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Kigali, 1996 : la juge contre les machettes

Elle a accepté en septembre 1996. Procureure en chef du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ET pour le Rwanda. Deux génocides. Une seule femme. À l’époque, on lui avait dit que c’était impossible. Trop dangereux. Trop politique. Trop tôt.

Elle a inculpé Slobodan Milošević en mai 1999, alors qu’il était encore président en exercice de la Yougoslavie. Première inculpation d’un chef d’État en exercice par un tribunal international. L’OTAN bombardait Belgrade. Les diplomates suppliaient d’attendre. Arbour a signé.

Au Rwanda, elle a fait reconnaître que le viol systématique constituait un acte de génocide. Décision Akayesu, 2 septembre 1998. Avant elle, le viol de masse n’était qu’un dommage collatéral dans la jurisprudence internationale. Après elle, c’est un crime de génocide.

Il y a des phrases qui changent le monde sans qu’on s’en rende compte. « Le viol est un acte constitutif de génocide » est l’une d’elles. Cette phrase, c’est elle qui l’a fait écrire. Pendant qu’on débattait au Canada de questions de protocole, elle, elle réécrivait le droit international à mains nues.

Le coupable nommé : Hissène Habré, Bosco Ntaganda, Théoneste Bagosora

Trois noms. Trois bouchers. Tous condamnés grâce à la jurisprudence qu’elle a construite. Bagosora, cerveau du génocide rwandais, condamné à perpétuité le 18 décembre 2008. La trame de l’accusation reposait sur les fondations posées par Arbour.

Ntaganda, le « Terminator » du Congo, a écopé de 30 ans en novembre 2019. Habré, dictateur tchadien, est mort en prison en août 2021 après avoir été condamné par un tribunal sénégalais qui s’inspirait directement du modèle Arbour. La justice qu’elle a inventée continue de juger après elle.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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