Fentanyl, mensonges et vidéo-surveillance
En février 2025, Donald Trump déclare l’état d’urgence économique pour justifier ses tarifs douaniers. Le prétexte ? Le trafic de fentanyl à la frontière canado-américaine. Pourtant, les chiffres sont têtus : la grande majorité des saisies de fentanyl aux États-Unis proviennent du Mexique, pas du Canada. Alors, pourquoi cibler Ottawa ? Parce que le Canada, partenaire historique et allié indéfectible, représente une cible facile. Une cible qui ne ripostera pas par des missiles, mais par des représailles commerciales ciblées. Une cible dont la docilité apparente masquait, jusqu’ici, une colère sourde.
Les experts sont formels : ces droits de douane, présentés comme une mesure de sécurité nationale, ne sont rien d’autre qu’un outil de pression politique. Un moyen pour Trump de montrer qu’il « agit », qu’il « protège » l’Amérique, alors que dans les faits, il asphyxie des industries déjà fragilisées par la pandémie et la crise énergétique. Les boulangeries artisanales ferment. Les usines réduisent leurs effectifs. Et les consommateurs paient la note, sans même s’en rendre compte.
L’ACEUM, ce pacte que Trump veut saborder
Ironie de l’histoire : l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), négocié et ratifié sous le premier mandat de Trump, protège justement 85 % des échanges entre les deux pays. Alors, pourquoi s’acharner sur les 15 % restants ? Parce que Trump a besoin d’un ennemi. Parce qu’il a besoin de montrer qu’il « gagne », même si c’est au détriment de ses propres électeurs. Et parce que, en période préélectorale, rien ne vaut un bon vieux bouc émissaire.
Mais à force de jouer avec le feu, le président risque de brûler bien plus que des ponts commerciaux. Il risque de brûler la crédibilité même de sa politique économique.
La Cour suprême, arbitre d’un bras de fer historique
L’IEEPA, cette loi qui divise l’Amérique
Au cœur du débat : l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), une loi de 1977 qui permet au président d’imposer des sanctions économiques en cas d’urgence nationale. Trump l’a utilisée à outrance, pour justifier des tarifs non seulement contre le Canada, mais aussi contre la Chine, le Mexique et même la Suisse. Mais la Cour suprême, saisie par des entreprises et des États, pourrait bien invalider cette utilisation abusive. Si elle le fait, les conséquences seront immenses : des milliards de dollars de remboursements, une crise constitutionnelle, et un président affaibli à quelques mois des élections.
« Nous sommes foutus si la Cour suprême invalide les tarifs », a lancé Trump en janvier. Une déclaration qui en dit long sur sa stratégie : plutôt que de négocier, il préfère menacer. Plutôt que de convaincre, il préfère intimider. Mais cette fois, le Congrès a dit non. Et la Cour suprême pourrait bien faire de même.
Le scénario catastrophe
Si la Cour invalide les tarifs, Trump a déjà promis de « trouver d’autres moyens ». Enquêtes commerciales, mesures de sécurité nationale… Peu importe la méthode, tant que le résultat est le même : maintenir la pression, coûte que coûte. Mais à quel prix ? Celui de la stabilité économique ? Celui de la confiance des marchés ? Celui de la cohésion du parti républicain ?
Le vrai danger, ce n’est pas que Trump perde. C’est qu’il entraîne tout le monde dans sa chute.
Le Canada, entre résignation et colère
Ottawa, entre diplomatie et fermeté
Du côté canadien, la réaction est mesurée. Trop mesurée, peut-être. Le gouvernement Trudeau, habitué aux coups de boutoir de Trump, mise sur la diplomatie et les recours juridiques. Mais dans les provinces, la colère gronde. Au Manitoba, une étude est lancée pour évaluer l’impact des tarifs sur le coût de la vie. Au Québec, les chefs d’entreprise hurlent leur ras-le-bol : « Arrêtez de faire peur au monde ! »
Pourtant, Ottawa reste prudent. Trop prudent. Comme s’il craignait que toute réponse trop ferme ne déclenche une escalade. Mais jusqu’où peut-on reculer ? Jusqu’où peut-on accepter d’être traité en ennemi, alors qu’on est le premier partenaire commercial des États-Unis ?
Le piège de la dépendance
Le Canada est pris dans un étau : d’un côté, la nécessité de préserver l’ACEUM ; de l’autre, l’impossibilité de laisser Trump dicter sa loi sans réagir. Chaque jour de silence est un jour de plus où les entreprises canadiennes paient le prix de l’arbitraire trumpien. Chaque jour de silence est un jour de plus où les travailleurs canadiens voient leurs emplois menacés.
Et pourtant, personne ne semble prêt à tirer le premier. Comme si tout le monde attendait que la Cour suprême tranche, que le Congrès agisse, que Trump, enfin, recule. Mais Trump ne recule jamais. Il avance, écrase, et laisse les autres ramasser les morceaux.
Les républicains face à leur conscience
Le dilemme des élus rebelles
Les six républicains qui ont voté contre Trump savent qu’ils prennent un risque. Menaces de primaires, représailles politiques, exclusion des cercles du pouvoir… Mais ils savent aussi une chose : l’histoire jugera ceux qui ont fermé les yeux. Ceux qui, par lâcheté ou calcul, ont laissé un président bafouer les règles du jeu démocratique.
« Les droits de douane sont une taxe sur les consommateurs américains », ont-ils répété. Une évidence, pourtant oubliée dans le tumulte des tweets et des meetings. Une évidence qui, aujourd’hui, pourrait bien devenir le fer de lance d’une nouvelle opposition interne au parti républicain.
Le spectre des midterms
Les élections de mi-mandat approchent. Et pour la première fois, le coût de la vie pourrait devenir l’enjeu central. Pas celui des discours, mais celui des portefeuilles. Les tarifs de Trump, présentés comme une victoire, pourraient bien se retourner contre lui. Car quand les électeurs réalisent que leur facture a augmenté à cause des politiques de leur propre camp, ils votent. Et ils votent sanction.
Le vrai test ne sera pas en 2026. Il sera en 2028, quand les Américains devront choisir entre quatre années de plus de chaos… ou un retour à la raison.
L’Europe et le reste du monde observent
La Suisse, cobaye d’une politique erratique
Les États-Unis ne sont pas les seuls touchés. La Suisse, elle aussi, subit les foudres de Trump. Un taux de 39 % sur ses exportations, réduit à 15 % après des négociations âpres. Mais pour combien de temps ? La Cour suprême doit se prononcer sur la légalité de ces tarifs. Si elle les invalide, Trump a promis de « se venger ». Comme si la justice n’était qu’un obstacle à contourner, une formalité à écarter.
Guy Parmelin, ministre suisse de l’Économie, a rencontré le représentant américain au Commerce. Les discussions continuent. Mais dans l’ombre, les entreprises suisses préparent déjà des plans B. Parce qu’avec Trump, on ne sait jamais.
L’UE, prochaine cible ?
L’Europe observe, inquiète. Si Trump peut s’en prendre au Canada et à la Suisse, qui sera le prochain ? L’Allemagne ? La France ? Les tarifs « réciproques » brandis comme une menace permanente créent un climat d’incertitude toxique. Les investissements reculent. Les partenariats se fragilisent. Et l’Amérique, elle, s’isole.
Le monde regarde. Et ce qu’il voit, c’est un président qui joue avec les règles du commerce international comme un enfant avec des allumettes.
Le business avant tout ?
Les géants américains dans la tourmente
Même les grandes entreprises américaines commencent à s’inquiéter. Toyota, Costco, et bien d’autres ont porté plainte pour demander le remboursement des surtaxes. Elles savent une chose : à long terme, personne ne gagne dans une guerre commerciale. Pas même les États-Unis.
Pourtant, Trump persiste. Parce que pour lui, l’économie n’est pas une question de croissance ou de stabilité. C’est une question de pouvoir. De domination. De « gagner », quoi qu’il en coûte.
Le paradoxe trumpien
Le président se vante de faire « une fortune » grâce aux tarifs. Mais cette fortune, qui la paie ? Les consommateurs, d’abord. Les petites entreprises, ensuite. Et demain, peut-être, les géants eux-mêmes, quand les représailles s’intensifieront.
Le vrai génie de Trump, c’est d’avoir convaincu une partie de l’Amérique que perdre, c’était gagner. Que la pauvreté, c’était la prospérité. Que le chaos, c’était l’ordre.
Et maintenant ?
Trois scénarios pour les mois à venir
Premier scénario : la Cour suprême invalide les tarifs. Trump hurle à l’injustice, mais doit reculer. Le Congrès reprend la main. Les marchés sourient. Second scénario : la Cour valide les tarifs. Trump triomphe, mais l’économie s’essouffle. Les républicains modérés se rebellent. Troisième scénario, le plus probable : un compromis boiteux, où chacun y perd un peu, mais où personne ne gagne vraiment.
Dans les trois cas, une chose est sûre : l’Amérique ne sera plus jamais la même. Parce que quand un président défie le Congrès, la Cour suprême et ses propres alliés, il ne défie pas seulement les institutions. Il défie l’idée même de démocratie.
Le piège se referme
Trump a construit sa présidence sur l’idée que les règles ne s’appliquaient pas à lui. Qu’il pouvait tout se permettre. Mais les règles, justement, sont là pour ça : pour rappeler à ceux qui gouvernent qu’ils ne sont pas au-dessus des lois.
Le vote de mercredi n’est qu’un début. La vraie bataille ne fait que commencer.
Conclusion : Le moment de vérité
L’Amérique à la croisée des chemins
Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’avenir des droits de douane. C’est l’avenir de l’Amérique. Une Amérique qui choisit entre le chaos et la stabilité. Entre l’arbitraire et la loi. Entre un homme qui croit pouvoir tout décider, et un système conçu pour l’en empêcher.
Le Congrès a fait un premier pas. La Cour suprême pourrait en faire un second. Mais au bout du compte, c’est aux Américains de trancher. De décider s’ils veulent un pays où les caprices d’un seul l’emportent sur l’intérêt général. Ou s’ils veulent, enfin, tourner la page.
Parce que la vraie question, ce n’est pas de savoir si Trump gagnera ou perdra. C’est de savoir ce qu’il restera de l’Amérique quand il aura fini de jouer.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Ce billet reflète une analyse critique de la politique commerciale de Donald Trump, en mettant l’accent sur ses contradictions, ses impacts économiques réels et les tensions institutionnelles qu’elle génère. L’objectif n’est pas de prendre parti pour un camp politique, mais de souligner les dangers d’une gouvernance par l’arbitraire et l’intimidation.
Méthodologie et sources
Les informations présentées ici sont issues d’articles de presse américains et canadiens, de déclarations officielles et d’analyses d’experts en commerce international. Les citations sont tirées de sources primaires (déclarations de députés, tweets présidentiels, communiqués gouvernementaux).
Nature de l’analyse
Il s’agit d’un billet d’humeur, mêlant faits vérifiés et interprétation personnelle, dans le but de provoquer une réflexion sur les dérives du pouvoir exécutif et leurs conséquences sur la démocratie et l’économie.
Sources
Sources primaires
Le Soleil — Droits de douane: la Chambre des représentants se prononce pour l’abrogation
La Presse — Droits de douane contre le Canada: la Chambre des représentants se prononce pour l’abrogation
Huffington Post — Le Congrès vote l’abrogation des surtaxes douanières de Donald Trump à l’encontre du Canada
Journal de Montréal — La Chambre américaine des représentants vote pour abroger les tarifs douaniers sur le Canada
TVA Nouvelles — «Nous sommes foutus» si la Cour suprême invalide les tarifs douaniers, dit Donald Trump
Sources secondaires
Le Devoir — Donald Trump promet de contourner une éventuelle invalidation des tarifs douaniers par la Cour suprême
20 Minutes — Trump se vante de s’être vengé de Keller-Sutter, «très agressive»
TVA Nouvelles — Le Congrès américain peut-il vraiment renverser les tarifs de Donald Trump contre le Canada?
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