L’histoire militaire regorge de moments où les commandants ont fait preuve d’une ingéniosité remarquable ou ont dû recourir à des mesures dictées par la nécessité, et la différence entre les deux n’apparaît souvent clairement qu’avec le recul. Certaines tactiques ont révolutionné l’art de la guerre parce qu’elles avaient été soigneusement calculées et exécutées avec précision, tandis que d’autres ont vu le jour lorsque les options étaient limitées et que la survie primait sur la viabilité. Voici 10 tactiques militaires qui semblaient brillantes et 10 autres qui relevaient du pur désespoir.
1. La double encerclement à Cannes (216 av. J.-C.)
L’armée carthaginoise d’Hannibal a mis en œuvre un encerclement soigneusement planifié contre une force romaine plus importante. En laissant son centre se replier progressivement, il a attiré les troupes romaines vers l’intérieur tandis que ses flancs, plus puissants, les encerclaient.
2. La feinte de retraite employée par les Mongols (XIIIe siècle)
Les forces mongoles feignaient souvent de battre en retraite pour inciter leurs ennemis à se lancer dans une poursuite désorganisée. Dès que les troupes adverses rompaient leurs rangs, les Mongols faisaient rapidement demi-tour et attaquaient avec une précision parfaitement coordonnée. Cette tactique reposait davantage sur la discipline et la communication que sur la force brute.
3. L'utilisation du terrain lors de la bataille d'Azincourt (1415)
Les troupes anglaises commandées par Henri V se positionnèrent sur un terrain étroit et boueux qui limitait la mobilité des Français. Les archers tirant à l’arc long tirèrent parti de ce terrain pour prendre pour cible les chevaliers lourdement cuirassés qui peinaient à avancer.
4. La stratégie de Fabius contre Hannibal (Deuxième Guerre punique)
Le général romain Fabius Maximus évita toute confrontation avec les forces d’Hannibal, préférant se concentrer sur des tactiques dilatoires. En coupant les lignes de ravitaillement et en évitant les grandes batailles, il affaiblit progressivement l’armée d’Hannibal. Bien qu’initialement impopulaire, cette approche prudente permit de préserver les forces romaines. Elle contribua finalement à la capacité de Rome à poursuivre la guerre.
5. Le système de guerre des tranchées pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918)
Bien qu’ils soient souvent associés à une impasse, les systèmes de tranchées constituaient une adaptation stratégique à la puissance de feu moderne. Les positions défensives protégeaient les soldats contre l’artillerie et les mitrailleuses, rendant ainsi les assauts frontaux difficiles.
6. La campagne d'îles en îles dans le Pacifique (Seconde Guerre mondiale)
Les forces américaines ont ciblé de manière sélective des îles stratégiques plutôt que d’attaquer toutes les positions tenues par les Japonais. En s’emparant de sites d’importance stratégique, elles ont établi des bases plus proches du Japon. Cela leur a permis de contourner les zones fortement défendues et d’économiser leurs ressources. Cette stratégie a accéléré la progression globale de la campagne.
7. Le recours à la stratégie de la « Blitzkrieg » par l'Allemagne (début de la Seconde Guerre mondiale)
Les forces allemandes ont combiné rapidité, coordination et attaques concentrées pour submerger leurs adversaires. Les chars, l’aviation et l’infanterie ont coopéré pour percer rapidement les lignes ennemies. Cette stratégie a perturbé les communications et empêché toute résistance efficace. Elle a permis de remporter des victoires rapides au début de la guerre.
8. La défense en profondeur lors de la bataille de Koursk (1943)
Les forces soviétiques ont mis en place plusieurs lignes de défense destinées à absorber et à affaiblir les attaques allemandes. Celles-ci comprenaient des champs de mines, des positions antichars et des lignes fortifiées. À mesure que les forces allemandes progressaient, elles se heurtaient à une résistance incessante qui ralentissait leur avancée. Cette stratégie a contribué à marquer un tournant décisif sur le front de l’Est.
9. L'utilisation du décryptage à Bletchley Park (Seconde Guerre mondiale)
Les efforts conjoints des services de renseignement ont permis de déchiffrer avec succès les communications allemandes, offrant ainsi des avantages stratégiques décisifs. Cela a permis aux commandants d’anticiper les mouvements ennemis et de planifier leurs actions en conséquence. Les informations obtenues ont influencé les opérations navales et terrestres. Cela a démontré à quel point le renseignement pouvait influencer l’issue des combats.
10. Le débarquement en Normandie (1944)
Le débarquement du jour J a nécessité une planification coordonnée entre les forces terrestres, navales et aériennes. Des manœuvres de diversion ont induit les défenses allemandes en erreur quant au lieu de l’invasion. Une fois débarquées, les troupes ont réussi à s’implanter malgré une forte résistance. Cette opération a marqué une étape décisive vers la libération de l’Europe occidentale.
1. Les attaques en vague humaine
Cette tactique consistait à envoyer de nombreux soldats mener des assauts frontaux répétés. Elle reposait sur le principe de submerger l’ennemi par la force du nombre plutôt que par la stratégie. Bien qu’elle se soit parfois avérée efficace dans des situations bien précises, elle entraînait souvent des pertes extrêmement importantes. Elle était fréquemment employée lorsque les autres options étaient limitées.
2. La politique de la terre brûlée en Russie (1812, 1941)
Les forces en retraite détruisaient les récoltes, les infrastructures et les réserves afin de priver l’ennemi en progression de ses ressources. Si cela ralentissait les invasions, cela causait également de grandes souffrances aux civils et à la population qui se défendait.
3. Les attaques kamikazes menées par le Japon (Seconde Guerre mondiale)
Les pilotes japonais ont délibérément précipité leurs avions sur les navires ennemis pour mener leurs attaques. Cette tactique a vu le jour vers la fin de la guerre, alors que les options conventionnelles s’amenuisaient. Si elle a causé des dégâts, elle s’est toutefois soldée par la perte de personnel qualifié. Elle a mis en évidence les mesures extrêmes prises sous la pression.
4. La Charge de la brigade légère (1854)
La cavalerie britannique s’est lancée directement à l’assaut des positions d’artillerie russes, solidement défendues. Cette attaque était due à un manque de communication et à l’absence d’ordres clairs. Malgré le courage des soldats, cette charge a entraîné des pertes considérables sans apporter de gain stratégique notable.
5. Le recours aux enfants soldats
Dans certaines guerres, les forces armées ont recruté des enfants en raison d’un manque de combattants entraînés. Cette pratique témoigne d’un désespoir extrême et d’un manque de ressources. Elle entraîne souvent des conséquences sociales et psychologiques à long terme. Elle est largement condamnée par le droit international.
6. La défense désespérée de Berlin (1945)
Alors que les forces alliées se rapprochaient, les défenseurs allemands comptaient dans leurs rangs des milices et des unités de jeunes mal entraînées. Les ressources étaient limitées et la coordination devenait de plus en plus difficile.
7. Les charges banzaï pendant la guerre du Pacifique
Les forces japonaises menaient des charges d’infanterie massives contre des positions fortifiées. Ces attaques étaient souvent lancées lorsque la retraite ou la reddition n’étaient pas envisagées. Si elles témoignaient d’un grand dévouement, elles entraînaient généralement de lourdes pertes.
8. L'utilisation des brûlots dans la guerre navale
Des navires vétustes chargés de matériaux inflammables étaient envoyés à la rencontre des flottes ennemies. Bien qu’ils se soient parfois révélés efficaces, ces moyens étaient risqués et difficiles à maîtriser.
9. Les tactiques de siège visant à affamer l'ennemi dans la guerre médiévale
Les défenseurs ou les assaillants recouraient parfois à la stratégie consistant à couper les approvisionnements alimentaires pour forcer la reddition. Bien qu’efficace à long terme, cette tactique causait de grandes souffrances aux civils pris au piège dans les villes.
10. Les dernières phases de la défense de Stalingrad (1942-1943)
À mesure que la situation se détériorait, les forces allemandes et soviétiques se sont retrouvées à combattre dans des conditions extrêmes, avec des ressources limitées. Les combats se sont transformés en affrontements au corps à corps au milieu des ruines. Les soldats ont dû s’adapter à des tactiques axées sur la survie plutôt qu’à des plans structurés.