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Le geste que personne n’a posé

Imaginez. Imaginez seulement. Vingt-et-une heures cinquante. Trump vient d’être évacué. Les gens tremblent encore. Les services secrets sécurisent le périmètre. Et là, le président de NBC News, ou la patronne éditoriale Rebecca Blumenstein, ou n’importe quel cadre supérieur d’une grande rédaction américaine, prend son téléphone et envoie un communiqué d’une ligne : « Compte tenu des événements de ce soir, nous annulons notre réception. Nos pensées vont aux victimes potentielles, aux services de l’ordre, et à toutes celles et ceux qui s’inquiètent ce soir pour notre démocratie. »

Ce communiqué n’a pas été envoyé. Il n’a même pas été pensé. À la place, MS NOW a écrit à ses invités cette phrase qui restera dans les annales du journalisme américain : « While tonight’s event won’t be what we originally intended, we still think it is important to provide a space for friends and colleagues to be together. » Bien que la soirée ne sera pas ce que nous avions prévu, nous pensons toujours qu’il est important d’offrir un espace où amis et collègues peuvent être ensemble.

Relisez cette phrase. Lentement. « Friends and colleagues. » Amis et collègues. Pas confrères. Pas reporters. Pas chroniqueurs. Amis et collègues. Le vocabulaire trahit toujours la vérité. Cette soirée n’était pas un rassemblement professionnel. C’était une réunion de classe. Une classe qui a senti, ce soir-là, qu’elle avait besoin de se serrer les coudes — pas pour informer le public, pas pour décortiquer ce qui venait de se passer, mais pour se rassurer entre soi. Pour vérifier que la machine tournait encore. Pour boire un verre avec le bon CEO et la bonne anchor.

Le contraste qui hurle

Pendant que Oz Pearlman faisait ses tours de magie pour Mark Lazarus, le PDG de Versant Media, et pour KC Sullivan, président de CNBC, dans une station de tramway souterraine décorée de projections murales évoquant le Premier Amendement, dehors, dans les rues de Washington, des chauffeurs Uber racontaient ce qu’ils avaient entendu à leurs passagers en smoking. Le détail vient du même reportage. Lisez-le bien. La rue savait. La rue parlait. La rue, elle, avait compris ce qui venait d’arriver.

Dans la station de tramway, on regardait des projections sur le Premier Amendement. Dehors, on essayait de comprendre comment un pays peut en arriver là. La police de Washington avait fermé Connecticut Avenue. Les invités passaient d’une fête à l’autre en faisant des détours. Subdued, disaient-ils. Atténué.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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