Pétrole, géopolitique et intérêts économiques
Officiellement, l’administration Trump justifie ce revirement par la nécessité de stabiliser le marché énergétique mondial et de réduire la dépendance américaine aux importations de pétrole en provenance de pays hostiles, comme la Russie ou l’Iran. Depuis 2025, les tensions géopolitiques et les sanctions contre Moscou ont fait flamber les prix de l’énergie, mettant en péril la reprise économique américaine. Le Venezuela, avec ses 300 milliards de barils de réserves prouvées – les plus importantes au monde –, représente une solution tentante pour Washington. D’autant que le pays, après des années de sous-investissement et de mauvaise gestion, est prêt à offrir des conditions avantageuses aux entreprises étrangères.
Mais il y a plus. Derrière cette décision se cache aussi une stratégie électorale. À quelques mois des élections de mi-mandat, Trump a besoin de résultats concrets pour mobiliser sa base. La baisse des prix de l’essence, permise par un afflux de pétrole vénézuélien, serait un argument de poids pour sa campagne. Sans compter que cette ouverture permet aussi de récompenser ses alliés dans le secteur énergétique, qui ont longtemps milité pour un assouplissement des sanctions. Chevron, ExxonMobil et d’autres géants du pétrole, qui opéraient déjà au Venezuela sous dérogation, pourront désormais y investir massivement, sous couvert de « reconstruction économique ».
Enfin, il y a la dimension géopolitique. En permettant aux entreprises américaines de reprendre pied au Venezuela, Trump espère contrer l’influence chinoise et russe dans la région. Pékin et Moscou, qui ont longtemps soutenu Maduro, pourraient voir leur emprise sur le secteur pétrolier vénézuélien diminuer. Une victoire symbolique pour Washington, mais à quel prix ? Parce que si les États-Unis gagnent un accès au pétrole vénézuélien, ils perdent quelque chose de bien plus précieux : leur crédibilité. Comment peuvent-ils continuer à se présenter comme les défenseurs de la démocratie, alors qu’ils font affaire avec un régime qui a systématiquement réprimé son opposition, volé son peuple et détruit son économie ?
Ce qui me frappe, dans cette décision, c’est le cynisme. Le cynisme de Trump, qui transforme une crise humanitaire en opportunité électorale. Le cynisme des entreprises américaines, prêtes à sauter sur l’occasion pour exploiter des gisements à vil prix. Le cynisme d’un système où tout se monnaye, où tout se négocie, où même les valeurs démocratiques deviennent des variables d’ajustement.
Et puis, il y a cette idée que les États-Unis pourraient, une fois de plus, répéter les erreurs du passé. Parce que le Venezuela, ce n’est pas seulement du pétrole. C’est un pays. C’est un peuple. C’est une histoire. Et aujourd’hui, en rouvrant les vannes, Trump risque de répéter le scénario que nous avons vu tant de fois : des entreprises étrangères qui pillent les ressources, un régime corrompu qui détourne les fonds, et un peuple qui reste dans la misère. Alors oui, le pétrole coulera à flots. Les profits aussi. Mais la démocratie ? La justice ? La dignité ? Elles, elles resteront en jachère.
Section 3 : Les conditions du deal – entre réformes et illusions
Pour obtenir cet assouplissement des sanctions, le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez a dû accepter une série de conditions strictes. Parmi elles, la plus symbolique est sans doute la réforme du secteur pétrolier, adoptée le 29 janvier 2026. Cette loi permet désormais aux entreprises privées, y compris étrangères, de signer des contrats d’exploitation avec l’État vénézuélien, avec une marge de manœuvre bien plus grande qu’auparavant. Une mesure qui répond à une demande de longue date des compagnies pétrolières, frustrées par le contrôle étouffant de PDVSA, la compagnie nationale.
Mais cette réforme a un goût amer. Parce qu’elle ne change rien à la réalité du pouvoir au Venezuela. Maduro est peut-être derrière les barreaux, mais son régime, lui, est toujours en place. Les mêmes hommes, les mêmes réseaux, les mêmes méthodes de corruption sont toujours là. Et aujourd’hui, ils vont pouvoir profiter de l’afflux de dollars américains pour se renforcer, tout en laissant le peuple vénézuélien dans la précarité. Parce que si les fonds issus de la vente du pétrole sont censés être « contrôlés » par Washington, qui peut vraiment croire que cet argent ira aux hôpitaux, aux écoles, aux services publics ? Qui peut croire que Rodríguez et ses alliés ne trouveront pas un moyen de détourner une partie de ces revenus ?
D’autant que les conditions imposées par Trump sont loin d’être garantes de transparence. Certes, les entreprises américaines devront rendre des comptes au Trésor. Certes, une partie des revenus devra être affectée à des projets sociaux. Mais dans un pays où la corruption est endémique, où les institutions sont failles, où la justice est aux ordres du pouvoir, qui peut vraiment garantir que l’argent ira là où il doit aller ? Qui peut garantir que les Vénézuéliens, après des années de souffrance, verront enfin leur vie s’améliorer ?
Je pense à eux, ce soir. À ces Vénézuéliens qui ont tout perdu. Leur pays. Leur dignité. Leur espoir. Ils ont enduré les sanctions. Ils ont enduré la répression. Ils ont enduré la faim. Et aujourd’hui, on leur dit : « Tout va changer. Le pétrole va couler. L’argent va arriver. » Mais pour eux, rien ne change. Parce que les mêmes qui les ont volés hier seront ceux qui géreront l’argent demain. Parce que les mêmes qui les ont affamés hier seront ceux qui décideront où iront les fonds demain. Parce que les mêmes qui les ont réprimés hier seront ceux qui négocieront avec les Américains demain.
Et ce qui me révolte, c’est cette hypocrisie. Cette idée que les États-Unis pourraient, d’un coup de baguette magique, transformer le Venezuela en un modèle de transparence et de bonne gouvernance. Comme si des décennies de corruption pouvaient s’effacer en quelques mois. Comme si un régime qui a survécu en volant son peuple allait soudainement devenir vertueux. Non. La réalité, c’est que ce deal est une illusion. Une illusion pour les Vénézuéliens. Une illusion pour les Américains. Une illusion pour le monde. Et pendant ce temps, le pétrole coulera. Les profits aussi. Mais la justice, elle, restera en stand-by.
Section 4 : Les gagnants et les perdants de ce deal
Qui profitera vraiment de l’or noir vénézuélien ?
Dans cette histoire, il y a des gagnants évidents. D’abord, les entreprises américaines, qui vont pouvoir exploiter à moindre coût des gisements parmi les plus riches du monde. Chevron, ExxonMobil et les autres ont déjà commencé à se positionner, avec l’aval de Washington. Ensuite, il y a l’administration Trump, qui peut se targuer d’avoir « résolu » la crise vénézuélienne, tout en sécurisant les approvisionnements énergétiques des États-Unis. Enfin, il y a le gouvernement intérimaire de Rodríguez, qui obtient une légitimité internationale et un afflux de devises, sans avoir à renoncer au pouvoir.
Mais il y a aussi des perdants. D’abord, le peuple vénézuélien. Parce que si le pétrole va couler, si l’argent va arriver, rien ne garantit qu’il en verra la couleur. Les hôpitaux continueront à manquer de médicaments. Les écoles continueront à manquer de professeurs. Les rues continueront à manquer de sécurité. Ensuite, il y a les opposants politiques, qui voient leurs espoirs de démocratie s’éloigner. Parce que ce deal, en légitimant Rodríguez, en lui donnant les moyens de se maintenir au pouvoir, enterre un peu plus leurs rêves de changement.
Et puis, il y a les États-Unis eux-mêmes. Parce qu’en faisant ce deal, Trump ne fait pas que lever des sanctions. Il brise un tabou. Il envoie un message au monde : les principes démocratiques sont négociables. Que la répression, la corruption, les violations des droits de l’homme peuvent être pardonnées, dès qu’il y a du pétrole en jeu. Un message qui affaiblit l’Amérique sur la scène internationale. Un message qui donne des arguments à la Chine, à la Russie, à tous ceux qui accusent Washington d’hypocrisie.
Je pense à eux, ce soir. À ces Vénézuéliens qui ont cru en la démocratie. Qui ont manifesté. Qui ont résisté. Qui ont espéré. Et aujourd’hui, on leur dit : « Voici le deal. Voici la solution. » Mais pour eux, ce deal, c’est une trahison. Une trahison de leurs espoirs. Une trahison de leurs combats. Une trahison de leurs sacrifices.
Et ce qui me frappe, c’est cette idée que les États-Unis, en faisant ce choix, ont perdu quelque chose. Pas seulement leur crédibilité. Pas seulement leur moralité. Mais leur âme. Parce que quand on accepte de faire affaire avec un régime comme celui de Maduro, quand on accepte de fermer les yeux sur ses crimes, on ne fait pas que négocier du pétrole. On négocie ses valeurs. On négocie son honneur. On négocie ce qui fait de nous une démocratie.
Et aujourd’hui, Trump nous demande de croire que tout est sous contrôle. Qu’il a tout prévu. Que les fonds iront là où ils doivent aller. Mais comment croire un homme qui a passé sa carrière à piétiner les règles ? Comment croire un système où l’argent prime sur tout le reste ? Comment croire que, cette fois, ce sera différent ?
Section 5 : Et maintenant, que faire ?
Trois pistes pour éviter un nouveau désastre
Ce deal avec le Venezuela ne peut pas rester sans garde-fous. Trois mesures s’imposent. D’abord, un contrôle indépendant des fonds issus de la vente du pétrole. Pas un contrôle par le Trésor américain, mais par une instance internationale, transparente, avec des représentants de la société civile vénézuélienne. Ensuite, un plan de reconstruction économique qui place les besoins du peuple vénézuélien au cœur des priorités : hôpitaux, écoles, infrastructures. Pas des promesses vagues, mais des engagements concrets, avec des échéances et des responsables désignés.
Enfin, il y a la question de la démocratie. Parce que ce deal ne peut pas être une fin en soi. Il doit s’accompagner d’un calendrier clair pour des élections libres et transparentes. Pas dans cinq ans. Pas dans dix ans. Mais maintenant. Parce que sans démocratie, sans justice, sans État de droit, aucun deal ne tiendra. Aucun argent ne servira à rien. Aucune réforme ne changera la vie des Vénézuéliens.
Et puis, il y a nous. Les citoyens. Les observateurs. Les électeurs. Notre rôle n’est pas de détourner les yeux. Notre rôle n’est pas de croire aveuglément aux promesses. Notre rôle, c’est d’exiger des comptes. D’exiger la transparence. D’exiger que ce deal ne devienne pas un nouveau désastre humanitaire. Parce que si nous ne le faisons pas, qui le fera ? Si nous ne veillons pas, qui veillera ?
Je ne sais pas ce que l’avenir réserve au Venezuela. Peut-être que ce deal permettra une amélioration. Peut-être que non. Peut-être que, dans cinq ans, nous regarderons en arrière et nous dirons : « Finalement, c’était le bon choix. » Mais une chose est sûre : aujourd’hui, ce deal sent le soufre. Il sent la compromission. Il sent l’opportunisme. Et il nous rappelle une vérité simple : quand on négocie avec des dictateurs, on ne négocie pas seulement du pétrole. On négocie sa conscience.
Alors oui, exigeons des garde-fous. Exigeons de la transparence. Exigeons que les Vénézuéliens soient enfin placés au cœur des priorités. Parce que c’est ça, la vraie mesure d’un deal. Pas les barils de pétrole. Pas les profits des entreprises. Mais les vies qu’il améliore. Les espoirs qu’il redonne. La dignité qu’il restaure. Et aujourd’hui, face à ce deal, face à Trump, face à Rodríguez, nous n’avons plus le droit de nous taire. Nous n’avons plus le droit de fermer les yeux. Nous n’avons plus le droit de croire que tout ira bien. Parce que si nous ne veillons pas, qui le fera ?
Conclusion : Le pétrole ou la démocratie – faut-il vraiment choisir ?
Le moment de vérité
Le deal entre Trump et le Venezuela est un moment de vérité. Un moment où l’Amérique doit se regarder en face et se demander : sommes-nous prêts à tout sacrifier pour du pétrole ? À fermer les yeux sur la répression, sur la corruption, sur les violations des droits de l’homme ? À trahir nos valeurs pour quelques barils de plus ?
Pourtant, il y a une autre voie. Une voie où l’accès au pétrole ne se fait pas au prix de la démocratie. Où les sanctions ne sont pas levées sans contreparties réelles. Où les fonds ne sont pas détournés, mais utilisés pour reconstruire un pays. Où les Vénézuéliens ne sont pas oubliés, mais placés au cœur des priorités. Une voie difficile, certes. Une voie qui demande du courage, de la vigilance, de la détermination. Mais une voie possible.
Alors oui, ce deal est un test. Un test pour Trump. Un test pour l’Amérique. Un test pour le monde. Et aujourd’hui, nous n’avons plus le droit de nous tromper. Parce que si nous acceptons ce deal sans garde-fous, sans transparence, sans exigences démocratiques, nous aurons perdu bien plus qu’un peu de crédibilité. Nous aurons perdu ce qui fait de nous une démocratie. Nous aurons perdu notre âme.
Je ne sais pas si ce deal sera un succès. Peut-être que oui. Peut-être que non. Peut-être que, dans quelques années, nous regarderons en arrière et nous dirons : « Finalement, c’était le prix à payer. » Mais une chose est sûre : aujourd’hui, ce deal nous pose une question fondamentale. Une question qui dépasse le Venezuela. Qui dépasse Trump. Qui dépasse même le pétrole. La question, c’est : sommes-nous prêts à tout sacrifier pour nos intérêts ?
Et aujourd’hui, face à cette question, nous n’avons plus le droit de détourner les yeux. Nous n’avons plus le droit de nous voiler la face. Nous n’avons plus le droit de croire que tout ira bien. Parce que si nous acceptons ce deal sans exigences, sans garde-fous, sans transparence, nous aurons perdu bien plus qu’un peu de pétrole. Nous aurons perdu ce qui fait de nous des démocrates. Nous aurons perdu ce qui fait de nous des humains.
Alors oui, exigeons mieux. Exigeons plus. Exigeons que ce deal ne soit pas une trahison, mais une opportunité. Une opportunité de reconstruire. Une opportunité de restaurer la démocratie. Une opportunité de redonner espoir. Parce que c’est ça, le vrai test. Pas le pétrole. Pas les profits. Mais notre capacité à rester fidèles à nos valeurs, même quand c’est difficile. Même quand c’est coûteux. Même quand c’est impopulaire. Parce que c’est ça, la démocratie. Pas un deal. Pas un contrat. Mais un combat. Un combat pour la justice. Pour la dignité. Pour l’espoir. Et aujourd’hui, plus que jamais, ce combat est le nôtre.
Signé Jacques Provost
Sources
– « Trump administration eases barriers for U.S. firms to sell Venezuelan oil », The Washington Post, 29 janvier 2026.
– « Venezuela’s Rodriguez signs oil reform law while the US eases sanctions », Al Jazeera, 30 janvier 2026.
– « Venezuelan MPs approve bill to open up oil sector to private firms », BBC News, 30 janvier 2026.
– « US Issues License for Oil Companies to Operate in Venezuela », Bloomberg, 29 janvier 2026.
– « Venezuela: Overview of U.S. Sanctions Policy », Congress.gov, Library of Congress, 2026.
– « FACT SHEET: President Trump is Restoring Prosperity, Safety and Security for the United States and Venezuela », U.S. Department of Energy, 6 janvier 2026.
– « Trump says talks with Petro went well, ‘working on’ lifting sanctions », AFP, 3 février 2026.
– « Why ‘Taking’ Venezuela’s Oil Hurts U.S. Energy Security », Columbia University Energy Policy, février 2026.
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