L’histoire regorge de découvertes surprenantes et de vérités insolites. Des choses que nous considérons aujourd’hui comme tout à fait normales, comme lire avant de se coucher, faire du vélo ou utiliser des caddies, étaient autrefois jugées scandaleuses et mal vues. Incroyable, n’est-ce pas ? Avec le recul, on se rend compte à quel point les choses ont (heureusement) changé, et en mieux.
1. Les femmes qui portent des pantalons
Autrefois, le fait pour une femme de porter un pantalon en public était considéré comme une grave atteinte à la respectabilité. Au XIXe siècle, le port du pantalon chez les femmes était souvent associé à la réforme vestimentaire, aux droits des femmes et à la crainte d’une remise en cause des rôles de genre. Certaines femmes portaient des pantalons pour des raisons pratiques, notamment pour travailler, voyager ou faire du vélo, mais cela n’empêchait pas les détracteurs de considérer ce choix comme inconvenant. Ce qui semble aujourd’hui être un choix vestimentaire banal était autrefois perçu comme un signe de rébellion, de manque de féminité ou de danger social.
2. Des hommes avec des parapluies
Un parapluie peut sembler être l’objet le moins controversé qui soit, mais ce n’était pas toujours le cas dans le Londres du XVIIIe siècle. Jonas Hanway, qui a contribué à populariser l’usage du parapluie chez les hommes anglais dans les années 1750, aurait été raillé parce que le fait d’en porter un semblait trop délicat ou trop étranger. À l’époque, on attendait souvent d’un homme qu’il supporte les intempéries plutôt que de se montrer pointilleux sur son confort. Rester au sec pouvait être interprété comme un défi à l’image masculine que l’on attendait des hommes.
3. Jupes courtes
Lorsque la longueur des jupes s’est raccourcie au XXe siècle, la réaction a souvent été bien plus vive que le vêtement lui-même. Les jupes de l’époque des flappers, dans les années 1920, déstabilisait déjà ceux qui associaient les jambes dénudées à un relâchement des mœurs, et la minijupe des années 1960 a ravivé ces inquiétudes d’une manière nouvelle. Les créations londoniennes de Mary Quant sont devenues célèbres en partie parce qu’elles incarnaient la confiance des jeunes femmes qui ne voulaient pas s’habiller comme leurs mères. Pour les détracteurs, cependant, une jupe courte pouvait apparaître comme la preuve que la pudeur et l’autorité étaient en train de s’effriter.
4. Les hommes à la mode « macaroni »
Dans la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, les jeunes hommes à la mode, surnommés les « macaronis », devinrent la cible de la satire en raison de leurs vêtements sophistiqués, de leurs perruques imposantes, de leur maquillage et de leurs manières à l’européenne. Leur style était tourné en dérision, jugé excessif, artificiel et trop féminin pour des hommes censés faire preuve de retenue. La critique ne portait pas uniquement sur la mode, puisqu’elle reflétait également un malaise face aux codes de classe, à la culture de consommation et à l’évolution des conceptions de la masculinité. Un homme pouvait faire scandale simplement en ayant l’air trop soigné, mais de la mauvaise manière.
5. Des femmes à vélo
À la fin du XIXe siècle, le vélo a donné plus de liberté aux femmes, et cette liberté a mis beaucoup de gens mal à l’aise. Le vélo permettait aux femmes de se déplacer plus loin sans être soumises à la même surveillance, et il encourageait le port de vêtements plus pratiques qui ne correspondaient pas aux anciennes normes vestimentaires féminines. Des rubriques de conseils mettaient en garde les femmes contre leur posture, leur vitesse, leur tenue vestimentaire et même le langage qu’elles employaient lorsqu’elles faisaient du vélo. Le vélo a suscité la controverse car il a transformé la manière dont les femmes se déplaçaient dans l’espace public.
6. Lire au lit
Autrefois, lire au lit avait la réputation d’être dangereux, une perception qui mêlait craintes pratiques et jugements moraux. Avant l’apparition de l’éclairage électrique, lire la nuit impliquait souvent d’utiliser des bougies ou des lampes à huile, ce qui faisait des incendies une menace bien réelle. À la suite d’incendies mortels survenus dans des chambres à coucher aux XVIIIe et XIXe siècles, certains commentateurs considéraient cette habitude comme imprudente plutôt que comme un moment de détente. Même une simple routine intime avant le coucher pouvait se transformer en mise en garde publique sur la discipline, la religion et la maîtrise de soi.
7. Maillots de bain une pièce
Au début du XXe siècle, les maillots de bain pour femmes devaient couvrir une bien plus grande partie du corps que les maillots modernes. La nageuse australienne Annette Kellerman est devenue célèbre pour avoir promu un maillot de bain une pièce plus pratique, qui permettait aux femmes de nager plus facilement. Selon des récits ultérieurs, elle aurait été arrêtée pour indécence à Revere Beach en 1907, bien que les détails exacts fassent l’objet d’un débat parmi les historiens. Quoi qu’il en soit, le tollé suscité par son maillot de bain montre à quel point les corps athlétiques des femmes pouvaient être controversés en public.
8. Des hommes dansant la valse
La valse a choqué de nombreux observateurs au début du XIXe siècle, car elle amenait les partenaires à se tenir très près l’un de l’autre. Les danses formelles plus anciennes laissaient souvent davantage de distance entre les hommes et les femmes ; la valse semblait donc d’une intimité inhabituelle. Les hommes ont été critiqués au même titre que les femmes, car ils participaient activement à une danse que certains moralistes jugeaient trop physique. Elle est finalement devenue une danse de salon classique, mais sa réputation à ses débuts était loin d’être respectable.
9. Boire du café
Le café n’a pas conquis le monde sans susciter la méfiance. À différentes époques et dans divers endroits, les autorités craignaient que les cafés n’encouragent les commérages, les débats politiques, la désobéissance religieuse ou l’oisiveté. L’effet stimulant de cette boisson inquiétait également certaines personnes, surtout lorsqu’elle faisait son apparition dans une culture. Le café causait des problèmes non seulement parce que les gens le buvaient, mais aussi parce qu’ils se rassemblaient autour de lui pour discuter.
10. Les femmes qui fument en public
Autrefois, le fait que les femmes fument en public était généralement considéré comme inconvenant, même lorsque les hommes fumaient ouvertement. Les cigarettes étaient associées à la vie nocturne, à la sexualité et aux femmes jugées en marge de la bonne société ; ainsi, une femme qui allumait une cigarette en public risquait d’être jugée. Au début du XXe siècle, les publicitaires ont fini par transformer ce tabou en opportunité marketing en présentant les cigarettes comme des symboles d’indépendance. Ce scandale montre à quel point un comportement en public pouvait être jugé très différemment selon le genre.
11. Les hommes aux cheveux longs
Les cheveux longs chez les hommes ont fait l’objet de controverses à de nombreuses époques, en particulier lorsqu’ils symbolisaient la rébellion des jeunes ou le rejet de la masculinité traditionnelle. Dans les années 1960, les cheveux longs chez les hommes ont été associés à la contre-culture, au mouvement anti-guerre, à la musique rock et au conflit générationnel. Les écoles, les employeurs et les familles considéraient parfois cela comme un problème de discipline plutôt que comme un choix de style. La longueur des cheveux d’un homme pouvait donner lieu à un débat public sur l’autorité et la respectabilité.
12. Bandes dessinées
Après la Seconde Guerre mondiale, la bande dessinée a été au cœur d’une vaste vague de panique morale aux États-Unis. Le psychiatre Fredric Wertham affirmait que les bandes dessinées contribuaient à la délinquance juvénile, et ses affirmations ont contribué à attiser l’inquiétude du public, à déclencher des autodafés de bandes dessinées et à donner lieu à des audiences au Sénat dans les années 1950. Les éditeurs ont réagi en créant la Comics Code Authority, qui a imposé des restrictions sur les contenus pendant des décennies. Un divertissement destiné principalement aux enfants est devenu controversé parce que les adultes craignaient ce qu’il pouvait leur enseigner.
13. Tomates
Autrefois, la tomate était considérée avec méfiance dans certaines régions d’Europe et d’Amérique du Nord. Au XVIIIe siècle, on l’appelait parfois « pomme empoisonnée », en partie parce que des Européens aisés tombaient parfois malades après avoir mangé des tomates acides servies dans des assiettes en étain, riches en plomb. Ce n’était pas la tomate elle-même qui posait problème, mais ce malentendu a duré suffisamment longtemps pour nuire à sa réputation. Ce fruit, qui semble aujourd’hui tout à fait banal sur une table, paraissait autrefois risqué et étrange.
14. Les hommes qui refusent de se battre en duel
Dans les sociétés où la culture de l’honneur était très présente, refuser un duel pouvait nuire à la réputation d’un homme, même si le duel était dangereux et souvent illégal. On attendait parfois des hommes de l’élite qu’ils défendent leur honneur par la violence lorsqu’ils étaient insultés. Un homme qui refusait de se battre pouvait être considéré comme sensé par certains, mais comme un lâche par d’autres. Le scandale ne résidait pas toujours dans le fait de se battre ; parfois, il tenait au refus de faire preuve du courage que la société exigeait.
15. Le bikini
Le bikini a fait son apparition en 1946 et a immédiatement été considéré comme osé. C’est le créateur français Louis Réard qui l’a présenté à Paris, mais la taille réduite de ce maillot rendait difficile de trouver un mannequin classique prêt à le porter. Il a été interdit ou découragé dans certains endroits et critiqué par les autorités religieuses et morales. Sa popularité actuelle fait facilement oublier à quel point il semblait provocateur lors de son apparition.
16. Les tatouages chez les femmes
Les tatouages ont revêtu différentes significations selon les cultures, mais dans la société occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, les femmes tatouées étaient souvent considérées comme choquantes. Les femmes affichant ouvertement leurs tatouages pouvaient être associées aux attractions foraines, aux marins, à la prostitution, à la criminalité ou à une vie en marge de la respectabilité de la classe moyenne. Certaines femmes ont mis à profit cette réputation pour se lancer dans une carrière d’artiste, tandis que d’autres ont été stigmatisées pour ce même art corporel. Le scandale tenait à l’idée que le corps d’une femme devait rester sous contrôle social et conformer aux normes visuelles.
17. Coca-Cola et les sodas
Les sodas ont autrefois suscité la méfiance en raison d’ingrédients tels que la caféine et parce que ces boissons sucrées et pétillantes étaient associées à l’évolution de la culture des jeunes. En 1909, des agents du gouvernement américain ont saisi des fûts et des barils de sirop de Coca-Cola en vertu de la loi sur la pureté des aliments et des médicaments (Pure Food and Drug Act), ce qui a donné lieu à une importante bataille juridique autour de la caféine. Les détracteurs craignaient que les boissons gazeuses caféinées ne nuisent aux jeunes ou n’encouragent les mauvais comportements. Aujourd’hui, les sodas sont monnaie courante, mais ils ont autrefois été au cœur de débats sur la santé, la moralité et la réglementation.
18. Les hommes qui utilisent des produits de beauté
L’usage des cosmétiques par les hommes a été tantôt bien vu, tantôt mal vu selon les époques. Dans certaines cours européennes, les hommes de la haute société utilisaient de la poudre, des perruques et des produits de beauté comme signes de leur statut social, mais les générations suivantes ont souvent tourné ces habitudes en dérision, les qualifiant de futiles ou de peu viriles. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les cosmétiques ont été de plus en plus associés à la féminité dans de nombreux contextes occidentaux. Un homme qui les utilisait pouvait être jugé non seulement pour son apparence, mais aussi pour avoir enfreint les normes de genre.
19. Scolarité obligatoire
Cela peut paraître étrange aujourd’hui, mais la scolarité obligatoire a autrefois rencontré une forte opposition dans certaines régions des États-Unis. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, certains détracteurs considéraient l’obligation scolaire comme une ingérence excessive de l’État ou une atteinte à l’autorité parentale. D’autres s’y opposaient parce que les familles comptaient sur le travail des enfants à la maison, à la ferme ou dans le cadre d’un emploi rémunéré. Envoyer les enfants à l’école n’était pas seulement une question d’éducation, mais un combat autour de la famille, du travail, de la citoyenneté et de l’État.
20. Paniers d'achat
Le chariot de supermarché n’a pas été immédiatement adopté lorsque Sylvan Goldman l’a lancé en 1937. Certains hommes auraient refusé de l’utiliser, craignant de paraître incapables de porter leurs propres courses, tandis que certaines femmes l’associaient trop étroitement à la poussette. Goldman est même allé jusqu’à engager des personnes pour pousser des chariots dans son magasin afin que les clients s’y habituent. Cette simple invention dans le domaine de la vente au détail a dû surmonter la fierté, les habitudes et les préjugés liés au genre avant d’être acceptée par les clients.