Toutes les cultures ont dû répondre à cette question sans réponse : que faire quand quelqu’un meurt ? Certaines sociétés enterraient leurs morts avec des trésors, d’autres les élevaient bien au-dessus du sol, et d’autres encore les gardaient près d’elles bien plus longtemps que ne pourraient l’imaginer les lecteurs d’aujourd’hui. Si certaines de ces coutumes peuvent paraître étranges à première vue, la plupart trouvaient leur origine dans l’amour, la peur, la foi, le statut social ou l’espoir que la mort ne soit pas vraiment la fin. Voici 20 coutumes funéraires que les peuples de l’histoire ont réellement pratiquées.
1. La momification égyptienne
La momification dans l’Égypte antique était bien plus complexe que le simple fait d’envelopper un corps dans du lin. Les embaumeurs retiraient les organes internes, desséchaient le corps à l’aide de natron, le traitaient avec des résines et le préparaient pour l’au-delà. L’objectif était de préserver le corps afin que l’esprit du défunt puisse le reconnaître et s’en servir à nouveau.
2. L'enterrement céleste tibétain
Dans le rituel tibétain de l’enterrement céleste, le corps était déposé au sommet d’une montagne ou sur un site funéraire spécial où les vautours en dévoraient les restes. Pour les non-initiés, cela peut paraître choquant, mais selon la croyance bouddhiste tibétaine, le corps n’est plus qu’un réceptacle vide après la mort. L’offrir aux oiseaux pouvait être considéré comme un dernier acte de générosité. Cette pratique revêtait également un intérêt pratique dans des régions où le sol rocheux et la rareté du bois rendaient difficiles l’inhumation ou la crémation.
3. Les cercueils suspendus
Dans certaines régions de Chine, d’Indonésie et des Philippines, certaines communautés plaçaient les cercueils en hauteur sur des falaises ou à l’intérieur de parois rocheuses. Cette coutume permettait de surélever physiquement les défunts, parfois dans des endroits difficiles d’accès, même pour les vivants. Elles croyaient que plus le cercueil était placé haut, plus cela honorait le défunt, mais c’était aussi un moyen pratique de mettre les dépouilles à l’abri des prédateurs.
4. Sépultures dans des drakkars
Certaines élites vikings étaient inhumées dans des navires ou des tombes en forme de bateau, entourées d’armes, d’outils, d’animaux et d’objets personnels. Le navire symbolisait le voyage, le statut social et peut-être même un voyage vers l’au-delà. Ces sépultures pouvaient constituer de spectaculaires démonstrations de pouvoir, en particulier lorsque le défunt était inhumé avec des biens de grande valeur.
5. La cloche de réveil ou le cercueil de sécurité
La peur d’être enterré vivant était si forte aux XVIIIe et XIXe siècles que certaines personnes se procuraient des cercueils de sécurité ou des cloches funéraires. Ces dispositifs étaient destinés à permettre à la personne enterrée de donner l’alerte depuis l’intérieur du cercueil si elle avait été enterrée vivante. Le fait que les gens aient dépensé de l’argent pour s’en procurer en dit long sur l’intensité de cette peur.
6. Le rachat des péchés
Dans certaines régions de Grande-Bretagne et d’Irlande, certaines communautés croyaient autrefois qu’une personne appelée « mangeur de péchés », souvent pauvre ou marginalisée, pouvait prendre sur elle les péchés des défunts. On plaçait de la nourriture et des boissons près du défunt ou sur lui, et le mangeur de péchés les consommait dans le cadre du rituel. L’idée était que l’âme du défunt pouvait ainsi être purifiée avant de passer dans l’au-delà.
7. Les tours du silence zoroastriennes
Certaines communautés zoroastriennes utilisaient traditionnellement des structures surélevées appelées dakhmas, souvent connues sous le nom de « tours du silence ». On y déposait les corps afin que les oiseaux nécrophages et les éléments naturels puissent en disposer sans souiller les éléments sacrés que sont la terre, le feu ou l’eau avec un cadavre, considéré comme impur ou contaminé par le mal.
8. Sépultures dans les tourbières
Dans toute l’Europe du Nord, certains corps anciens ont été préservés dans des tourbières, où la faible teneur en oxygène et l’acidité du milieu ont permis de conserver intacts la peau, les cheveux et les vêtements pendant des siècles. De nombreux experts estiment qu’un nombre important de ces corps retrouvés dans les tourbières étaient des victimes de sacrifices humains destinés à apaiser les dieux ou les déesses afin d’assurer la fertilité et la survie, et la disposition soignée de certains corps laisse penser que ces paysages marécageux pouvaient revêtir une signification rituelle.
9. Cortèges funéraires romains avec des masques d'ancêtres
Les funérailles de l’élite romaine antique pouvaient faire intervenir des acteurs ou des proches portant des masques en cire représentant les ancêtres défunts de la famille. Ces masques, appelés « imagines », contribuaient à transformer les funérailles en une démonstration publique du prestige familial. On ne se contentait pas de pleurer les morts ; on les présentait comme faisant partie d’une lignée longue et puissante. Le deuil, la mémoire et le statut social défilaient ainsi ensemble dans les rues.
10. Les sacrifices humains lors des funérailles de l'élite
Dans certaines cultures anciennes, les personnes puissantes étaient enterrées avec des serviteurs, des gardes ou des captifs qui avaient été tués pour les accompagner dans l’au-delà. Des tombes royales découvertes notamment dans l’ancienne Mésopotamie et dans la Chine des premières dynasties ont mis au jour des traces de serviteurs enterrés aux côtés des élites. Cette pratique était souvent liée à la croyance selon laquelle le statut social et le service se poursuivaient après la mort.
11. Sati
Le sati était une pratique historique répandue dans certaines régions d’Asie du Sud, issue de la culture hindoue élitiste du Moyen Âge, qui consistait pour une veuve à mourir sur le bûcher funéraire de son mari. Cette pratique pouvait résulter de pressions sociales, de contraintes ou d’un manque d’alternatives, plutôt que d’un simple acte de dévotion volontaire. Elle a été officiellement interdite en Inde sous domination britannique en 1829.
12. Les pleureuses professionnelles
Dans de nombreuses sociétés anciennes, les familles engageaient des pleureuses professionnelles pour pleurer, chanter, psalmodier ou exprimer publiquement leur chagrin lors des funérailles. Plus le deuil était bruyant et théâtral, plus le défunt pouvait paraître important. Ces pleureuses contribuaient à créer l’atmosphère émotionnelle appropriée, en particulier pour les familles de haut rang.
13. La photographie post mortem à l'époque victorienne
Au XIXe siècle, il arrivait que des familles photographient leurs proches décédés, en particulier les enfants, avant leur inhumation. La photographie était coûteuse, et pour certaines familles, cela pouvait être le seul portrait qu’elles auraient jamais de la personne. Ces portraits représentaient souvent le défunt dans une pose paisible, parfois aux côtés de parents encore en vie.
14. Bijoux de cheveux pour le deuil
À l’époque victorienne, il était courant de fabriquer ou de porter des bijoux contenant des mèches de cheveux d’un être cher disparu. Bagues, broches, médaillons et coiffes tressées permettaient de rendre le deuil visible et tangible. Cela peut paraître dérangeant aujourd’hui, mais les cheveux étaient un objet personnel, résistant et facile à conserver. Pour les personnes en deuil, ils offraient un lien physique avec la personne qu’elles avaient perdue.
15. L'amputation d'un doigt en signe de deuil
Chez le peuple Dani de Nouvelle-Guinée, certaines femmes s’amputaient autrefois une partie des doigts pour exprimer leur chagrin après le décès d’un proche. Cet acte douloureux servait de signe visible de la perte et du deuil. Cette coutume a été découragée et n’est plus très répandue aujourd’hui. Elle montre néanmoins comment, dans certaines cultures, le chagrin s’exprimait directement sur le corps.
16. Endocannibalisme
Certaines sociétés pratiquaient l’endocannibalisme, c’est-à-dire qu’elles consommaient des parties du corps des défunts au sein de leur propre communauté ou de leur groupe familial. Cette pratique n’était généralement pas motivée par la violence ou la faim, mais visait plutôt à honorer le défunt, à l’intégrer ou à le garder près d’eux. Chez certains groupes, le fait de manger des cendres ou des restes pouvait être une manière d’exprimer l’amour et la continuité.
17. Réinhumation
Dans les rites funéraires secondaires, les défunts étaient enterrés ou placés provisoirement dans un endroit, puis déplacés une fois la décomposition achevée. Les familles ou les communautés pouvaient nettoyer les ossements, les disposer dans des ossuaires ou les réenterrer dans une tombe collective. La mort devenait ainsi un processus plutôt qu’un événement ponctuel.
18. L'obole de Charun le Romain
Les Grecs et les Romains de l’Antiquité plaçaient parfois une pièce de monnaie dans la bouche ou près du corps du défunt. Cette pièce était destinée à payer Charon, le passeur qui conduisait les âmes de l’autre côté du fleuve, vers les Enfers. Apparemment, même l’au-delà avait son prix.
19. Ossuaires médiévaux
Dans l’Europe médiévale, les tombes étaient souvent temporaires, car l’espace disponible dans les cimetières était limité. Une fois les corps décomposés, les ossements pouvaient être déterrés et transférés dans un ossuaire. Cela signifiait que les défunts faisaient toujours partie de la communauté, mais qu’ils étaient simplement entreposés de manière plus rationnelle en termes d’espace.
20. L'enterrement du cœur
Certains membres de la royauté et de la noblesse européenne faisaient enterrer leur cœur séparément du reste de leur corps. Le cœur pouvait être déposé dans une église chère à leur cœur, dans leur terre natale ou dans un lieu revêtant une importance politique. Cela permettait à une personne d’être commémorée en plusieurs endroits, ce qui s’avérait pratique lorsqu’il fallait concilier sentiments profonds et image dynastique.