Un profil à haut risque
Peter Mandelson n’est pas un inconnu dans le paysage politique britannique. Ancien ministre sous Tony Blair, commissaire européen, stratège redouté, il a aussi la réputation d’un homme controversé. Deux fois contraint à la démission pour des affaires de conflits d’intérêts ou de financement opaque, il incarnait déjà, avant l’affaire Epstein, les dérives d’une classe politique trop proche des cercles du pouvoir et de l’argent. Pourtant, en décembre 2024, Keir Starmer le nomme ambassadeur à Washington, un poste clé alors que Donald Trump vient de retrouver la Maison-Blanche. Pourquoi lui ? Parce qu’il connaît les rouages du pouvoir américain, répondent ses défenseurs. Parce qu’il sait manœuvrer dans l’ombre, ajoutent ses détracteurs.
Mais les documents déclassifiés ces derniers jours révèlent une réalité bien plus sombre. Non seulement Mandelson a entretenu des liens avec Epstein après sa condamnation en 2008 pour exploitation sexuelle de mineures, mais il lui aurait aussi transmis des informations sensibles, susceptibles d’influencer les marchés financiers. Des mails échangés en 2009, alors que Mandelson était ministre, montrent un Epstein « remerciant » son « ami » pour des « conseils précieux ». D’autres documents mentionnent des virements de 75 000 dollars vers des comptes liés à Mandelson ou à son mari, entre 2003 et 2004. Des sommes que Mandelson a toujours nié avoir reçues.
Starmer a affirmé que le processus de vérification (« vetting ») avait bien révélé des liens entre Mandelson et Epstein, mais pas « l’ampleur de l’obscurité » de cette relation. Une explication qui ne convainc personne. Comment un gouvernement peut-il nommer un ambassadeur sans creuser jusqu’au bout ses antécédents ? Comment un Premier ministre peut-il se retrancher derrière l’ignorance, alors que les rumeurs couraient depuis des années ? Et surtout, pourquoi avoir pris un tel risque, alors que le Labour venait à peine de revenir au pouvoir après 14 ans d’opposition ?
Mandelson est le symbole parfait de ce que les citoyens détestent dans la politique : l’arrogance, l’opacité, et cette conviction que les règles ne s’appliquent pas à eux. Un homme qui a déjà dû démissionner deux fois pour des affaires de moeurs, qui a fréquenté un pédocriminel notoire, et qui se retrouve propulsé ambassadeur… C’est une insulte à l’intelligence collective. Et Starmer, en le nommant, a commis bien plus qu’une erreur de casting. Il a envoyé un message clair : pour lui, les compétences priment sur l’éthique. Les réseaux comptent plus que la probité. Et les victimes ? Elles peuvent attendre. Aujourd’hui, McSweeney paie. Mais Starmer, lui, reste. Et c’est ça, le vrai scandale.
Section 3 : Starmer sur la sellette – un Premier ministre en sursis
La confiance brisée
La démission de McSweeney était attendue. Depuis une semaine, les appels à son départ se multipliaient, y compris au sein du parti travailliste. « Starmer doit se débarrasser de ceux qui lui ont donné de si mauvais conseils », tonnait Karl Turner, député Labour. Mais pour beaucoup, c’est Starmer lui-même qui devrait partir. « Il a montré un jugement défaillant », accuse Kemi Badenoch, cheffe de l’opposition conservatrice. « Il doit assumer ses propres décisions désastreuses. » Les sondages sont sans appel : le Labour, déjà en chute libre dans les intentions de vote, risque de subir une défaite cuisante aux élections locales de mai. Certains élus travaillistes, sous couvert d’anonymat, parlent déjà de « fin de règne ».
Starmer a tenté de limiter la casse. Jeudi, il a présenté ses excuses aux victimes d’Epstein, reconnaissant avoir « cru aux mensonges » de Mandelson. Il a promis de publier les emails et documents liés à la nomination de l’ex-ambassadeur, affirmant qu’ils prouveront que ce dernier a « trompé » le gouvernement. Mais ces promesses sonnent creux. D’abord, parce que la police britannique a saisi une partie des archives, bloquant leur diffusion. Ensuite, parce que le mal est fait : l’image d’un Premier ministre naïf, ou pire, complice, est désormais ancrée. Comment croire en sa capacité à « restaurer l’intégrité », alors qu’il a placé un homme comme Mandelson à un poste aussi sensible ?
Pire : l’affaire révèle les failles d’un système de nomination défaillant. McSweeney a beau assumer sa responsabilité, il précise aussi qu’il n’a pas supervisé le processus de vérification. Alors, qui l’a fait ? Qui a validé la candidature de Mandelson ? Qui a fermé les yeux sur ses liens avec Epstein ? Starmer promet une réforme du « vetting ». Trop peu, trop tard. Parce que ce dont les Britanniques ont besoin, ce n’est pas d’une réforme administrative. C’est d’une purge. D’une transparence totale. D’une rupture avec ces méthodes opaques qui ont déjà détruit tant de carrières – et tant de vies.
Starmer est un juriste. Un ancien procureur. Un homme qui a bâti sa réputation sur la rigueur et l’éthique. Alors comment expliquer qu’il ait pu se fourvoyer à ce point ? Soit il a été trompé, et dans ce cas, son entourage est incompétent. Soit il savait, et dans ce cas, il est complice. Dans les deux cas, il n’a plus sa place à Downing Street. Parce que la politique, ce n’est pas qu’une question de compétences. C’est une question de confiance. Et aujourd’hui, cette confiance est pulvérisée. Les victimes d’Epstein attendent toujours justice. Les Britanniques attendent des réponses. Et Starmer, lui, semble surtout attendre que l’orage passe. Mais les orages, parfois, emportent tout sur leur passage.
Section 4 : Les victimes d’Epstein, grandes oubliées du scandale
Leur combat, nos silences
Dans le tumulte médiatique, dans les jeux de pouvoir, dans les démission en cascade, il y a des noms qu’on oublie. Ceux des centaines de jeunes filles, parfois mineures, que Jeffrey Epstein a abusées, exploitées, détruites. Des femmes qui, pour certaines, ont osé parler, affronter leurs bourreaux, exiger justice. Et qui, aujourd’hui encore, voient leurs espoirs trahis par des hommes politiques plus préoccupés par leur carrière que par la vérité.
Starmer a beau présenter ses excuses, elles sonnent creux. Parce que ces excuses arrivent trop tard. Parce qu’elles sont calculées. Parce qu’elles ne s’accompagnent d’aucun geste fort. Où est la commission d’enquête indépendante sur les liens entre Epstein et le pouvoir britannique ? Où sont les sanctions contre ceux qui ont protégé Mandelson ? Où est la reconnaissance officielle des déficiences systématiques qui ont permis à des hommes comme lui de prospérer ?
Les documents déclassifiés montrent que Mandelson n’était pas un cas isolé. D’autres noms, d’autres personnalités britanniques, apparaissent dans les archives d’Epstein. Des hommes politiques, des hommes d’affaires, des membres de l’aristocratie. Pourtant, personne ne semble pressé de faire toute la lumière. La police britannique enquête, mais uniquement pour « manquement à la probité publique ». Pas pour complicité. Pas pour recel. Comme si le vrai crime, ce n’était pas d’avoir fréquenté un pédocriminel, mais d’avoir menti à ce sujet.
Je pense à elles, ce soir. À ces femmes qui ont dû affronter l’enfer, puis le mépris, puis l’indifférence. Elles ont cru en la justice. Elles ont cru que, peut-être, un jour, les puissants paieraient pour ce qu’ils ont fait – ou pour ce qu’ils ont laissé faire. Mais non. Aujourd’hui, on leur offre des excuses tièdes, des démission symboliques, des promesses de réformes. Comme si ça pouvait suffire. Comme si ça pouvait effacer des années de souffrance. La vérité, c’est que Mandelson n’est qu’un maillon de la chaîne. Que Starmer n’est qu’un symbole de l’hypocrisie ambiante. Et que tant que nous accepterons ces demi-mesures, ces non-dits, ces arrangements avec la morale, nous serons tous complices. Complices de leur silence. Complices de leur douleur.
Section 5 : Et maintenant, que faire ?
Trois pistes pour sortir de l’impasse
La démission de McSweeney ne suffira pas. Pour restaurer un semblant de crédibilité, Starmer – s’il veut survivre – doit agir. Trois mesures s’imposent. D’abord, publier intégralement les documents liés à la nomination de Mandelson, sans attendre les conclusions de la police. Ensuite, lancer une commission d’enquête indépendante sur les liens entre Epstein et le pouvoir britannique, avec des pouvoirs étendus et une totale transparence. Enfin, réformer en profondeur le processus de nomination des hauts fonctionnaires, pour éviter que des profils comme Mandelson ne resurgissent.
Mais au-delà de Starmer, c’est toute la classe politique britannique qui doit se remettre en question. Comment en est-on arrivé là ? Comment un pays qui se targue d’être une démocratie modèle peut-il laisser un scandale comme celui-ci pourrir pendant des années ? Pourquoi faut-il des fuites, des pressions médiatiques, des crises pour que la vérité éclate ? Les Britanniques méritent mieux que des excuses en catimini. Ils méritent mieux que des démission sous pression. Ils méritent une vérité. Une justice. Une rupture.
Et si Starmer n’est pas capable de la leur offrir, alors qu’il parte. Parce que dans une démocratie, aucun homme n’est irremplaçable. Aucune carrière ne vaut le prix de la confiance perdue. Et aucune stratégie ne justifie qu’on tourne le dos aux victimes. Jamais.
Je ne sais pas si Starmer survivra à cette crise. Peut-être que oui. Peut-être que son parti, par calcul, le maintiendra en place. Peut-être que les Britanniques, lassés, finiront par tourner la page. Mais une chose est sûre : cette affaire a révélé quelque chose de pourri dans le royaume de Sa Majesté. Quelque chose qui dépasse Mandelson, McSweeney, ou même Starmer. Quelque chose qui touche à l’âme même de la politique. Alors oui, exigeons des comptes. Exigeons la vérité. Exigeons que ceux qui ont failli assument leurs responsabilités. Parce que si nous ne le faisons pas, qui le fera ? Et si nous laissons passer ça, qu’est-ce que nous accepterons demain ?
Conclusion : Le moment de vérité
L’heure des choix
L’affaire Epstein-Mandelson-Starmer est bien plus qu’un scandale. C’est un révélateur. Un révélateur des dysfonctionnements d’un système politique où les réseaux priment sur l’éthique, où les puissants se protègent entre eux, où les victimes sont les dernières rouages de la machine. Aujourd’hui, le Royaume-Uni est à la croisée des chemins. Soit il choisit la transparence, la rigueur, la justice. Soit il s’enfonce dans le déni, les arrangements, les demi-mesures.
Starmer a encore le choix. Il peut tenter de sauver sa peau, en espérant que l’orage passe. Ou il peut saisir cette crise pour réinventer sa présidence. Pour montrer que, cette fois, les choses vont changer. Que les victimes comptent. Que la probité n’est pas négociable. Que la politique peut encore être un lieu d’honneur.
Mais pour cela, il faut du courage. Il faut rompre avec les vieilles habitudes. Il faut accepter de perdre des batailles pour gagner la guerre de la confiance. Et surtout, il faut comprendre une chose : dans une démocratie, la légitimité ne se décrète pas. Elle se mérite. Chaque jour. Chaque décision. Chaque geste.
Je ne sais pas ce que choisira Starmer. Peut-être que, demain, il annonquera des mesures fortes. Peut-être qu’il préférera attendre que la tempête s’éloigne. Mais une chose est sûre : nous, citoyens, nous n’avons pas le droit d’oublier. Pas cette fois. Parce que si nous laissons passer ça, si nous acceptons que Mandelson s’en tire avec une simple démission, que McSweeney parte sans que personne ne creuse plus loin, que Starmer survive sans rendre de comptes, alors nous aurons perdu bien plus qu’une bataille politique. Nous aurons perdu ce qui fait le cœur même de la démocratie : l’idée que la vérité et la justice comptent plus que le pouvoir. Alors non, nous n’avons pas le droit de détourner les yeux. Pas cette fois.
Signé Jacques Provost
Sources
– « Affaire Epstein: le chef de cabinet du Premier ministre britannique Keir Starmer démissionne », RFI, 8 février 2026.
– « Affaire Epstein/Mandelson | Le chef de cabinet de Keir Starmer démissionne », La Presse, 8 février 2026.
– « Affaire Epstein : le chef de cabinet de Keir Starmer reconnaît ‘une erreur’ et démissionne », France 24, 8 février 2026.
– « UK PM’s top aide quits in scandal over Mandelson links to Epstein », AFP, 8 février 2026.
– « UK leader’s chief of staff quits over appointment of Mandelson as ambassador despite Epstein ties », Associated Press, 8 février 2026.
– « Why the Epstein scandal is Keir Starmer’s most perilous moment yet after chief of staff resigns », NBC News, 8 février 2026.
– « British PM’s chief of staff quits over Mandelson’s ambassador appointment despite Epstein ties », CBC News, 8 février 2026.
– « UK police search two properties linked to Peter Mandelson as part of Epstein probe », Associated Press, 6 février 2026.
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