant pour retirer Donald Trump, le traduire en justice et restaurer les libertés pour lesquelles des générations se sont battues. »
Ces mots me donnent des frissons. Parce qu’ils disent la vérité. Trump peut tout détruire, tout s’approprier, tout salir. Mais il ne peut pas tuer une idée. Il ne peut pas effacer un héritage. Les Kennedy le savent. Ils l’ont vécu.
Section 5 : Les justifications bancales de Trump
Un bâtiment prétendument délabré
Dans son annonce, Trump affirme avoir pris cette décision après une « révision d’un an » du centre. Il parle d’un bâtiment « fatigué, cassé et délabré », en « mauvaise condition financière et structurelle depuis de nombreuses années ». Il promet de le transformer en « bastion de classe mondiale des arts, de la musique et du divertissement ». Le problème ? Aucune preuve. Ni Trump ni Ric Grenell, le nouveau président du Kennedy Center et fidèle allié trumpiste, n’ont fourni le moindre document attestant de ces prétendus problèmes structurels. Aucun rapport d’expert. Aucune étude technique. Rien. Juste des affirmations lancées sur les réseaux sociaux. Plus troublant encore, en octobre dernier, Trump avait promis que le centre resterait ouvert pendant les rénovations. Que s’est-il passé entre octobre et février ? Les artistes ont fui. Les spectacles se sont annulés. Le public a déserté. Trump a compris qu’il ne pouvait pas sauver la face. Alors il ferme tout.
C’est tellement transparent. Tellement pathétique. Il détruit quelque chose, ça ne marche pas, alors il prétend que c’était déjà cassé. Comme si on était tous aveugles. Comme si on ne voyait pas le jeu.
Section 6 : Un conseil d'administration aux ordres
Quand la démocratie devient théâtre
Trump a annoncé que sa décision était « totalement soumise à l’approbation du conseil ». Quelle blague. Le conseil d’administration du Kennedy Center est désormais composé de ses loyalistes. Il l’a purgé des membres démocrates, installé ses alliés, et maintenant il prétend que la décision sera démocratique. C’est comme demander à ses employés s’ils sont d’accord avec leur patron. La réponse est connue d’avance. Trump préside lui-même le conseil des administrateurs du centre. Il est à la fois juge et partie. Il décide, puis il fait semblant de consulter. Cette mascarade démocratique est insultante. Elle montre à quel point Trump méprise les institutions, les processus, les règles. Pour lui, tout n’est que façade. Tout n’est que spectacle. Et le Kennedy Center, ironiquement, est devenu le théâtre de sa propre destruction.
Je pense à tous ces gens qui croient encore aux institutions. Qui pensent que les règles comptent, que les procédures protègent. Trump leur montre chaque jour qu’ils ont tort. Que tout peut être détourné, manipulé, vidé de son sens.
Section 7 : Le symbole du 4 juillet
Une date choisie avec cynisme
Le centre fermera le 4 juillet. Jour de l’indépendance américaine. Trump l’a annoncé fièrement, comme si c’était un honneur. « En l’honneur du 250e anniversaire de notre pays », a-t-il écrit. Mais quel honneur y a-t-il à fermer un centre culturel le jour de la fête nationale ? Quel message envoie-t-on en éteignant les lumières d’un des symboles de la culture américaine le jour où on célèbre la liberté ? C’est un choix délibéré. Un choix symbolique. Trump veut marquer les esprits. Il veut que cette date reste gravée dans les mémoires. Le 4 juillet 2026, le jour où le Kennedy Center est mort. Le jour où Trump a gagné. Le jour où la culture a plié. C’est cynique. C’est calculé. C’est Trump.
Cette date me hante. Parce qu’elle dit tout. Elle dit que pour Trump, la liberté n’a de sens que si elle sert ses intérêts. Que la culture n’a de valeur que si elle porte son nom. Que l’Amérique n’existe que comme extension de son ego.
Section 8 : Robert F. Kennedy Jr, la voix dissidente
Quand un Kennedy trahit les siens
Au milieu de ce concert de protestations familiales, une voix manque. Celle de Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé de Trump. Interrogé en décembre sur le changement de nom, RFK Jr. avait déclaré avoir « de plus gros poissons à frire ». Il n’a pas commenté l’annonce de la fermeture. Son silence est assourdissant. Pendant que ses cousins, ses neveux, sa famille entière dénoncent l’appropriation trumpiste du Kennedy Center, lui reste muet. Pire, il cautionne. Par son silence, par sa position dans l’administration Trump, par son refus de prendre position. RFK Jr. a choisi son camp. Et ce n’est pas celui de sa famille. Ce n’est pas celui de l’héritage Kennedy. C’est celui du pouvoir, de l’opportunisme, de la compromission. Les Kennedy ont toujours été une famille divisée, complexe, parfois contradictoire. Mais là, c’est différent. Là, c’est une trahison.
Je ne sais pas ce qui est le plus triste. Voir Trump détruire l’héritage Kennedy, ou voir un Kennedy l’aider à le faire. RFK Jr. restera dans l’histoire comme celui qui a choisi Trump plutôt que sa propre famille. Quelle chute.
Section 9 : Un précédent dangereux
Quand tout devient négociable
Cette affaire dépasse le Kennedy Center. Elle pose une question fondamentale : qu’est-ce qui est encore sacré en Amérique ? Quelles institutions, quels symboles, quels lieux sont encore protégés du narcissisme présidentiel ? Si Trump peut renommer le Kennedy Center, que peut-il faire d’autre ? Rebaptiser le Lincoln Memorial ? Ajouter son nom au Mont Rushmore ? Transformer la Maison-Blanche en Trump House ? Ces questions semblaient absurdes il y a quelques années. Aujourd’hui, elles sont légitimes. Trump a montré qu’il n’y avait pas de limites. Pas de lignes rouges. Pas de respect pour l’histoire, la tradition, la mémoire collective. Tout est négociable. Tout est à vendre. Tout peut être marqué de son sceau. Et si personne ne l’arrête, il continuera. Il ira plus loin. Il détruira plus. Parce que c’est sa nature. Parce que c’est ce qu’il fait.
J’ai peur. Peur de ce que ça signifie pour l’avenir. Peur de vivre dans un pays où plus rien n’est protégé, où tout peut être détourné, où l’histoire elle-même devient malléable. Trump ne construit rien. Il ne crée rien. Il ne fait que s’approprier, détourner, salir. Et on le laisse faire.
Conclusion : Le silence complice d'une nation
Quand l’indignation ne suffit plus
Le Kennedy Center va fermer. Pendant deux ans, ce symbole culturel restera silencieux. Trump prétend le rénover, le transformer, l’améliorer. Mais on sait tous ce qui se passe vraiment. Il le ferme parce qu’il a échoué. Parce que les artistes l’ont rejeté. Parce que le public l’a abandonné. Parce que son ego surdimensionné a tué ce qu’il prétendait célébrer. La famille Kennedy a protesté. Les artistes ont fui. Le public a déserté. Mais ça ne suffit pas. Parce qu’au final, Trump fait ce qu’il veut. Il renomme, il ferme, il détruit. Et personne ne l’en empêche vraiment. Les institutions plient. Les règles s’adaptent. La démocratie se déforme. Le Kennedy Center n’est qu’un symbole parmi d’autres. Mais c’est un symbole important. C’est un rappel que rien n’est sacré. Que tout peut être pris, transformé, détruit. Que l’héritage d’un président assassiné peut être effacé par l’ego d’un président vivant. Et que nous, collectivement, laissons faire.
Je termine cet article avec un goût amer dans la bouche. Parce que je sais que demain, Trump fera autre chose. Il franchira une autre ligne. Il détruira un autre symbole. Et on écrira un autre article indigné. Et rien ne changera. Parce que l’indignation ne suffit plus. Il faut de l’action. Il faut du courage. Il faut dire non. Vraiment non. Pas juste sur Twitter. Pas juste dans les articles. Mais dans les actes, dans les choix, dans les votes. Sinon, on mérite ce qui nous arrive. On mérite de voir nos symboles détruits, nos institutions vidées, notre histoire réécrite. On mérite Trump. Et ça, c’est la vérité la plus dure à accepter.
Signé Jacques Provost
Sources
The New Republic, « Kennedy Family Slams Trump Over Plans to Shut Down Kennedy Center », 2 février 2026
Associated Press, « Kennedy Center will close for 2 years for renovations, Trump says, after performers’ backlash », 2 février 2026
Truth Social, Publications de Donald Trump, février 2026
Déclarations de Joe Kennedy III, Maria Shriver et Jack Schlossberg sur les réseaux sociaux, février 2026
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