Skip to content

Nommer « la gauche » comme entité responsable : l’anatomie d’une manipulation

« La gauche. » Deux mots. Cent soixante millions d’Américains réduits à une étiquette, puis à un verdict, puis à une culpabilité collective prononcée depuis le pupitre le plus médiatisé du monde. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche depuis janvier 2025, a 27 ans et une maîtrise de la grammaire de l’indignation construite. Elle sait ce qu’elle fait quand elle dit « culte de la haine ». Elle sait que ce syntagme va circuler, être coupé, repartagé, tatoué dans les mémoires avant que quiconque n’ait eu le temps de vérifier.

C’est la capture narrative dans toute sa brutalité : imposer le vocabulaire, c’est imposer la réalité. Si « la gauche » est un culte, alors ses membres sont des sectateurs. Si ses membres sont des sectateurs, alors leur opposition politique est une déviance religieuse. Si leur opposition est une déviance religieuse, alors Marcus Handley est leur fidèle — même si Marcus Handley ne connaissait probablement aucun élu démocrate de son quartier et votait peu ou pas.

Et pourtant, je dois être honnête ici, avec moi-même et avec vous : la gauche américaine a effectivement produit, ces dernières années, un discours sur Trump qui a franchi parfois les limites du politique pour toucher à quelque chose de plus viscéral, de plus dangereux. Des militants ont dit des choses qu’ils n’auraient pas dû dire. Des représentants élus ont utilisé des métaphores qui appelaient, même indirectement, à l’affrontement. Cela existe. Cela est documenté. Mais « cela existe » n’est pas « cela a causé Marcus Handley ». Et confondre les deux, délibérément, c’est commettre une fraude intellectuelle d’État.

L’équation impossible : le discours politique et l’acte individuel

La question que personne ne pose assez fort dans les heures qui suivent ce genre d’événement est celle-ci : à quel moment le discours politique devient-il responsable de l’acte individuel ? Et cette question vaut pour tout le monde. Elle valait en janvier 2021, quand des milliers de personnes ont pris d’assaut le Capitole après que Donald Trump leur ait dit, depuis une estrade à 300 mètres de là, que leur pays était volé et qu’il fallait « se battre comme des diables ». Elle vaut aujourd’hui.

Sauf que la Maison-Blanche de Donald Trump n’a pas répondu à cette question en 2021. Elle l’a fuyée, esquivée, retournée. Et la Maison-Blanche de Donald Trump, en 2026, ne pose pas la question non plus. Elle donne la réponse avant que la question soit posée. Cette asymétrie-là — cette immunité que l’on s’accorde à soi-même pendant qu’on condamne l’autre — est le cœur du problème. Ce n’est pas de la politique. C’est du droit à la double mesure élevé au rang de doctrine d’État.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu