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Kid Rock, Turning Point USA et l’illusion d’une Amérique « pure »

Face à la programmation du Super Bowl, le mouvement MAGA a tenté une contre-attaque. L’organisation Turning Point USA a organisé un spectacle alternatif, diffusé en direct sur les réseaux sociaux, avec des artistes comme Kid Rock, Brantley Gilbert et Gabby Barrett. Un line-up présenté comme « 100 % américain », célébrant « la foi, la famille et la liberté ». Une réponse qui, sur le papier, semblait solide. Pourtant, les résultats sont sans appel : moins de 500 000 téléspectateurs ont suivi l’événement, contre les 130 millions attendus pour le Super Bowl. Un échec cuisant, qui révèle une réalité crue : le MAGA a perdu le contrôle de la culture populaire.

Kid Rock, figure centrale de ce contre-spectacle, incarne à lui seul les limites du mouvement. Artiste vieillissant, connu pour ses prises de position controversées (il a déjà comparé les manifestations Black Lives Matter à des « émeutes de singes »), il peine à séduire au-delà de la base trumpiste la plus radicale. « Kid Rock était une force culturelle en 2001. En 2026, c’est un has-been depuis deux décennies », résume un critique musical. Pire : son association avec le MAGA a fini par le marginaliser davantage. « Ils s’accrochent à des symboles du passé parce qu’ils n’ont rien d’autre à offrir », analyse un sociologue. « Leur Amérique à eux, c’est une Amérique qui n’existe plus. »

Le contraste avec Bad Bunny est saisissant. Alors que le MAGA mise sur la nostalgie et l’exclusion, Bad Bunny incarne l’avenir : une Amérique jeune, métissée, connectée. Son dernier album, entièrement en espagnol, a dominé les charts américains. Ses concerts attirent des foules diversifiées. Et son engagement politique, loin de le marginaliser, renforce son influence. « Il représente une Amérique que le MAGA ne comprend pas et ne contrôle pas », résume un analyste. Une Amérique où l’identité nationale n’est plus définie par la couleur de la peau ou la langue parlée, mais par des valeurs partagées : la justice, la solidarité, la résistance face à l’oppression.


Ce qui me frappe, dans cette tentative de contre-attaque, c’est son désespoir. Un désespoir qui transpire à chaque mot, à chaque image, à chaque artiste choisi. Kid Rock. Gabby Barrett. Des noms qui sonnent comme des reliques d’un autre temps. Des noms qui ne parlent plus à personne, sauf à une base de plus en plus isolée, de plus en plus en colère, de plus en plus coupée du reste du pays. Et face à eux, Bad Bunny. Un artiste qui, lui, parle à des millions de jeunes. Qui parle à des millions de Latinos. Qui parle à une Amérique qui refuse de se laisser enfermer dans les cases du MAGA.

Et ce qui est encore plus révélateur, c’est la réaction de Trump lui-même. Il boycotte le Super Bowl. Il refuse d’y assister. Il préfère rester chez lui, à ruminer sa colère, à poster des messages racistes sur Truth Social. Parce qu’il sait une chose : s’il y allait, il serait hué. Parce qu’il sait que Bad Bunny, Green Day et tous ceux qui montent sur cette scène représentent une Amérique qu’il ne contrôle plus. Une Amérique qui lui échappe. Une Amérique qui lui résiste. Et ça, c’est insupportable pour un homme qui a passé sa vie à croire qu’il pouvait tout dominer.

Alors aujourd’hui, alors que le MAGA tente désespérément de reprendre le contrôle, je me dis : c’est trop tard. Leur Amérique à eux, celle qu’ils fantasment, celle qu’ils veulent imposer, elle n’existe plus. Elle n’a jamais existé. Et plus ils tentent de la faire revivre, plus ils révèlent leur faiblesse. Leur incapacité à comprendre le monde. Leur incapacité à accepter que l’Amérique a changé. Qu’elle continue de changer. Et qu’ils ne peuvent plus rien y faire.

Sources

– « Le Super Bowl tiré sur le terrain politique par Bad Bunny, qui ulcère les Trumpistes », AFP, 6 février 2026.
– « Super Bowl 2026 : comment les pro-Trump entendent boycotter le concert de Bad Bunny à la mi-temps sans éteindre leur télévision », France Info, 8 février 2026.
– « Super Bowl 2026 : « Une logique de diversité qui résiste à Trump »… La NFL, un nouvel opposant du président américain ? », 20 Minutes, 8 février 2026.
– « The Bad Bunny Super Bowl 2026 Controversy, Explained », New York Magazine, 8 février 2026.
– « Bad Bunny performance set to rattle Super Bowl 60 amid ICE backlash », USA Today, 6 février 2026.
– « The backlash to Bad Bunny’s halftime show reveals how MAGA defines who belongs in America », The Conversation, 4 février 2026.
– « Super Bowl exposes ‘big MAGA weakness’ as Trump sees pushback in unlikely space: columnist », DNYUZ, 8 février 2026.
– « The Right Is Terrified of Bad Bunny », Mother Jones, février 2026.
– « Did Green Day say anything about Trump in their Super Bowl performance? », Newsweek, 9 février 2026.
– « Trump Rages at Bad Bunny—and Accidentally Exposes a Big MAGA Weakness », The New Republic, 7 février 2026.
– « Who is Bad Bunny – and why are Trump and MAGA furious about his Super Bowl Halftime Show? », Marca, 8 février 2026.
– « Green Day Criticizes Trump and MAGA Before Super Bowl Performance », Filmogaz, février 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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