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Un prénom. Vingt-trois ans. Une nuit de sortie.

Parmi les personnes touchées lors de cette fusillade, il y avait des gens ordinaires. Des gens qui n’avaient rien à voir avec le dîner des correspondants, avec la politique, avec Washington en tant que symbole. Ils étaient là parce qu’ils vivaient là. Parce que c’était un samedi soir. Parce que personne ne choisit le moment où une balle décide de son destin. Pour les théoriciens du complot, ces personnes n’existent pas, ou pire — elles jouent un rôle. Elles sont des pions dans un scénario que personne n’a écrit, au service d’un pouvoir que personne ne peut nommer précisément.

C’est là que réside la cruauté spécifique de ces théories. Pas seulement dans le mensonge — le mensonge existe partout. Mais dans l’effacement des victimes au moment même où elles saignent. La théorie du complot ne dit pas « c’est triste ». Elle dit « ce n’est pas réel ». Et cette négation de la souffrance est une violence supplémentaire infligée à ceux qui ont déjà tout perdu.

Il y a quelque chose d’insupportable à regarder défiler ces publications. Pas de la colère — enfin, si, de la colère, mais sous la colère, quelque chose de plus profond. Une nausée. Parce que je sais que derrière chaque théorie partagée, il y a une famille quelque part qui va tomber dessus. Qui va lire que leur fils, leur frère, leur ami « était un acteur ». Qui va devoir porter leur deuil et ce mensonge en même temps.

Les familles que personne ne défend

Après la fusillade de Sandy Hook en décembre 2012 — vingt enfants de six et sept ans tués dans leur école de Newtown, Connecticut — Alex Jones, animateur du site conspirationniste InfoWars, a passé des années à affirmer que le massacre était une mise en scène. Que les parents pleuraient de faux enfants. Que les larmes étaient du théâtre. Les familles ont reçu des menaces de mort. Elles ont dû déménager. Certaines plusieurs fois. Lenny Pozner, le père de Noah, six ans, tué ce jour-là, a été contraint de quitter le Connecticut sous la pression des harceleurs convaincus que son fils n’avait jamais existé. En 2022, Alex Jones a été condamné à payer près d’un milliard de dollars de dommages et intérêts. Noah Pozner, lui, est toujours mort.

Et pourtant, dix ans après Sandy Hook, le réflexe conspirationniste après chaque fusillade est intact. Identique. Comme si aucune leçon n’avait été apprise. Comme si la condamnation d’Alex Jones n’avait été qu’une parenthèse avant le retour à la normale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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