Jonathan Jackson, héritier d’une tradition de résistance
Pour comprendre la portée de ce geste, il faut connaître l’homme qui l’a accompli. Jonathan Jackson n’est pas un politicien ordinaire. Élu au Congrès en 2022 pour représenter le 1er district de l’Illinois, il porte en lui l’héritage de décennies de lutte pour les droits civiques. Son père, Jesse Jackson, a marché aux côtés de Martin Luther King Jr., a défié les structures de pouvoir racistes, a porté la voix des sans-voix pendant plus d’un demi-siècle. Jonathan est également le filleul de King lui-même, ce qui fait de lui un héritier direct du mouvement des droits civiques. Cette généalogie n’est pas anodine. Elle explique pourquoi, ce matin-là à Washington, Jackson n’a pas simplement récité une prière convenue. Il a fait ce que son père et son parrain spirituel auraient fait : il a dit la vérité au pouvoir, même quand ce pouvoir se tenait juste derrière lui.
Il y a quelque chose de profondément émouvant dans cette continuité. Comme si l’histoire se répétait, mais différemment. Les Jackson, de génération en génération, qui refusent de se taire. Qui refusent de courber l’échine. Qui choisissent la confrontation morale plutôt que le confort politique. C’est rare, vous savez. Tellement rare que ça en devient presque choquant quand ça arrive.
Section 3 : Les mots qui ont glacé la salle
Une prière qui ressemblait à un réquisitoire
Les mots de Jackson ont résonné dans le silence de la salle avec une clarté dérangeante. « Nous lui rappelons aujourd’hui que la vie de millions de personnes est entre ses mains », a-t-il déclaré en parlant de Trump, « et qu’il a le pouvoir de transformer le deuil en danse ou de réduire le pays en une élégie cosmique de chaos et de souffrance. » Une élégie cosmique. Laissez ces mots vous pénétrer. Jackson n’a pas utilisé le langage édulcoré de la diplomatie. Il a parlé de chaos, de souffrance, de deuil. Il a demandé à Dieu de donner à Trump « une plus grande clarté, un plus grand courage et une plus grande capacité de faire ce qui est juste ». Comme si ces qualités lui manquaient cruellement. Il a prié pour que le président soit « conscient des pauvres » et guidé par « de plus grands niveaux de compassion ». Chaque phrase était une flèche, polie mais précise, visant directement les échecs moraux de l’administration Trump.
Imaginez la scène. Trump derrière lui, les yeux fermés, se balançant légèrement. Entend-il vraiment? Comprend-il que cette prière est un jugement? Ou est-il tellement enfermé dans sa bulle qu’il croit sincèrement qu’on le félicite? J’ai regardé ces images encore et encore, cherchant un signe de conscience sur son visage. Rien. Juste ce balancement mécanique, comme un automate qui attend que ça passe.
Section 4 : Minneapolis, la plaie ouverte
Deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux
Jackson n’a pas prié dans le vide. Il a explicitement mentionné « les familles qui se préparent à enterrer leurs proches à Minneapolis ». Il parlait d’Alex Pretti et de Renée Good, deux citoyens américains tués par des agents d’immigration en janvier 2026. Pretti, 28 ans, a été abattu le 24 janvier lors d’une manifestation contre les opérations d’immigration de l’administration Trump. Good, 26 ans, a été tuée quelques jours plus tôt dans des circonstances similaires. Tous deux protestaient contre les raids massifs de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) qui terrorisaient les communautés immigrées de Minneapolis. Tous deux étaient des citoyens américains. Tous deux sont morts sous les balles d’agents fédéraux censés protéger le pays, pas tirer sur ses citoyens. Ces morts ont déclenché une vague d’indignation à travers le pays, des manifestations massives, et même une grève générale au Minnesota. Mais à Washington, dans les couloirs du pouvoir, le silence était assourdissant.
Alex Pretti. Renée Good. Répétez ces noms. Ne les oubliez pas. Ils ne sont pas des statistiques. Ils ne sont pas des dommages collatéraux. Ce sont des vies fauchées, des familles brisées, des avenirs annihilés. Et pendant que leurs proches pleurent, Trump se tient debout au National Prayer Breakfast, les yeux fermés, comme si de rien n’était. Comme si ces morts n’étaient qu’un détail dans sa croisade contre l’immigration.
Section 5 : Le National Prayer Breakfast, théâtre du pouvoir
Une tradition américaine détournée
Le National Prayer Breakfast existe depuis 1953. Chaque président américain depuis Dwight D. Eisenhower y a participé. C’est censé être un moment de rassemblement œcuménique, où les leaders politiques, économiques et religieux se retrouvent pour prier ensemble, au-delà des divisions partisanes. Une belle idée, en théorie. En pratique, c’est devenu un événement où le pouvoir se met en scène, où les élites se congratulent mutuellement sous couvert de spiritualité. Pour Trump, c’était sa sixième participation. Il a parlé pendant plus d’une heure et quinze minutes, un discours fleuve où il a faussement affirmé avoir remporté le vote populaire en 2016, plaisanté sur ses chances d’aller au paradis, et défendu sa secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, de plus en plus critiquée pour sa gestion brutale des opérations d’immigration. Un spectacle habituel pour Trump : égotique, déconnecté, imperméable à la critique.
Le National Prayer Breakfast. Quel nom ironique pour un événement où la prière semble être le cadet des soucis. C’est devenu un rituel vide, une performance où tout le monde joue son rôle. Les politiciens font semblant de prier, les religieux font semblant de croire que ça change quelque chose, et le public fait semblant d’être édifié. Sauf que cette année, Jackson a brisé le script. Il a refusé de jouer le jeu.
Section 6 : La réaction de Trump, ou l'absence de réaction
Un président imperméable à la critique morale
Après la prière de Jackson, Trump s’est avancé, a serré la main du représentant, et semble avoir dit « beau travail », bien que le reste de l’échange soit inaudible. Beau travail. Comme si Jackson venait de faire un discours de campagne en sa faveur. Comme si les mots sur la compassion, la clarté, et le devoir moral n’étaient que des compliments déguisés. Cette réaction — ou plutôt cette non-réaction — en dit long sur Trump. Il est soit incapable de comprendre qu’il vient d’être critiqué, soit tellement habitué à filtrer toute critique qu’il ne l’entend même plus. Les images montrent un homme qui oscille légèrement, les yeux fermés, apparemment serein. Aucun signe d’inconfort, aucune trace de réflexion. Juste cette présence physique vide, ce corps qui occupe l’espace sans que l’esprit ne semble vraiment habiter le moment.
Comment fait-on pour être aussi imperméable? Comment peut-on entendre quelqu’un prier pour qu’on trouve de la compassion et répondre « beau travail »? C’est fascinant et terrifiant à la fois. Fascinant parce que ça révèle un niveau de déconnexion presque surhumain. Terrifiant parce que cet homme a le pouvoir de vie et de mort sur des millions de personnes. Et il ne comprend même pas qu’on lui demande d’être meilleur.
Section 7 : Jackson, entre courage et contradictions
Un représentant critiqué pour ses investissements
Il serait malhonnête de présenter Jackson comme un héros sans faille. Le représentant a lui-même fait face à des critiques pour avoir acheté des actions de Palantir, une entreprise technologique qui est l’un des principaux contractants de l’ICE. Palantir fournit les systèmes de surveillance et de traçage utilisés par l’agence d’immigration pour traquer et arrêter les sans-papiers. Pour un élu qui critique les opérations de l’ICE, investir dans une entreprise qui les facilite est, au mieux, une contradiction embarrassante. Jackson a depuis exprimé des regrets et demandé à son conseiller financier de se débarrasser de ces actions. Mais le mal était fait. Cette affaire soulève une question plus large : peut-on vraiment combattre un système tout en profitant financièrement de son existence? Jackson a également été critiqué pour avoir été refusé l’entrée dans un centre de traitement de l’ICE à Broadview en 2025, avant d’obtenir l’accès plus tard dans l’année. Son engagement contre l’ICE est réel, mais il est aussi compliqué par ces zones grises.
Personne n’est parfait. Jackson non plus. Et c’est peut-être ce qui rend son geste encore plus puissant. Il n’est pas un saint descendu du ciel pour nous sauver. C’est un homme avec ses contradictions, ses erreurs, ses compromis. Et pourtant, il a trouvé le courage de se lever et de dire ce qui devait être dit. Ça ne l’excuse pas de ses investissements douteux. Mais ça ne diminue pas non plus la valeur de son acte.
Section 8 : Un symbole de résistance dans l'Amérique de Trump
Quand la prière devient politique
Ce qui s’est passé au National Prayer Breakfast dépasse largement la personne de Jonathan Jackson ou même celle de Donald Trump. C’est un symbole de ce que devient la résistance dans l’Amérique de 2026. Les manifestations de rue sont réprimées violemment. Les médias traditionnels sont de plus en plus contrôlés ou intimidés. Les institutions démocratiques sont affaiblies. Dans ce contexte, les actes de résistance prennent des formes inattendues. Une prière devient un acte politique. Un moment de recueillement devient une confrontation morale. Jackson a utilisé le langage de la foi pour dire ce que le langage politique ne permet plus de dire aussi clairement : que le président échoue dans son devoir moral, que ses politiques causent des souffrances inutiles, que des vies sont perdues à cause de ses choix. Il l’a fait devant Trump, devant les caméras, devant le pays. Et il l’a fait en invoquant Dieu, ce qui rend la critique encore plus difficile à ignorer ou à discréditer pour ceux qui se réclament de la foi chrétienne.
Il y a quelque chose de profondément subversif dans ce geste. Jackson a retourné les armes de l’establishment contre lui-même. Il a pris un événement conçu pour légitimer le pouvoir et l’a transformé en moment de contestation. C’est brillant. C’est courageux. Et c’est exactement ce dont nous avons besoin en ce moment : des gens qui refusent de jouer selon les règles du jeu quand ces règles sont truquées.
Section 9 : Les échos d'une prière dans un pays divisé
Réactions et répercussions
La prière de Jackson a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Les progressistes l’ont salué comme un acte de courage moral. Les conservateurs l’ont accusé d’avoir politisé un événement religieux. Certains ont souligné l’ironie de prier pour la compassion de Trump alors que Jackson lui-même avait investi dans Palantir. D’autres ont défendu le représentant, arguant que reconnaître ses erreurs et continuer à se battre est précisément ce que signifie être humain. Les familles de Pretti et Good ont exprimé leur gratitude envers Jackson pour avoir mentionné leurs proches. Les militants de Minneapolis ont vu dans ce geste une validation de leur lutte. Mais au-delà des réactions immédiates, la question demeure : est-ce que ça change quelque chose? Est-ce que Trump va soudainement trouver cette « clarté » et cette « compassion » que Jackson a implorées? Probablement pas. Mais peut-être que ce n’était pas le but. Peut-être que le but était simplement de dire, haut et fort, que ce qui se passe n’est pas normal, n’est pas acceptable, et ne doit pas être normalisé.
Je ne crois pas aux miracles politiques. Je ne crois pas que Trump va se réveiller un matin transformé par cette prière. Mais je crois au pouvoir des gestes symboliques. Je crois que parfois, il suffit qu’une personne se lève et dise « non » pour que d’autres trouvent le courage de faire de même. Jackson a planté une graine. Peut-être qu’elle ne germera jamais. Ou peut-être qu’elle donnera naissance à quelque chose de plus grand que nous ne pouvons l’imaginer aujourd’hui.
Conclusion : Le courage de nommer l'innommable
Une leçon pour notre époque
L’histoire retiendra peut-être ce moment comme une note de bas de page dans la présidence tumultueuse de Donald Trump. Ou peut-être qu’elle le verra comme un tournant, un instant où quelqu’un a osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Jonathan Jackson, ce matin du 5 février 2026, a fait quelque chose de simple et de profondément radical : il a dit la vérité. Il l’a dite avec respect, avec foi, mais sans compromis. Il a rappelé à un président que le pouvoir vient avec des responsabilités, que les vies humaines ne sont pas des pions sur un échiquier politique, que la compassion n’est pas une faiblesse mais une force. Il a fait tout cela en sachant que Trump se tenait juste derrière lui, en sachant que ses mots seraient disséqués, critiqués, peut-être même utilisés contre lui. Il l’a fait quand même. Et dans un pays où le courage moral est devenu une denrée rare, où trop de gens préfèrent le silence confortable à la vérité inconfortable, ce geste compte. Il compte énormément.
Je pense à Alex Pretti et Renée Good. Je pense à leurs familles qui pleurent. Je pense à toutes les autres victimes de cette administration, celles dont on ne connaîtra jamais les noms. Et je me dis que si Jackson n’a rien changé d’autre, il a au moins fait ça : il leur a rendu leur dignité. Il a refusé de les laisser devenir des statistiques oubliées. Il a dit leurs noms, même indirectement, dans un lieu de pouvoir. C’est peu. C’est immense. C’est tout ce qu’on peut faire parfois : refuser d’oublier, refuser de se taire, refuser de baisser les yeux. Jackson ne nous a pas sauvés. Mais il nous a montré qu’il est encore possible de résister. Et en ces temps sombres, c’est déjà beaucoup.
Signé Jacques Provost
Sources
Global News, « Congressman prays in front of Trump, asks that president finds ‘greater clarity' », 5 février 2026
Mother Jones, « Illinois Representative Asks God to Get Trump to ‘Do What Is Right' », 5 février 2026
NBC News, « Live updates: Trump administration », 5 février 2026
NPR, « Man shot dead by federal immigration officers in Minneapolis », 24 janvier 2026
NPR, « Alex Pretti shooting by federal agents prompts DOJ civil rights probe », 30 janvier 2026
Wikipedia, « Killing of Renée Good », consulté le 6 février 2026
Wikipedia, « Killing of Alex Pretti », consulté le 6 février 2026
The Guardian, « Two federal agents reportedly identified in fatal shooting of Alex Pretti », 1er février 2026
Religion News Service, « At dueling National Prayer Breakfasts, a religious debate over Trump », 5 février 2026
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