Les dernières paroles sont souvent prononcées dans les pires conditions imaginables : face à une foule, à un nœud coulant, à un peloton d’exécution ou à une lame. Pourtant, l’histoire a cette manie obsessionnelle de consigner les propos des condamnés, car ces dernières paroles semblent révéler ce que la vie elle-même avait gardé caché. Pour les scélérats en particulier, ces mots deviennent une sorte de verdict, qu’il soit provocateur, pathétique ou étonnamment humain. Voici 20 scélérats de l’histoire dont les dernières paroles ont survécu à tout le reste.
1. John Wilkes Booth
Booth a passé douze jours en fuite après avoir tiré sur Lincoln, avant d’être finalement abattu et paralysé dans une grange en Virginie. Alors qu’il portait ses mains à son visage, il murmura : « Inutile, inutile. » Pour un homme qui pensait entrer dans l’histoire, ce fut un dénouement dévastateur.
2. Maximilien Robespierre
L’architecte du Règne de la Terreur a tenté de se tirer une balle la veille de son exécution, mais s’est au contraire arraché une partie de la mâchoire. Le bourreau aurait arraché le bandage qui la maintenait en place juste avant que la lame ne s’abatte, et ses derniers mots furent un cri.
3. Marie-Antoinette
Alors qu’elle s’avançait vers la guillotine, elle marcha accidentellement sur le pied du bourreau et s’excusa : « Pardonnez-moi, monsieur. Je ne l’ai pas fait exprès. » Que ce sang-froid fût le fruit d’une grâce authentique ou le résultat des réflexes acquis au fil d’une vie passée à Versailles, ce fut le seul détail dont tout le monde se souvint.
4. Saddam Hussein
Lorsque les gardes présents près de la potence se sont moqués de lui en scandant le nom de Moqtada al-Sadr, Saddam s’est tourné vers eux et a dit, d’un ton sarcastique : « Moqtada ? » Il a ensuite récité une prière, et ses derniers mots ont été « Muhammad ». Cet échange, filmé dans une vidéo diffusée sur Internet, montrait un homme refusant, jusqu’au bout, de se laisser déstabiliser.
5. George Armstrong Custer
Custer a trouvé la mort à Little Bighorn lors d’une bataille si dévastatrice qu’aucun soldat américain n’a survécu pour raconter ce qui s’était passé. Ses dernières paroles, qui lui sont attribuées, « Dépêchez-vous, les gars, on les tient ! », proviennent de témoignages recueillis après coup ; qu’elles soient exactes ou non, cette phrase est devenue le symbole de l’excès de confiance qui a marqué sa carrière.
6. Ned Kelly
Le hors-la-loi qui s’était rendu à son dernier duel vêtu d’une armure de fortune fut pendu à Melbourne en 1880. Sur l’échafaud, il aurait déclaré : « C’est la vie », trois mots à la fois provocateurs, philosophiques et profondément australiens, une phrase qui figure depuis lors sur des tatouages et des enseignes de pubs à travers tout le pays.
7. Georges Danton
En chemin vers la guillotine, Danton lança au bourreau : « N’oublie pas de montrer ma tête au peuple. Elle vaut vraiment le coup d’œil. » C’était là une mise en scène grotesque de la part d’un homme qui avait passé sa carrière à étudier les foules, et le bourreau aurait, dit-on, accédé à sa demande.
8. Guy Fawkes
Affaibli par des mois de torture, Fawkes ne dit pas un mot sur l’échafaud en 1606. On l’aida à monter l’échelle, puis il s’en jeta, se brisant le cou plutôt que d’affronter ce qui l’attendait ; un récit contemporain se contente de noter qu’« il ne prononça pas un mot ».
9. Jesse James
Touché d’une balle dans la nuque par un membre de son propre gang le 3 avril 1882, James aurait déclaré « Ce tableau est vraiment poussiéreux » tout en ajustant une tenture murale quelques secondes avant le coup de feu. Cette phrase est contestée, mais le caractère banal de ses derniers instants a donné à ce meurtre un aspect plus sordide que l’acte lui-même.
10. Gilles de Rais
Héros de guerre ayant combattu aux côtés de Jeanne d’Arc avant d’être exécuté en 1440 pour des crimes commis contre des enfants, Gilles de Rais a fondu en larmes lors de son procès et a imploré le pardon des familles des victimes. Sur l’échafaud, il aurait exhorté ses compagnons de malheur à faire preuve de courage et leur aurait promis qu’ils rejoindraient ensemble le paradis.
11. Hermann Göring
Condamné à la pendaison à Nuremberg en 1946, Göring avala une capsule de cyanure la veille au soir. Dans une note écrite, il affirmait qu’il avait le droit de mourir en soldat plutôt que pendu, et ce suicide priva le tribunal de son acte final, laissant littéralement le dernier mot à Göring.
12. Barbe Noire
Le pirate Edward Teach a reçu cinq balles et de nombreux coups d’épée avant de succomber au large de la Caroline du Nord en 1718. Ses dernières paroles auraient été : « Que la damnation s’empare de mon âme si je vous accorde quartier ou si j’accepte le vôtre », une phrase dramatique et sans doute embellie, mais qui correspond bien à un homme ayant bâti sa réputation sur des menaces théâtrales.
13. John Brown
En se rendant à la potence en 1859, Brown remit un mot à un garde : « Moi, John Brown, je suis désormais convaincu que les crimes de cette terre coupable ne seront jamais expiés autrement que par le sang. » Il ne prononça aucun discours sur l’échafaud, ayant déjà dit tout ce qu’il avait à dire.
14. Marie, reine d'Écosse
En 1587, Marie monta à l’échafaud du château de Fotheringhay vêtue de rouge foncé, la couleur catholique du martyre, et aurait déclaré : « Ma fin est mon commencement. » L’exécution nécessita plusieurs coups, mais le symbolisme soigneusement mis en scène fit en sorte qu’elle mourût comme elle l’avait apparemment souhaité : en martyre.
15. Rudolf Hess
Toujours seul détenu à Spandau lorsqu’il mourut à l’âge de quatre-vingt-treize ans en 1987, Hess laissa une note sur laquelle on pouvait simplement lire : « Écrit quelques minutes avant ma mort ». Que sa mort ait été un suicide ou quelque chose de plus controversé, cette phrase témoigne de la volonté d’un homme déterminé à maîtriser son propre récit jusqu’au bout.
16. Mata Hari
Reconnue coupable d’espionnage au profit de l’Allemagne et fusillée par un peloton d’exécution français en 1917, Mata Hari aurait refusé qu’on lui bande les yeux et aurait envoyé un baiser aux soldats. Que ces récits soient tout à fait exacts ou qu’ils aient été embellis par la presse, l’image d’une femme sereine face au peloton d’exécution est devenue l’une des histoires les plus souvent racontées de cette guerre.
17. Billy the Kid
Le 14 juillet 1881, Billy the Kid entra dans la chambre plongée dans l’obscurité de Pete Maxwell, à Fort Sumner, sans savoir que Pat Garrett s’y trouvait déjà. Sentant une présence dans le noir, il demanda : « ¿Quién es? ¿Quién es? » — « Qui est là ? Qui est là ? » — et Garrett l’abattit avant qu’il n’ait obtenu de réponse.
18. William Quantrill
Le guérillero qui avait ordonné le massacre de Lawrence en 1863, causant la mort de plus de 150 civils, s’éteignit lentement au fil des semaines après avoir été pris en embuscade dans le Kentucky en 1865. Il se serait converti au catholicisme et aurait exprimé des remords vers la fin de sa vie, une conclusion paisible pour un homme dont la carrière avait été marquée par une violence spectaculaire.
19. Al Capone
Capone est mort dans une chambre de Palm Island en 1947, l’esprit gravement altéré par une syphilis non traitée. La phrase qui lui est le plus souvent attribuée, « On va bien plus loin avec un mot gentil et un pistolet qu’avec un mot gentil tout seul », circulait déjà comme une citation de Capone bien avant sa mort. Quoi qu’il ait réellement dit ce jour-là, c’est cette version que l’histoire a retenue.
20. Benito Mussolini
Capturé près du lac de Côme alors qu’il tentait de fuir vers la Suisse, Mussolini aurait formulé une dernière requête aux partisans : « Tirez-moi dans la poitrine. » Certains témoignages le confirment ; d’autres sont moins catégoriques. Son corps fut suspendu la tête en bas à une station-service de Milan le lendemain, et cette image devint le point d’orgue de son régime.