Une errance médicale aux lourdes conséquences

Dans le parcours de soin, il existe une réalité éprouvante : celle de l’errance diagnostique. Des patients consultent divers spécialistes, souffrent de symptômes réels, mais restent sans réponses face à leurs maux. Cette situation est particulièrement fréquente pour les personnes atteintes de cancers dits « invisibles ». Selon les experts de l’organisme à but non lucratif Neuroendocrine Cancer UK (NCUK), cette problématique concerne spécifiquement le cancer neuroendocrinien. Ce groupe de cancers, qui se développe dans les cellules nerveuses et glandulaires, nécessite aujourd’hui une accélération urgente des processus de diagnostic, comme le rapporte le quotidien britannique The Independent.
Des statistiques en hausse et des retards préoccupants
Les données rapportées par le NCUK révèlent une augmentation significative de l’incidence de cette pathologie en Angleterre. Entre 1995 et 2018, le nombre de cas a bondi de 371%, une hausse bien supérieure à celle observée pour les autres cancers, qui est de 116% sur la même période (en excluant les cancers de la peau non mélanomes). Aujourd’hui, cette maladie touche plus de 6 000 personnes chaque année outre-Manche.
Malgré cette fréquence accrue, la détection reste laborieuse. L’association caritative indique que le délai moyen pour obtenir un diagnostic est de quatre ans et demi. Les chiffres soulignent la complexité de la tâche pour le corps médical : près de la moitié des patients ne sont pas diagnostiqués lors de leur première consultation. Plus marquant encore, 16% des malades doivent effectuer plus de dix visites chez le médecin avant que la maladie ne soit identifiée. La conséquence directe de ces délais est que plus de la moitié des cas sont décelés à un stade déjà avancé.
Symptômes trompeurs et confusions fréquentes

Le cancer neuroendocrinien se divise en deux catégories principales : les tumeurs neuroendocrines (TNE) et les carcinomes neuroendocriniens (CNE), ces derniers étant caractérisés par un développement rapide. Ces maladies peuvent apparaître dans diverses zones de l’organisme, notamment l’estomac, l’intestin, le pancréas ou les poumons.
La difficulté du diagnostic réside souvent dans la nature des symptômes, qui peuvent être confondus avec d’autres affections courantes. Les patients rapportent une perte de poids inexpliquée, de la fatigue, des douleurs, ainsi que des troubles digestifs tels que diarrhée, ballonnements, flatulences et brûlures d’estomac. Des rougeurs cutanées, une toux persistante ou des symptômes s’apparentant à de l’asthme sont également observés. Selon les spécialistes, ces signaux conduisent fréquemment à des erreurs de diagnostic, la maladie étant alors prise pour un syndrome du côlon irritable, de l’asthme ou encore les effets de la ménopause.
Une pathologie qui ne correspond pas aux standards
Lisa Walker, directrice générale du NCUK, met en lumière une difficulté majeure : cette maladie ne correspond pas à l’image traditionnelle que l’on se fait du cancer. Elle explique que ce type de pathologie ne se comporte pas comme les cancers les plus connus. Contrairement à d’autres formes de la maladie où l’issue oscille souvent entre guérison et déclin rapide, le cancer neuroendocrinien contraint souvent les patients à vivre avec la maladie pendant de nombreuses années.
Cette période d’incertitude génère un sentiment d’incompréhension, particulièrement lorsque des examens reviennent normaux alors que les symptômes restent invalidants. Pour la directrice générale, ces erreurs et ces retards peuvent causer des dommages graves et durables. Le temps perdu permet en effet au cancer de se propager en l’absence de traitement adéquat, soulignant l’importance cruciale d’une meilleure reconnaissance de ces symptômes atypiques.
Selon la source : slate.fr
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Le nombre de cancers « invisibles » difficiles à détecter a fortement augmenté ces dernières années
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