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Le Premier Amendement transformé en chiffon

Reprenons calmement ce qui s’est passé. Le Premier Amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1791, commence par ces mots précis : « Congress shall make no law respecting an establishment of religion ». Le Congrès ne fera aucune loi établissant une religion. C’est la clause d’établissement, l’une des pierres angulaires de la République américaine. Elle a été écrite par des hommes — Jefferson, Madison, Franklin — qui sortaient de deux siècles de guerres de religion européennes et qui avaient compris une chose simple : quand l’État se mélange à une religion, les deux finissent par devenir corrompus.

Or que voit-on, le 17 mai 2026, sur le National Mall ? On voit le secrétaire à la Défense en exercice prononcer un discours religieux. On voit le président des États-Unis lire la Bible dans le bureau ovale et faire diffuser cette lecture devant une foule de fidèles. On voit le chef de la Chambre des représentants prier publiquement sur scène. Trois des plus hautes fonctions de l’État fédéral, simultanément, en train de mélanger leur autorité civile avec une autorité religieuse. Et la professeure d’études religieuses Julie Ingersoll, de l’Université de Floride du Nord, doit le rappeler comme une évidence oubliée : « Ni la Déclaration d’indépendance ni la Constitution ne mentionnent la religion, Dieu, ou Jésus. »

Christianisme blanc, ou la nation qui exclut

Et c’est ici que le commentaire ne peut plus rester poli. Parce que ce qui s’est joué dimanche n’est pas un rassemblement religieux. C’est la promotion officielle d’une identité nationale ethno-religieuse. Le professeur Sam Perry, de l’Université Baylor au Texas, le formule sans équivoque : « L’administration Trump fait la promotion d’une identité américaine ancrée dans le christianisme blanc ou dans des racines européennes. »

Lisez cette phrase encore une fois. Christianisme blanc. Racines européennes. C’est l’aveu, formulé par un universitaire spécialiste du sujet, que ce qui se déroulait sur le National Mall n’était pas une célébration religieuse œcuménique mais une déclaration d’appartenance ethnique déguisée en piété. Les invités étaient presque tous protestants évangéliques, à l’exception symbolique d’un rabbin orthodoxe. Aucun imam. Aucun représentant des trente millions de musulmans, bouddhistes, hindous et athées qui composent l’Amérique de 2026. Aucun représentant des Églises afro-américaines historiques qui ont pourtant porté les droits civiques. Aucune voix latino-catholique progressiste. Une seule version du christianisme, blanche, conservatrice, évangélique, présentée comme étant la religion de la nation.

Quand une nation décide qu’elle a une religion, elle décide aussi qui n’est pas vraiment de la nation. Ce ne sont pas deux gestes. C’est un seul.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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