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Un tweet d’insatisfaction contre des missiles de croisière

Donald Trump a déclaré être « dissatisfied » — insatisfait — du plan iranien concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. Une formulation étrange. Presque bureaucratique dans sa retenue. L’homme qui menaçait l’Iran de « destruction totale » sur X en 2019, qui avait promis une réponse « disproportionnée » à toute agression, dit aujourd’hui qu’il est « mécontent ». Le mot choisi dit tout sur le rapport de forces réel. On n’est « mécontent » que de quelqu’un dont on dépend. On n’est « mécontent » que lorsqu’on ne peut pas simplement imposer sa volonté. L’insatisfaction de Trump, c’est l’aveu habillé en posture.

L’Iran, de son côté, joue un jeu plus subtil et plus dangereux. Rouvrir le détroit — après l’avoir implicitement ou explicitement fermé comme levier — c’est montrer qu’on contrôle le robinet dans les deux sens. C’est une démonstration de puissance déguisée en geste de bonne volonté. Téhéran ne rouvre pas le détroit parce qu’il cède. Téhéran rouvre le détroit pour prouver qu’il peut le fermer. La nuance est fondamentale. Trump, ou ses conseillers, l’ont compris. D’où l’insatisfaction. D’où la nervosité à peine masquée sous le mot propre.

Je relis cette formulation — « dissatisfied » — et quelque chose me serre dans la gorge. Pas la rage. Quelque chose de plus froid. La reconnaissance. L’Iran a gagné cette séquence diplomatique sans tirer un seul coup de feu. Il a montré sa force en proposant d’être raisonnable. Et nous, en Occident, nous allons appeler ça une désescalade.

Les négociations nucléaires comme arrière-plan brûlant

Ce ballet autour d’Ormuz ne se passe pas dans un vide. Il se joue en parallèle des négociations nucléaires entre Washington et Téhéran — des négociations dont les cinquième et sixième rounds ont eu lieu à Rome et Moscou en 2025, dans une atmosphère que les diplomates décrivent comme « constructive » avec ce talent pour l’euphémisme qui caractérise ceux qui ne veulent pas admettre qu’ils n’avancent pas. L’Iran enrichit toujours de l’uranium à 60% de pureté. Le seuil militaire commence à 90%. La distance entre les deux n’est plus qu’une question de semaines si Téhéran décidait d’accélérer. Ce contexte est le vrai fond sonore de la crise du détroit. Chaque mouvement sur l’eau est aussi un message sur le nucléaire. Chaque menace sur les pétroliers est une pression supplémentaire sur les négociateurs américains.

Et pourtant, Trump a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire JCPOA en 2018 — l’accord qu’Obama avait arraché au terme de dix-huit mois de négociations, que l’Europe avait soutenu, que l’AIEA validait. Il l’a appelé « le pire accord de l’histoire ». Il a brisé le seul cadre qui contenait le programme nucléaire iranien. Et maintenant il est « mécontent » des conséquences. Le lien de causalité est si direct qu’il en devient presque douloureux à regarder en face. Presque.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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