Vingt-quatre heures pour sauver le monde
Retour en arrière. Janvier 2025. Trump revient à la Maison-Blanche avec sa grande gueule et ses promesses démesurées. Il va tout régler, nous dit-on. La guerre en Ukraine? Terminée en vingt-quatre heures. Un simple coup de téléphone à son « ami » Poutine et l’affaire sera dans le sac. Les Américains y croient, les Européens espèrent, les Ukrainiens retiennent leur souffle. Et puis… rien. Absolument rien. Les semaines passent, les mois défilent, et la guerre continue de plus belle. Les frappes russes s’intensifient même, comme pour narguer le milliardaire américain qui pensait pouvoir tout acheter avec son charme et ses menaces.
C’est fascinant, cette capacité qu’ont certains hommes à promettre la lune sans jamais avoir l’intention de décrocher ne serait-ce qu’une étoile. Trump nous a vendu du rêve, du spectacle, de la grande politique à l’américaine. Mais au final, qu’est-ce qu’on a? Des mots. Toujours des mots. Pendant que les Ukrainiens comptent leurs morts.
Section 3 : L'humiliation publique de Zelensky
Quand le mépris devient une arme diplomatique
Le 28 février 2025 restera gravé dans les mémoires comme l’un des moments les plus gênants de la diplomatie moderne. Volodymyr Zelensky se rend à la Maison-Blanche, espérant sans doute un soutien renouvelé, une main tendue. Ce qu’il reçoit? Une humiliation publique devant les caméras du monde entier. Trump et son vice-président JD Vance le malmènent verbalement, l’accusent de manquer de reconnaissance, lui reprochent de jouer avec la vie de millions de personnes. « Vous n’êtes pas en position de nous dire quoi que ce soit », lance Trump avec cette arrogance qui le caractérise. Le président ukrainien garde son calme, répond fermement, mais le mal est fait. Le message est clair comme de l’eau de roche — Washington commence à lâcher Kiev.
J’ai regardé cette scène avec un malaise profond. Voir un homme qui défend son pays depuis trois ans se faire traiter comme un gamin capricieux… ça m’a retourné l’estomac. Zelensky n’est pas parfait, loin de là. Mais il tient debout face à une machine de guerre qui devrait l’avoir écrasé depuis longtemps. Et voilà comment on le remercie?
Section 4 : Le chantage à l'aide militaire
Quand l’argent devient une arme
Quelques jours après cette altercation mémorable, Trump passe à l’action. Dans la nuit du 3 au 4 mars 2025, il ordonne la suspension temporaire de l’aide militaire à l’Ukraine. Le prétexte? Kiev doit démontrer un « engagement de bonne foi en faveur de la paix ». Traduction — acceptez nos conditions ou crevez. C’est du chantage pur et simple, déguisé en diplomatie. L’administration américaine force la main à l’Ukraine pour lui arracher un accord sur ses terres rares, ces minerais stratégiques qui valent des milliards. Pendant ce temps, les soldats ukrainiens manquent de munitions, les hôpitaux manquent de médicaments, et les civils manquent de tout. Mais bon, les affaires sont les affaires, n’est-ce pas?
Il y a quelque chose de profondément écœurant dans cette façon de faire. On parle de vies humaines, pas de contrats commerciaux. Mais pour Trump, tout se négocie, tout s’achète, tout se vend. Même la dignité d’un peuple qui refuse de se soumettre.
Section 5 : Les ultimatums qui ne servent à rien
Cinquante jours, puis dix, puis rien
Le 14 juillet 2025, Trump change de stratégie. Fini le gentil médiateur, place au dur à cuire. Il lance un ultimatum à Poutine — cinquante jours pour mettre fin à la guerre, sinon ce seront des sanctions économiques massives et des droits de douane à cent pour cent. Le monde retient son souffle. Poutine va-t-il plier? Évidemment que non. Les cinquante jours passent, rien ne bouge. Alors Trump réduit le délai à dix ou douze jours fin juillet. Nouvelle échéance, même résultat — que dalle. Les opérations militaires russes se multiplient, les frappes s’intensifient, et l’ultimatum américain finit aux oubliettes. Moscou a compris depuis longtemps que les menaces de Trump sont aussi creuses qu’un ballon de baudruche.
À force de crier au loup sans jamais mordre, on finit par perdre toute crédibilité. Trump l’a appris à ses dépens. Poutine le regarde agiter ses bras, faire ses annonces fracassantes, et il continue tranquillement son œuvre de destruction. Parce qu’il sait. Il sait que derrière le bruit, il n’y a rien.
Section 6 : La rencontre d'Alaska ou l'art de la capitulation
Quand l’agresseur devient l’invité d’honneur
Le 15 août 2025, on assiste à un spectacle surréaliste. Trump déroule le tapis rouge à Poutine sur une base militaire en Alaska. Poignées de main chaleureuses, sourires complices, amabilités en pagaille. Trois heures d’entretien qui n’aboutissent à rien de concret, mais qu’importe — l’essentiel est ailleurs. Poutine obtient ce qu’il voulait — du temps, de la légitimité, une reconnaissance implicite. Trump parle d’une discussion « très productive », Poutine évoque un dialogue « constructif ». Les deux hommes se congratulent pendant que l’Ukraine continue de brûler. « La prochaine fois à Moscou », lance le chef du Kremlin en anglais. « J’imagine que cela pourrait arriver », répond Trump. Voilà où on en est — l’agresseur dicte les termes, et l’Amérique acquiesce.
Cette scène m’a glacé le sang. Voir ces deux hommes se serrer la main comme de vieux copains alors que des milliers de personnes meurent à cause de l’un d’eux… c’est insoutenable. Trump a trahi l’Ukraine ce jour-là. Pas avec des mots, mais avec des gestes. Des gestes qui en disent long sur ses véritables priorités.
Section 7 : Le yo-yo diplomatique continue
Entre menaces et câlins
Trois jours après Alaska, nouveau rebondissement. Le 18 août 2025, Trump reçoit Zelensky et plusieurs dirigeants européens à Washington. Avant la rencontre, il publie un avertissement sur son réseau Truth Social — l’Ukraine peut mettre fin à la guerre « presque immédiatement » si elle le veut. Sous-entendu — acceptez de perdre la Crimée, oubliez l’OTAN, et tout ira bien. Pendant la réunion, on parle de garanties de sécurité, d’achats d’armes américaines pour cent milliards de dollars, d’une possible rencontre entre Poutine et Zelensky. Tout le monde fait semblant d’y croire. Les Européens promettent, les Américains s’engagent, les Ukrainiens espèrent. Et puis septembre arrive, et avec lui une nouvelle volte-face qui laisse tout le monde pantois.
Ce ballet incessant entre fermeté et complaisance me donne le tournis. Un jour Trump menace, le lendemain il cajole. Un jour il soutient Kiev, le lendemain il flirte avec Moscou. Comment voulez-vous construire quoi que ce soit sur des fondations aussi instables? Comment voulez-vous qu’un pays en guerre puisse planifier sa défense quand son principal allié change d’avis comme de chemise?
Section 8 : La volte-face de l'ONU
Quand Trump découvre soudain que l’Ukraine peut gagner
Le 23 septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Trump prend tout le monde de court. Après un entretien avec Zelensky, il publie une déclaration fracassante sur Truth Social. L’Ukraine pourrait « regagner son territoire dans sa forme originelle et peut-être même aller plus loin » face à la Russie. Il compare Moscou à un « tigre de papier » et affirme qu’une vraie puissance militaire aurait gagné cette guerre en moins d’une semaine. Du jamais vu. Du jamais entendu. Après des mois à ménager Poutine, à minimiser les capacités ukrainiennes, à pousser Kiev vers des concessions, voilà que Trump découvre soudain que la Russie est faible et que l’Ukraine peut l’emporter. Zelensky salue un « grand tournant ». Le Kremlin, lui, parle de résultats « proches de zéro » dans les relations russo-américaines.
Cette volte-face m’a laissé sans voix. Pas parce qu’elle est surprenante — avec Trump, plus rien ne surprend. Mais parce qu’elle révèle à quel point tout ça n’est qu’un jeu pour lui. Un jeu où il teste des positions, jauge les réactions, ajuste son discours en fonction du vent. Pendant ce temps, des gens meurent. Mais ça, ça ne semble pas vraiment le préoccuper.
Section 9 : Les négociations fantômes d'Abu Dhabi
Quand parler ne sert à rien
Janvier et février 2026. Les négociations reprennent à Abu Dhabi entre Russes, Ukrainiens et Américains. On parle, on discute, on négocie. Pendant ce temps, les frappes russes massives continuent. Le 4 février 2026, alors que les pourparlers sont censés reprendre, Moscou lance une attaque d’envergure contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Des centaines de drones et de missiles. Des coupures de chauffage et d’électricité dans tout le pays. Des températures qui descendent à moins vingt degrés. Trump dit qu’il veut que Poutine « mette fin à la guerre ». Poutine continue de bombarder. Les négociateurs se réunissent, échangent des politesses, puis rentrent chez eux sans rien avoir accompli. Et le cycle recommence, encore et encore, pendant que l’Ukraine agonise.
Ces négociations sont une farce. Une mascarade grotesque où tout le monde fait semblant de chercher la paix alors que personne n’est prêt à faire les compromis nécessaires. Poutine veut tout garder, Trump veut sauver la face, et l’Ukraine refuse de disparaître. Résultat? On tourne en rond pendant que les bombes tombent.
Conclusion : Le grand mensonge
Quand les mots ne valent plus rien
Alors voilà où on en est. Plus d’un an après le retour de Trump au pouvoir, la guerre en Ukraine fait toujours rage. Les promesses de paix en vingt-quatre heures se sont évaporées. Les ultimatums sont restés lettre morte. Les négociations n’aboutissent à rien. Et pendant ce temps, les Ukrainiens continuent de mourir, de souffrir, de résister. Trump dit qu’il veut que Poutine mette fin à la guerre, mais ses actes racontent une tout autre histoire. Une histoire de revirements constants, de double jeu diplomatique, d’intérêts économiques qui priment sur les vies humaines. Qui se moque de qui? La réponse est simple — Trump et Poutine se moquent du monde entier. Et surtout, ils se moquent de l’Ukraine.
Je ne sais plus quoi penser de tout ça. Je suis fatigué de voir ces hommes jouer avec le destin de millions de personnes comme s’il s’agissait d’une partie de poker. Je suis écœuré par cette hypocrisie qui consiste à parler de paix tout en laissant la guerre se poursuivre. Et je suis en colère. En colère contre cette indifférence généralisée, contre ce cynisme qui gangrène la politique internationale, contre cette lâcheté qui nous fait tous complices d’une tragédie qui n’en finit pas. L’Ukraine mérite mieux que ça. Elle mérite la vérité, pas des mensonges. Elle mérite des actes, pas des discours. Elle mérite qu’on arrête de se moquer d’elle.
Signé Jacques Provost
Sources
Le Parisien, « Je veux qu’il mette fin à cette guerre : Donald Trump avertit Vladimir Poutine, alors que les pourparlers reprennent à Abu Dhabi », 4 février 2026
Touteleurope.eu, « Guerre en Ukraine : la valse des revirements de Donald Trump en 5 épisodes », 30 septembre 2025
France 24, « Trump dit qu’il veut que Poutine mette fin à la guerre en Ukraine », 4 février 2026
20 Minutes, « EN DIRECT Guerre en Ukraine : Trump veut que Poutine mette fin au conflit », 4 février 2026
BBC, « Pourquoi Trump n’a-t-il pas convaincu Poutine de mettre fin à la guerre en Ukraine », 2026
La Presse, « Trump assure que Poutine veut mettre fin à la guerre », 3 décembre 2025
Le Grand Continent, « Le plan de Trump et Poutine en 28 points pour mettre fin à la guerre en Ukraine », 21 novembre 2025
Reuters, « Ukraine, Russia wrap first day of US-brokered peace talks in Abu Dhabi », 4 février 2026
The Guardian, « Ukraine and Russia begin second round of US-led peace talks in Abu Dhabi », 4 février 2026