Quand on entend parler d’« arme ultime antique », on a tendance à imaginer quelque chose de quasi-mythique. Pourtant, le monde antique disposait d’armes bien réelles qui devaient paraître presque incroyables aux yeux de ceux qui y faisaient face, car elles alliaient force, ingéniosité et terreur d’une manière capable de renverser rapidement le cours d’une bataille. Certaines étaient effrayantes en raison de leur taille, d’autres à cause de leurs propriétés chimiques, et d’autres encore parce qu’elles conféraient à un camp un avantage auquel l’autre ne pouvait répondre à temps. Les armées antiques ne disposaient évidemment pas de missiles ni de drones, mais elles construisaient néanmoins des armes qui donnaient à leurs ennemis l’impression que les règles de la guerre avaient soudainement changé. Voici vingt super-armes antiques qui étaient bien réelles, très destructrices et plus étranges que la plupart des gens ne le pensent.
1. Le feu grégeois
Le feu grégeois avait une telle réputation qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait d’une arme inventée a posteriori, mais l’Empire byzantin l’utilisait avec des effets dévastateurs, surtout en mer. Il pouvait continuer à brûler sur l’eau, ce qui signifiait qu’un navire ennemi n’était pas seulement attaqué, mais se retrouvait soudainement piégé au cœur d’un cauchemar flottant où les réflexes habituels, comme sauter par-dessus bord, ne permettaient pas de résoudre le problème.
2. Les tours de siège assyriennes
Les Assyriens ne se contentaient pas de marteler les murs en espérant que tout irait pour le mieux ; ils faisaient rouler des tours entières vers les villes ennemies, telles des masses architecturales en mouvement. Ces machines permettaient aux archers de tirer depuis les hauteurs tandis que les troupes se pressaient contre les fortifications ; quant aux défenseurs qui les voyaient approcher, elles devaient leur sembler moins être du matériel de guerre qu’une préfiguration de l’avenir.
3. Le char à faux
Un char, c’est une chose, mais un char équipé de lames jaillissant de ses roues relève d’une tout autre catégorie psychologique. Même si les chars à lames n’étaient pas toujours décisifs sur le plan tactique, ils étaient conçus pour déchirer les formations d’infanterie, et le simple fait d’en voir un foncer à toute vitesse suffisait à ébranler la discipline avant même que le contact ne soit établi.
4. L'Hélepolis
L’Hélepolis, l’une des plus grandes tours de siège jamais construites, était en substance une forteresse mobile bourrée d’artillerie. Elle était gigantesque, extrêmement bien protégée et conçue pour dominer les remparts grâce à sa hauteur vertigineuse et à sa puissance de feu, ce qui équivaut, dans l’Antiquité, à se présenter à un combat au couteau avec un bâtiment capable de riposter.
5. Corvus romain
Le corvus romain a transformé le combat naval en ce que Rome souhaitait réellement : une bataille terrestre sur fond de vagues. En lançant une passerelle d’abordage hérissée de pointes sur les navires ennemis, les Romains ont neutralisé la supériorité navale de leurs adversaires et ont permis à leur infanterie de se battre selon le style rapproché et brutal auquel ils avaient l’habitude, ce qui constituait en réalité une astuce stratégique déguisée en simple planche.
6. Les éléphants de guerre
Les éléphants de guerre n’étaient pas seulement de gros animaux en armure, même si cela aurait suffi. Ils étaient à la fois des armes de choc, des armes sonores et des armes de panique, capables de briser les formations simplement en forçant les soldats à tenir leur position tandis que plusieurs tonnes de muscles, de défenses et de chaos s’abattaient sur eux.
7. Arbalètes à répétition
L’arbalète à répétition n’avait pas la puissance des armes de siège plus lourdes, mais elle compensait cela par sa rapidité et son rythme. À une époque où de nombreuses armes à projectiles nécessitaient encore un chargement minutieux et exigeant une grande force physique, la possibilité de tirer des carreaux les uns après les autres à un rythme soutenu a modifié le tempo du combat d’une manière que les adversaires ont dû ressentir immédiatement.
8. Les Gastraphetes
Le gastraphetes, ou « arc ventral », ressemblait à un croisement entre une arbalète géante et une machine issue d’un atelier perdu. Il permettait à ses utilisateurs de générer une force supérieure à celle d’un arc à main levée, ce qui en fit l’une de ces inventions intermédiaires cruciales qui, discrètement, ont fait évoluer l’art de la guerre vers une véritable artillerie mécanique.
9. La griffe d'Archimède
Que les récits ultérieurs à ce sujet soient ou non tout à fait exacts, le dispositif attribué à Archimède était destiné à saisir les navires attaquants et à semer le chaos près des remparts de Syracuse. La simple possibilité qu’une machine dissimulée puisse soudainement soulever, faire chavirer ou détruire un navire aurait suffi à faire de tout assaut contre le port une entreprise maudite, exactement comme le doivent faire les grandes armes défensives.
10. Pots incendiaires
Des pots en argile remplis de mélanges inflammables ne semblent pas très impressionnants, jusqu’à ce qu’on les imagine se brisant contre des fortifications en bois, des rangs serrés de soldats ou les toits d’une ville assiégée. Les armes incendiaires de l’Antiquité étaient terrifiantes car le feu se propageait plus vite que les ordres ne pouvaient être transmis, et dès que la panique et les flammes commençaient à s’alimenter mutuellement, toute une ligne de défense pouvait s’effondrer.
11. Balistes
Les balistes étaient, selon les critères de l’époque, des machines de précision, capables de lancer de lourds projectiles avec suffisamment de force pour transpercer des hommes ou percer des ouvrages défensifs. Elles permettaient aux armées de tuer à distance avec une précision qui semblait personnelle, ce qui contribuait à les rendre si redoutables : on n’était pas simplement sous le feu des bombardements, on était pris pour cible par une machine.
12. Les Polybolos
Le polybolos était une arme d’artillerie à tir continu, ce qui semble étrangement moderne, car, dans son principe, elle l’était bel et bien. Il utilisait un mécanisme à chaîne pour automatiser une partie du cycle de tir, et même si les machines de l’Antiquité pouvaient se montrer capricieuses, l’idée qu’un seul mécanisme puisse alimenter et lancer des projectiles à la chaîne aurait pu paraître presque injuste.
13. Béliers de siège avec abris couverts
Un bélier, pris isolément, est dangereux ; un bélier protégé à l’intérieur d’un abri couvert, c’est tout un système. Ces abris mobiles permettent aux assaillants de marteler les portes et les murs tout en protégeant leurs hommes des flèches, des pierres et des tirs, transformant ce qui aurait pu être une charge désespérée en un processus long et pénible pour tous ceux qui se trouvent à l’intérieur de la ville.
14. Caltrops
Les caltrops étaient d’une simplicité brutale, ce qui est souvent la marque d’une arme redoutable. Dispersés sur les routes, dans les champs ou sur les voies de charge probables, ces petits engins hérissés de pointes pouvaient estropier les chevaux, briser l’élan et forcer l’ennemi à ralentir au pire moment, ce qui les rendait d’une efficacité disproportionnée pour un objet qui tenait dans la main.
15. Flèches enflammées
Les flèches incendiaires n’étaient pas simplement des flèches ordinaires auxquelles on avait ajouté un peu de spectaculaire. Utilisées dans de bonnes conditions contre des navires, des ouvrages de siège, des toits ou des points d’approvisionnement, elles pouvaient semer une panique sans commune mesure avec leur taille, car dès que des flammes apparaissaient à plusieurs endroits à la fois, la défense se transformait en une lutte contre la confusion.
16. Flèches empoisonnées
Un projectile est déjà suffisamment dangereux lorsque la blessure est nette, mais les armées et les chasseurs de l’Antiquité aggravaient parfois considérablement cette blessure en y ajoutant des toxines. Les flèches empoisonnées transformaient même un coup mineur en une menace persistante, et il y a une terreur particulière à savoir qu’une simple égratignure peut continuer à vous nuire longtemps après que la flèche elle-même a disparu.
17. Le crochet de siège
Le crochet de siège était conçu pour s’accrocher à des pans de mur ou à des ouvrages défensifs, les tirer et les arracher jusqu’à ce qu’ils cèdent. Cela peut paraître rudimentaire, mais il y a quelque chose d’inquiétant dans une arme conçue pour détruire patiemment tout ce derrière quoi on se cache, d’autant plus que le but même d’un mur est de donner une impression de solidité.
18. Bombes au naphte
Dans certaines régions du monde antique et médiéval, les armées utilisaient des récipients contenant de la naphte et des substances similaires comme armes explosives ou incendiaires. Ces attaques alliaient feu, bruit et imprévisibilité d’une manière qui pouvait donner aux défenseurs l’impression que le champ de bataille lui-même était devenu instable.
19. Catapultes à torsion
Les catapultes à torsion utilisaient des faisceaux de fibres ou de tendons étroitement torsadés pour emmagasiner une énergie colossale, ce qui est une idée étrangement élégante pour une machine aussi violente. Elles pouvaient lancer des pierres avec une telle force qu’elles en venaient à détruire des fortifications ou à transpercer des corps, et il n’y a rien de doux à vivre quand on se retrouve face à une arme qui vous projette un morceau de colline.
20. Mines de siège
Parfois, l’arme redoutable de l’Antiquité n’était pas ce qui franchissait le mur, mais ce qui disparaissait sous celui-ci. Les sapeurs creusaient des galeries sous les fortifications pour faire s’effondrer les fondations et faire tomber des pans de mur par le dessous, ce qui obligeait les défenseurs à se méfier non seulement de ce qu’ils voyaient, mais aussi du sol qui les trahissait en silence.