Pour les marins, les légendes n’étaient pas seulement un divertissement à quai. Non, ces soi-disant fables aidaient à tout expliquer, des bancs de brouillard aux navires qui disparaissaient, en passant par les lumières étranges et les courants mortels. Certaines de ces histoires provenaient d’épopées anciennes, d’autres du folklore local, et d’autres encore de générations de marins qui se transmettaient le même avertissement d’un port à l’autre. Quelle que soit la manière dont on les découvrait, ces récits terrifiants empêchaient les marins de dormir la nuit.
1. Le Kraken
Nous avons tous entendu parler du Kraken, mais personne aujourd’hui ne connaît vraiment l’ampleur colossale qu’on lui attribuait. Le Kraken est issu de la légende scandinave, notamment norvégienne, où il était décrit comme une bête marine colossale rôdant au large des mers du Nord. Les marins croyaient que ses bras gigantesques pouvaient saisir un navire, jeter les hommes par-dessus bord et entraîner le bateau tout entier vers les profondeurs. Même lorsque, plus tard, certains ont associé ce récit à des observations de calmars géants, aucun équipage n’a voulu vérifier cette théorie.
2. Le Hollandais volant
À première vue, cela peut paraître farfelu, mais il ne s’agit pas d’une personne réelle. Non, ce bateau fantôme relève de la légende maritime européenne et est le plus souvent associé aux eaux proches du cap de Bonne-Espérance. Les marins redoutaient de l’apercevoir ; son apparition était considérée comme un signe annonciateur de catastrophe ou de mort.
3. Les Sirènes
Bouchez-vous les oreilles, les amis ! Les sirènes, issues de la mythologie grecque, vivaient, dit-on, dans les mers dangereuses de l’Occident, près de la route empruntée par Ulysse. Leur chant détournait les marins de leur cap et les menait à leur perte sur les récifs. Alors, réfléchissez-y à deux fois avant de vous laisser séduire par une belle femme assise toute seule au milieu de l’océan.
4. Scylla
Scylla est issue de la mythologie grecque et a ensuite été associée au détroit de Messine, entre la Sicile et l’Italie continentale. Quelle que soit la version, l’histoire reste la même : c’était un monstre à plusieurs têtes qui guettait au bord d’un passage étroit pour arracher les hommes directement du pont d’un navire. (Ces pauvres gars-là n’ont vraiment pas de chance.)
5. Charybde
En parlant de mythologie grecque, Charybde est également issue de ces récits et hantait les eaux en face de Scylla, dans le détroit de Messine. On la décrivait comme un tourbillon monstrueux qui engloutissait l’eau de mer et tout ce qui avait le malheur de se trouver à sa surface. En somme, si l’on devait choisir entre se faire dévorer d’un côté ou être emporté sous l’eau de l’autre, on n’avait pas vraiment le choix.
6. Léviathan
Le Léviathan est issu de la mythologie juive et des anciennes traditions du Moyen-Orient, où il est présenté comme un monstre primordial des profondeurs — et oui, il est aussi effrayant qu’il y paraît. Il incarnait la mer dans ce qu’elle avait de plus ancien, de plus violent et de plus insaisissable pour l’homme. Dès lors qu’une culture attribue à l’océan un nom et une forme géants, chaque bouleversement inexpliqué dans les eaux sombres prend une dimension bien plus personnelle.
7. Les serpents de mer
Les récits de serpents de mer ont fait leur apparition dans tout le monde antique, avant de se répandre largement dans le folklore européen et maritime. Bien sûr, un serpent de mer, ça ne paie pas de mine, mais les témoignages décrivaient d’énormes créatures surgissant de l’eau, s’enroulant près des navires ou attaquant sans crier gare. Bref, pas vraiment un petit serpent de jardin.
8. Les sirènes
Nous reprochons à Disney d’avoir gâché la légende de ces créatures terrifiantes ! Dans le folklore européen, ces femmes-bêtes étaient devenues de puissantes et parfois dangereuses créatures marines. On leur attribuait souvent des pouvoirs prophétiques, une magie étrange et la capacité d’attirer les hommes loin de la sécurité.
9. Davy Jones
Davy Jones est issu du folklore maritime, où il incarne la mer elle-même sous des traits malveillants ; on part donc déjà sur des bases angoissantes. Pour ne rien arranger, l’expression « le fond de Davy Jones » en est venue à désigner les profondeurs de l’océan, ou la tombe qui attend ceux qui ont péri en mer. Cette idée a donné un visage à la noyade, ce qui est une façon typiquement maritime d’aggraver encore davantage une pensée déjà sinistre.
10. Rán
Dans la mythologie nordique, Rán était une déesse de la mer qui, à l’aide de son filet, capturait les marins et les entraînait sous les vagues. Cela ne plaisait évidemment pas aux marins, dont beaucoup la craignaient, car la noyade cessait d’être un accident dès lors qu’on l’imaginait comme un acte délibéré commis par un être surnaturel. Dans les eaux du Nord, où les tempêtes pouvaient couler un navire en un clin d’œil, cette légende devenait d’une crédibilité inquiétante.
11. Jörmungandr
Jörmungandr, le serpent de Midgard de la mythologie nordique, n’était pas un monstre comme les autres. Non, on l’imaginait si immense qu’il encerclait le monde sous les océans. L’existence d’un serpent marin encerclant le monde suggérait que les profondeurs abritaient quelque chose de plus ancien et de plus puissant que les dieux ou les hommes. Il semblerait que les tempêtes ordinaires ne suffisaient pas.
12. Aspidochelone
L’Aspidochelone s’inscrit dans la tradition du Physiologus et des bestiaires médiévaux, où il était décrit comme un animal marin monstrueux (généralement une baleine ou une tortue). Et ce n’est pas tout : il était si grand qu’on pouvait le prendre pour une île. La légende racontait que des hommes pouvaient débarquer sur son dos, allumer un feu, puis être entraînés vers une mort certaine lorsque la créature plongeait.
13. Les selkies
Les légendes sur les selkies trouvent leur origine dans les traditions écossaises et des Orcades, où des créatures mi-hommes, mi-phoques se débarrassaient de leur peau pour prendre forme humaine. Curieusement, les marins les considéraient moins comme des agresseurs que comme un peuple marin mystérieux dont l’univers se confondait avec le leur. Des récits ont ensuite vu le jour, racontant comment on les sauvait, leur faisait du tort, voire les épousait, tous accompagnés d’un avertissement clair : la mer n’oublie jamais ce que l’on fait.
14. Umibōzu
Le folklore japonais n’a jamais été du genre à faire dans la demi-mesure, et l’Umibōzu le prouve d’emblée. Il se présente sous la forme d’une immense créature marine sombre qui surgit soudainement d’une mer calme et qui, dit-on, fait chavirer les navires. S’il se sentait d’humeur particulièrement espiègle, il pourrait même exiger un seau pour ensuite s’en servir à inonder le navire.
15. Funayūrei
Puisque nous parlons de légendes japonaises, nous devons également vous parler des Funayūrei, ces fantômes de navires japonais qui sont généralement les esprits de ceux qui ont péri en mer. Vous feriez bien de les craindre, comme le faisaient les marins ; on croyait en effet que ces fantômes s’approchaient des bateaux, demandaient une louche, puis s’en servaient pour entraîner les vivants dans les profondeurs avec eux. Au moins, ils demandaient d’abord.
16. Bake-kujira
Le Bake-kujira est une baleine fantôme issue du folklore japonais, particulièrement associée aux zones côtières proches de Shimane. Ne la considérez toutefois pas comme une simple baleine de plus : elle était porteuse d’un avertissement solennel. Son apparition était associée à des malédictions, des catastrophes, des incendies et des maladies, principalement à la suite d’actes de chasse à la baleine.
17. Akkorokamui
Akkorokamui est issu de la tradition aïnoue du nord du Japon ; on le décrit comme une créature gigantesque ressemblant à une pieuvre, associée à la baie d’Uchiura, à Hokkaido. Si vous l’aviez aperçu, vous n’auriez eu aucune chance. Selon la légende, il était assez grand pour avaler des bateaux, voire des baleines, tout entiers.
18. La Caleuche
Le Caleuche est un navire fantôme légendaire originaire de l’archipel de Chiloé, au sud du Chili. On croyait qu’il apparaissait la nuit, baigné d’une lumière éclatante et accompagné de musique, avec à son bord des sorciers et des marins noyés. Ensemble, ils jettent le malheur sur ceux qui les regardaient de trop près.
19. Le feu de Saint-Elme
Dans la tradition maritime, le feu de Saint-Elme est devenu un présage puissant associé à saint Érasme, patron des marins. Les marins le craignaient et le vénéraient à la fois ; il apparaissait sur les mâts par temps de tempête, souvent accompagné de sifflements ou de crépitements. Même s’il était considéré comme un signe de protection, il annonçait néanmoins que la tempête était arrivée et que vous et votre équipage vous trouviez en plein cœur de celle-ci.
20. La Lusca
Le Lusca fait partie du folklore marin des Bahamas et, plus largement, des Caraïbes, en particulier autour des « blue holes » de l’île d’Andros. On le décrivait soit comme une immense créature ressemblant à une pieuvre, soit comme un monstre mi-requin, mi-pieuvre. Dans les deux cas, il se cachait dans des cavernes sous-marines et attaquait tout ce qui s’approchait trop près.