Une ligne rouge tracée au marqueur indélébile
Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, Xi Jinping a été on ne peut plus explicite lors de cet appel. Taïwan, a-t-il martelé, fait partie intégrante de « l’ordre international d’après-guerre » forgé dans la lutte commune contre le fascisme et le militarisme. Une référence historique qui n’est pas anodine. Xi invoque la Seconde Guerre mondaile, les accords de Potsdam, le consensus de 1945. Il construit une narration où le retour de Taïwan à la Chine serait une question de justice historique, presque de réparation. Et il ajoute, sans ambiguïté aucune : « La Chine ne permettra jamais que Taïwan soit séparée de la Chine. » Jamais. Le mot est lâché. Xi a également exhorté les États-Unis à faire preuve d’une « extrême prudence » dans les ventes d’armes à Taïwan, un sujet qui irrite Pékin depuis des décennies.
Cette rhétorique de la « réunification historique » me fait froid dans le dos. Parce qu’elle transforme une agression potentielle en acte de justice. Elle légitime l’usage de la force. Elle prépare l’opinion publique chinoise à accepter l’inacceptable. Et pendant que Xi construit son récit, Trump reste étrangement silencieux sur Taïwan dans sa déclaration publique. Coïncidence ? Je ne crois pas aux coïncidences en géopolitique.
Section 3 : La réponse de Trump, ou plutôt son silence assourdissant
Ce que le président américain n’a pas dit en dit long
Sur Truth Social, Trump a publié un message enthousiaste après l’appel. Il a parlé de l’Ukraine, du fentanyl, du soja, des produits agricoles. Il a vanté « l’excellente » relation entre les États-Unis et la Chine. Mais Taïwan ? Pas un mot. Pas une seule mention de l’île démocratique dont le sort préoccupe tant Xi Jinping. Ce silence est éloquent. Selon la version chinoise de l’appel, Trump aurait dit à Xi qu’il « comprend l’importance de la question taïwanaise pour la Chine ». Une formulation qui laisse planer le doute. Comprendre n’est pas approuver. Mais ce n’est pas non plus rejeter. C’est une zone grise diplomatique où tout peut arriver. Trump a également confirmé qu’il se rendrait à Pékin en avril 2026 et que Xi viendrait à Washington plus tard dans l’année. Des visites d’État qui pourraient sceller le sort de Taïwan.
Le silence de Trump sur Taïwan me terrifie plus que n’importe quelle déclaration belliqueuse. Parce qu’il suggère un marchandage en coulisses. Un deal transactionnel où Taïwan pourrait devenir une monnaie d’échange. Trump a toujours été un homme d’affaires avant d’être un homme d’État. Et dans le monde des affaires, tout se négocie. Même la liberté de 23 millions de personnes.
Section 4 : La purge militaire chinoise qui change la donne
Quand Xi élimine les voix dissidentes au sein de l’armée
Ce qui rend cet appel encore plus inquiétant, c’est le contexte militaire chinois actuel. Récemment, Xi Jinping a purgé le général Zhang Youxia, l’officier militaire le plus haut gradé de Chine. Zhang était connu pour sa franchise et sa compréhension des difficultés d’une invasion de Taïwan. Il n’hésitait pas à dire à Xi que prendre Taïwan par la force serait extrêmement coûteux et risqué. Mais Zhang est parti. Et ses remplaçants ? Des officiers plus jeunes, moins expérimentés, et surtout moins enclins à contredire le président. Selon l’analyste Mary Gallagher de World Politics Review, cette purge rend une guerre pour Taïwan « plus probale ». Pourquoi ? Parce que Xi n’entendra plus les voix qui tempèrent ses ambitions. Il sera entouré de yes-men qui lui diront ce qu’il veut entendre.
Cette purge me glace le sang. Parce qu’elle rappelle les pires moments de l’histoire, quand des dirigeants autoritaires éliminent les conseillers qui osent dire la vérité. Staline a purgé ses généraux avant la Seconde Guerre mondiale. Hitler s’est entouré de fidèles plutôt que de stratèges. Et à chaque fois, le résultat a été catastrophique. Xi est en train de créer une chambre d’écho où personne n’osera lui dire que l’invasion de Taïwan serait un désastre.
Section 5 : La réaction taïwanaise, entre dignité et inquiétude
Taipei refuse de se laisser dicter son avenir
Face aux déclarations de Xi, le Premier ministre taïwanais Cho Jung-tai a réagi avec fermeté le lendemain de l’appel. « Nous devons souligner une fois de plus que la République de Chine, Taïwan, est un pays pleinement souverain et indépendant », a-t-il déclaré devant le parlement. Et il a ajouté, avec une clarté qui ne laisse aucune place au doute : « Pour les 23 millions de citoyens de notre nation, le ‘retour’ n’est pas une option – c’est très clair. » Ces mots résonnent comme un cri de résistance. Taïwan n’est pas une province rebelle attendant sagment de revenir dans le giron chinois. C’est une démocratie florissante, avec son propre gouvernement, sa propre armée, sa propre identité. Les Taïwanais ont voté, ont élu leurs dirigeants, ont construit une société libre. Et ils ne sont pas prêts à abandonner tout cela.
La dignité de la réponse taïwanaise me bouleverse. Parce qu’elle rappelle que derrière les manœuvres géopolitiques, il y a des êtres humains. Des familles. Des rêves. Des vies qui refusent d’être sacrifiées sur l’autel des ambitions impériales. Mais cette dignité suffira-t-elle face aux missiles chinois ? Face à l’indifférence américaine ? Je voudrais croire que oui. Mais l’histoire m’a appris à être réaliste.
Section 6 : Le Japon entre dans la danse et complique tout
Tokyo trace sa propre ligne rouge
La situation se complique encore avec l’entrée en scène du Japon. La nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi a récemment déclaré qu’une attaque chinoise contre Taïwan constituerait une « menace existentielle » pour le Japon et pourrait déclencher une réponse militaire japonaise. Ces mots ont provoqué la fureur de Pékin. La Chine a immédiatement réagi en interdisant certains produits de la mer japonais, en réduisant le tourisme vers le Japon et en annulant des évenements culturels conjoints. Une guerre diplomatique s’est déclenchée entre les deux puissances asiatiques. Takaichi a également eu un appel avec Trump après la conversation Trump-Xi, discutant de l’alliance américano-japonaise et des défis dans la région Indo-Pacifique. Le Japon, contrairement aux États-Unis, semble prêt à tracer des lignes rouges claires.
Le courage du Japon me redonne un peu d’espoir. Parce qu’il montre que certains pays sont prêts à défendre leurs valeurs, même face à un géant comme la Chine. Mais ce courage me terrifie aussi. Parce qu’il pourrait transformer une crise régionale en conflagration mondiale. Si la Chine attaque Taïwan et que le Japon intervient, les États-Unis seront obligés de suivre en vertu du traité de défense mutuelle. Et soudain, nous voilà au bord de la Troisième Guerre mondiale.
Section 7 : Le commerce comme monnaie d'échange
Quand les terres rares deviennent des armes géopolitiques
L’appel Trump-Xi s’inscrit dans un contexte commercial tendu. Lors de leur rencontre en octobre 2025 à Busan, en Corée du Sud, les deux dirigeants avaient conclu un accord commercial fragile. La Chine avait accepté de suspendre pendant un an certaines restrictions sur l’exportation de terres rares, ces minéraux critiques dont Pékin contrôle près de 90% de la production mondiale. En échange, les États-Unis avaient réduit de moitié leurs tarifs douaniers sur les produits chinois, passant de 20% à 10%. Mais les tarifs cumulés restent à près de 50%. Et la suspension chinoise n’est que temporaire. Dans quelques mois, Pékin pourrait à nouveau couper l’approvisionnement américain en terres rares, paralysant des secteurs entiers de l’économie américaine, de l’automobile à la défense en passant par l’électronique. Trump a également mentionné un accord sur le soja, avec la Chine s’engageant à acheter 12 millions de tonnes métriques en 2025 et 25 millions en 2026.
Ce marchandage commercial me dégoûte. Parce qu’il réduit des questions de vie ou de mort à des transactions financières. Combien vaut la liberté de Taïwan ? 25 millions de tonnes de soja ? Un accès garanti aux terres rares ? C’est obscène. Mais c’est aussi la réalité du monde dans lequel nous vivons. Un monde où tout s’achète, tout se vend, même les principes démocratiques.
Section 8 : L'Ukraine comme arrière-plan inquiétant
Les leçons que Xi tire de la guerre en Europe
L’appel a également abordé la question de l’Ukraine. Xi Jinping a réitéré son soutien à une résolution pacifique du conflit, tout en maintenant ses liens étroits avec la Russie, l’un des principaux partenaires commerciaux de la Chine. Pour Xi, l’Ukraine offre des leçons précieuses. Il observe comment l’Occident réagit face à une agression territoriale. Il note les divisions au sein de l’OTAN, les hésitations américaines, la fatigue européenne. Et il en tire des conclusions pour Taïwan. Si la Russie peut envahir l’Ukraine sans conséquences catastrophiques pour Moscou, pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas faire de même avec Taïwan ? Trump, de son côté, pousse pour une fin rapide de la guerre en Ukraine, ce qui pourrait libérer l’attention américaine pour l’Indo-Pacifique. Ou au contraire, signaler un désengagement américain des conflits lointains.
L’Ukraine me hante. Parce qu’elle est un laboratoire grandeur nature pour les autocrates du monde entier. Xi regarde l’Ukraine et se dit : « Je peux le faire aussi. » Poutine a envahi un pays souverain et le monde n’a pas riposté avec la force nécessaire. Les sanctions n’ont pas suffi. L’aide militaire n’a pas suffi. Et maintenant, Xi fait ses calculs. Combien de sanctions la Chine peut-elle absorber ? Combien de temps l’Occident restera-t-il uni ? Les réponses à ces questions détermineront le sort de Taïwan.
Section 9 : Les experts sonnent l'alarme
Quand les analystes prédisent le pire
De nombreux spécialistes de la Chine tirent la sonnette d’alarme. Mary Gallagher, dans sa chronique pour World Politics Review, écrit que « Xi doit se sentir enhardi par ce qu’il entend de Trump, qui a souvent semblé non-engagé et transactionnel envers Taïwan ». D’autres analystes notent que la fenêtre d’opportunité pour la Chine pourrait se refermer dans les prochaines années, à mesure que Taïwan renforce ses défenses et que les États-Unis repositionnent leurs forces dans la région. Cela crée une pression temporelle dangereuse. Xi pourrait être tenté d’agir rapidement, avant que l’équilibre militaire ne devienne trop défavorable. Le Pentagone estime que la Chine pourrait avoir la capacité d’envahir Taïwan d’ici 2027. Nous sommes en 2026. Le compte à rebours a commencé.
Ces prédictions me glacent. Parce qu’elles ne sont pas des fantasmes de faucons bellicistes. Ce sont des évaluations sobres de professionnels qui étudient la Chine depuis des décennies. Et ils disent tous la même chose : le risque de guerre n’a jamais été aussi élevé. Xi a les moyens. Il a la motivation. Et maintenant, avec Trump qui semble prêt à négocier, il pourrait avoir l’opportunité. Nous sommes au bord du gouffre et personne ne semble vraiment s’en rendre compte.
Conclusion : Le monde au bord du précipice
Quand l’histoire bascule lors d’un simple appel téléphonique
Cet appel du 4 février 2026 entre Trump et Xi n’était pas un simple échange diplomatique de routine. C’était un moment charnière, un de ces instants où l’histoire peut basculer. Xi a posé ses cartes sur la table : Taïwan est non-négociable. Trump a écouté, acquiescé, et gardé le silence public sur le sujet. Pendant ce temps, 23 millions de Taïwanais attendent de savoir si leur liberté vaut encore quelque chose aux yeux du monde. Le Japon trace des lignes rouges. Les experts sonnent l’alarme. Et nous, spectateurs impuissants de ce théâtre géopolitique, nous regardons les pièces se mettre en place pour ce qui pourrait être le conflit le plus dévastateur du XXIe siècle. Les prochains mois seront décisifs. Les visites d’État prévues en 2026 pourraient sceller le sort de Taïwan. Ou au contraire, offrir une dernière chance de préserver la paix. Mais une chose est sûre : le statu quo ne tiendra pas éternellement.
Je ne sais pas comment cette histoire se terminera. Mais je sais une chose : nous vivons un moment historique, et nous ne nous en rendons même pas compte. Dans dix ans, vingt ans, nos enfants nous demanderont : « Qu’avez-vous fait quand Taïwan était menacée ? » Et que leur répondrons-nous ? Que nous avons regardé ailleurs ? Que nous avons privilégié le commerce à la liberté ? Que nous avons laissé une démocratie se faire avaler par une dictature parce que c’était plus confortable ? Je refuse cette fatalité. Je refuse de croire que le monde est devenu si cynique, si transactionnel, si indifférent. Mais mes refus ne changeront rien si nous ne nous réveillons pas. Maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard.
Signé Jacques Provost
Sources
World Politics Review, « Trump, Xi Talk Taiwan in Phone Call », 5 février 2026
The Guardian, « China’s Xi Jinping raises future of Taiwan in call with Donald Trump », 24 novembre 2025
NPR, « Trump and China’s leader Xi Jinping hold a call and discuss trade, Taiwan and Ukraine », 24 novembre 2025
Ministère chinois des Affaires étrangères, communiqué officiel, 24 novembre 2025
Truth Social, déclaration de Donald Trump, 24 novembre 2025
Mary Gallagher, « Xi’s Military Purge Makes War Over Taiwan More Likely », World Politics Review, février 2026
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