L’architecture occupe une place importante dans notre histoire depuis que nous avons commencé à construire des maisons. Un bâtiment peut revêtir une importance technique, avoir une influence historique, et pourtant donner aux gens le sentiment d’être à l’étroit, ignorés ou légèrement déprimés. Les goûts changent, les budgets sont réduits, l’entretien est négligé, et soudain, un projet autrefois ambitieux commence à paraître plus austère que ce qui était prévu. Bon nombre des styles ci-dessous ont de fervents admirateurs, et plusieurs ont donné naissance à des bâtiments que les experts étudient encore aujourd’hui avec admiration. Malgré tout, ces 20 styles architecturaux ont tous fait l’objet de critiques au fil des ans, car ils sont jugés froids, encombrés, étranges, surdimensionnés ou tout simplement difficiles à apprécier.
1. Brutalisme
Le brutalisme est issu du modernisme du milieu du XXe siècle et s’est largement répandu dans les universités, les bâtiments administratifs, les bibliothèques et les ensembles de logements sociaux. Son béton brut, ses formes massives et ses structures apparentes peuvent donner une impression d’authenticité et de solidité, notamment dans des bâtiments comme l’hôtel de ville de Boston ou le Barbican Estate à Londres. Beaucoup de gens continuent toutefois de percevoir ce style comme terne, austère et peu accueillant.
2. Googie
L’architecture Googie est née en Californie du Sud au milieu du siècle dernier, puisant ses racines dans les diners, les cafés, les stations-service et la culture automobile. Le Googie’s Coffee House de John Lautner, à Los Angeles, a contribué à donner son nom à ce style, et des bâtiments comme le Norms, sur La Cienega Boulevard, en illustrent les caractéristiques typiques : angles vifs, néons, verre et toits en pente. C’est un style amusant, à l’image d’une carte postale prise au bord de la route, même s’il peut aussi paraître tapageur et gadget.
3. Le postmodernisme
Le postmodernisme s’est opposé au sérieux du modernisme à la fin du XXe siècle. Il a remis au goût du jour la couleur, les symboles, les références historiques et beaucoup plus d’humour, en particulier dans les années 1970 et 1980. Le problème, c’est que toute cette fantaisie peut parfois donner une impression de désordre.
4. Déconstructivisme
Le déconstructivisme s’est particulièrement imposé à la fin du XXe siècle, les architectes recourant à des formes fracturées, des plans inclinés et des surfaces qui semblent défier toute logique d’ordre. Les bâtiments associés à Frank Gehry, Zaha Hadid et Daniel Libeskind sont souvent évoqués dans ce contexte. Ce style peut sembler captivant, mais il peut aussi susciter un certain malaise et une légère désorientation.
5. Style international
Le style international est apparu dans les années 1920 et 1930, devenant l’un des courants dominants de l’architecture moderne du milieu du siècle. Le verre, l’acier, le béton armé, les surfaces planes et la sobriété ornementale ont contribué à définir les bâtiments conçus par des figures telles que Ludwig Mies van der Rohe et Philip Johnson. Cette esthétique épurée peut être magnifique, mais lorsqu’elle se répète à travers les tours de bureaux et les quartiers d’affaires, elle peut finir par paraître anonyme et dépourvue d’émotion.
6. Bauhaus
L’école du Bauhaus a existé en Allemagne de 1919 à 1933 et a façonné le design moderne bien au-delà de l’architecture. Walter Gropius, Marcel Breuer et Ludwig Mies van der Rohe ont marqué son histoire, aux côtés d’artistes et de designers profondément attachés à la fonctionnalité et à l’artisanat. Cette clarté épurée a bouleversé l’histoire du design, mais elle peut paraître austère à ceux qui souhaitent que les bâtiments dégagent davantage de chaleur.
7. Le modernisme
Le modernisme a rejeté les anciennes conventions décoratives et s’est tourné vers de nouveaux matériaux, des formes plus simples et un design fonctionnel. Il a donné au monde des œuvres majeures signées Le Corbusier, Mies van der Rohe et bien d’autres. Cependant, ses versions les moins réussies ont donné lieu à une multitude de cubes austères, de murs nus et de quartiers urbains qui semblent inhumains.
8. Minimalisme
L’architecture minimaliste réduit un bâtiment à des lignes épurées, des espaces ouverts et des matériaux soigneusement choisis. Entre des mains expertes, cette sobriété peut dégager une impression de sérénité et de raffinement sans pour autant paraître ostentatoire. Entre des mains moins expertes, elle peut donner une impression de vide et de froideur.
9. Streamline Moderne
Le style Streamline Moderne s’est développé dans les années 1930 comme une variante plus fluide et plus aérodynamique de l’Art déco. Ses angles arrondis, ses lignes horizontales, ses toits plats et ses surfaces polies rappelaient les trains, les paquebots et la fascination de l’époque pour la vitesse. Certains bâtiments conservent aujourd’hui encore leur élégance, tandis que d’autres peuvent paraître un peu démodés.
10. Art déco
L’Art déco a vu le jour dans les années 1910 et 1920 et s’est imposé comme un style architectural et de design majeur dans les années 1930. Des édifices tels que le Chrysler Building à New York illustrent pourquoi on apprécie encore aujourd’hui sa géométrie, ses ornements et son côté glamour. Cela dit, ce style peut paraître pesant lorsque les motifs, la symétrie et les détails décoratifs s’accumulent de manière trop dense.
11. Expressionnisme
L’architecture expressionniste mettait l’accent sur l’émotion, les formes inhabituelles et les volumes sculpturaux, en particulier au début du XXe siècle. La tour Einstein d’Erich Mendelsohn, à Potsdam, est l’un des exemples les plus connus et les plus souvent cités. Ce style peut être marquant et impressionnant, même si ses formes étranges peuvent aussi paraître incongrues lorsqu’elles sont mal placées.
12. Le néo-futurisme
Le néo-futurisme utilise des formes fluides pour suggérer le mouvement et les possibilités technologiques. Des architectes tels que Zaha Hadid et Santiago Calatrava sont souvent associés à ce type de design tourné vers l’avenir. Les résultats peuvent être impressionnants, mais ils peuvent aussi donner l’impression d’être coûteux, trop travaillés et déconnectés de la réalité.
13. Architecture de pointe
L’architecture high-tech s’est imposée dans les années 1970, mettant souvent en évidence la structure, les installations techniques et les systèmes mécaniques. Le Centre Pompidou à Paris, conçu par Renzo Piano et Richard Rogers, en est l’un des exemples les plus célèbres. Certains apprécient cette transparence, tandis que d’autres trouvent ce style chargé, industriel et froid.
14. Immeubles d'habitation d'après-guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, des ensembles immobiliers ont été construits partout en Europe et au-delà. Ces vastes lotissements en béton, ces tours identiques et ces agencements standardisés ont répondu à des besoins urgents en matière de logement, mais avec le temps, ce style a fini par être associé à l’isolement, à la négligence et à la banalité.
15. Architecture en béton préfabriqué
Les systèmes de construction préfabriqués en béton ont permis aux villes de se développer plus rapidement en période de pénurie et de croissance rapide. Les panneaux pouvaient être fabriqués hors site et assemblés rapidement, ce qui s’est avéré efficace pour les logements, les écoles et les bâtiments publics. L’inconvénient est que les surfaces en béton répétitives vieillissent souvent mal, donnant à certains bâtiments un aspect usé, terne et sans charme.
16. Architecture des mégastructures
L’architecture des mégastructures pense à très grande échelle, combinant souvent bâtiments, voies de circulation, infrastructures et urbanisme au sein d’un immense système. Les années 1960 et 1970 ont donné naissance à de nombreuses idées ambitieuses dans ce sens, notamment des projets expérimentaux au Japon et en Europe. Si cette échelle peut être fascinante, elle peut aussi sembler écrasante et difficile à appréhender.
17. Monumentalisme d'inspiration mégalithique
Une partie de l’architecture du XXe siècle s’est inspirée de la lourdeur et de la solennité des monuments anciens en pierre. Les formes massives, les surfaces lisses et les proportions imposantes peuvent créer un sentiment de permanence. Sans une conception soignée, cependant, cette même lourdeur peut paraître sombre, rigide et plus imposante qu’accueillante.
18. Architecture pop
L’architecture pop s’est inspirée de la publicité, de la culture de consommation, des couleurs vives, de la fantaisie et de l’imagerie commerciale du quotidien. Elle s’inscrivait dans l’esprit ludique des années 1960 et, plus tard, dans les expériences postmodernes. À petites doses, elle peut être charmante ; poussée à l’extrême, elle finit par paraître superficielle, tapageuse et un peu lassante.
19. Le néoclassicisme monumental
L’architecture néoclassique peut être gracieuse lorsqu’elle fait appel aux proportions, au savoir-faire et à la sobriété. Sous sa forme monumentale, avec ses colonnes imposantes, sa symétrie rigoureuse et ses façades en pierre massives, elle peut paraître froide et avide de pouvoir. Ce style a souvent été utilisé pour les bâtiments publics, les monuments commémoratifs et les institutions, ce qui renforce sa réputation d’être austère plutôt qu’accueillant.
20. Kitsch commercial au bord de la route
Le kitsch commercial routier est né des autoroutes, des motels, des diners, des stations-service et de la culture du drive-in, en particulier dans l’Amérique du milieu du siècle dernier. Des enseignes surdimensionnées, des façades à thème, des formes originales et des couleurs vives aidaient les commerces à se démarquer aux yeux des automobilistes de passage. Il y a là une véritable nostalgie, mais ce style peut aussi paraître chaotique et un peu kitsch.