Le DSM-5, bible de la psychiatrie américaine, énumère les critères du trouble de la personnalité antisociale — qu’on appelle communément psychopathie dans sa forme la plus pure. Reprenons la liste. Calmement.
Absence totale d’empathie
Un enfant palestinien meurt à Gaza. Trump propose de transformer l’enclave en riviera méditerranéenne. Un ouragan ravage Porto Rico. Trump lance des rouleaux de papier toilette à la foule. Un journaliste est démembré à l’ambassade saoudienne. Trump déclare qu’il ne veut pas perdre 450 milliards de dollars de contrats d’armement. Et pourtant, certains osent encore appeler ça du pragmatisme.
Le mensonge comme respiration
Le Washington Post a tenu un compteur pendant le premier mandat. 30 573 mensonges ou affirmations trompeuses en quatre ans. Soit environ 21 par jour. Pas des erreurs. Pas des approximations. Des mensonges, documentés, vérifiés, répétés même après démenti.
Un homme ordinaire qui ment est mal à l’aise. Son corps le trahit. Sa voix change. Trump, lui, ment avec la même tranquillité qu’il respire. Parce que pour un psychopathe, comme l’explique Cyrulnik, le mensonge n’est pas une transgression morale — c’est un outil. Rien de plus.
Et la vérité dans tout ça
La vérité n’existe pas dans l’univers mental du psychopathe. Il n’y a que ce qui sert et ce qui ne sert pas. Ce qui avance ses intérêts et ce qui les freine. Le reste — faits, science, histoire, dignité humaine — est du décor qu’on peut repeindre à volonté.
La grandiosité pathologique comme carte d'identité
Trump se décrit lui-même comme un génie très stable, la personne la moins raciste du monde, meilleur que Lincoln. Il affirme avoir mis fin à huit guerres, avoir sauvé des millions de vies, avoir réinventé l’économie mondiale. Aucune de ces affirmations n’est vraie. Toutes sont prononcées avec une certitude absolue.
Ce n’est pas de l’ego. L’ego se nuance. Ce n’est pas de la fierté. La fierté a honte de ses excès. C’est un trait clinique identifié : la grandiosité narcissique, cousine directe de la psychopathie dans la constellation des troubles de personnalité.
L'absence de remords comme signature
Six mille Mexicains traités de violeurs dans son discours d’ouverture de campagne en 2015. Pas d’excuses. Des milliers de familles séparées à la frontière, enfants en cage. Pas d’excuses. Le 6 janvier 2021, ses partisans envahissent le Capitole, cinq morts. Pas d’excuses. Au contraire : il les gracie tous dès son retour au pouvoir.
Ne jamais, jamais reconnaître une erreur
C’est une des règles d’or du psychopathe décrites par Hare. Reconnaître une erreur, c’est admettre une faille. Admettre une faille, c’est devenir vulnérable. Et la vulnérabilité, pour un psychopathe, est intolérable. Alors on ment, on détourne, on accuse l’autre, on change le sujet. Mais on ne s’excuse jamais.
La manipulation comme mode de relation
Regardez comment Trump traite ses alliés. Zelensky, humilié en direct dans le Bureau ovale en février 2025. Trudeau, surnommé gouverneur comme si le Canada était une province américaine. Macron, tapoté sur la main comme un enfant. Merkel, à qui il refuse de serrer la main.
Chaque geste est calculé. Chaque humiliation publique est un test de domination. C’est exactement ce que décrit la littérature clinique : le psychopathe ne voit pas les autres comme des égaux. Il les voit comme des obstacles, des outils ou des proies.
L'impulsivité qui n'en est pas une
On dit souvent que Trump est impulsif. C’est une erreur d’analyse. Ses éclats sont performatifs. Ils servent une stratégie. Menacer le Groenland un lundi détourne l’attention du scandale du vendredi. Insulter un allié aujourd’hui prépare une négociation demain.
Le psychopathe intelligent — et Trump l’est, quoi qu’en disent ses détracteurs — utilise le chaos comme arme. Il sait que dans le bruit, personne ne suit la piste de l’argent, personne ne lit les décrets signés en silence, personne ne remarque les nominations aux postes clés du ministère de la Justice.
Le charme superficiel qui fonctionne encore
Et malgré tout cela, Trump plaît. Soixante-dix-sept millions d’Américains ont voté pour lui en novembre 2024. Comment ? Parce que le psychopathe a une arme redoutable : le charme superficiel. Cette capacité à dire exactement ce que chaque personne veut entendre, à projeter une assurance totale, à donner l’illusion de la force.
L’illusion de force contre la peur du vide
Dans une époque de doute généralisé, de crises en cascade, de vertiges climatiques et économiques, l’homme qui dit moi seul peux régler ça rassure. Peu importe qu’il mente. Peu importe qu’il soit dangereux. Il offre une certitude. Et la certitude, même fausse, est une drogue.
Pourquoi Cyrulnik prend ce risque maintenant
Boris Cyrulnik a 88 ans. Il n’a plus rien à prouver, plus rien à craindre, plus rien à vendre. C’est précisément pour cela que sa parole pèse autant. Quand il choisit, à cet âge, de nommer publiquement un chef d’État en exercice comme psychopathe, c’est qu’il considère le danger suffisamment grave pour justifier la rupture du tabou.
Les psychiatres américains ont longtemps été tenus par la règle Goldwater, adoptée en 1973, qui leur interdit de diagnostiquer à distance des personnalités publiques. Mais Cyrulnik n’est pas américain. Il n’est lié par aucun code déontologique qui couvrirait Trump. Il est français, européen, et il parle au nom de soixante années de clinique.
Ce que change un diagnostic nommé
Nommer, ce n’est pas insulter. Nommer, c’est permettre à la société de voir clair. Tant qu’on parle de Trump comme d’un politicien excentrique, clivant, non conventionnel, on reste dans le registre du débat démocratique normal. On peut négocier avec un politicien. On peut raisonner un adversaire. On peut contenir un populiste.
Mais on ne négocie pas avec un psychopathe
On l’isole. On le contient. On verrouille les institutions. On protège les contre-pouvoirs. On prépare l’après. Parce que le psychopathe au pouvoir ne s’arrête que lorsqu’il rencontre un mur plus solide que lui. Jamais avant.
Le silence des cliniciens américains
Aux États-Unis, des dizaines de psychiatres ont tenté de briser la règle Goldwater depuis 2016. Le livre collectif The Dangerous Case of Donald Trump, publié en 2017 sous la direction de Bandy Lee, a été condamné par l’American Psychiatric Association. Bandy Lee a perdu son poste à Yale. Le message était clair : ne touchez pas à cet homme.
Pendant ce temps, l’homme qu’on ne pouvait pas diagnostiquer revenait au pouvoir. Et avec lui, tout ce que les cliniciens redoutaient : la purge des fonctionnaires, la militarisation des villes démocrates, les menaces contre les juges, l’effondrement des normes.
La France n'est pas à l'abri
Cyrulnik ne parle pas seulement de Trump. Il parle d’une époque. Une époque où les démocraties élisent des hommes que les cliniciens reconnaissent immédiatement. Bolsonaro au Brésil. Duterte aux Philippines. Orbán en Hongrie. Milei en Argentine. Et demain, peut-être, chez nous.
Le miroir que personne ne veut regarder
Quand une société élit majoritairement un psychopathe, ce n’est pas le psychopathe qui est malade. C’est la société. C’est ce que Cyrulnik, avec la douceur des très vieux sages, essaie de nous faire comprendre. Trump est un symptôme avant d’être une cause. Le diagnostic ne concerne pas seulement un homme. Il concerne l’époque qui l’a porté au pouvoir deux fois.
Ce que nous devons à Cyrulnik
Nous lui devons au minimum de le lire. De l’écouter. De cesser de feindre que la question ne se pose pas. Les mots ont un poids. Psychopathe n’est pas une insulte lancée sur les réseaux sociaux. C’est un diagnostic clinique prononcé par un homme qui a passé sa vie à soigner des âmes fracassées, et qui reconnaît quand une âme, elle, ne s’est jamais construite.
L’Occident a mis des années à nommer Staline. Des décennies à nommer Mao. Une génération entière à regarder en face ce qu’était réellement Hitler avant qu’il ne soit trop tard. À chaque fois, les cliniciens avaient vu. À chaque fois, ils avaient été moqués, ignorés, censurés.
Le courage d'un vieil homme contre le confort des naïfs
Boris Cyrulnik ne se trompe probablement pas. Et s’il a raison — et il a raison — alors nous vivons une époque historique où un psychopathe contrôle l’arme nucléaire la plus puissante au monde, où il humilie ses alliés, où il négocie avec ses pairs en dictature, où il démantèle systématiquement les contre-pouvoirs qui devraient le contenir.
Regarder la bête en face
Cela ne se négocie pas avec des traités. Cela ne se raisonne pas avec des éditoriaux. Cela ne se contient qu’avec des institutions solides et des peuples lucides. Cyrulnik nous tend le miroir. À nous de décider si nous osons le regarder.
La phrase qu'il faut retenir
Sur le plateau, dans cette vidéo qui tourne maintenant sur TikTok et accumule les vues par millions, Cyrulnik conclut par cette phrase que tout le monde devrait apprendre par cœur : Un fou, on peut le comprendre. Un psychopathe, on ne peut que l’arrêter.
Il ne l’a pas dit en colère. Il l’a dit tristement. Comme un homme qui sait ce qu’il en coûte de ne pas arrêter à temps ceux qu’il faut arrêter. Comme un homme qui a vu ce que ça produit, quand on confond la folie et le mal, quand on prend le calcul pour de la démence, quand on laisse le charme superficiel masquer la froideur absolue du cœur.
Boris Cyrulnik a parlé. L’histoire jugera ceux qui ont choisi de ne pas l’entendre.
Signé Jacques PJ Provost
Encadré de transparence
Ce que je sais
Boris Cyrulnik a publiquement qualifié Donald Trump de psychopathe lors d’une intervention médiatique diffusée par France Inter et relayée massivement sur les réseaux sociaux. Le psychiatre français, figure majeure de la clinique européenne et père du concept de résilience en France, s’appuie sur des décennies d’observation clinique. Les critères qu’il évoque correspondent aux descriptions du trouble de la personnalité antisociale documentées dans le DSM-5 et dans les travaux de référence de Robert Hare sur la psychopathie.
Ce que je pense
La parole de Cyrulnik rompt un tabou et mérite d’être prise au sérieux. Quand un clinicien de cette stature accepte de nommer publiquement ce que beaucoup pensent tout bas, c’est qu’il considère le danger suffisamment grave pour justifier la rupture du silence professionnel. Traiter la question comme une provocation serait une erreur. Elle mérite un débat clinique, politique et démocratique sérieux.
Ce qui reste à vérifier
Aucun diagnostic clinique formel ne peut être posé à distance. Cyrulnik propose une lecture étayée par l’observation publique, non un examen psychiatrique en bonne et due forme. Les évolutions futures — comportement, décisions, réactions aux crises — permettront de confirmer ou de nuancer cette lecture. Le débat scientifique reste ouvert, notamment autour de la règle Goldwater qui encadre ces questions aux États-Unis.
Sources
Sources primaires
France Inter — Boris Cyrulnik sur Donald Trump — Novembre 2025
France Inter — L’invité de 7h50 — Archives des émissions 2025
Sources secondaires
American Psychiatric Association — The Goldwater Rule — Principles of Medical Ethics
Washington Post — Trump’s false or misleading claims total 30,573 over four years — 24 janvier 2021
Dr. Robert D. Hare — Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R) — Référence clinique
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