Skip to content

Les chiffres que le ministère chinois n’a pas cités

En 2025, le nombre de vols directs entre Taïwan et la Chine continentale a chuté de 67% par rapport à 2019, selon les données compilées par l’Aviation Civil Authority of Taiwan publiées en février 2026. Soixante-sept pour cent. Ce n’est pas une réduction. C’est un démantèlement méthodique. Avant la pandémie, 890 vols hebdomadaires reliaient les deux rives du détroit. En mars 2026, ce chiffre s’établissait à 94. Quatre-vingt-quatorze vols pour une île de 23 millions d’habitants, dont des dizaines de milliers ont encore de la famille, des affaires, des racines de l’autre côté de l’eau.

Lin Jian n’a pas cité ce chiffre lors de sa conférence du 23 avril. Il a préféré parler de « normalisation des échanges dans le cadre du consensus de 1992 » — une formule diplomatique qui désigne un accord dont Taïwan conteste aujourd’hui jusqu’à l’existence. Et pourtant, c’est sur cette base que Pékin justifie chaque obstruction comme une mesure de « régulation interne ». Pas un blocus. Une régulation. Les mots font tout le travail.

Un blocus avec des uniformes, on peut le montrer. On peut le photographier. On peut le condamner en vingt-quatre heures au Conseil de sécurité. Un blocus administratif, lui, ne se photographie pas. Il s’accumule. Formulaire après formulaire. Annulation après annulation. Jusqu’à ce que l’île soit coupée du monde sans qu’une seule balle ait été tirée.

Le détroit de Taiwan en mars 2026 : les manœuvres que personne n’a comptées

Entre le 1er et le 31 mars 2026, le ministère de la Défense taïwanais a recensé 94 incursions de chasseurs et drones militaires chinois dans la zone d’identification de défense aérienne de l’île — un record mensuel depuis le début de la comptabilisation systématique en 2020. Quatre-vingt-quatorze. Soit une incursion toutes les sept heures et quarante-cinq minutes, en moyenne. Certaines nuits, les sirènes d’alerte ont retenti deux fois. Les habitants du nord de l’île, dans le comté de Keelung, ont appris à distinguer le bruit du moteur d’un J-16 de celui d’un appareil commercial. Ce n’est pas une compétence qu’on devrait développer.

Washington a évoqué ces incursions dans son avis du 22 avril. Pékin a répondu que les activités militaires chinoises dans le détroit constituent « des mesures légitimes de défense nationale sur le territoire souverain de la Chine ». Même formule. Même mécanique. La légitimité comme bouclier. La souveraineté comme laissez-passer universel pour toute action, aussi intimidante soit-elle. Et pourtant — 23 millions de personnes vivent sous ces passages aériens.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu