On se souvient souvent de l’époque victorienne pour ses convenances strictes et son sens de la respectabilité, mais dès qu’on y regarde de plus près, cette période se révèle bien plus étrange. Derrière ces règles sociales rigides, la vie victorienne regorgeait de coutumes sophistiquées, de passe-temps insolites et de modes qui semblent aujourd’hui pour le moins déconcertantes. Suivez-nous à la découverte de certaines des traditions les plus farfelues qui étaient tout à fait courantes à l’époque.
1. Bijoux en cheveux naturels
Croyez-le ou non, les Victoriens fabriquaient des bijoux à partir de cheveux humains, et cela ne se limitait pas à quelques collectionneurs excentriques. Les cheveux étaient souvent tissés dans des broches, des bagues, des bracelets et des chaînes, car ils étaient physiquement liés à la personne qui les avait portés. On pouvait littéralement garder un morceau de quelqu’un sur soi, et les gens trouvaient cela touchant, et non pas effrayant.
2. Des couronnes de cheveux accrochées au mur
Vous ne souhaitez pas porter un médaillon contenant des mèches de cheveux autour du cou ? Pas de problème : on trouvait également des mèches de cheveux dans des couronnes encadrées et des compositions florales que les gens exposaient chez eux. Elles étaient généralement constituées de mèches provenant de plusieurs proches, ce qui transformait cet objet décoratif en une sorte de souvenir commémoratif familial.
3. Albums de photomontages insolites
Si vous êtes amateur de « junk journaling » aujourd’hui, sachez que les femmes de la haute société victorienne avaient une pratique qui s’en rapprochait vaguement : elles réalisaient des albums en découpant des photographies et en assemblant des visages, des animaux, des objets et des scènes pour créer des compositions surréalistes. C’était en fait un passe-temps assez courant, et ces images servaient avant tout à laisser libre cours à leur créativité.
4. Photographie post mortem
Ce n’est pas tous les jours qu’on pose avec un proche décédé, mais la photographie post mortem est devenue une forme de deuil reconnue. Pour de nombreuses familles, en particulier celles qui n’avaient jamais fait réaliser de portrait officiel avant le décès de la personne, cette dernière image est devenue le seul portrait qu’elles aient jamais possédé.
5. Le vert d'arsenic était à la mode
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les Victoriens adoraient les pigments d’un vert éclatant, mais certaines des teintes les plus populaires étaient fabriquées à partir de composés d’arsenic. On les retrouvait partout, des papiers peints aux vêtements en passant par les objets décoratifs, alors même que de plus en plus de gens s’inquiétaient de leurs effets sur la santé.
6. Séances dans le salon
Les séances n’ont pas toujours été considérées comme un divertissement marginal, et de nombreux Victoriens les considéraient comme des rassemblements tout à fait respectables. Les participants s’asseyaient autour de tables dans l’attente de messages en provenance de l’au-delà, et cette pratique s’est largement répandue dans les cercles spirites à la fin du XIXe siècle.
7. Cacher les miroirs et arrêter les horloges
Après le décès d’une personne, les familles avaient pour coutume (et par superstition) de couvrir les miroirs et d’arrêter les horloges. Cela peut nous paraître étrange aujourd’hui, mais ces croyances visaient à marquer le moment exact du décès, à conjurer le mauvais sort et à éviter toute perturbation spirituelle dans la maison.
8. La taxidermie n'était pas réservée aux musées
On ne peut plus le nier : la taxidermie a quelque chose de plutôt morbide. Mais cette pratique était courante à l’époque victorienne, où l’on trouvait souvent ces animaux empaillés dans les intérieurs, où ils servaient de décoration. Au contraire, ces animaux empaillés étaient disposés dans des mises en scène élaborées qui suscitaient la conversation — et tout cela était tout à fait normal.
9. Les cartes de visite régissaient la vie sociale
Vous avez peut-être déjà entendu parler des carnets de bal, mais les cartes de visite revêtaient une importance tout aussi grande pour les Victoriens. Laisser une carte chez quelqu’un pouvait traduire aussi bien de la politesse qu’une ambition sociale, selon le contexte et les règles de bienséance. La plupart du temps, les Victoriens s’en servaient pour organiser leurs visites, faire des présentations et préserver leur statut social.
10. Certaines cartes de Saint-Valentin étaient de véritables insultes
La prochaine fois que vous penserez que votre sort est bien triste, rappelez-vous simplement que certains Victoriens envoyaient des cartes humoristiques cruelles appelées « cartes de Saint-Valentin au vinaigre ». Celles-ci étaient conçues pour se moquer de l’apparence, des manières ou de la position sociale du destinataire, et pouvaient se révéler étonnamment impitoyables.
11. Des lettres bordées de noir annonçaient votre deuil
Écoutez, on est au XIXe siècle, et cela signifie qu’on utilise du papier à lettres pour tout, y compris les moments les plus sombres de la vie. C’est pourquoi les lettres de deuil étaient souvent rédigées sur du papier à lettres bordé de noir, afin que le deuil soit immédiatement perceptible. Cette bordure indiquait aux destinataires que la correspondance concernait un décès ou un deuil.
12. La folie des fougères
Le concept de « parents de plantes » n’a rien de nouveau, mais les Victoriens étaient tellement fascinés par les fougères que cet engouement a même donné naissance à un terme spécifique : la ptéridomanie. Les gens les collectionnaient, les illustraient, construisaient des serres spécialement pour elles et intégraient des motifs de fougères dans la décoration intérieure et la mode.
13. Les défunts étaient exposés chez eux
Avant l’apparition des funérailles modernes, beaucoup de gens mouraient chez eux et leur corps était exposé sur place pour la famille et les visiteurs. Ça peut paraître fou, mais à l’époque, on ne fuyait pas la mort, et il était assez courant d’exposer le défunt tout simplement dans le salon.
14. Les premières cartes de Noël étaient bizarres
De nos jours, nous aimons tous recevoir du courrier à Noël, et les cartes victoriennes ont effectivement contribué à populariser cette tradition — mais les premiers modèles étaient bien plus étranges qu’on ne le pense. Certaines arboraient un humour dérangeant, des animaux agressifs ou des images insolites qui ne respiraient pas vraiment la chaleur des fêtes.
15. Des cercueils de sécurité pour ceux qui ne sont pas tout à fait morts
Même si nous ne voulons pas l’admettre, nous sommes nombreux à craindre d’être enterrés vivants. Au XIXe siècle, cette peur était si intense que des inventeurs ont conçu des « cercueils de sécurité » équipés de cloches, de drapeaux, de tubes et de systèmes d’alarme. Ces dispositifs étaient destinés à permettre à toute personne encore en vie de demander de l’aide avant qu’il ne soit trop tard.
16. Gardes de tombe
En parlant de mort (nous sommes dans la culture victorienne, après tout), il fallait parfois protéger les tombes fraîches des pilleurs de cadavres, qui volaient effectivement des corps pour les vendre aux écoles d’anatomie. Pour y remédier, certaines communautés ont eu recours à des gardes, à des guérites et à des cercueils blindés en fer afin d’empêcher que les corps récemment enterrés ne soient déterrés.
17. Les cimetières étaient des lieux de vie sociale
Au XIXe siècle, les cimetières faisaient office d’espaces publics où les gens se rendaient et où ils pique-niquaient parfois même. Si cette pratique s’expliquait en partie par le souvenir, elle répondait aussi à des raisons pratiques, car les villes ne disposaient pas vraiment de beaucoup de parcs publics.
18. Reconstitutions de dinosaures géants
Les dinosaures du Crystal Palace, inaugurés en 1854, furent les premières reconstitutions de dinosaures à taille réelle au monde — et ils suscitèrent un immense engouement à l’époque. Ils constituaient des pièces maîtresses scientifiques destinées au grand public, malgré les nombreuses inexactitudes anatomiques qu’ils comportaient.
19. Cabines de bain
Bon, on est au XIXe siècle, et ça veut dire qu’il fallait faire preuve de pudeur. Pour la préserver en toutes circonstances, les Victoriens utilisaient ce qu’on appelait une « cabine de bain », une petite cabane sur roues qu’on poussait dans la mer pour que les gens puissent se changer et se baigner sans être vus. La reine Victoria en a d’ailleurs utilisé une à Osborne, et tout ce dispositif visait à respecter des règles strictes en matière de pudeur.
20. L'engouement pour l'aquariophilie domestique
En fait, vous n’êtes pas le seul à vouloir passer une journée en compagnie des poissons. L’élevage de plantes et d’animaux aquatiques à la maison est devenu suffisamment à la mode pour faire naître des magasins spécialisés, et les Victoriens étaient tellement passionnés par les aquariums que le tout premier faisait déjà l’objet d’une publicité dès 1855.