L’histoire regorge de trahisons, mais toutes n’ont pas été motivées par les mêmes raisons. Certaines personnes se sont retournées contre leurs alliés, leurs dirigeants ou leur nation pour acquérir pouvoir, richesse ou influence à des fins personnelles, tandis que d’autres estimaient agir au nom de principes moraux, politiques ou religieux qui primaient sur la loyauté personnelle. Ces trahisons ont façonné des guerres, des gouvernements et des sociétés entières, et beaucoup font encore l’objet de débats des siècles plus tard, car la frontière entre ambition égoïste et conviction n’est pas toujours aussi claire qu’il n’y paraît à première vue. Voici 10 trahisons célèbres motivées par le pouvoir et 10 motivées par des principes.
1. Brutus contre Jules César
Marcus Junius Brutus s’est joint à la conspiration qui a conduit à l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., après que celui-ci eut acquis une autorité considérable à Rome. Bien que Brutus ait affirmé par la suite avoir agi pour protéger la République romaine, de nombreux historiens soulignent également que de puissants sénateurs craignaient de perdre leur influence politique sous le règne de César.
2. Benedict Arnold contre la Révolution américaine
Au départ, Benedict Arnold était un général respecté qui combattait aux côtés des colonies américaines pendant la guerre d’indépendance. Frustré par des problèmes d’argent, de reconnaissance et de conflits politiques, il accepta en secret de livrer le fort de West Point aux Britanniques en échange d’une rémunération et d’un poste militaire.
3. Richard Neville contre Édouard IV
Richard Neville, connu sous le nom de comte de Warwick ou « le faiseur de rois », a aidé Édouard IV à s’emparer du trône d’Angleterre pendant la Guerre des Deux-Roses. Lorsque Warwick a perdu son influence sur les décisions royales, il a changé de camp et s’est rangé du côté des ennemis d’Édouard. Ses revirements d’alliances ont montré à quel point les luttes de pouvoir l’emportaient souvent sur la loyauté chez les nobles médiévaux.
4. Alcibiade contre Athènes
Alcibiade était un homme politique athénien brillant mais controversé qui a vécu pendant la guerre du Péloponnèse. Après avoir fait l’objet de poursuites pénales à Athènes, il fit défection pour rejoindre Sparte, où il conseilla par la suite ses dirigeants contre sa ville natale. Il finit par changer à nouveau de camp, ce qui fit de lui l’un des opportunistes politiques les plus tristement célèbres du monde antique.
5. Vidkun Quisling contre la Norvège
Vidkun Quisling a collaboré avec l’Allemagne nazie pendant l’occupation de la Norvège lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a tenté de diriger un gouvernement pro-allemand alors que son propre pays restait sous domination étrangère. Ses actes ont été si largement condamnés que le mot « quisling » est entré dans plusieurs langues pour désigner un traître.
6. Mir Jafar contre Siraj ud-Daulah
Mir Jafar a joué un rôle majeur lors de la bataille de Plassey en 1757, au cours de laquelle la Compagnie britannique des Indes orientales a vaincu le nabab du Bengale. Il a secrètement coopéré avec les forces britanniques après s’être vu promettre en échange un poste de pouvoir politique. Cette trahison a contribué à étendre l’influence britannique à travers l’Inde.
7. Pétain contre la Troisième République française
Le maréchal Philippe Pétain est devenu un héros national pendant la Première Guerre mondiale, mais les décisions qu’il a prises par la suite ont terni définitivement cette réputation. Après la capitulation de la France face à l’Allemagne en 1940, il a pris la tête du gouvernement de Vichy, qui a coopéré avec les autorités nazies au lieu de poursuivre la résistance depuis l’étranger.
8. Andronikos Ier face à la cour byzantine
Au XIIe siècle, Andronikos Ier Comnène s’est emparé du pouvoir dans l’Empire byzantin grâce à des manœuvres politiques et à la violence à l’encontre de ses rivaux. Après s’être présenté comme un réformateur, il a pris le contrôle du pouvoir et éliminé ses adversaires au sein de la famille impériale.
9. Robert Bruce contre John Comyn
Avant de devenir roi d’Écosse, Robert Bruce a tué son rival John Comyn lors d’une rencontre dans une église en 1306. Ce conflit portait en partie sur des revendications concurrentes concernant la direction de l’Écosse pendant les guerres contre l’Angleterre.
10. Éphialtès contre Sparte
On se souvient d’Éphialtès pour avoir trahi les Grecs lors de la bataille des Thermopyles en 480 av. J.-C. Il indiqua à l’armée perse un sentier de montagne qui lui permit de contourner le roi Léonidas et les défenseurs spartiates.
1. Martin Luther contre l'Église catholique
Au XVIe siècle, Martin Luther a remis en cause l’autorité et les pratiques de l’Église catholique après avoir dénoncé des pratiques telles que la vente d’indulgences. Les dirigeants de l’Église ont considéré ses actions comme une trahison de l’unité religieuse et de l’obéissance.
2. Frederick Douglass contre ses anciens propriétaires
Frederick Douglass s’est échappé de l’esclavage dans le Maryland et est ensuite devenu l’une des figures les plus marquantes du mouvement abolitionniste aux États-Unis. Les propriétaires d’esclaves considéraient son évasion et son militantisme comme une trahison, car il s’attaquait ouvertement à l’institution qui le revendiquait comme sa propriété.
3. Dietrich Bonhoeffer contre l'Allemagne nazie
Dietrich Bonhoeffer était un théologien allemand qui s’est opposé à Adolf Hitler et s’est finalement engagé dans la résistance contre le régime nazi. Bien que l’État allemand ait qualifié ses actes de trahison, Bonhoeffer estimait que les principes chrétiens exigeaient de résister à la dictature et à la persécution.
4. Thomas More contre Henri VIII
Thomas More a fidèlement servi le roi Henri VIII pendant des années avant de refuser de soutenir la rupture du roi avec l’Église catholique. Son refus de reconnaître Henri comme chef de l’Église d’Angleterre lui a valu d’être accusé de trahison.
5. Claus von Stauffenberg contre Hitler
Claus von Stauffenberg était un officier de l’armée allemande qui a participé au complot de juillet 1944 visant à assassiner Hitler. Bien qu’il ait trahi les dirigeants de son gouvernement, il était convaincu que l’Allemagne devait mettre fin au régime nazi pour éviter de nouvelles destructions et un effondrement moral.
6. Galilée contre la doctrine établie
Galilée défendait la théorie héliocentrique selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, ce qui remettait en cause les croyances religieuses et scientifiques dominantes de son époque. De nombreuses autorités considéraient son soutien à cette théorie comme un acte de désobéissance à l’égard de l’enseignement établi.
7. Oskar Schindler contre la politique nazie
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Oskar Schindler était un homme d’affaires lié au parti nazi, mais il a par la suite mis à profit ses usines et ses ressources pour sauver plus d’un millier de vies juives. Aux yeux des responsables nazis, ses actions allaient à l’encontre de la politique de l’État et des priorités de guerre.
8. Jan Hus contre l'autorité de l'Église
Au début du XVe siècle, Jan Hus dénonça la corruption au sein de l’Église catholique médiévale. Les autorités ecclésiastiques considérèrent ses enseignements comme une dangereuse trahison de l’ordre et de la doctrine religieux.
9. Daniel Ellsberg contre le gouvernement américain
En 1971, Daniel Ellsberg a divulgué les « Pentagon Papers », révélant ainsi des informations classifiées sur l’implication des États-Unis au Vietnam. Ses partisans estimaient qu’il avait dénoncé la tromperie du gouvernement dans l’intérêt général, tandis que ses détracteurs l’accusaient d’avoir trahi la confiance de la nation.
10. Sophie Scholl contre l'État nazi
Sophie Scholl faisait partie du groupe de résistance « La Rose blanche » dans l’Allemagne nazie, qui diffusait des tracts critiquant le régime et la guerre. Le gouvernement a qualifié ses actes de trahison, car elle encourageait ouvertement la résistance parmi les citoyens allemands.