Skip to content

Une percée scientifique dans l’est du Népal

Pour la toute première fois, la présence du pangolin de Chine (Manis pentadactyla), une espèce en danger critique d’extinction, a été formellement documentée dans le district de Sunsari, situé dans l’est du Népal. Cette découverte majeure marque une étape importante pour la biodiversité locale, portant désormais à 28 le nombre total de districts népalais où la présence de ce mammifère rare a été officiellement enregistrée.

Selon un rapport scientifique récent, cette identification met fin à des années de suppositions. Jusqu’à présent, les preuves de l’existence du pangolin de Chine dans cette région spécifique se limitaient à des récits anecdotiques de résidents locaux ou à des indices indirects, tels que des traces de pas ou des terriers, sans qu’aucune confirmation visuelle n’ait pu être établie par les experts.

Un mammifère unique sous une menace constante

Le pangolin de Chine est un petit mammifère solitaire et nocturne, originaire d’Asie du Sud et du Sud-Est. Recouvert d’écailles protectrices, il joue un rôle écologique crucial, bien qu’il soit aujourd’hui l’un des animaux les plus menacés au monde. Comme ses congénères d’autres régions, il fait face à un risque imminent d’extinction en raison du braconnage intensif, de la perte de son habitat naturel et du trafic illégal international.

Bien que ces animaux soient protégés par la législation népalaise, l’application de ces mesures de conservation s’avère extrêmement complexe sur des territoires aussi vastes et diversifiés. Pour élaborer des stratégies de protection efficaces, la communauté scientifique insiste sur la nécessité de cartographier avec précision les zones de vie de l’espèce à travers le pays, d’où l’importance cruciale de la mission menée dans le district de Sunsari.

Une expédition au cœur de la forêt de Panchakanya

En janvier 2025, une équipe de chercheurs s’est rendue dans la forêt de Panchakanya pour mener des investigations de terrain. Ce petit espace boisé urbain possède une particularité notable : il s’agit d’une forêt communautaire sacrée pour les populations hindoues et kirats locales. Cette dimension spirituelle offre souvent une protection naturelle aux écosystèmes face à l’urbanisation croissante.

L’équipe de recherche a méticuleusement inspecté le terrain à la recherche d’indices frais, tels que des terriers récents ou des traces de recherche de nourriture. Une fois ces signes identifiés, les scientifiques ont installé deux caméras à détection de mouvement. Pour prévenir tout vol, les dispositifs ont été solidement fixés à des arbres et des poteaux en hauteur, avant d’être récupérés quotidiennement durant les deux semaines de l’étude, au cours desquelles les caméras ont été déplacées sur 14 sites différents.

Les preuves visuelles capturées par les pièges photographiques

La patience des chercheurs a rapidement été récompensée. Dès la deuxième nuit de surveillance, les caméras ont capturé deux courtes séquences vidéo montrant un spécimen mâle de pangolin de Chine. Les clips ont été enregistrés respectivement à 22h03 et 22h06 au même endroit. En raison de la proximité temporelle et géographique, les experts ont conclu qu’il s’agissait du même individu en pleine activité nocturne.

Cette découverte a fait l’objet d’un article publié dans la revue Oryx. Dans leur publication, les scientifiques précisent : « Cette étude apporte la première confirmation, grâce à des preuves issues de pièges photographiques, de la présence du pangolin de Chine dans le district de Sunsari, dans l’est du Népal. » Les détails complets sont accessibles via le DOI 10.1017/s003060532610283x.

Lien entre culture sacrée et conservation durable

Bien que cette identification soit une excellente nouvelle pour les défenseurs de l’environnement, les chercheurs, dont Tujin Rai, soulignent que l’étude reste limitée par sa courte durée et la faible superficie couverte. En l’état actuel, il reste impossible d’estimer avec précision la densité de la population globale de pangolins dans l’ensemble du district. Cependant, la présence de ce mammifère rare dans une forêt sacrée enclavée dans un milieu urbain souligne l’importance des traditions locales dans la survie de la faune sauvage.

Comme l’indiquent les auteurs de l’étude, « La présence du pangolin de Chine dans cette forêt sacrée enrichit la signification écologique de cet habitat urbain. La protection du pangolin dans ce contexte est une occasion de lier les valeurs culturelles à la sensibilisation à la conservation. » Cette synergie entre foi et écologie pourrait devenir un modèle pour la préservation d’autres espèces menacées vivant à proximité des zones habitées.

Selon la source : phys.org

Népal : le rare pangolin de Chine identifié dans une forêt sacrée du district de Sunsari

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu