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Douze cents par gallon : le coût réel de cent ans de protection

L’administration Trump justifie la dérogation par la nécessité de « ralentir les prix du pétrole » — formulation vague qui masque une réalité arithmétique précise. Les études économiques sur l’impact du Jones Act sur les prix des carburants sont convergentes : la protection maritime américaine ajoute entre 5 et 15 cents par gallon au prix final à la pompe dans les États côtiers, selon une analyse de 2023 de la Rand Corporation. Quinze cents par gallon. C’est le prix de 650 000 emplois. C’est le prix de l’autonomie logistique nationale. C’est le prix que l’administration Trump a décidé de ne plus payer — non pas parce que c’est trop cher, mais parce que les sondages montrent que l’inflation est le premier souci électoral des Américains en 2026.

Et pourtant, les économistes qui ont analysé la première dérogation — accordée en janvier 2026 pour 90 jours — sont unanimes : l’impact sur les prix à la pompe a été négligeable. L’Energy Information Administration (EIA) a mesuré une baisse de 2 à 4 cents par gallon dans les marchés côtiers concernés. Pas 15 cents. Pas 10. Entre 2 et 4 cents. Pour ce résultat, l’administration a fragilisé le tissu industriel maritime américain, envoyé un signal dévastateur aux chantiers navals qui planifient leurs carnets de commandes sur 10 à 15 ans, et démontré qu’aucune protection législatoire n’est à l’abri d’un calcul politique à court terme.

Deux à quatre cents. J’ai relu le chiffre trois fois. Deux à quatre cents par gallon. Pour ça, on suspend une loi de sécurité nationale. Pour ça, on dit à Carl Boudreau que sa protection vaut moins qu’un demi-café.

La deuxième dérogation : le précédent qui change tout

La première dérogation pouvait encore se justifier comme mesure d’urgence exceptionnelle. La deuxième dérogation, accordée le 24 avril 2026, crée un précédent d’une nature radicalement différente : elle transforme l’exception en habitude. Quand une exception est reconduite deux fois, elle n’est plus une exception — elle est une politique. Les armateurs étrangers — grecs, japonais, norvégiens — qui avaient hésité à restructurer leurs routes commerciales après la première dérogation savent désormais qu’ils peuvent compter sur la continuité de l’accès aux ports américains. Ils commencent à planifier. Ils commencent à investir. Pendant ce temps, les chantiers navals américains, qui ne peuvent pas construire un navire en 90 jours, voient leurs carnets de commandes se vider lentement.

Todd Riisberg, PDG d’Vigor Industrial, l’un des grands chantiers navals de Portland, Oregon, a déclaré au journal Politico le 25 avril 2026 : « Nous avons des contrats qui dépendent de la stabilité du Jones Act. Quand le gouvernement suspend la loi par tranches de 90 jours, nos clients annulent leurs commandes parce qu’ils ne savent pas si le marché existera encore dans deux ans. » Un contrat annulé dans un chantier naval, ce n’est pas un fichier Excel qui change de couleur. C’est Mike Takaishi, 41 ans, chef de quart sur les turbines, qui reçoit un avertissement de licenciement potentiel en mai 2026 — trois mois avant que sa fille commence l’université.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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