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Le contenu réel des publications du 6 juin

Selon les captures rapportées par Raw Story, les publications de Trump sur Truth Social ce jour-là tournaient autour de plusieurs thèmes : ses succès économiques supposés, sa victoire électorale de novembre 2024, ses attaques contre Joe Biden, ses griefs contre la presse, et des messages génériques sur la grandeur de l’Amérique. Le mot « D-Day » apparaît. Le mot « Normandy » apparaît. Mais ce qui apparaît surtout, c’est le pronom « I » — je, moi, mon. Le centre de gravité de chaque publication est Trump lui-même. Le Débarquement devient un décor. Les plages deviennent un arrière-plan. Les morts deviennent une absence. Et pourtant, ce n’est pas une surprise. C’est une signature. Depuis 2015, Trump a transformé chaque commémoration en occasion personnelle. Le 11 septembre devient l’occasion de parler de la tour Trump. Le Memorial Day devient l’occasion de parler de ses propres « victoires ». Le D-Day suit le même protocole. Ce qui change, en 2025, c’est qu’il est de nouveau président. Le décor n’est plus une tour de Manhattan. C’est le bureau ovale. Et le silence sur les héros résonne dans toute l’architecture institutionnelle qu’il est censé représenter. Un président qui ne dit pas « héros » le 6 juin est un président qui n’a pas compris pourquoi il a le droit de signer les ordres qu’il signe.

Il faut s’arrêter sur l’ampleur de ce qui n’est pas dit. Aucune mention de Dwight Eisenhower, le général américain qui a commandé l’opération Overlord. Aucune mention d’Omaha Beach, où 2 400 soldats américains sont morts en quelques heures. Aucune mention du cimetière américain de Colleville-sur-Mer, qui abrite 9 388 tombes blanches alignées face à la Manche. Aucune mention du discours de Ronald Reagan en 1984, « The Boys of Pointe du Hoc », considéré comme l’un des plus grands discours présidentiels américains du XXe siècle. Aucune mention de la France, qui commémore cette journée comme une renaissance nationale. Aucune mention des vétérans encore vivants — il en reste environ 1 000 aux États-Unis, dont la plupart ont plus de 99 ans, et dont plusieurs ont fait le déplacement en Normandie pour les cérémonies. Le silence présidentiel sur ces hommes, à l’âge où ils savent que c’est probablement leur dernier anniversaire commémoré de leur vivant, est une forme de désertion symbolique.

Il y a quelque chose de profondément troublant à voir un commandant en chef incapable de prononcer le nom de ses propres morts. Ce n’est pas de l’oubli. L’oubli demanderait qu’il ait su un jour. C’est plus radical que ça : c’est l’absence totale de connexion entre lui et la lignée qu’il prétend incarner.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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