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Le président qui ne se bat plus

Quand Trump se bat, on le sait. Il poste à trois heures du matin. Il insulte. Il menace. Il ressasse. Il revient à la charge. Or, sur plusieurs dossiers majeurs des dernières semaines, le président a fait le contraire : il a lâché. Lors de son interview téléphonique avec CNBC diffusée lundi, il a déclaré que les discussions diplomatiques avec l’Iran avaient « commencé à devenir très ennuyeuses ». C’est sa propre formule. Pas celle d’un opposant. Pas celle d’un éditorialiste. La sienne. Un chef d’État qui qualifie d’ennuyeuses des négociations susceptibles d’éviter un embrasement régional, ce n’est pas un dirigeant qui prépare un second souffle. C’est un homme qui décroche.

Même schéma sur le Kennedy Center. Après la décision du juge concernant le nom de l’institution culturelle, Trump n’a pas riposté. Pas de menace. Pas de tweet incendiaire. Pas de campagne de représailles. Silence. Idem pour le fonds discrétionnaire de 1,8 milliard de dollars qu’il défendait il y a encore quelques semaines comme une question de principe absolu. Aujourd’hui, il l’abandonne sans broncher. Et que dire de la fameuse Great American Country Fair prévue le 24 juin sur le National Mall ? Les artistes désertent les uns après les autres, et plutôt que d’orchestrer une riposte commerciale ou médiatique, Trump se contente de les insulter et annonce qu’il « divertira tout le monde lui-même ». C’est l’attitude d’un homme qui n’a plus l’énergie de la guerre culturelle. C’est l’attitude d’un homme qui regarde la sortie.

L’indifférence affichée envers l’électorat

Plus troublant encore : Trump ne fait plus semblant de se soucier des Américains ordinaires. Interrogé sur l’explosion du prix de l’essence et des produits alimentaires, il a balayé la question d’un revers de main. Aucune compassion feinte. Aucune promesse symbolique. Aucune diversion. Il ne joue même plus le rôle. Or, le rôle, c’était l’essentiel pour cet homme. Le spectacle de l’empathie populiste avait été sa monnaie principale depuis 2015. Aujourd’hui, il ne dépense plus cette monnaie. Il la garde. Ou il l’a perdue.

Et puis il y a les élections de mi-mandat. Trump a admis lui-même qu’il ne s’en souciait pas. Pas d’effort de mobilisation. Pas de tournée. Pas de discipline partisane. Ses propres collègues républicains, selon plusieurs sources, espèrent désormais qu’il s’efface avant novembre pour limiter la casse. Quand un président cesse de protéger son propre parti, il signe une forme de retrait politique. Quand il cesse de protéger sa propre légende, il signe autre chose. Une désertion lente. Une démission silencieuse en cours d’exécution.

Ce qui me frappe, ce n’est pas la fatigue. C’est l’absence de feu. Trump sans colère, c’est comme un volcan sans lave. Il ne reste qu’un trou béant, et personne ne sait ce qui va en sortir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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