Obama, 2010, Prague et les espoirs évanouis
Retour en arrière. 2010. Barack Obama et Dmitri Medvedev signent le traité New START à Prague, cette ville chargée d’histoire où Obama avait prononcé un an plus tôt son discours visionnaire sur un monde sans armes nucléaires. Le traité limitait chaque pays à 1 550 ogives nucléaires stratégiques déployées et 700 lanceurs. Des chiffres qui peuvent sembler abstraits, mais qui représentaient une victoire diplomatique majeure. Un engagement mutuel. Une promesse que même dans la méfiance, même dans l’hostilité, il existait encore un terrain d’entente pour éviter l’innommable. Le traité incluait aussi des mécanismes de vérification intrusifs, des inspections sur site, des échanges de données. De la transparence dans un monde opaque.
Trump et sa vision du « meilleur accord »
Mais Trump n’en a rien à faire de l’héritage d’Obama. Pour lui, New START est un « accord mal négocié » qui est « grossièrement violé ». Il veut un nouvel accord, « amélioré et modernisé », qui pourrait « durer longtemps dans le futur ». Noble intention, n’est-ce pas? Sauf que voilà le problème : Trump parle d’inclure la Chine dans les négociations. La Chine, qui possède environ 600 ogives nucléaires opérationnelles selon le Pentagone, contre plus de 5 000 pour les États-Unis et la Russie chacun. Pékin refuse catégoriquement toute discussion tant qu’il n’aura pas atteint la parité nucléaire avec Washington et Moscou. Autant dire que ce « meilleur accord » dont rêve Trump n’est qu’une chimère, un prétexte commode pour justifier l’injustifiable.
Trump nous vend du rêve. Un accord parfait, magnifique, le meilleur accord de tous les temps. Mais pendant qu’il fantasme sur son chef-d’œuvre diplomatique imaginaire, le monde réel s’effondre. Les limites sautent. Les arsenaux peuvent maintenant grossir sans contrainte. Et lui, il continue à tweeter sur Truth Social comme si gérer des armes capables d’anéantir l’humanité était aussi simple que négocier un contrat immobilier à Manhattan.
Section 3 : Poutine, l'autre joueur de cette partie mortelle
La suspension russe de 2023
Soyons honnêtes : Trump n’est pas le seul responsable de ce naufrage. Vladimir Poutine a suspendu la participation de la Russie au traité en février 2023, en pleine invasion de l’Ukraine. Les inspections sur site avaient déjà été interrompues en mars 2020 à cause de la pandémie de COVID-19. Le traité était déjà moribond, maintenu sous perfusion par la seule volonté politique de ne pas franchir le point de non-retour. Poutine avait pourtant proposé en octobre dernier de continuer à respecter les limites centrales du traité pendant un an si les États-Unis faisaient de même. Trump avait répondu que ça « semblait une bonne idée », mais la Maison-Blanche n’a jamais formalisé de réponse au Kremlin.
Le jeu dangereux de Moscou
Moscou joue sa propre partition dans cette symphonie du chaos. La Russie n’a probablement pas l’intention de se lancer immédiatement dans une course aux armements massive. Les experts estiment que Moscou maintiendra ses forces stratégiques déployées proches des anciens plafonds du New START, du moins à court terme. Pourquoi? Parce que c’est fiscalement sensé sous sanctions et en temps de guerre, et parce que ça permet à Poutine de se présenter comme le camp de la retenue face à un Occident belliqueux. Mais ne vous y trompez pas : la Russie conserve l’option d’augmenter ses ogives à tout moment. Des systèmes comme le RS-24 Yars et le futur Sarmat ont été conçus avec une capacité MIRV latente. Le téléchargement peut se faire sélectivement, progressivement, de manière réversible.
Poutine joue aux échecs pendant que Trump joue au poker menteur. L’un calcule, anticipe, positionne ses pièces avec une patience de prédateur. L’autre bluffe, improvise, fonce tête baissée en espérant que sa chance légendaire le sauvera encore une fois. Et nous, pauvres pions sur cet échiquier nucléaire, on regarde la partie se jouer en priant pour que ces deux-là ne renversent pas le plateau.
Section 4 : La Chine, l'éléphant dans la pièce
L’arsenal chinois en expansion rapide
Parlons de l’éléphant dans la pièce. Ou plutôt du dragon. La Chine est en train de construire son arsenal nucléaire à une vitesse qui inquiète profondément Washington. Le Pentagone estime que Pékin pourrait atteindre 1 000 ogives nucléaires d’ici 2030. Des images satellites ont révélé la construction de centaines de nouveaux silos à missiles dans le désert. La Chine remplit ses silos, affirme sa continuité stratégique, et refuse obstinément toute discussion sur le contrôle des armements. Pour Pékin, accepter des limites alors que son arsenal est encore bien inférieur à celui des États-Unis et de la Russie reviendrait à accepter un statut de puissance nucléaire de seconde zone. Inacceptable pour Xi Jinping.
Le piège de la course trilatérale
C’est là que le piège se referme. Trump veut un accord trilatéral. La Chine refuse. La Russie ne veut pas être liée par un accord bilatéral avec les États-Unis pendant que la Chine a les mains libres. Résultat : personne ne signe rien, et tout le monde peut maintenant augmenter ses arsenaux sans contrainte. Un consensus s’est développé dans le complexe militaro-industriel de Washington : la Chine est déjà en course. La Chine et la Russie sont de mèche. L’Amérique fait face à un problème à deux adversaires. L’Amérique a besoin de plus d’armes nucléaires. Cette logique, qui dénonce la diplomatie au profit d’un militarisme unilatéral, va devenir le moteur principal de la course aux armements du 21ème siècle.
On y est. Le moment où la raison cède la place à la paranoïa. Où la diplomatie est vue comme une faiblesse. Où la seule réponse à la peur est d’accumuler toujours plus d’armes, toujours plus de missiles, toujours plus de capacité de destruction. Comme si on pouvait se sentir en sécurité en pointant des milliers d’ogives nucléaires sur nos voisins. Comme si l’histoire ne nous avait pas déjà montré où mène cette folie.
Section 5 : Les conséquences immédiates de l'expiration
La fin de la transparence nucléaire
Concrètement, qu’est-ce que ça change que New START ait expiré? Énormément. D’abord, la transparence disparaît. Plus d’échanges de données biannuels sur le nombre d’ogives déployées. Plus de notifications sur les mouvements de missiles. Plus d’inspections sur site pour vérifier que chacun respecte ses engagements. Les États-Unis et la Russie vont maintenant devoir compter sur leurs « moyens techniques nationaux » — comprenez : l’espionnage par satellite — pour surveiller l’autre. Mais ces moyens ont leurs limites. On ne peut pas voir à l’intérieur des sous-marins. On ne peut pas compter précisément les ogives stockées dans des bunkers souterrains. L’incertitude va grandir. Et avec l’incertitude vient la méfiance. Et avec la méfiance vient la tentation de se préparer au pire.
Les pressions pour augmenter les arsenaux
Ensuite, les pressions vont monter pour augmenter les arsenaux. Les États-Unis ont plusieurs options à court terme : « télécharger » des ogives supplémentaires sur les missiles terrestres et maritimes existants, réactiver des tubes de lancement supplémentaires sur les sous-marins de classe Ohio, désigner des bombardiers longue portée supplémentaires pour la livraison nucléaire. La Russie a des options similaires. Le processus de téléchargement est considéré comme plus rapide en Russie, ce qui pourrait inciter Moscou à bouger en premier. Mais ne vous y trompez pas : l’Amérique suivra. Le silence relatif des législateurs de Washington sur la disparition de New START en dit long. Un consensus bipartisan s’est formé : l’Amérique a besoin de plus d’armes nucléaires.
Et voilà comment on glisse vers l’abîme. Pas dans un grand fracas apocalyptique, mais dans un murmure bureaucratique. Des réunions au Pentagone. Des rapports classifiés. Des budgets qui gonflent discrètement. Des missiles qu’on télécharge. Des silos qu’on réactive. Tout ça dans l’indifférence générale, pendant que nous scrollons nos fils d’actualité en cherchant la prochaine distraction.
Section 6 : L'impact sur le régime de non-prolifération
Le Traité de non-prolifération en danger
Mais les conséquences vont bien au-delà de Washington et Moscou. Le Traité de non-prolifération nucléaire de 1968, pierre angulaire de l’ordre nucléaire mondial, est déjà sous pression. L’Article VI de ce traité engage les puissances nucléaires à poursuivre de bonne foi des négociations sur le désarmement nucléaire. Pendant des décennies, les États-Unis et la Russie pouvaient pointer vers leurs accords de réduction d’armements comme preuve de leur engagement. Maintenant? Plus rien. Les pays non nucléaires, particulièrement dans le Sud global, vont voir l’expiration de New START comme une confirmation que les grandes puissances ont abandonné leurs engagements de désarmement. Pourquoi devraient-ils continuer à s’abstenir de développer l’arme nucléaire si les grands ne respectent jamais leurs promesses?
Le signal envoyé au monde
Le message envoyé est catastrophique. À un moment où l’énergie nucléaire civile est sur le point de connaître un renouveau mondial porté par les objectifs climatiques et le boom des centres de données pour l’intelligence artificielle, l’effondrement du contrôle des armements nucléaires envoie un signal puissant sur la valeur de la bombe. Des pays qui avaient renoncé à l’arme nucléaire pourraient reconsidérer leur position. Des programmes civils pourraient dériver vers des applications militaires. La boîte de Pandore de la prolifération pourrait s’ouvrir grand, et une fois ouverte, personne ne pourra la refermer.
C’est ça qui me rend malade. Cette hypocrisie monumentale. Pendant des années, on a fait la morale au monde entier. On a sanctionné, menacé, bombardé même, pour empêcher la prolifération nucléaire. Et maintenant, nous, les gardiens autoproclamés de l’ordre nucléaire, on laisse tout partir en vrille. On abandonne nos propres engagements. On ouvre la voie à une nouvelle ère de prolifération. Et après, on s’étonnera que d’autres pays veuillent leur propre bombe.
Section 7 : Les voix qui s'élèvent dans le désert
Les experts sonnent l’alarme
Heureusement, quelques voix lucides tentent encore de se faire entendre dans ce désert de complaisance. John Holdren, du Belfer Center de Harvard, rappelle que les ressources communes — l’océan, l’atmosphère, les relations internationales pacifiques — dépendent de la « retenue mutuelle, mutuellement convenue ». L’effondrement de New START, suivi probablement de l’effondrement du Traité de non-prolifération, pourrait lancer une ère de course aux armements nucléaires multipolaire et débridée qui se terminerait en désastre total. Matthew Bunn, également du Belfer Center, souligne que pour la première fois en un demi-siècle, nous vivons dans un monde sans limites convenues sur les forces nucléaires américaines et russes.
L’appel à la raison ignoré
Ces experts appellent Trump à accepter l’offre de Poutine, à annoncer un accord pour maintenir les forces nucléaires américaines et russes sous contrôle pour l’instant, et à lancer des pourparlers avec la Russie et la Chine pour explorer si le « meilleur accord » que Trump envisage peut réellement être atteint. Mais qui écoute les experts en 2026? Qui se soucie encore de l’analyse rationnelle quand on peut avoir des slogans accrocheurs et des promesses impossibles? Trump préfère ses instincts à l’expertise. Poutine préfère le rapport de force à la négociation. Et Xi préfère le silence à l’engagement. Pendant ce temps, l’horloge tourne.
J’ai envie de hurler. De secouer les gens. De leur dire : réveillez-vous, bon sang! Des experts qui ont passé leur vie à étudier ces questions nous disent que nous fonçons droit dans le mur, et personne n’écoute. On préfère les tweets de Trump, les déclarations martiales de Poutine, le silence énigmatique de Xi. On préfère le spectacle à la substance. Le bruit à la réflexion. Et pendant qu’on s’amuse, le monde devient chaque jour un peu plus dangereux.
Section 8 : Les scénarios du pire
La course aux armements du 21ème siècle
Alors, que va-t-il se passer maintenant? Le scénario le plus probable n’est pas une course aux armements dramatique et immédiate, mais un schéma constant d’adaptation sélective. La Russie va couvrir ses arrières, sonder, déplacer la compétition vers des domaines moins transparents, augmentant l’ambiguïté et compliquant le contrôle de l’escalade même en l’absence de grands changements numériques. Les États-Unis vont probablement commencer à télécharger des ogives supplémentaires, réactiver des systèmes, augmenter la production. La Chine va continuer sa montée en puissance, silencieusement mais sûrement. Et dans quelques années, nous nous réveillerons dans un monde où les trois grandes puissances nucléaires auront des arsenaux bien plus importants qu’aujourd’hui, sans aucun mécanisme pour vérifier ce que fait l’autre.
L’instabilité stratégique croissante
L’instabilité stratégique va croître. Sans transparence, chaque camp va supposer le pire des intentions de l’autre. Les doctrines nucléaires vont évoluer. Les seuils d’utilisation pourraient baisser. Les systèmes d’alerte précoce, déjà sous tension, vont être poussés à leurs limites. Le risque d’une guerre nucléaire accidentelle, déclenchée par une fausse alerte ou un malentendu, va augmenter. Et tout ça pour quoi? Pour satisfaire l’ego de quelques dirigeants qui refusent de reconnaître que dans le domaine nucléaire, il n’y a pas de gagnants, seulement des survivants ou des morts.
C’est vertigineux. Terrifiant. On parle d’armes qui peuvent rayer des villes entières de la carte en quelques secondes. D’armes qui peuvent déclencher un hiver nucléaire et condamner l’humanité à l’extinction. Et on les traite comme des pions sur un échiquier géopolitique. Comme des symboles de puissance. Comme des outils de négociation. On a perdu la tête. Complètement perdu la tête.
Section 9 : Les alliés pris en otage
L’Europe et l’Asie dans la tourmente
Et n’oublions pas les alliés. L’Europe, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie — tous ces pays qui dépendent du parapluie nucléaire américain vont être entraînés dans cette course aux armements. Ils vont devoir augmenter leurs budgets de défense, renforcer leurs propres capacités, peut-être même reconsidérer leur statut non nucléaire. L’Allemagne, le Japon, la Corée du Sud ont tous les capacités techniques pour développer des armes nucléaires en quelques mois s’ils le décidaient. Jusqu’à présent, ils ont choisi de ne pas le faire, se reposant sur les garanties de sécurité américaines. Mais si ces garanties deviennent moins crédibles dans un monde de course aux armements multipolaire, que feront-ils?
Le Moyen-Orient au bord du gouffre
Et le Moyen-Orient? Si l’Iran décide de franchir le seuil nucléaire — et l’expiration de New START pourrait bien le convaincre que le moment est venu — l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie pourraient suivre. Une cascade de prolifération qui transformerait la région la plus instable du monde en poudrière nucléaire. Trump se vante d’avoir empêché des guerres nucléaires entre le Pakistan et l’Inde, entre l’Iran et Israël, entre la Russie et l’Ukraine. Mais en laissant mourir New START, il pourrait bien avoir planté les graines de conflits nucléaires futurs bien plus dévastateurs.
Les alliés. On les oublie toujours. On pense que c’est un problème entre grandes puissances, que ça ne concerne que Washington, Moscou et Pékin. Mais non. Le monde entier va payer le prix de cette folie. Des pays qui avaient renoncé à la bombe vont la vouloir. Des régions stables vont devenir instables. Des alliances vont se fissurer. Et tout ça parce que trois hommes — Trump, Poutine, Xi — ont décidé que leur orgueil valait plus que la sécurité de l’humanité.
Conclusion : Le moment de vérité
Il est encore temps, mais à peine
Alors voilà où nous en sommes. Le 6 février 2026, au lendemain de l’expiration de New START. Le monde n’a pas explosé. Les missiles ne volent pas. Tout semble normal. Mais sous la surface, quelque chose de fondamental a changé. Les garde-fous ont sauté. Les limites ont disparu. La course est lancée. Et personne ne sait où elle va nous mener. Il est encore temps de faire marche arrière. Trump pourrait accepter l’offre de Poutine. Les trois grandes puissances pourraient s’asseoir autour d’une table et négocier de bonne foi. Un nouvel accord pourrait être trouvé, imparfait peut-être, mais mieux que rien. Mieux que le vide actuel. Mieux que la course aux armements qui s’annonce.
Le choix qui nous définira
Mais pour ça, il faudrait que nos dirigeants fassent preuve de sagesse. De vision. De courage. Il faudrait qu’ils placent la sécurité de l’humanité au-dessus de leurs calculs politiques à court terme. Il faudrait qu’ils reconnaissent que dans le domaine nucléaire, il n’y a pas de victoire possible, seulement la survie ou l’anéantissement. Est-ce trop demander? Apparemment oui. Alors nous voilà, spectateurs impuissants d’une tragédie qui se déroule au ralenti. Une tragédie dont nous connaissons déjà la fin si personne ne change de cap. L’histoire nous jugera. Nos enfants nous demanderont : comment avez-vous pu laisser faire ça? Et nous n’aurons pas de réponse. Juste le silence. Ce même silence assourdissant qui a accompagné l’expiration de New START.
Je ne veux pas finir sur une note désespérée. Je ne veux pas croire que nous sommes condamnés. Mais putain, c’est dur de garder espoir quand on voit ce qui se passe. Quand on voit l’indifférence. La complaisance. L’arrogance. Nous avons les outils pour éviter la catastrophe. Nous avons l’intelligence, la technologie, les institutions. Ce qui nous manque, c’est la volonté. La volonté de nos dirigeants de faire ce qui est juste plutôt que ce qui est politiquement commode. La volonté de nous tous de nous réveiller et d’exiger mieux. Parce que si nous ne le faisons pas, si nous laissons cette folie continuer, alors nous méritons peut-être ce qui nous attend. Et ça, c’est la pensée la plus terrifiante de toutes.
Signé Jacques Provost
Sources
Just the News – « Trump urges overhaul of nuclear treaty as New START expires » – 5 février 2026 – https://justthenews.com/government/security/trump-urges-overhaul-nuclear-treaty-new-start-expires
Arms Control Association – « Trump on New START: ‘If It Expires, It Expires' » – Janvier/Février 2026 – https://www.armscontrol.org/act/2026-01/news-briefs/trump-new-start-if-it-expires-it-expires
Belfer Center for Science and International Affairs, Harvard Kennedy School – « New START Expires: What Happens Next? » – 4 février 2026 – https://www.belfercenter.org/quick-take/new-start-expires-what-happens-next
Euronews – « Fin du traité START : les États-Unis et la Russie n’ont plus de limites à leurs arsenaux nucléaires » – 5 février 2026 – https://fr.euronews.com/2026/02/05/fin-du-traite-start-les-etats-unis-et-la-russie-nont-plus-de-limites-a-leurs-arsenaux-nucl
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