L’archéologie est censée nous rapprocher de la vérité, mais de temps à autre, quelqu’un débarque avec un faux crâne ou un trésor d’une « ancienneté » suspecte et complique la tâche de tout le monde. Ce qui aggrave encore les choses, c’est que certaines de ces fraudes n’ont été découvertes qu’après avoir attiré l’attention des médias — ou être devenues le sujet de théories du complot. Ce qui rend ces 20 histoires si fascinantes, c’est qu’elles n’ont pas seulement berné quelques personnes crédules ; elles ont berné des musées, des universitaires, des journaux, des collectionneurs et des communautés entières.
1. L'homme de Piltdown
L’homme de Piltdown a fait une entrée fracassante sur la scène scientifique en 1912, lorsque Charles Dawson a affirmé que des fragments découverts dans le Sussex, en Angleterre, constituaient un « chaînon manquant » crucial dans l’évolution humaine. Cela semblait incroyable à l’époque, et ce crâne semblait offrir à la Grande-Bretagne son propre ancêtre humain. Mais en 1953, des analyses ont révélé que ce célèbre fossile n’était rien d’autre qu’un assemblage d’un crâne humain moderne, d’une mâchoire d’orang-outan et de dents limées qui avaient été teintées pour paraître plus anciennes.
2. Le Géant de Cardiff
Le Géant de Cardiff a été « découvert » en 1869 par des ouvriers qui creusaient un puits dans une ferme de Cardiff, dans l’État de New York, et il a fait sensation presque immédiatement. Les foules se sont rapidement pressées pour voir cet énorme homme pétrifié, sans se douter qu’en réalité, George Hull avait fait sculpter une statue de gypse de trois mètres de haut, qu’il avait fait vieillir, enterrer, puis déterrer. Curieusement, même après que les experts eurent révélé la supercherie, le public continua d’affluer.
3. Le crâne de Calaveras
En 1866, un crâne humain provenant du comté de Calaveras, en Californie, fut présenté comme la preuve que des êtres humains avaient vécu en Amérique du Nord il y a des millions d’années. Des personnalités influentes telles que Josiah Whitney, géologue officiel de l’État de Californie, prirent ce crâne au sérieux… même si son histoire semblait suspecte dès le départ. Des enquêtes ultérieures révélèrent qu’il était bien plus récent, et toute cette affaire s’avéra n’être qu’une farce datant de l’époque de la ruée vers l’or.
4. Les pierres mensongères de Beringer
On ne s’attend jamais à ce que ses amis nous mènent en bateau, mais c’est une leçon que certains apprennent à leurs dépens. Dans les années 1720, Johann Beringer, de l’université de Würzburg, commença à collectionner d’étranges « fossiles » gravés de lézards, d’araignées, d’étoiles et même de lettres hébraïques. C’était une découverte remarquable, et il croyait que ces pierres étaient authentiques, allant jusqu’à les publier dans un livre avant de se rendre compte que ses collègues et ses assistants les avaient placées là pour l’humilier.
5. Le canular paléolithique japonais
Pendant un certain temps, Shinichi Fujimura s’est fait connaître au Japon sous le nom de « Mains de Dieu ». Avant de trouver cela trop prétentieux, il faut savoir que ce surnom avait une certaine crédibilité auprès du public à l’époque ; il semblait capable de mettre au jour d’anciens outils en pierre presque partout où il creusait. Ses découvertes ont repoussé de plus en plus loin les limites de l’histoire paléolithique du Japon, jusqu’à ce qu’un journal le surprenne en train de placer des artefacts dans le sol en 2000.
6. Les crânes de cristal
Pas besoin d’être archéologue pour avoir entendu parler des crânes de cristal, ces objets qui ont longtemps été présentés comme de mystérieux artefacts précolombiens liés aux Aztèques ou aux Mayas. Le problème, c’est que les exemplaires exposés dans les grands musées ne disposaient pas d’un historique de fouilles fiable, et que des analyses scientifiques ont révélé la présence de traces laissées par des outils rotatifs modernes. Loin d’être des trésors antiques, il s’agissait probablement d’antiquités datant du XIXe siècle.
7. La momie de la princesse perse
Tout le monde adore les belles histoires de momies, et en 2000, les autorités pakistanaises en avaient une à raconter. Elles avaient découvert une momie présentée comme celle d’une princesse perse vieille de 2 600 ans, coiffée d’une couronne en or et portant des inscriptions la reliant au roi Xerxès. Cette découverte avait attiré l’attention internationale avant que les experts ne démêlent tout ce mystère. En réalité, le corps était récent, les détails « royaux » étaient faux, et l’affaire concernait peut-être une véritable victime plutôt qu’une princesse.
8. La tiare de Saitaphernes
Le Louvre a acquis la tiare en or de Saitaphernes en 1896, convaincu qu’il s’agissait d’un chef-d’œuvre scythe antique lié à un roi de l’histoire grecque. Les critiques ont très vite remis cela en question, mais le musée avait déjà déboursé une fortune et ne voulait pas se ridiculiser aux yeux du public. La vérité a fini par éclater au grand jour : l’orfèvre Israel Rouchomovsky a prouvé qu’il l’avait fabriquée de ses propres mains.
9. Les guerriers étrusques du Met
Entre 1915 et 1921, le Metropolitan Museum of Art a fait l’acquisition d’imposantes statues de guerriers en terre cuite présentées comme de rares chefs-d’œuvre étrusques. Ça a l’air plutôt cool, non ? Elles avaient en tout cas l’air assez impressionnantes, et elles sont même restées exposées au musée pendant des décennies, ce qui rend la vérité d’autant plus tragique. Des analyses scientifiques menées dans les années 1960 ont révélé qu’il s’agissait en réalité de créations modernes.
10. La plaque en laiton de Drake
La plaque en laiton de Drake était censée marquer le débarquement de Sir Francis Drake sur la côte californienne en 1579, ce qui en faisait un artefact dont les historiens ne pouvaient que rêver de découvrir. Elle a refait surface dans les années 1930 et a été acceptée pendant des décennies par des chercheurs réputés, bien que des doutes aient été émis dès le début quant à son inscription. Comme on pouvait s’y attendre, des analyses ultérieures ont révélé que le laiton était d’origine moderne, et la plaque s’est avérée être un canular.
11. La pierre runique de Kensington
La pierre runique de Kensington a été découverte dans le Minnesota en 1898, et même si cela peut sembler anodin, à l’époque, elle semblait prouver que des explorateurs scandinaves s’étaient enfoncés profondément en Amérique du Nord bien avant Christophe Colomb. Ce fut un événement retentissant, en particulier pour les communautés d’immigrants scandinaves, fières de l’histoire des Vikings. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la plupart des spécialistes la considèrent comme une création moderne.
12. La pierre de Grave Creek
Dès le départ, la pierre de Grave Creek a fait l’objet d’une histoire pour le moins intrigante. Elle aurait été découverte en 1838 dans un tumulus situé dans ce qui est aujourd’hui la Virginie-Occidentale, et portait des inscriptions mystérieuses que certains ont tenté de relier à d’anciennes écritures du Vieux Monde. Si elle avait été authentique, cela aurait constitué une preuve irréfutable de l’existence d’une écriture précolombienne dans la région. Mais elle n’était pas authentique. Les inscriptions semblent avoir été copiées, et la pierre est aujourd’hui généralement considérée comme un faux.
13. Les tablettes de Davenport
Les tablettes de Davenport ont été découvertes dans des tumulus de l’Iowa dans les années 1870 ; il s’agissait d’une découverte modeste qui semblait corroborer l’idée, autrefois très répandue, selon laquelle une race disparue de « constructeurs de tumulus » avait érigé les anciens ouvrages de terre d’Amérique du Nord. Mais voici le hic : les tablettes représentaient des scènes qui semblaient bien commodes pour quiconque ne voulait pas attribuer la paternité de ces monuments aux Amérindiens. Les critiques l’ont également remarqué, tout en soulignant d’autres problèmes, comme des inscriptions étranges et un contexte peu convaincant ; ces objets sont aujourd’hui considérés comme des canulars.
14. Les croix de plomb de Tucson
En 1924, Charles Manier et sa famille ont découvert des objets en plomb près de Tucson, en Arizona. Il s’agissait notamment de croix, d’épées et d’inscriptions, qui semblaient toutes indiquer l’existence d’une ancienne colonie méditerranéenne. Certains adeptes de cette théorie ont même donné un nom à cette supposée colonie : « Calalus ». Mais les archéologues ont fini par conclure que ces objets étaient des faux d’époque moderne.
15. Les vestiges du Michigan
Les « reliques du Michigan » étaient des milliers de tablettes et de boîtes « découvertes » entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. On prétendait qu’elles représentaient des scènes bibliques ou comportaient d’étranges inscriptions, souvent présentées comme la preuve que des peuples de l’Antiquité proche-orientale avaient autrefois vécu dans le Michigan. Cette histoire n’a pas convaincu les spécialistes, qui ont mis en évidence des traces d’outils modernes et des inscriptions dépourvues de sens.
16. Les plaques de Kinderhook
Pour faire court, les plaques de Kinderhook étaient six petites plaques en laiton déterrées dans l’Illinois en 1843. Elles avaient été conçues pour ressembler à s’y méprendre à des objets sortis tout droit des livres d’histoire, avec leurs étranges caractères gravés, et leur lien avec l’histoire mormone n’a fait que prolonger la légende. En réalité, elles avaient été dissimulées en secret par des hommes qui espéraient mettre Joseph Smith à l’épreuve, et au XXe siècle, des analyses ont confirmé ce que les auteurs de ce canular avaient fini par admettre : il s’agissait de faux.
17. Les objets de Glozel
Les découvertes de Glozel ont débuté en France en 1924. Elles semblaient être une véritable mine d’or : des milliers d’objets ont été mis au jour, notamment des tablettes, des ossements, des céramiques et des inscriptions qui allaient redéfinir la préhistoire européenne. Le site a divisé les spécialistes presque immédiatement, certains le défendant tandis que d’autres le qualifiaient d’absurdité — et les études ultérieures n’ont pas vraiment permis de clarifier la situation. Au contraire, ces recherches ont laissé entrevoir un mélange confus de matériaux anciens authentiques, d’altérations et de contrefaçons.
18. L'inscription de Joas
L’inscription de Joas était présentée comme un texte ancien décrivant les travaux de restauration du Temple de Jérusalem… jusqu’à ce que l’Autorité des antiquités d’Israël la déclare faux moderne en 2003. Un procès ultérieur n’a pas permis de prouver la contrefaçon criminelle au-delà de tout doute raisonnable, mais toute cette affaire a suscité une vive controverse.
19. Archaeoraptor
Ne vous inquiétez pas si vous n’arrivez pas à prononcer « archaeoraptor » : toute cette histoire s’est effondrée presque aussi vite qu’elle avait vu le jour. Il avait été officiellement présenté en 1999 comme un fossile à plumes qui semblait faire le lien entre les dinosaures et les oiseaux. La découverte était d’ailleurs si incroyable que le National Geographic lui avait accordé une large couverture médiatique, avant que les experts ne révèlent qu’il avait été reconstitué à partir de fragments provenant de différents fossiles.
20. La grotte de Burrows
La grotte de Burrows a fait son apparition dans le milieu de l’archéologie marginale dans les années 1980, lorsque Russell Burrows a affirmé avoir découvert dans l’Illinois une grotte regorgeant de trésors anciens. Et pas n’importe quels trésors : ceux-ci provenaient soi-disant de partout, notamment des Romains, des Égyptiens et des Hébreux. Parmi les artefacts présumés figuraient des pierres sculptées et des inscriptions, mais la grotte elle-même n’a jamais été mise à disposition pour faire l’objet d’une étude en bonne et due forme. Et, en l’absence d’un site vérifié, cette affirmation est considérée par les archéologues comme un canular.