Cent quatre minutes de vide sidéral
Les critiques sont unanimes, et c’est rare. « Décourageant, mortel et creux » pour le Guardian. « Une honte » pour The Atlantic. « Portrait obséquieux habillé d’un clinquant de télé-réalité vulgaire » pour Empire. Le film suit Melania Trump pendant les trois semaines précédant la seconde investiture de son mari. On la voit choisir des œufs dorés avec du caviar pour le dîner d’investiture. On la regarde sélectionner des tenues avec des créateurs de mode. On l’entend débiter des platitudes dignes d’une intelligence artificielle en panne : « nous sommes tous liés par la même humanité », « chérissez votre famille et vos proches ». Du vide. Du néant emballé dans du papier cadeau hors de prix.
Une femme sans émotion, un film sans vie
Le seul moment où Melania semble presque humaine, c’est lorsqu’elle évoque le deuil de sa mère, Amalija Knavs, décédée en janvier 2024. Mais même cette douleur personnelle ne parvient pas à injecter de l’humanité dans ce portrait glacial. Pire encore, on la voit aux funérailles du président Jimmy Carter, incapable de manifester la moindre compassion. Elle ne pense pas au défunt, ni à sa famille endeuillée. Elle ne pense qu’à elle, à son image, à sa narration personnelle. Et son mari ? Donald Trump apparaît brièvement, et avec une cruauté déconcertante, il lâche : « Celle-ci a eu du mal avec ça » en parlant de la mort de sa belle-mère. Pas un gramme d’empathie. Pas une once d’humanité.
Comment peut-on être aussi vide ? Je me pose la question en boucle. Comment peut-on traverser la vie avec si peu d’émotions, si peu de connexion avec les autres êtres humains ? Et comment peut-on filmer ça pendant cent quatre minutes et penser que ça intéressera quelqu’un ? C’est terrifiant, cette absence totale de substance.
Section 3 : Brett Ratner, le réalisateur maudit qui revient par la grande porte
Un homme accusé qui trouve refuge chez les Trump
Brett Ratner. Ce nom devrait faire frémir. En novembre 2017, le Los Angeles Times publiait une enquête détaillée dans laquelle six femmes accusaient le réalisateur de harcèlement sexuel, d’attouchements et de fellation forcée. L’actrice Olivia Munn affirmait que Ratner s’était masturbé devant elle sur le tournage du film « After the Sunset » en 2004. Les agents de Ratner chez WME l’ont lâché. Son attaché de presse aussi. Warner Bros a rompu ses liens avec lui. Il était fini, exilé, banni d’Hollywood. Jusqu’à ce que les Trump lui tendent la main.
Les photos qui font mal aux yeux
Et puis, le 31 janvier 2026, soit un jour après la sortie du film, le Département de la Justice américain publie une nouvelle vague de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Et qui apparaît sur les photos ? Brett Ratner. On le voit assis sur un canapé, les bras autour d’une jeune femme dont l’identité est masquée. À côté d’eux, Epstein et une autre femme, également anonymisée. Ce n’est pas la première fois que Ratner apparaît dans les fichiers Epstein. En décembre dernier, une autre photo le montrait enlacant Jean-Luc Brunel, agent de mannequins français et associé d’Epstein, retrouvé mort dans sa cellule en 2022 alors qu’il attendait son procès pour viol de mineure.
Je veux vomir. Littéralement. Comment peut-on donner 75 millions de dollars à un homme comme ça ? Comment peut-on lui offrir une plateforme, une seconde chance, une rédemption qu’il ne mérite pas ? Et surtout, comment peut-on faire semblant que tout va bien, que c’est juste du cinéma, juste du business ?
Section 4 : Amazon et Jeff Bezos, complices d'un système pourri
Quand le patron d’Amazon fait des courbettes devant Trump
Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, n’a jamais caché sa volonté de se rapprocher du pouvoir. Mais avec « Melania », il franchit une ligne rouge. Ce film n’est pas un documentaire. C’est un outil de propagande, une opération de relations publiques déguisée en œuvre cinématographique. Et Amazon a payé le prix fort pour s’assurer les bonnes grâces de l’administration Trump. Soixante-quinze millions de dollars, c’est le coût de l’allégeance. C’est le prix de la soumission. C’est ce qu’il en coûte pour acheter sa place à la table des puissants.
Un timing révoltant qui insulte les victimes
La sortie de « Melania » intervient à un moment où les actions de l’administration Trump ont conduit à des violences, à des tirs sur des innocents, à la peur et au chagrin à travers l’Amérique. Voir Melania Trump choisir des tenues coûteuses, débiter des banalités sur l’humanité partagée et exiger qu’on sympathise avec son propre deuil, tout ça dans ce contexte de tragédie nationale, c’est d’une indécence révoltante. C’est un doigt d’honneur aux victimes, aux familles endeuillées, à tous ceux qui souffrent des politiques de cette administration.
Je pense à ces familles qui pleurent leurs morts pendant que Melania parade dans des robes à plusieurs milliers de dollars. Je pense à cette dissonance insupportable entre le luxe obscène et la souffrance réelle. Et je me demande comment on en est arrivés là. Comment on a pu accepter ça.
Section 5 : La critique unanime d'un désastre annoncé
Quand même Hollywood ne peut plus fermer les yeux
Les critiques de cinéma, pourtant habitués à ménager les susceptibilités, n’ont pas mâché leurs mots. David Mouriquand d’Euronews Culture a écrit que le film était « un projet de vanité superficiel » dont le timing était « scandaleusement mal choisi ». Le Hollywood Reporter l’a qualifié de « documentaire de propagande ». Variety s’est demandé pourquoi Amazon dépenserait 75 millions de dollars pour un film aussi « ennuyeux ». Même les spectateurs ordinaires ont boudé le film. Sur les sites d’avis, les notes sont catastrophiques. Les salles de cinéma étaient vides. Au Royaume-Uni, une seule personne a acheté un billet le premier jour.
Un échec commercial malgré les millions investis
Malgré tout, le film a rapporté 7,1 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation aux États-Unis, dépassant les attentes initiales qui tablaient sur un échec total. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas un succès. C’est un pansement sur une plaie béante. Amazon a perdu des dizaines de millions sur cette opération. Mais l’argent n’était pas le but. Le but, c’était de s’acheter une place auprès du pouvoir. Et de ce point de vue, mission accomplie.
Sept millions de dollars. C’est tout ce qu’ils ont réussi à gratter après avoir investi 75 millions. Et ils appellent ça un succès ? Non, c’est un échec monumental. Un échec moral, artistique, financier. Un échec sur toute la ligne.
Section 6 : Ce que "Melania" révèle sur notre époque
Le cinéma vendu au plus offrant
Ce film n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’une maladie plus profonde qui ronge l’industrie du divertissement. Les plateformes de streaming comme Amazon, Netflix ou Disney+ ne sont plus des diffuseurs de contenu. Ce sont des machines à cash qui achètent et vendent de l’influence. Elles ne se soucient pas de la qualité artistique, de l’intégrité journalistique ou de la vérité. Elles se soucient de leur part de marché, de leurs relations politiques et de leur compte en banque. Et si ça signifie financer un film de propagande pour une administration controversée, tant pis.
La mort du documentaire comme genre
« Melania » n’est pas un documentaire. Un documentaire cherche la vérité, pose des questions difficiles, explore des zones d’ombre. « Melania » est une publicité de cent quatre minutes pour la marque Trump. C’est un infomercial déguisé en film. Et en l’appelant « documentaire », Amazon et les Trump insultent tous les vrais documentaristes qui risquent leur vie, leur carrière et leur réputation pour raconter des histoires qui comptent. Ils crachent sur le genre, sur l’éthique journalistique, sur tout ce qui fait qu’un documentaire mérite d’être vu.
Je pense à tous ces documentaristes courageux qui filment dans des zones de guerre, qui dénoncent des injustices, qui donnent la parole aux sans-voix. Et puis je vois ça. Cette mascarade. Cette insulte. Et je me sens trahi.
Section 7 : Le silence assourdissant de l'industrie
Pourquoi personne ne dit rien
Ce qui est peut-être le plus choquant dans toute cette affaire, c’est le silence. Où sont les acteurs, les réalisateurs, les producteurs qui d’habitude se gargarisent de leurs valeurs progressistes ? Où sont les discours enflammés sur l’intégrité artistique et la responsabilité sociale ? Nulle part. Parce qu’Amazon est trop puissant. Parce que personne ne veut se mettre à dos une plateforme qui peut faire ou défaire une carrière. Parce que l’argent parle plus fort que les principes. Et parce que, au fond, Hollywood a toujours été une industrie de lâches qui préfèrent regarder ailleurs plutôt que de prendre position.
La complicité par l’inaction
En ne disant rien, en ne boycottant pas ce film, en ne dénonçant pas cette mascarade, l’industrie du cinéma se rend complice. Complice de la propagande. Complice de l’exploitation. Complice d’un système où l’argent et le pouvoir écrasent tout sur leur passage. Et cette complicité est peut-être pire que l’acte lui-même. Parce qu’elle normalise l’inacceptable. Elle dit au monde que c’est OK, que c’est juste du business, que ça ne mérite pas qu’on se batte.
Je suis en colère. Pas juste contre Amazon ou les Trump. Je suis en colère contre tous ceux qui se taisent. Contre tous ceux qui détournent le regard. Contre tous ceux qui trouvent des excuses. Parce que votre silence, c’est votre approbation.
Section 8 : Les leçons à tirer de ce naufrage
Reprendre le contrôle de nos écrans
Si « Melania » nous apprend quelque chose, c’est que nous, spectateurs, avons un pouvoir. Le pouvoir de dire non. Le pouvoir de boycotter. Le pouvoir de refuser de cautionner ce genre de manipulation. Les chiffres du box-office montrent que les gens ne sont pas dupes. Ils ont compris que ce film n’était qu’une opération de communication déguisée. Et ils ont voté avec leurs pieds en restant chez eux. C’est un signal fort. Un signal qui dit aux plateformes et aux politiciens que nous ne sommes pas à vendre.
Exiger mieux de nos créateurs de contenu
Nous devons exiger mieux. Mieux de nos plateformes de streaming. Mieux de nos réalisateurs. Mieux de nos acteurs et de nos producteurs. Nous devons leur faire comprendre que nous ne voulons pas de propagande. Nous voulons des histoires vraies, des questions difficiles, des réponses honnêtes. Nous voulons du cinéma qui nous fait réfléchir, qui nous met mal à l’aise, qui nous pousse à remettre en question nos certitudes. Pas des publicités déguisées en documentaires.
Je refuse d’accepter que c’est comme ça maintenant. Je refuse de croire qu’on ne peut rien faire. Parce que si on abandonne, si on laisse faire, alors ils ont gagné. Et je ne suis pas prêt à leur donner cette victoire.
Section 9 : L'avenir du documentaire à l'ère des plateformes
Un genre menacé par la marchandisation
Le documentaire est en danger. Pas à cause d’un manque d’intérêt du public ou d’un manque de sujets importants à traiter. Il est en danger parce que les plateformes qui contrôlent désormais la distribution ont compris qu’elles pouvaient utiliser le format documentaire pour servir leurs propres intérêts. Elles peuvent appeler n’importe quoi « documentaire » et le public, habitué à faire confiance au genre, le regardera sans se poser de questions. C’est une trahison du contrat implicite entre les documentaristes et leur audience. Et si nous ne réagissons pas maintenant, ce genre que nous aimons tant va mourir.
La résistance par la création indépendante
Mais il y a de l’espoir. Partout dans le monde, des documentaristes indépendants continuent de faire un travail remarquable. Ils financent leurs films par le crowdfunding, les distribuent sur des plateformes alternatives, les projettent dans des festivals. Ils refusent de se plier aux exigences des grandes plateformes. Ils refusent de compromettre leur vision. Et c’est eux qu’il faut soutenir. C’est eux qu’il faut regarder. Parce que c’est eux qui gardent vivante la flamme du vrai documentaire.
Il y a encore des gens qui se battent. Des gens qui croient que le cinéma peut changer le monde. Des gens qui refusent de vendre leur âme pour quelques millions de dollars. Et tant qu’ils existent, il y a de l’espoir.
Conclusion : Le prix de notre silence
Un moment décisif pour l’industrie du cinéma
« Melania » restera dans l’histoire comme un moment charnière. Le moment où une plateforme majeure a ouvertement acheté son accès au pouvoir politique en finançant un film de propagande. Le moment où un réalisateur accusé d’agressions sexuelles a trouvé refuge auprès d’une administration controversée. Le moment où l’industrie du cinéma a choisi le silence plutôt que la résistance. Et ce moment nous définira. Il dira aux générations futures qui nous étions, ce que nous valorisions, et jusqu’où nous étions prêts à aller pour défendre nos principes. Ou notre absence de principes.
Un appel à la vigilance et à l’action
Nous sommes à un carrefour. D’un côté, un avenir où les plateformes et les politiciens contrôlent ce que nous voyons, ce que nous pensons, ce que nous croyons. Un avenir où le cinéma n’est plus un art mais un outil de manipulation. De l’autre côté, un avenir où nous reprenons le contrôle. Où nous exigeons la transparence, l’intégrité, la vérité. Où nous soutenons les créateurs qui refusent de se compromettre. Le choix nous appartient. Mais nous devons choisir maintenant. Parce que demain, il sera peut-être trop tard.
Je ne sais pas ce qui va se passer. Je ne sais pas si nous allons gagner cette bataille. Mais je sais une chose : je ne me tairai pas. Je ne détournerai pas le regard. Je ne ferai pas semblant que tout va bien. Parce que tout ne va pas bien. Et tant que j’aurai une voix, je la ferai entendre. Même si ça ne change rien. Même si personne n’écoute. Parce que le silence, c’est la mort. Et je refuse de mourir.
Signé Jacques Provost
Sources
Euronews Culture, « Melania: Why the Mrs Trump documentary isn’t a documentary at all », 3 février 2026
Los Angeles Times, « Melania director Brett Ratner turns up in Epstein files, again », 2 février 2026
The Guardian, « Here we go again: $75m Melania film embodies venal Trump-era grift », 31 janvier 2026
Variety, « Melania: Why Would Amazon Spend $75 Million on a Movie This Boring », janvier 2026
Hollywood Reporter, « Melania Review: Brett Ratner’s Melania Trump Propaganda Doc », janvier 2026
BBC News, « Melania film beats box office predictions despite criticisms », février 2026
Télérama, « Melania : le blockbuster polémique d’Amazon au service du clan Trump », 31 janvier 2026
The Atlantic, « Melania documentary review », janvier 2026
Empire, « Melania Review », janvier 2026
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