Le retour d’une pratique barbare
Souvenez-vous de 2018. Les images avaient fait le tour du monde. Des bébés arrachés des bras de leurs mères à la frontière mexicaine. Des tout-petits enfermés dans des cages grillagées. Plus de cinq mille enfants séparés de leurs familles. La condamnation internationale avait été massive, unanime. Même les alliés traditionnels des États-Unis avaient exprimé leur horreur face à cette politique de tolérance zéro. Trump avait fini par faire marche arrière, contraint et forcé. Mais il n’avait jamais vraiment abandonné l’idée. Sept ans plus tard, les séparations familiales sont de retour. Mais cette fois, elles prennent une forme différente, plus insidieuse, plus difficile à documenter. Avec les passages illégaux à la frontière au plus bas depuis sept décennies, la campagne de déportations massives divise maintenant les familles de statut légal mixte à l’intérieur même du pays.
Antonio Laverde en sait quelque chose. Cet homme de trente-neuf ans avait quitté le Venezuela en 2022, traversé illégalement la frontière, puis demandé l’asile comme la loi le permet. Il avait obtenu un permis de travail, un permis de conduire, travaillait comme chauffeur Uber à Miami. Il partageait des logements avec d’autres immigrants pour pouvoir envoyer de l’argent à sa famille restée au Venezuela et en Floride. Sa femme Jakelin Pasedo et leurs deux fils l’avaient rejoint en décembre 2024. Pasedo s’occupait des enfants pendant que son mari gagnait de quoi faire vivre la famille. Elle et les enfants avaient obtenu le statut de réfugié, mais pas Laverde. Un matin de juin, alors qu’il partait travailler, des agents fédéraux l’ont arrêté. Pasedo affirme qu’il s’agissait d’une erreur d’identité, que les agents cherchaient quelqu’un d’autre dans leur immeuble. Mais peu importe. Elle et ses enfants, alors âgés de trois et cinq ans, se souviennent des agents menottant Laverde sous la menace d’une arme. Les petits sont tombés malades, ont eu de la fièvre, pleuraient en réclamant leur père.
Imaginez la scène. Vous êtes un enfant de trois ans. Des hommes armés entrent chez vous et emmènent votre papa. Vous ne comprenez pas pourquoi. Vous ne comprenez pas ce qui se passe. Vous avez juste peur. Une peur viscérale, primitive. Et cette peur ne vous quittera plus jamais complètement. C’est ça, la réalité des politiques de Trump. Des traumatismes infligés à des enfants innocents au nom de la loi et de l’ordre.
Des familles déchirées pour toujours
Laverde a été détenu au Broward Transitional Center, un centre de rétention à Pompano Beach en Floride. Après trois mois de détention, en septembre, il a demandé à retourner au Venezuela. Mais Pasedo, elle, n’a aucune intention de rentrer. Elle craint d’être arrêtée ou kidnappée pour avoir critiqué le gouvernement socialiste et appartenu à l’opposition politique. À trente-neuf ans, elle travaille maintenant dans le nettoyage de bureaux et, malgré tous les obstacles, espère se réunir un jour avec son mari aux États-Unis. Mais quand? Comment? Personne ne peut le dire. Pendant ce temps, leurs enfants grandissent sans père. Ils ne le verront peut-être plus jamais. C’est ça, la réalité des séparations familiales version 2025. Pas des séparations temporaires à la frontière, mais des déchirements permanents de familles installées sur le territoire américain.
L’histoire d’Edgar et Amavilia est tout aussi déchirante. Edgar avait quitté le Guatemala il y a plus de vingt ans. Il travaillait dans la construction, avait fondé une famille en Floride du Sud avec Amavilia, une autre migrante guatémaltèque sans papiers. L’arrivée de leur fils leur avait apporté une joie immense. Edgar était si heureux avec le bébé, il l’adorait, raconte Amavilia. Il lui disait qu’il allait le voir grandir et marcher. Mais quelques jours seulement après la naissance, Edgar a été arrêté sur la base d’un mandat de 2016 pour conduite sans permis à Homestead, la petite ville agricole où ils vivaient. Amavilia s’attendait à ce qu’il soit libéré sous quarante-huit heures. Au lieu de ça, Edgar a été transféré aux autorités de l’immigration et déplacé au centre de Krome. Elle est tombée dans le désespoir, ne savait plus quoi faire. Edgar, quarante-cinq ans, a été expulsé vers le Guatemala le 8 juin. Depuis, Amavilia ne peut plus payer les neuf cent cinquante dollars de loyer pour l’appartement de deux chambres qu’elle partage avec une autre immigrée. Les trois premiers mois, elle a reçu des dons de militants pro-immigrants. Aujourd’hui, elle allaite et s’occupe de deux enfants, se lève à trois heures du matin pour préparer des déjeuners qu’elle vend dix dollars pièce.
Amavilia marche avec son fils dans une poussette pour emmener sa fille à l’école, puis passe ses après-midis à vendre des glaces maison et des bananes enrobées de chocolat de porte en porte avec ses deux enfants. Elle a peur de sortir, mais elle sort quand même en se confiant à Dieu. Chaque fois qu’elle rentre chez elle, elle se sent heureuse et reconnaissante. Cette résilience me bouleverse. Cette force face à l’adversité. Mais pourquoi devrait-elle vivre ça? Pourquoi son bébé devrait-il grandir sans père? Au nom de quoi?
Section 3 : le crédit d'impôt pour enfants, une aide qui exclut les plus pauvres
Une réforme qui aggrave les inégalités
Le crédit d’impôt pour enfants est censé aider les familles américaines. C’est un dispositif fiscal qui permet aux parents de réduire leurs impôts en fonction du nombre d’enfants qu’ils ont. En théorie, c’est une excellente idée. En pratique, sous Trump, c’est devenu un outil qui creuse encore plus les inégalités. La loi de réconciliation budgétaire signée par Trump le 4 juillet 2025 a modifié ce crédit d’impôt. Le montant maximum est passé de deux mille à deux mille deux cents dollars par enfant pour l’année fiscale 2025. À partir de 2026, ce montant sera ajusté annuellement en fonction de l’inflation. Ça semble généreux, non? Sauf que les limites de revenus n’ont pas changé. Les couples mariés gagnant jusqu’à quatre cent mille dollars par an sont éligibles au crédit maximum. Mais à cause de la structure même du crédit, les familles aux revenus les plus faibles ne peuvent pas en bénéficier pleinement.
Voici comment ça fonctionne. Le crédit augmente progressivement à raison de quinze cents par dollar gagné au-dessus de deux mille cinq cents dollars par an, et n’est que partiellement remboursable. Concrètement, un couple marié avec deux enfants doit gagner au moins quarante et un mille cinq cents dollars par an pour obtenir le crédit complet. Résultat? Environ dix-neuf millions d’enfants vivent dans des familles qui ne recevront pas le crédit complet parce que leurs parents ne gagnent pas assez. Vous avez bien lu. Les familles les plus pauvres, celles qui auraient le plus besoin d’aide, sont exclues du dispositif censé les aider. Et ce n’est pas un bug du système, c’est une caractéristique délibérée. Les enfants noirs et latinos sont touchés de manière disproportionnée. Environ trente-neuf pour cent des enfants noirs et trente-six pour cent des enfants latinos n’ont pas reçu le crédit complet en 2023 parce que leurs parents ne gagnaient pas assez.
Cette injustice me révolte au plus profond de moi-même. On aide les riches et on abandonne les pauvres. On donne des réductions d’impôts aux familles qui gagnent quatre cent mille dollars par an, mais on refuse le crédit complet aux familles qui gagnent moins de quarante mille dollars. C’est obscène. C’est immoral. Et c’est présenté comme une politique pro-famille. Le cynisme atteint des sommets vertigineux.
L’exclusion des enfants d’immigrés
Mais ce n’est pas tout. La loi de réconciliation a également exclu de manière permanente les enfants qui n’ont pas de numéro de sécurité sociale. Cette mesure rend environ un million d’enfants inéligibles au crédit. Ces enfants sont souvent nés aux États-Unis de parents immigrés qui n’ont pas encore obtenu leur numéro de sécurité sociale. Ils sont américains, mais ils sont punis pour la situation administrative de leurs parents. C’est une exclusion délibérée qui va forcer ces enfants et leurs familles encore plus profondément dans la pauvreté. Les études montrent que cette exclusion va nuire aux résultats scolaires et au développement de ces enfants. Mais apparemment, ça ne dérange pas l’administration Trump. Pire encore, la loi exige maintenant qu’au moins un parent ait un numéro de sécurité sociale pour pouvoir réclamer le crédit. Avant, les parents pouvaient utiliser un numéro d’identification fiscale individuel. Mais cette possibilité a été supprimée.
Cette nouvelle règle va exclure environ deux virgule six millions d’enfants citoyens américains du crédit d’impôt pour enfants parce que leurs parents n’ont pas de numéro de sécurité sociale. Lisez bien cette phrase. Deux virgule six millions d’enfants américains. Nés sur le sol américain. Citoyens américains de plein droit. Exclus d’une aide fiscale parce que leurs parents sont immigrés. C’est une punition collective. C’est une discrimination basée sur l’origine. Et c’est parfaitement légal sous la nouvelle loi Trump. Un couple où un conjoint a un numéro de sécurité sociale et l’autre un numéro d’identification fiscale serait toujours éligible. Mais si les deux parents n’ont qu’un numéro d’identification fiscale, leurs enfants américains sont exclus. La logique est implacable dans sa cruauté. On punit les enfants pour les choix ou la situation de leurs parents. On crée une sous-catégorie de citoyens américains qui n’ont pas droit aux mêmes avantages que les autres.
Je pense à ces deux virgule six millions d’enfants. Ils sont nés ici. C’est leur pays. Ils n’ont connu que l’Amérique. Et on leur dit qu’ils ne méritent pas la même aide que les autres enfants américains. Parce que leurs parents sont immigrés. Parce que leurs parents n’ont pas les bons papiers. C’est d’une injustice criante. Et ça se fait au nom des valeurs familiales.
Section 4 : le gel des fonds pour la garde d'enfants
Le Minnesota pris pour cible
Le 31 décembre 2025, le département de la Santé et des Services sociaux a annoncé le gel des paiements fédéraux pour la garde d’enfants à destination du Minnesota. Cent quatre-vingt-cinq millions de dollars bloqués. Ces fonds subventionnent la garde d’enfants pour les familles à faibles revenus dans tout l’État. La raison invoquée? Des allégations de fraude dans des centres de garde d’enfants gérés par des Américains d’origine somalienne à Minneapolis. Ces allégations proviennent d’une vidéo publiée par Nick Shirley, un YouTubeur conservateur, qui affirme que ces centres auraient commis jusqu’à cent millions de dollars de fraude. Sa vidéo a été vue cent vingt-sept millions de fois sur X et a reçu une couverture médiatique extensive sur Fox News. Jim O’Neill, secrétaire adjoint à la Santé et aux Services sociaux, a déclaré que cette mesure répondait à des allégations sérieuses selon lesquelles l’État du Minnesota aurait canalisé des millions de dollars de l’argent des contribuables vers des centres de garde frauduleux au cours de la dernière décennie.
Le Minnesota abrite la plus grande population somalienne des États-Unis. Et maintenant, des milliers de familles à travers tout l’État se retrouvent sans aide pour la garde de leurs enfants à cause d’allégations non prouvées contre quelques centres. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a immédiatement dénoncé ce gel comme étant politiquement motivé. C’est le plan à long terme de Trump, a-t-il écrit sur X. Nous avons passé des années à lutter contre les fraudeurs. C’est un problème sérieux, mais ça a toujours été son plan. Il politise la question pour défaire le financement des programmes qui aident les habitants du Minnesota. Simultanément, le département de la Sécurité intérieure a annoncé des audits des dossiers d’immigration impliquant des Américains d’origine somalienne pour détecter la fraude, un processus qui pourrait conduire à la dénaturalisation ou à la révocation de la citoyenneté. Selon la loi américaine, si un individu obtient la citoyenneté sur une base frauduleuse, c’est un motif de dénaturalisation, a déclaré Tricia McLaughlin, porte-parole du département.
Regardez comment ça fonctionne. On prend des allégations non vérifiées d’un YouTubeur. On les amplifie sur Fox News. Et puis on punit toute une communauté. On gèle les fonds qui aident des milliers de familles innocentes. On lance des audits qui visent spécifiquement une communauté ethnique. C’est de la discrimination pure et simple. Et c’est fait au nom de la lutte contre la fraude.
Des allégations douteuses
Mais qu’en est-il vraiment de ces allégations de fraude? Une enquête publiée par CBS News le 31 décembre sur les centres de garde du Minnesota présentés dans la vidéo YouTube a révélé que tous sauf deux ont des licences actives, selon les registres de l’État, et que tous les établissements actifs ont été visités par les régulateurs de l’État au cours des six derniers mois. L’enquête de CBS a également trouvé des dizaines de citations liées à la sécurité, la propreté, l’équipement et la formation du personnel, entre autres violations, mais il n’y avait aucune preuve enregistrée de fraude. Tikki Brown, commissaire du département des Enfants, de la Jeunesse et des Familles du Minnesota, a déclaré à CBS que son bureau avait des questions sur certaines des méthodes utilisées dans la vidéo de Shirley, mais qu’ils prenaient très au sérieux les préoccupations soulevées par la vidéo concernant la fraude.
Il est vrai que des procureurs fédéraux allèguent qu’environ neuf milliards de dollars de financement pour les programmes d’assistance sociale du Minnesota pourraient avoir été volés depuis 2018. Cela inclut trois cents millions de dollars qui auraient été détournés de fonds réservés à un programme de nutrition pour enfants de l’État pendant la pandémie de COVID-19. Des accusations fédérales ont été déposées contre quatre-vingt-dix-huit personnes, dont quatre-vingt-cinq seraient d’origine somalienne, selon l’administration Trump. Mais cette affaire est devenue publique en 2022, bien avant le second mandat de Trump. Ce qui est nouveau, c’est l’amplification politique de cette affaire par des politiciens conservateurs et des activistes cette année. Fin novembre, Trump a accusé des gangs somaliens de terroriser les habitants du Minnesota et a mis fin à leur statut de protection temporaire, un programme qui exemptait les Somaliens de l’expulsion vers leur pays déchiré par la guerre. Il a intensifié la rhétorique une semaine plus tard, disant que la Somalie puait et qualifiant la députée démocrate Ilhan Omar, qui est d’origine somalienne, de déchet.
Voilà comment on construit un bouc émissaire. On prend une communauté vulnérable. On l’accuse de tous les maux. On utilise des cas réels de fraude pour stigmatiser toute une population. Et puis on met en place des politiques qui punissent collectivement cette communauté. C’est une tactique vieille comme le monde. Et elle fonctionne toujours aussi bien pour détourner l’attention des vrais problèmes.
Section 5 : les conséquences sur les enfants
Des traumatismes durables
Revenons aux enfants de Yaoska. Ils ne veulent plus manger. Ils sont souvent malades. Le plus jeune se réveille la nuit en réclamant son père. C’est si dur de voir mes enfants comme ça, dit Yaoska, la voix tremblante. Ils l’ont arrêté juste devant eux. Ces enfants vont porter ce traumatisme toute leur vie. Les recherches en psychologie montrent que la séparation forcée d’avec un parent pendant l’enfance peut avoir des effets dévastateurs à long terme. Anxiété, dépression, troubles de l’attachement, difficultés scolaires, problèmes de santé mentale à l’âge adulte. La liste est longue. Et nous infligeons délibérément ces traumatismes à des milliers d’enfants au nom de l’application de la loi sur l’immigration. Les enfants de Jakelin Pasedo sont tombés malades avec de la fièvre, pleuraient en réclamant leur père. Ils avaient trois et cinq ans quand ils ont vu des agents armés menotter leur papa. Qu’est-ce que ça fait à un enfant de trois ans de voir son père emmené par des hommes en armes? Quel genre de cicatrices ça laisse?
La fille d’Amavilia devient anxieuse autour de la police. À quel âge? Elle n’a que quelques années. Déjà, elle a appris à avoir peur des uniformes. Sa mère lui dit de rester calme, de sourire, de marcher avec confiance. Mais qu’est-ce qu’on apprend à cette enfant? Qu’elle doit se méfier de l’autorité. Qu’elle n’est pas en sécurité. Qu’à tout moment, quelqu’un peut venir et détruire sa famille. Ces enfants grandissent dans la peur. Ils grandissent en sachant que leur famille peut être détruite à tout moment. Ils grandissent en se sentant différents, moins légitimes, moins américains que les autres enfants. Et tout ça parce que leurs parents ont eu le malheur de naître dans le mauvais pays ou de ne pas avoir les bons papiers. Les études montrent que les enfants qui vivent dans des familles de statut mixte, où certains membres ont des papiers et d’autres non, souffrent de niveaux élevés de stress et d’anxiété. Ils ont peur que leurs parents soient arrêtés. Ils ont peur de rentrer à la maison et de trouver leur famille détruite.
Ces enfants me hantent. Leurs visages, leurs peurs, leurs larmes. Ils n’ont rien fait de mal. Ils sont innocents. Et pourtant, ils paient le prix le plus lourd. Leur enfance est volée. Leur sentiment de sécurité est détruit. Et pour quoi? Pour satisfaire une idéologie anti-immigration? Pour gagner des points politiques auprès d’une base électorale? C’est monstrueux.
L’impact sur l’éducation et le développement
Les conséquences ne s’arrêtent pas aux traumatismes émotionnels. Les enfants dont les parents sont déportés ou détenus ont des taux de décrochage scolaire plus élevés. Ils ont plus de difficultés à se concentrer en classe. Leurs notes baissent. Certains doivent abandonner l’école pour travailler et aider à subvenir aux besoins de la famille. Amavilia se lève à trois heures du matin pour préparer des déjeuners qu’elle vend dix dollars pièce. Elle marche avec son fils dans une poussette pour emmener sa fille à l’école, puis passe ses après-midis à vendre des glaces maison et des bananes enrobées de chocolat de porte en porte avec ses deux enfants. Comment ces enfants peuvent-ils se concentrer sur leurs devoirs quand ils voient leur mère se tuer au travail pour les nourrir? Comment peuvent-ils avoir une enfance normale quand ils doivent accompagner leur mère dans ses tournées de vente de porte en porte?
L’exclusion de millions d’enfants du crédit d’impôt pour enfants va également avoir des conséquences sur leur développement. Les familles qui reçoivent le crédit l’utilisent pour acheter des fournitures scolaires, des vêtements, de la nourriture nutritive, payer des activités parascolaires. Quand ce crédit est refusé aux familles les plus pauvres, ce sont les enfants qui en souffrent. Ils n’ont pas les mêmes opportunités que les autres enfants. Ils commencent la vie avec un handicap. Et ce handicap va les suivre toute leur vie. Les enfants qui grandissent dans la pauvreté ont des résultats scolaires moins bons, des taux de diplomation plus faibles, des revenus plus faibles à l’âge adulte. En excluant dix-neuf millions d’enfants du crédit d’impôt complet, on condamne une génération entière à la pauvreté. Et en excluant spécifiquement les enfants d’immigrés, on crée une sous-classe de citoyens américains qui n’auront jamais les mêmes chances que les autres.
On parle souvent de l’égalité des chances. De l’idée que chaque enfant américain devrait avoir la possibilité de réussir. Mais comment peut-on parler d’égalité des chances quand on refuse délibérément d’aider les enfants les plus pauvres? Quand on exclut des millions d’enfants citoyens américains à cause de l’origine de leurs parents? C’est une hypocrisie totale. Et les enfants vont payer le prix de cette hypocrisie pendant des décennies.
Section 6 : la rhétorique anti-immigration
La déshumanisation systématique
Trump ne se contente pas de mettre en place des politiques cruelles. Il accompagne ces politiques d’une rhétorique déshumanisante qui prépare le terrain pour des abus encore plus graves. Fin novembre, il a accusé des gangs somaliens de terroriser les habitants du Minnesota. Il a dit que la Somalie puait. Il a qualifié la députée Ilhan Omar de déchet. Ce n’est pas un langage présidentiel. C’est un langage de haine. C’est un langage qui déshumanise toute une communauté. Et quand on déshumanise les gens, il devient plus facile de leur infliger des souffrances. Si les Somaliens sont des terroristes, alors il est légitime de les expulser. Si leur pays pue, alors il est normal de ne pas vouloir d’eux ici. Si leurs représentants élus sont des déchets, alors toute la communauté est suspecte. C’est une logique implacable dans sa cruauté.
Tom Homan, le principal conseiller de Trump sur les questions frontalières, a déclaré aux journalistes en avril que l’administration voyait un succès sans précédent et qu’ils allaient continuer à plein régime. Succès sans précédent. Voilà comment ils décrivent la séparation de milliers de familles. Voilà comment ils qualifient la détention record de plus de soixante-six mille personnes. Voilà leur définition du succès. Pendant ce temps, des enfants pleurent leurs parents. Des mères ne savent plus comment nourrir leurs petits. Des familles sont détruites. Mais pour l’administration Trump, c’est un succès. Cette inversion totale des valeurs est vertigineuse. On célèbre la cruauté. On se vante de la souffrance infligée. Et tout ça au nom de la loi et de l’ordre, au nom de la protection des frontières, au nom des valeurs familiales.
Cette rhétorique me glace le sang. Parce que je sais où elle mène. L’histoire nous a montré à maintes reprises ce qui se passe quand on commence à déshumaniser un groupe de personnes. Ça commence par des mots. Des insultes. Des accusations. Et puis ça escalade. Les politiques deviennent de plus en plus cruelles. Les abus se multiplient. Et à la fin, on se demande comment on en est arrivé là. Mais on le sait. Ça commence toujours par les mots.
L’instrumentalisation de la peur
Trump utilise la peur comme une arme politique. Il présente les immigrés comme une menace existentielle pour l’Amérique. Des criminels, des terroristes, des fraudeurs. Il amplifie chaque cas de crime commis par un immigré. Il ignore les statistiques qui montrent que les immigrés commettent moins de crimes que les citoyens nés aux États-Unis. Il ignore les études qui montrent que l’immigration est bénéfique pour l’économie. Il ignore les histoires de millions d’immigrés qui contribuent positivement à la société américaine. Tout ce qui compte, c’est la peur. Parce que la peur mobilise. La peur fait voter. La peur justifie les politiques les plus cruelles. Si vous avez peur des immigrés, alors vous accepterez qu’on les enferme. Vous accepterez qu’on sépare les familles. Vous accepterez qu’on expulse des gens qui vivent ici depuis des décennies. Vous accepterez tout, tant que ça vous donne l’illusion de la sécurité.
Le cas du Minnesota est exemplaire de cette stratégie. Un YouTubeur conservateur publie une vidéo avec des allégations de fraude. Fox News amplifie ces allégations. Trump et son administration s’en emparent pour justifier le gel de fonds qui aident des milliers de familles innocentes. Et pendant ce temps, on lance des audits ciblant spécifiquement la communauté somalienne, avec la menace de dénaturalisation. C’est une punition collective basée sur des allégations non prouvées. Mais ça fonctionne politiquement. Parce que les gens ont peur. Ils ont peur de la fraude. Ils ont peur que leur argent soit gaspillé. Ils ont peur des immigrés. Et cette peur les rend prêts à accepter des injustices qu’ils n’accepteraient jamais dans d’autres circonstances. Le procureur général de l’État de Washington, Nick Brown, a mentionné des fournisseurs de garde d’enfants à domicile harcelés et accusés de fraude avec peu ou pas de vérification des faits. Se présenter sur le perron de quelqu’un, le menacer ou le harceler n’est pas une enquête, a-t-il écrit sur X. Filmer des mineurs qui pourraient être dans la maison non plus. C’est un comportement dangereux et potentiellement dangereux.
La peur est un poison. Elle nous fait accepter l’inacceptable. Elle nous fait fermer les yeux sur les injustices. Elle nous fait oublier notre humanité. Et c’est exactement ce que Trump veut. Une population effrayée est une population contrôlable. Une population qui acceptera n’importe quelle politique, aussi cruelle soit-elle, tant qu’on lui promet la sécurité. Mais quelle sécurité exactement? La sécurité de savoir que des enfants pleurent leurs parents? La sécurité de savoir que des familles sont détruites? Ce n’est pas de la sécurité. C’est de la barbarie.
Section 7 : le bilan international
Un an de désordre croissant
Le journal Le Monde a publié un éditorial le 31 décembre 2025 dressant le bilan de la première année du second mandat de Trump. Le titre est sans appel. Un an de Trump, un an de désordres accrus. L’éditorial note que Trump n’a pas attendu son retour formel à la Maison Blanche le 20 janvier pour peser sur les affaires mondiales. Il n’est donc pas prématuré de faire le bilan de sa première année au pouvoir maintenant. Le même homme qui disait que son succès se mesurerait autant par les guerres qu’il a empêchées que par celles qu’il n’a pas déclenchées n’a pas toujours tenu parole. En un an, il a déjà ordonné des bombardements dans trois pays, le Yémen, l’Iran et le Nigeria, sans parler des frappes meurtrières dans la mer des Caraïbes, menées au nom d’une guerre contre le trafic de drogue qui n’a jamais été approuvée par le Congrès.
Trump revendique le mérite de huit interventions décisives qui ont mis fin à des conflits persistants. Bien que l’intention soit louable, quoique clairement motivée par son obsession d’obtenir un prix Nobel de la paix, la réalité est bien éloignée de ce décompte, car elle inclut des armistices déjà signés et des tentatives avortées. Les résultats obtenus par le président républicain concernant les deux guerres majeures auxquelles il a été confronté dès sa prise de fonction, à savoir le conflit entre la Russie et l’Ukraine et la guerre qui a conduit à la destruction de Gaza après les massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas, ont été profondément décevants. Aucun progrès n’a été réalisé dans le premier, qu’il avait promis de résoudre en vingt-quatre heures, et le cessez-le-feu obtenu à Gaza n’a jusqu’à présent conduit à aucun début de mécanisme politique qui pourrait un jour aboutir à une paix juste et durable.
Ce bilan international désastreux n’est que le reflet de ce qui se passe à l’intérieur du pays. Le chaos, le désordre, la cruauté. Trump promet la paix mais livre la guerre. Il promet la protection mais livre la destruction. Il promet de défendre les familles mais les détruit méthodiquement. Il y a une cohérence dans cette incohérence. Une logique dans ce chaos. C’est la logique du pouvoir pour le pouvoir. De la cruauté comme outil politique. De la souffrance comme spectacle.
L’abandon des alliés et des valeurs
L’éditorial du Monde poursuit en notant que dans les deux cas, Trump n’a que lui-même à blâmer. En février, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, il a rompu de manière spectaculaire avec le soutien constant de son prédécesseur Joe Biden à Kiev, sans rien obtenir en retour de Vladimir Poutine. Ce dernier est maintenant capable d’imposer sa vision d’une guerre qu’il a déclenchée, sans jamais être contredit par son homologue américain. Suivant le chemin de son prédécesseur démocrate, l’alignement de Washington sur les positions extrêmes de Benjamin Netanyahu, allant d’une bande de Gaza où les Palestiniens survivent à peine à une Cisjordanie occupée livrée aux colons et soldats israéliens, promet une détérioration encore plus dévastatrice. Trump s’est également révélé incapable d’influencer les alliés américains, à commencer par les Émirats arabes unis, qui alimentent une guerre fratricide au Soudan, dont les horreurs en cours ont récemment été rapportées dans ces pages.
L’abandon du soft power américain, dont la brutalité a coûté des milliers de vies là où Washington aidait autrefois les plus vulnérables, le mépris ouvert pour les valeurs universelles telles que les droits de l’homme et pour les institutions multilatérales déjà affaiblies, et l’hostilité envers les alliés historiques, en particulier les Européens. Tout cela répond-il vraiment à l’impératif de l’Amérique d’abord? Ou joue-t-il en réalité dans les mains des rivaux historiques de Washington, à savoir Moscou et Pékin? Le président américain a trois ans de plus pour livrer un bilan conforme à ses ambitions. Cela nécessite de tirer les leçons des décisions les plus controversées de son début de mandat. Mais rien n’indique qu’il soit prêt à le faire. Au contraire, tout suggère qu’il va continuer dans la même direction. Plus de cruauté. Plus de chaos. Plus de souffrance.
Ce qui me frappe le plus dans ce bilan, c’est l’absence totale de compassion. L’absence totale d’empathie. Trump ne voit pas les êtres humains. Il voit des pions sur un échiquier politique. Des outils pour atteindre ses objectifs. Des obstacles à éliminer. Et cette déshumanisation totale se reflète dans toutes ses politiques. Que ce soit à l’international ou au niveau national. Les familles séparées ne sont pas des tragédies humaines. Ce sont des statistiques. Des succès dans sa guerre contre l’immigration. C’est terrifiant.
Section 8 : les réactions et la résistance
Les voix qui s’élèvent
Heureusement, tout le monde ne reste pas silencieux face à ces injustices. Des organisations de défense des droits des immigrés se mobilisent. Des avocats offrent leurs services gratuitement. Des communautés se rassemblent pour soutenir les familles touchées. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a immédiatement dénoncé le gel des fonds pour la garde d’enfants comme étant politiquement motivé. Des manifestations ont eu lieu à Minneapolis pour protester contre les opérations d’immigration ciblant la communauté somalienne. Le 8 décembre, des centaines de personnes se sont rassemblées pour dire qu’elles se tenaient aux côtés de leurs voisins somaliens. Ces gestes de solidarité sont importants. Ils montrent que tout le monde n’accepte pas la cruauté comme politique normale. Ils montrent qu’il existe encore de l’humanité, de la compassion, de la décence.
Des organisations comme CLASP, le Center for Law and Social Policy, publient des analyses détaillées des politiques de Trump et de leurs conséquences. Elles documentent les injustices. Elles proposent des alternatives. Elles font pression sur les législateurs pour qu’ils changent les lois. L’American Immigration Council poursuit le gouvernement pour obtenir des documents sur les séparations familiales. Physicians for Human Rights documente les effets psychologiques persistants des séparations familiales. Ces organisations font un travail essentiel. Elles maintiennent la pression. Elles refusent de laisser ces injustices être normalisées. Elles rappellent constamment que ce qui se passe n’est pas normal, n’est pas acceptable, n’est pas américain. Mais elles se battent contre un système qui semble déterminé à broyer les plus vulnérables. Elles se battent contre une administration qui voit la cruauté comme une caractéristique, pas comme un bug.
Ces voix de résistance me donnent de l’espoir. Elles me rappellent que nous ne sommes pas tous complices. Que certains refusent d’accepter l’inacceptable. Que la lutte continue. Mais en même temps, je me demande si c’est suffisant. Est-ce que des manifestations et des poursuites judiciaires peuvent vraiment arrêter cette machine à broyer les familles? Est-ce que la résistance peut vraiment changer quelque chose quand le pouvoir est déterminé à continuer?
Les limites de la résistance
La triste réalité, c’est que malgré toute la résistance, les politiques continuent. Les familles continuent d’être séparées. Les fonds continuent d’être gelés. Les enfants continuent de souffrir. Parce que Trump a le pouvoir. Il contrôle l’exécutif. Il a le soutien d’une partie importante du Congrès. Il a une base électorale qui approuve ses politiques. Et il a une machine médiatique, avec Fox News en tête, qui amplifie son message et justifie ses actions. Face à ça, que peuvent faire quelques organisations de défense des droits? Que peuvent faire quelques manifestants? Que peuvent faire quelques avocats? Ils peuvent documenter. Ils peuvent protester. Ils peuvent poursuivre en justice. Mais peuvent-ils vraiment changer le cours des choses? L’histoire suggère que non. Pas à court terme en tout cas.
Les séparations familiales du premier mandat de Trump ont finalement pris fin, mais seulement après des mois de pression internationale intense et de poursuites judiciaires. Et même alors, des centaines de familles n’ont jamais été réunies. Certains enfants ont été perdus dans le système. Certains parents ont été expulsés sans leurs enfants. Les cicatrices de cette politique persistent encore aujourd’hui. Et maintenant, nous recommençons. Avec une nouvelle version des séparations familiales. Plus insidieuse. Plus difficile à combattre. Parce qu’elle ne se passe pas à la frontière, mais à l’intérieur du pays. Parce qu’elle touche des familles de statut mixte. Parce qu’elle est présentée comme de l’application normale de la loi sur l’immigration. Comment combattre ça? Comment mobiliser l’opinion publique quand les victimes sont moins visibles? Quand les images ne sont pas aussi choquantes que celles de bébés dans des cages? C’est le défi auquel fait face la résistance aujourd’hui.
Je ne veux pas être défaitiste. Je crois en la résistance. Je crois qu’il faut continuer à se battre. Mais je suis aussi réaliste. Et la réalité, c’est que nous perdons. Les familles continuent d’être détruites. Les enfants continuent de souffrir. Et nous ne pouvons pas les sauver tous. Cette impuissance me ronge. Elle me fait douter. Mais elle me pousse aussi à continuer. Parce que si nous abandonnons, qui restera pour témoigner? Qui restera pour dire que ce n’est pas normal?
Section 9 : les conséquences économiques
Le coût humain et financier
Au-delà de la souffrance humaine, les politiques de Trump ont aussi un coût économique considérable. Détenir plus de soixante-six mille personnes coûte des centaines de millions de dollars par an. Chaque détenu coûte environ cent trente-quatre dollars par jour au gouvernement fédéral. Faites le calcul. C’est près de neuf millions de dollars par jour. Plus de trois milliards de dollars par an. Cet argent pourrait être utilisé pour améliorer les écoles, réparer les infrastructures, financer la recherche médicale. Au lieu de ça, il sert à enfermer des gens dont le seul crime est d’avoir traversé une frontière sans les bons papiers ou d’avoir dépassé la durée de leur visa. C’est un gaspillage monumental de ressources. Et pour quel résultat? Des familles détruites. Des communautés déchirées. Des enfants traumatisés. Est-ce vraiment ça qu’on veut acheter avec notre argent?
Le gel des fonds pour la garde d’enfants au Minnesota va également avoir des conséquences économiques. Quand les parents n’ont pas accès à des services de garde abordables, ils ne peuvent pas travailler. Ou ils doivent accepter des emplois moins bien payés avec des horaires flexibles. Ou ils doivent laisser leurs enfants sans surveillance. Tout ça a un coût. Un coût pour les familles qui perdent des revenus. Un coût pour les employeurs qui perdent des travailleurs. Un coût pour l’économie dans son ensemble. Les études montrent que chaque dollar investi dans la garde d’enfants de qualité génère environ sept dollars de retombées économiques. En gelant ces fonds, Trump ne fait pas d’économies. Il détruit de la valeur économique. Il rend les familles plus pauvres. Il affaiblit l’économie. Mais apparemment, ça ne le dérange pas. Parce que ce qui compte, ce n’est pas l’efficacité économique. C’est la punition. C’est l’envoi d’un message.
Cette absurdité économique me sidère. On dépense des milliards pour enfermer des gens. On gèle des fonds qui génèrent de la croissance économique. On exclut des millions d’enfants de l’aide fiscale qui leur permettrait de sortir de la pauvreté. Et tout ça au nom de quoi? De l’efficacité? De la responsabilité fiscale? Non. C’est de l’idéologie pure. C’est de la cruauté pour la cruauté. Et nous tous, contribuables américains, nous payons pour ça.
L’impact sur les communautés
Les politiques de Trump ne touchent pas seulement les familles directement concernées. Elles affectent des communautés entières. Quand des parents sont arrêtés et déportés, ce sont des quartiers entiers qui en souffrent. Les commerces perdent des clients. Les églises perdent des fidèles. Les écoles perdent des élèves. Les réseaux sociaux se désintègrent. La peur s’installe. Les gens ont peur de sortir de chez eux. Ils ont peur d’aller travailler. Ils ont peur d’emmener leurs enfants à l’école. Cette peur paralyse des communautés entières. Elle détruit le tissu social. Elle crée des déserts économiques et sociaux. Et les effets se font sentir pendant des années, voire des décennies. Les communautés qui ont été ciblées par des opérations d’immigration massives mettent des années à se reconstruire. Certaines ne s’en remettent jamais complètement.
La communauté somalienne du Minnesota en est un exemple parfait. Déjà marginalisée, déjà confrontée à la discrimination, elle se retrouve maintenant sous le feu des projecteurs pour toutes les mauvaises raisons. Les allégations de fraude, amplifiées par les médias conservateurs et l’administration Trump, stigmatisent toute la communauté. Les centres de garde d’enfants sont harcelés. Les familles sont ciblées par des audits d’immigration. La rhétorique haineuse de Trump, qui dit que la Somalie pue et qualifie Ilhan Omar de déchet, donne le feu vert aux racistes et aux xénophobes. Le procureur général de l’État de Washington a mentionné des fournisseurs de garde d’enfants à domicile harcelés et accusés de fraude avec peu ou pas de vérification des faits. Des gens se présentent sur leur perron, les menacent, les harcèlent, filment leurs enfants. C’est un climat de terreur. Et il va laisser des cicatrices profondes dans cette communauté.
Je pense à ces communautés déchirées. À ces gens qui ont fui la guerre et la persécution pour trouver la sécurité en Amérique. Et maintenant, ils se retrouvent à nouveau persécutés. À nouveau ciblés. À nouveau traités comme des citoyens de seconde classe. C’est une trahison de tout ce que l’Amérique est censée représenter. Une trahison de l’idée même du rêve américain. Et ça me brise le cœur.
Section 10 : les alternatives possibles
Ce qui pourrait être fait
Il existe des alternatives aux politiques cruelles de Trump. Des alternatives qui protégeraient réellement les familles au lieu de les détruire. Commençons par le crédit d’impôt pour enfants. Les législateurs pourraient le rendre entièrement accessible aux familles à faibles revenus. Ils pourraient augmenter le montant du crédit au moins aux niveaux prévus en 2021, jusqu’à trois mille six cents dollars pour les enfants de zéro à cinq ans. Ils pourraient rendre le crédit disponible mensuellement plutôt qu’annuellement, ce qui aiderait les familles à gérer leur budget. Ils pourraient étendre l’éligibilité aux jeunes de dix-sept ans. Et surtout, ils pourraient mettre fin aux restrictions basées sur le statut d’immigration, permettant à tous les enfants américains de bénéficier du crédit, quelle que soit la situation de leurs parents. Ces changements permettraient de fournir un coup de pouce financier à plus de soixante millions d’enfants et aideraient les familles à se payer l’essentiel.
Pour ce qui est de l’immigration, il existe également des alternatives à la détention et à la déportation massives. Des programmes de surveillance communautaire ont montré qu’ils étaient tout aussi efficaces pour s’assurer que les gens se présentent à leurs audiences d’immigration, tout en coûtant une fraction du prix de la détention. Au lieu d’enfermer les gens, on pourrait leur permettre de vivre dans leurs communautés avec des bracelets électroniques ou des enregistrements réguliers. Ça coûterait moins cher. Ça éviterait de séparer les familles. Ça permettrait aux gens de continuer à travailler et à contribuer à l’économie. Pour les familles de statut mixte, on pourrait créer des voies vers la régularisation qui permettraient aux parents sans papiers d’obtenir un statut légal, évitant ainsi les séparations. On pourrait étendre les programmes de protection temporaire pour les personnes fuyant la violence et la persécution. On pourrait augmenter les quotas de réfugiés et accélérer le traitement des demandes d’asile.
Ces alternatives existent. Elles sont connues. Elles ont été testées. Elles fonctionnent. Mais elles ne sont pas mises en œuvre. Pourquoi? Parce qu’elles ne servent pas l’agenda politique de Trump. Parce qu’elles ne nourrissent pas la peur et la haine. Parce qu’elles ne permettent pas de punir et d’humilier. Trump ne veut pas de solutions. Il veut du spectacle. Il veut de la cruauté. Et tant qu’il sera au pouvoir, ces alternatives resteront lettre morte.
L’exemple d’autres pays
D’autres pays ont mis en place des politiques familiales beaucoup plus généreuses que les États-Unis. Le Canada offre des allocations familiales universelles à toutes les familles avec enfants, quel que soit leur revenu. Les pays scandinaves offrent des congés parentaux généreux, des services de garde d’enfants subventionnés, des allocations familiales substantielles. L’Allemagne a récemment augmenté ses allocations familiales et étendu l’accès aux services de garde. Ces pays reconnaissent que soutenir les familles est un investissement dans l’avenir. Que des enfants bien nourris, bien éduqués, bien soignés deviennent des adultes productifs qui contribuent à la société. Que la pauvreté infantile a un coût énorme à long terme, en termes de santé, d’éducation, de criminalité. Qu’il est beaucoup moins cher de prévenir la pauvreté que d’en gérer les conséquences.
Ces pays ont également des politiques d’immigration plus humaines. Ils reconnaissent que l’immigration est nécessaire pour maintenir leur population active et leur croissance économique. Ils ont des processus d’asile plus rapides et plus équitables. Ils offrent des programmes d’intégration pour aider les nouveaux arrivants à s’installer et à contribuer à la société. Ils ne séparent pas les familles. Ils ne détiennent pas les gens pendant des mois dans des conditions déplorables. Ils traitent les immigrés comme des êtres humains, pas comme des criminels. Et devinez quoi? Leurs sociétés ne s’effondrent pas. Au contraire, elles prospèrent. Elles sont plus égalitaires, plus cohésives, plus heureuses. Mais apparemment, les États-Unis ne peuvent pas apprendre de ces exemples. Parce que l’Amérique est exceptionnelle. Parce que l’Amérique fait les choses différemment. Même si ça signifie faire les choses de manière plus cruelle et moins efficace.
Je regarde ces autres pays et je me demande pourquoi nous ne pouvons pas faire pareil. Pourquoi nous ne pouvons pas traiter les familles avec dignité et respect. Pourquoi nous ne pouvons pas investir dans nos enfants. Pourquoi nous choisissons la cruauté plutôt que la compassion. Et la seule réponse que je trouve, c’est l’idéologie. Une idéologie qui valorise la punition plutôt que le soutien. Qui voit la pauvreté comme un échec moral plutôt que comme un problème structurel. Qui traite les immigrés comme des envahisseurs plutôt que comme des contributeurs potentiels. C’est une idéologie toxique. Et elle nous détruit de l’intérieur.
Section 11 : l'avenir qui nous attend
Trois ans de plus
Trump a encore trois ans de mandat devant lui. Trois ans pour continuer ses politiques destructrices. Trois ans pour séparer encore plus de familles. Trois ans pour exclure encore plus d’enfants de l’aide dont ils ont besoin. Trois ans pour stigmatiser encore plus de communautés. L’éditorial du Monde note que le président américain a trois ans de plus pour livrer un bilan conforme à ses ambitions. Cela nécessite de tirer les leçons des décisions les plus controversées de son début de mandat. Mais rien n’indique qu’il soit prêt à le faire. Au contraire, tout suggère qu’il va doubler la mise. Tom Homan a dit qu’ils allaient continuer à plein régime. Le gel des fonds au Minnesota montre qu’ils sont prêts à punir des États entiers pour des raisons politiques. Les audits ciblant la communauté somalienne montrent qu’ils sont prêts à utiliser la dénaturalisation comme arme politique.
Qu’est-ce que ça signifie concrètement? Ça signifie que des milliers de familles supplémentaires vont être séparées. Que des dizaines de milliers de personnes supplémentaires vont être détenues. Que des millions d’enfants supplémentaires vont grandir dans la pauvreté et la peur. Que des communautés entières vont être déchirées. Et tout ça au nom de quoi? De l’application de la loi? De la protection des frontières? De la défense des valeurs familiales? Non. Tout ça au nom du pouvoir. Du maintien au pouvoir. De la satisfaction d’une base électorale qui applaudit la cruauté. De la construction d’un héritage politique basé sur la division et la haine. C’est ça, l’avenir qui nous attend. Trois ans de plus de cette folie. Trois ans de plus de cette barbarie. Et nous sommes censés accepter ça comme normal. Comme la nouvelle réalité américaine.
Je ne peux pas accepter ça. Je refuse d’accepter que c’est ça, l’Amérique. Je refuse de croire que nous sommes devenus un pays qui sépare délibérément les familles, qui punit les enfants pour les actions de leurs parents, qui stigmatise des communautés entières. Mais en même temps, je vois la réalité. Et la réalité, c’est que c’est exactement ce que nous sommes devenus. Et ça me terrifie. Parce que si nous pouvons faire ça maintenant, qu’est-ce que nous serons capables de faire dans trois ans?
Les cicatrices qui resteront
Même si Trump perd les prochaines élections, même si ses politiques sont renversées, les cicatrices resteront. Les enfants qui ont vu leurs parents arrêtés et déportés porteront ce traumatisme toute leur vie. Les familles qui ont été séparées ne seront peut-être jamais réunies. Les communautés qui ont été stigmatisées mettront des années à se reconstruire. La confiance qui a été détruite entre les immigrés et les autorités ne reviendra pas du jour au lendemain. Les millions d’enfants qui ont été exclus du crédit d’impôt auront déjà pris du retard dans leur développement. Les effets de la pauvreté infantile se font sentir pendant des décennies. Ces enfants auront des résultats scolaires moins bons, des revenus plus faibles, des problèmes de santé plus importants. Et tout ça parce que nous avons choisi de ne pas les aider quand ils en avaient besoin.
Les recherches en psychologie montrent que les traumatismes de l’enfance ont des effets durables sur le développement du cerveau. Les enfants qui grandissent dans un environnement de stress chronique, de peur constante, d’insécurité permanente développent des problèmes de santé mentale à l’âge adulte. Anxiété, dépression, troubles de stress post-traumatique. Ils ont plus de difficultés à former des relations saines. Ils ont plus de problèmes avec l’autorité. Ils ont plus de risques de tomber dans la délinquance ou la toxicomanie. Ce n’est pas de leur faute. C’est le résultat direct des politiques que nous avons mises en place. Des traumatismes que nous leur avons infligés. Et nous allons tous payer le prix de ces traumatismes pendant des décennies. Parce que ces enfants sont l’avenir de l’Amérique. Et nous sommes en train de détruire cet avenir.
Ces cicatrices me hantent. Parce que je sais qu’elles sont permanentes. Qu’on ne peut pas les effacer. Qu’on ne peut pas revenir en arrière. Les enfants qui ont été traumatisés le resteront. Les familles qui ont été détruites ne seront jamais complètement réparées. Et nous, en tant que société, nous porterons la responsabilité de ces destructions. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas le choix. Parce que nous savons. Et nous avons le choix. Mais nous choisissons la cruauté.
Conclusion : le grand mensonge
La trahison des valeurs
Alors voilà où nous en sommes. Un président qui se dit pro-famille mais qui détruit des milliers de familles. Un gouvernement qui prétend protéger les enfants mais qui en exclut des millions de l’aide dont ils ont besoin. Une administration qui parle de valeurs traditionnelles mais qui pratique une cruauté systématique. Le grand mensonge de Trump, c’est qu’il défend les familles américaines. La réalité, c’est qu’il ne défend qu’un certain type de familles. Les familles riches. Les familles blanches. Les familles qui votent pour lui. Toutes les autres peuvent aller se faire voir. Les familles immigrées? Séparées et déportées. Les familles pauvres? Exclues de l’aide fiscale. Les familles de couleur? Stigmatisées et marginalisées. Voilà la réalité des politiques familiales de Trump. Une réalité qui n’a rien à voir avec la rhétorique. Une réalité faite de souffrance, de désespoir, de destruction.
Et le pire, c’est que tout ça est fait au nom des valeurs familiales. Au nom de la protection des enfants. Au nom de l’Amérique d’abord. Mais quelle Amérique exactement? Certainement pas l’Amérique de Yaoska, qui élève seule trois enfants dans un motel miteux pendant que son mari est exilé au Nicaragua. Certainement pas l’Amérique d’Amavilia, qui se lève à trois heures du matin pour vendre des déjeuners de porte en porte pendant que son mari est banni au Guatemala. Certainement pas l’Amérique des dix-neuf millions d’enfants exclus du crédit d’impôt complet parce que leurs parents ne gagnent pas assez. Certainement pas l’Amérique des deux virgule six millions d’enfants citoyens exclus parce que leurs parents sont immigrés. Non, l’Amérique de Trump, c’est l’Amérique des riches, des puissants, de ceux qui ont déjà tout. Et tant pis pour les autres.
Ce grand mensonge me révolte plus que tout. Parce que c’est une trahison totale. Une trahison des valeurs que l’Amérique est censée représenter. La liberté, l’égalité, la justice pour tous. Nous avons trahi ces valeurs. Nous les trahissons chaque jour. Et nous le faisons en prétendant les défendre. C’est d’une hypocrisie monumentale. Et je ne peux pas rester silencieux face à ça.
L’appel à l’action
Alors que faire? Comment réagir face à cette barbarie institutionnalisée? D’abord, il faut témoigner. Il faut documenter. Il faut raconter les histoires de ces familles détruites. Il faut mettre des visages, des noms, des émotions sur les statistiques. Parce que c’est facile d’ignorer des chiffres. C’est beaucoup plus difficile d’ignorer des êtres humains. Ensuite, il faut résister. Il faut soutenir les organisations qui se battent contre ces politiques. Il faut manifester. Il faut voter. Il faut faire pression sur les élus. Il faut utiliser tous les moyens légaux à notre disposition pour combattre ces injustices. Et surtout, il faut refuser de normaliser. Il faut refuser d’accepter que c’est comme ça maintenant. Il faut continuer à dire que ce n’est pas normal, que ce n’est pas acceptable, que ce n’est pas américain. Parce que le jour où nous accepterons ça comme normal, nous aurons perdu notre âme en tant que nation.
Les trois prochaines années vont être difficiles. Il y aura plus de souffrance. Plus de familles détruites. Plus d’enfants traumatisés. Mais nous ne pouvons pas abandonner. Nous ne pouvons pas baisser les bras. Parce que chaque famille que nous aidons compte. Chaque enfant que nous protégeons compte. Chaque voix que nous élevons compte. L’histoire nous jugera sur ce que nous avons fait face à cette cruauté. Est-ce que nous sommes restés silencieux? Est-ce que nous avons accepté l’inacceptable? Ou est-ce que nous nous sommes battus? Est-ce que nous avons résisté? Est-ce que nous avons défendu les plus vulnérables? C’est le choix qui se présente à nous. Et nous devons choisir maintenant. Parce que demain sera trop tard pour certaines familles. Demain sera trop tard pour certains enfants. Le moment d’agir, c’est maintenant. Le moment de résister, c’est maintenant. Le moment de dire non, c’est maintenant.
Je termine cette chronique avec un sentiment de colère et de tristesse mêlées. Colère face à l’injustice. Tristesse face à la souffrance. Mais aussi avec un sentiment de détermination. Je refuse d’accepter que c’est ça, notre avenir. Je refuse de croire que nous ne pouvons rien faire. Nous pouvons faire quelque chose. Nous devons faire quelque chose. Pour Yaoska et ses enfants. Pour Amavilia et sa famille. Pour les millions d’enfants exclus et oubliés. Pour toutes les familles dans le désarroi. Nous leur devons ça. Nous nous devons ça. Parce que si nous ne nous battons pas pour eux, qui le fera?
Sources
Sources primaires
Le Monde, Un an de Trump et de désordres accrus, éditorial publié le 31 décembre 2025. Los Angeles Times, Trump administration separates thousands of migrant families in the U.S., article de Gisela Salomon publié le 11 décembre 2025. PBS NewsHour, Trump administration separates thousands of migrant families in the U.S., article de Gisela Salomon pour Associated Press publié le 11 décembre 2025. CLASP Center for Law and Social Policy, 10 Things to Know About the Child Tax Credit Under the New Trump Reconciliation Bill, article d’Ashley Burnside publié le 23 juillet 2025. Al Jazeera, Trump administration freezes Minnesota childcare funds over fraud claims, article d’Erin Hale publié le 31 décembre 2025.
Sources secondaires
Reuters, Trump administration freezes child day care payments to Minnesota, publié le 31 décembre 2025. The Guardian, Trump administration freezes childcare funding to Minnesota in response to viral video, publié le 31 décembre 2025. The Washington Post, Trump administration freezes child care payments to Minnesota, publié le 31 décembre 2025. ABC News, HHS says it’s freezing child care payments to Minnesota after fraud schemes, publié le 31 décembre 2025. The Hill, Walz on frozen federal child care payments: This is Trump’s long game, publié le 31 décembre 2025. MPR News, Minnesota child care aid freeze amid fraud probe leaves centers parents confused, publié le 31 décembre 2025. Bipartisan Policy Center, How the OBBB Changes to the Child Tax Credit Will Impact Families, publié en 2025. Brookings Institution, How children are treated in the One Big Beautiful Bill Act, publié en 2025.
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