ICE out, le cri qui a résonné dans tout le pays
Le 2 février 2026, une semaine avant le Super Bowl, Bad Bunny monte sur la scène des Grammy Awards pour recevoir le prix du meilleur album de musique urbaine pour « Debi Tirar Mas Fotos ». Avant de remercier qui que ce soit, il lance au micro : « ICE out ! » La foule explose en applaudissements. « Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des extraterrestres. Nous sommes des humains et nous sommes des Américains », poursuit-il en anglais. Plus tard dans la soirée, il remporte le prix de l’album de l’année et dédie sa victoire « à tous ceux qui ont dû quitter leur patrie, leur pays, pour suivre leurs rêves ».
Quand j’ai vu ça, j’ai eu la chair de poule. Pas parce que c’était spectaculaire ou dramatique. Mais parce que c’était vrai. Authentique. Bad Bunny n’a pas lu un discours préparé par une équipe de relations publiques. Il a simplement dit ce qu’il ressentait. Et dans un monde où tout est calculé, mesuré, aseptisé, cette sincérité brute m’a frappé comme une gifle bienvenue.
Une cérémonie transformée en tribune politique
Bad Bunny n’était pas seul. Billie Eilish portait un badge « ICE Out » et a déclaré sur scène : « Personne n’est illégal sur une terre volée ». Olivia Dean, Damian Kulash du groupe OK Go, et de nombreux autres artistes ont profité de la cérémonie pour dénoncer les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) qui se multiplient à travers le pays. Kulash a même déclaré qu’il se sentait « un peu irresponsable » de célébrer quoi que ce soit alors que « notre propre gouvernement a levé une armée d’hommes masqués et anonymes pour attaquer son propre peuple ».
Section 3 : Plus de 300 manifestations secouent l'Amérique
Un mouvement de protestation sans précédent
Le week-end précédant les Grammy Awards, plus de 300 manifestations anti-ICE ont eu lieu à travers les États-Unis. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Minneapolis, New York, Washington D.C., Tucson, San Francisco et des dizaines d’autres villes. Les slogans « Abolish ICE ! » et « No ICE, no KKK, no fascist U.S.A. ! » ont résonné d’un bout à l’autre du pays. Une grève générale nationale a également été organisée le vendredi 31 janvier 2026, paralysant certains secteurs économiques.
Je me souviens d’avoir vu les images de ces manifestations défiler sur mon écran. Des familles entières. Des étudiants. Des travailleurs. Des gens ordinaires qui disaient non. Non à la peur. Non à la déshumanisation. Non à un système qui traite des êtres humains comme des criminels simplement parce qu’ils cherchent une vie meilleure. Et je me suis demandé : combien de temps encore avant que cette colère ne se transforme en quelque chose de plus grand, de plus incontrôlable ?
Minneapolis, épicentre de la tragédie
Les manifestations ont pris une ampleur particulière à Minneapolis, où deux citoyens américains ont été tués par des agents fédéraux en moins de trois semaines. Ces morts ont choqué le pays et alimenté la colère contre les opérations de l’ICE. L’arrestation d’un enfant de cinq ans, Liam Conejo Ramos, et de son père a également provoqué une vague d’indignation nationale. Des étudiants ont organisé des débrayages dans plusieurs États, malgré les menaces de sanctions des autorités scolaires du Texas.
Section 4 : Bad Bunny, une histoire de résistance
De caissier de supermarché à voix d’une génération
En 2016, Benito Antonio Martínez Ocasio — son vrai nom — travaillait comme caissier dans un supermarché de Porto Rico. Aujourd’hui, sous le nom de Bad Bunny, il est l’artiste le plus écouté au monde. Mais ce qui le distingue, ce n’est pas seulement son succès commercial. C’est son engagement politique constant. Il a utilisé sa plateforme pour défendre les droits LGBTQ+, pour soutenir l’autodétermination de Porto Rico, et pour dénoncer les politiques d’immigration de Trump depuis le premier mandat présidentiel.
Il y a quelque chose de profondément émouvant dans le parcours de Bad Bunny. Ce n’est pas un artiste qui s’est politisé pour vendre plus de disques ou pour plaire à un public progressiste. C’est quelqu’un qui a toujours été fidèle à ses valeurs, même quand ça aurait été plus facile de se taire. Et dans une industrie musicale où tant d’artistes évitent soigneusement toute controverse, cette intégrité me touche au cœur.
Une tournée mondiale sans les États-Unis
Pour sa dernière tournée mondiale, Bad Bunny a pris une décision radicale : aucune date aux États-Unis continentaux. À la place, il a organisé une résidence de deux mois à Porto Rico, attirant des milliers de fans du monde entier sur l’île et injectant des millions de dollars dans l’économie locale. Sa raison ? La peur que des agents de l’ICE n’attendent ses fans à la sortie de ses concerts. « Les gens des États-Unis pouvaient venir ici pour voir le spectacle. Les Latinos et les Portoricains des États-Unis pouvaient aussi voyager ici, ou n’importe où dans le monde », a-t-il expliqué au magazine i-D en septembre 2025.
Section 5 : La réponse de l'administration Trump
Des menaces à peine voilées
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que les agents de l’ICE seraient « partout » au Super Bowl. « Je pense que les gens ne devraient pas venir au Super Bowl à moins d’être des Américains respectueux des lois qui aiment ce pays », a-t-elle affirmé. Corey Lewandowski, ancien directeur de campagne de Trump et conseiller actuel au département de la Sécurité intérieure, a renchéri : « Il n’y a nulle part où vous pouvez offrir un refuge aux personnes qui sont illégalement dans ce pays. Pas au Super Bowl et nulle part ailleurs. »
Lisez bien ces mots. Relisez-les. Des responsables gouvernementaux menacent ouvertement de transformer le plus grand événement sportif du pays en opération de police. Ils transforment un moment de célébration en instrument de terreur. Et ils le font sans honte, sans retenue, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Ça me glace le sang.
Trump boycotte le Super Bowl
Donald Trump a annoncé qu’il ne se rendrait pas au Super Bowl, prétextant que c’était « trop loin ». Mais il n’a pas manqué de commenter le choix des artistes : « Je suis anti-eux. Je pense que c’est un choix terrible. Tout ce que ça fait, c’est semer la haine. » Il faisait référence à Bad Bunny et au groupe punk Green Day, qui se produira également lors du spectacle de mi-temps et qui a lui aussi critiqué publiquement le président.
Section 6 : Porto Rico, une blessure qui ne guérit pas
L’ouragan Maria et l’abandon de Washington
Pour comprendre la colère de Bad Bunny, il faut revenir à septembre 2017. L’ouragan Maria dévaste Porto Rico, tuant environ 3 000 personnes et causant 90 milliards de dollars de dégâts. La réponse de l’administration Trump est largement critiquée comme inadéquate et tardive. Bad Bunny accuse alors les responsables d’avoir abandonné l’île et de ne pas avoir fourni une aide adéquate aux résidents — qui sont des citoyens américains mais n’ont pas le droit de vote et ne sont pas représentés au Congrès.
Porto Rico. Cette île magnifique, ces gens résilients, traités comme des citoyens de seconde zone par leur propre pays. Bad Bunny n’a pas oublié. Il ne peut pas oublier. Et quand il monte sur scène avec un drapeau portoricain, ce n’est pas juste un accessoire de spectacle. C’est un rappel douloureux que l’Amérique a une dette envers Porto Rico. Une dette qu’elle refuse de reconnaître.
Un symbole de fierté et de résistance
Dans le clip de sa chanson « NUEVAYoL », sorti le 4 juillet 2025, Bad Bunny montre un drapeau portoricain accroché à la couronne de la Statue de la Liberté à New York. Dans une autre scène, un groupe d’hommes écoute une radio diffusant ce qui ressemble à la voix du président disant : « J’ai fait une erreur. Je veux m’excuser auprès des immigrants en Amérique… Je veux dire que ce pays n’est rien sans les immigrants. Ce pays n’est rien sans les Mexicains, les Dominicains, les Portoricains, les Colombiens, les Vénézuéliens, les Cubains. »
Section 7 : Le NFL face à un dilemme
Un choix stratégique et risqué
Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a défendu le choix de Bad Bunny lors d’une conférence de presse le lendemain des Grammy Awards. « Bad Bunny est, et je pense que cela a été démontré hier soir, l’un des plus grands artistes du monde, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous l’avons choisi », a-t-il déclaré. « Mais l’autre raison, c’est qu’il a compris la plateforme sur laquelle il se trouvait et que cette plateforme sert à unir les gens et à les rassembler avec leur créativité, avec leurs talents. »
Goodell marche sur une corde raide. D’un côté, la NFL veut attirer le public latino, qui représente un marché énorme et en croissance. De l’autre, elle ne veut pas s’aliéner sa base conservatrice traditionnelle. Mais en choisissant Bad Bunny, la ligue a fait un pari. Un pari que la diversité et l’inclusion valent plus que l’approbation des conservateurs. Et franchement, je trouve ça courageux.
Une stratégie d’expansion mondiale
Le choix de Bad Bunny s’inscrit dans une stratégie plus large de la NFL pour étendre sa portée mondiale. La ligue organise des matchs d’exhibition à Londres et au Mexique, et cherche activement à attirer de nouveaux publics. Bad Bunny, qui chante principalement en espagnol et qui a une base de fans mondiale massive, représente une opportunité unique pour la NFL de se connecter avec des millions de personnes qui ne suivent pas traditionnellement le football américain.
Section 8 : Une performance qui promet d'être historique
Que va-t-il se passer sur scène ?
Lors d’une conférence de presse le jeudi 5 février 2026, Bad Bunny a laissé entendre que sa performance serait axée sur l’unité et la guérison plutôt que sur la division. « Je sais que le monde va être heureux ce dimanche, et ils vont s’amuser, et ils vont danser et ils vont passer un bon moment », a-t-il déclaré. « Je veux vraiment que les gens s’amusent. Ça va être une énorme fête. Je veux apporter ce que les gens peuvent toujours attendre de moi, et beaucoup de ma culture. »
Mais peut-on vraiment séparer la culture de la politique ? Peut-on célébrer la culture portoricaine sans reconnaître les injustices que subissent les Portoricains ? Peut-on danser sur des chansons qui parlent d’immigration sans penser aux familles séparées, aux enfants détenus, aux vies brisées ? Je ne le crois pas. Et je pense que Bad Bunny ne le croit pas non plus.
Des symboles qui parlent plus fort que les mots
Les experts s’attendent à ce que Bad Bunny utilise des symboles visuels puissants pendant sa performance. Beaucoup anticipent l’apparition de « La Casita », une structure de couleur saumon conçue pour ressembler à une maison portoricaine traditionnelle, qui a été présentée lors de sa tournée mondiale. Le simple fait de chanter certaines de ses chansons, comme « NUEVAYoL » ou des titres de son album primé aux Grammy, sera en soi un acte politique, selon les analystes.
Section 9 : L'Amérique à la croisée des chemins
Une nation profondément divisée
Le débat autour de la performance de Bad Bunny au Super Bowl révèle une fracture profonde dans la société américaine. D’un côté, des millions de personnes voient en lui un symbole d’espoir, de diversité et de résistance face à l’oppression. De l’autre, des millions d’autres le considèrent comme une menace pour les valeurs américaines traditionnelles et un provocateur qui utilise sa plateforme pour semer la division. Cette polarisation reflète des tensions plus larges sur l’identité nationale, l’immigration et la place des minorités dans la société américaine.
Nous sommes à un tournant. Pas seulement pour l’Amérique, mais pour l’idée même de ce que signifie être américain. Bad Bunny, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, force le pays à se regarder dans le miroir. Et ce que nous voyons n’est pas toujours beau. Mais peut-être que c’est exactement ce dont nous avons besoin. Un moment de vérité inconfortable qui nous oblige à choisir quel genre de pays nous voulons être.
Au-delà du spectacle
Quelle que soit la nature de sa performance, Bad Bunny a déjà gagné quelque chose d’important : il a transformé le Super Bowl en une conversation nationale sur l’immigration, l’identité et les valeurs américaines. Il a forcé des millions de personnes à réfléchir à des questions qu’elles auraient peut-être préféré ignorer. Et il a montré qu’un artiste peut utiliser sa plateforme non seulement pour divertir, mais aussi pour défier, pour provoquer, pour inspirer le changement.
Conclusion : Le pouvoir de la culture face à la politique
Un moment qui dépassera le sport
Le 8 février 2026 restera dans les mémoires, peu importe ce qui se passera sur le terrain ou sur la scène. Ce Super Bowl est devenu bien plus qu’un événement sportif. C’est devenu un symbole de la lutte pour l’âme de l’Amérique. Bad Bunny, avec sa musique, sa culture et ses convictions, représente une vision de l’Amérique qui embrasse la diversité, qui célèbre les immigrants, qui reconnaît que la force du pays réside dans sa pluralité. Face à lui, une administration qui veut revenir à une Amérique plus homogène, plus fermée, plus exclusive.
Je ne sais pas ce qui va se passer dimanche soir. Je ne sais pas si Bad Bunny va faire une déclaration politique explicite ou s’il va laisser sa musique et sa présence parler pour lui. Mais je sais une chose : ce moment compte. Il compte parce qu’il nous rappelle que la culture a un pouvoir. Le pouvoir de rassembler, de diviser, de transformer. Et dans une époque où tout semble si sombre, si désespéré, j’ai besoin de croire que ce pouvoir peut encore changer les choses. J’ai besoin de croire que la voix d’un ancien caissier de supermarché de Porto Rico peut résonner assez fort pour ébranler les fondations d’un empire. Parce que si ce n’est pas le cas, alors qu’est-ce qui le peut ?
L’héritage d’une performance pas encore jouée
Quoi qu’il arrive lors du spectacle de mi-temps, Bad Bunny a déjà laissé sa marque. Il a montré qu’être le premier artiste solo latino à performer au Super Bowl n’est pas juste un honneur — c’est une responsabilité. Une responsabilité de représenter dignement sa culture, de défendre ceux qui n’ont pas de voix, de ne pas se laisser intimider par les menaces ou les critiques. Et dans un pays où les Latinos sont souvent marginalisés, stéréotypés ou ignorés, cette représentation compte énormément. Elle dit aux jeunes Latinos : vous avez votre place ici. Votre culture a de la valeur. Votre voix mérite d’être entendue.
Signé Jacques Provost
Sources
Time Magazine, « The Political Feud Behind Bad Bunny’s Super Bowl Performance », 7 février 2026
BBC News, « Could Bad Bunny set off political fireworks at the Super Bowl half-time show? », 7 février 2026
Al Jazeera, « Music stars target ICE crackdown at Grammys ceremony », 2 février 2026
Democracy Now!, « More Than 300 Anti-ICE Protests Held Across the Country », 2 février 2026
Bloomberg, « Bad Bunny Super Bowl Show, ICE Protests to Undercut Trump’s Midterm Message », 7 février 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.