Certaines interprétations restent gravées dans les mémoires parce que l’acteur est talentueux. D’autres marquent les esprits parce que le rôle est presque gênant à regarder, dans le bon sens du terme : on sent bien que l’acteur a renoncé à l’apparence soignée pour se lancer directement dans le vif du sujet. Ces interprétations couvrent le Hollywood d’antan, les films policiers des années 1970, les biopics prestigieux, les drames politiques, les films d’horreur, ainsi que quelques rôles qui reviennent toujours sur le tapis dès qu’on évoque la métamorphose. Certaines sont inspirées de personnes réelles, tandis que d’autres sont devenues des repères culturels grâce à la seule force de l’interprétation. Voici 20 performances d’acteurs qui ont contribué à changer ce que le public attendait d’un rôle à l’écran.
1. Daniel Day-Lewis dans le rôle d'Abraham Lincoln
Daniel Day-Lewis n’a pas incarné Abraham Lincoln comme un personnage distant sorti tout droit d’un manuel scolaire. Dans Lincoln, il a dépeint le 16e président avec une voix fluette, un corps fatigué et un humour pince-sans-rire. Dans l’ensemble, il l’a rendu bien plus humain.
2. Bette Davis dans le rôle de Baby Jane Hudson
Bette Davis a fait de Baby Jane Hudson l’un des rôles les plus troublants du Hollywood des années 1960. Dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, elle a su, grâce à un maquillage défait, à des souvenirs amers du monde du spectacle et à une présence scénique enfantine, rendre ce personnage à la fois effrayant et triste.
3. Robert De Niro dans le rôle de Jake LaMotta
Le Jake LaMotta incarné par Robert De Niro dans « Raging Bull » fait encore l’objet de discussions chaque fois que les acteurs évoquent la transformation physique. Son interprétation suit LaMotta depuis les rings de boxe des années 1940 jusqu’à une vieillesse marquée par le surpoids et la solitude, et cette évolution semble liée à des années de colère, de jalousie et de souffrances.
4. Charlize Theron dans le rôle d'Aileen Wuornos
Pour « Monster », Charlize Theron a mis de côté son image de star de cinéma, et le résultat reste saisissant. Elle n’a pas rendu Aileen Wuornos sympathique, ni édulcoré la violence, mais elle a su donner à ce personnage une dimension effrayée, en manque d’affection, instable et douloureusement humaine.
5. Marlon Brando dans le rôle de Terry Malloy
Le Terry Malloy incarné par Marlon Brando dans Sur les quais a contribué à faire évoluer le jeu d’acteur à l’écran vers un style plus décontracté et plus intime. Il se tient voûté, marque des pauses, marmonne et semble perdre ses moyens au milieu d’une phrase, ce qui rend la souffrance du personnage particulièrement crue et authentique.
6. Glenda Jackson dans le rôle de la reine Élisabeth Ire
L’Élisabeth Ire incarnée par Glenda Jackson a démontré toute la richesse que la série télévisée pouvait apporter à un rôle historique. Tout au long de la série « Elizabeth R », elle a su passer de la jeunesse aux pressions politiques, de la solitude au vieillissement, puis à l’autorité royale, sans jamais laisser la couronne éclipser la femme qui se cachait derrière.
7. Peter O’Toole dans le rôle de T.E. Lawrence
La prestation de Peter O’Toole dans Lawrence d’Arabie a fait de ce film épique de 1962 une œuvre au cœur tourmenté. Son T.E. Lawrence est charismatique, étrange, vaniteux, courageux et de plus en plus désorienté, et O’Toole parvient à faire cohabiter tous ces traits de caractère sans réduire le personnage à un héros simpliste et unidimensionnel.
8. Meryl Streep dans le rôle de Sophie Zawistowski
On se souvient souvent de Sophie, incarnée par Meryl Streep dans Le Choix de Sophie, pour son accent, mais sa performance va bien au-delà de la simple maîtrise technique. Elle incarne une survivante de l’Holocauste dont la chaleur et le charme côtoient un chagrin qui ne cesse de refaire surface, parfois à travers de minuscules changements dévastateurs.
9. Al Pacino dans le rôle de Michael Corleone
Al Pacino commence son rôle dans Le Parrain avec une telle discrétion que Michael Corleone pourrait presque passer inaperçu parmi les hommes plus bruyants qui l’entourent. À la fin, cette même discrétion s’est transformée en une maîtrise implacable, obligeant le public à assister à une métamorphose effrayante et progressive.
10. Vivien Leigh dans le rôle de Scarlett O’Hara
Vivien Leigh a insufflé à Scarlett O’Hara une force qui continue de dominer Autant en emporte le vent, malgré l’héritage controversé du film. Elle incarne Scarlett comme une femme vaniteuse, charmante, égoïste, effrayée et farouchement déterminée, rendant ainsi à la perfection ce personnage tant apprécié.
11. Denzel Washington dans le rôle de Malcolm X
Le Malcolm X incarné par Denzel Washington couvre un vaste éventail d’émotions et de thèmes politiques sans jamais paraître précipité. Il passe du statut de petit délinquant de rue à celui de converti en prison, puis de leader public, et son interprétation confère à chaque étape son propre rythme, sa propre colère, sa propre fierté et ses propres doutes.
12. Cate Blanchett dans le rôle de la reine Élisabeth Ire
Sorti en 1998, le film « Elizabeth », avec Cate Blanchett, raconte l’histoire d’une jeune femme qui découvre le prix à payer pour le pouvoir. Elle incarne la peur, l’intelligence, le désir et l’instinct de survie avec une précision sans faille, donnant ainsi une touche de modernité à cette histoire bien connue de la dynastie Tudor.
13. Philip Seymour Hoffman dans le rôle de Truman Capote
Philip Seymour Hoffman aurait pu se contenter de reproduire la voix, la posture et les manières de Capote. Mais il va plus loin, en mettant en lumière le charme, la vanité, la solitude et la maîtrise de soi qui se cachent derrière ces traits physiques, surtout à mesure que Capote s’enfonce dans l’affaire de meurtre qui a inspiré De sang-froid.
14. Helen Mirren dans le rôle de la reine Élisabeth II
La performance d’Helen Mirren dans The Queen fonctionne parce qu’elle ne cherche pas à en faire trop. Elle incarne Élisabeth II à travers la retenue, l’agacement, le sens du devoir et ses doutes intimes, en particulier pendant les jours tendus qui ont suivi la mort de la princesse Diana en 1997.
15. Forest Whitaker dans le rôle d'Idi Amin
L’Idi Amin incarné par Forest Whitaker dans Le Dernier Roi d’Écosse est effrayant, car son charme fait partie intégrante du danger qu’il représente. Il peut se montrer drôle et accueillant à un moment, puis brutalement imprévisible l’instant d’après, ce qui rend son interprétation profondément dérangeante sans pour autant excuser les crimes du dictateur.
16. Marion Cotillard dans le rôle d'Édith Piaf
L’Édith Piaf incarnée par Marion Cotillard dans La Môme semble physiquement et émotionnellement épuisée, de la première à la dernière scène. Elle rend parfaitement compte de la soif de réussite, de l’obstination, de la fragilité et de l’épuisement de la chanteuse française, faisant apparaître la célébrité comme une épreuve plutôt que comme un conte de fées.
17. Anthony Hopkins dans le rôle d'Hannibal Lecter
Anthony Hopkins a su, en très peu de temps à l’écran, faire d’Hannibal Lecter l’un des méchants les plus célèbres du cinéma. Dans Le Silence des agneaux, sa retenue, son immobilité, son élocution posée et sa politesse déconcertante ont rendu le personnage terrifiant et incroyablement mémorable.
18. Jodie Foster dans le rôle de Clarice Starling
Jodie Foster incarne le cœur émotionnel du film Le Silence des agneaux dans le rôle de Clarice Starling, une jeune stagiaire du FBI qui tente de s’imposer dans un milieu dominé par des hommes qui la sous-estiment. Elle interprète Clarice avec une mélange de crainte, d’intelligence et de ténacité, ce qui rend son courage d’autant plus mérité.
19. Joaquin Phoenix dans le rôle de Johnny Cash
Le Johnny Cash incarné par Joaquin Phoenix dans Walk the Line va bien au-delà des vêtements noirs et de la voix grave. Il met en lumière la dépendance, la honte, la tendresse et ce besoin obstiné de lien qui se cachent derrière la musique, notamment dans les scènes avec June Carter, interprétée par Reese Witherspoon.
20. Louise Fletcher dans le rôle de l'infirmière Ratched
Louise Fletcher a rendu l’infirmière Ratched terrifiante en conservant son calme. Dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou », sa voix douce, son sourire figé et son sang-froid transforment la cruauté en routine, et c’est précisément pour cela que son interprétation reste si glaciale.